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Conduite à tenir devant un sujet atteint de pédiculose du cuir chevelu
Le groupe d’experts était composé de :
Dr. I.Bidault (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé )
Dr. C.Bodemer (hôpital Necker, Paris)
S.Casanova (direction générale de la santé- SD3 B)
Pr. O.Chosidow (hôpital Pitié Salepétrière, Paris) : président
Dr. A.Colignon (Laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris)
Pr. M.Danis (hôpital Pitié Salepétrière, Paris)
Dr.P. Deutsch (direction générale de la santé- SD5C) : coordination
Dr. A.Izri (Hôpital Avicenne, Bobigny)
Dr. A.Mathieu-Boué (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé )
M.Penicaud (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé)
Pr. J.Revuz (Hôpital Henri Mondor, Créteil)
Pr. D.Richard-Lenoble (Hôpital Bretonneau, Tours)
Dr. M.C.Romano (Ministère de l’éducation nationale)
La pédiculose du cuir chevelu est une parasitose contagieuse mais bénigne, due à un insecte, le pou de tête : Pediculus humanus var capitis de Geer, 1778. C’est une maladie endémique dans les collectivités d’enfants, pouvant parfois évoluer sur un mode épidémique. La classe d’âge la plus touchée est celle des enfants de 6 à 8 ans.
Ce pou est un parasite exclusif de l’homme. Contrairement au pou de corps, le pou de tête ne transmet pas d’agents pathogènes. Le sujet parasité et sa famille peuvent développer un sentiment de honte et parfois d’angoisse.
La pédiculose à P. capitis est considérée par certains auteurs comme la maladie contagieuse la plus fréquente dans les écoles, après les infections respiratoires. Dans une enquête de prévalence américaine, elle viendrait en quatrième position parmi tous les problèmes de santé des écoliers. En France, entre 1996 et 1998 des enquêtes de prévalence ont montré des taux de 6% à Bobigny et de 8% à Tours, prévalences moyennes dont les chiffres sont très variables à la fois d’école à école et de classe à classe.
Toute l’importance de cette maladie est liée à la fois à la transmission facile par contact, aux échecs thérapeutiques répétés, aux re-contaminations après traitement, à la fréquence des surinfections (impétigo), au budget parfois considérable mis en œuvre par les familles pour lutter contre le parasite, au non-remboursement des pédiculicides et finalement à la persistance de l’endémie. La prise en charge d’un traitement validé pourrait être envisagée pour permettre à toutes les familles de lutter contre cette nuisance.
Les poux de tête mesurent 2 à 3 mm de long. Ils se déplacent rapidement entre les cheveux auxquels ils s’accrochent grâce à une puissante pince qui termine chacune de leurs six pattes. Dépourvus d’ailes, ils ne volent pas et ne sautent pas. Ils respirent par des orifices qui peuvent se fermer et devenir imperméable à l’eau, évitant ainsi la noyade. Ils sont asphyxiés par les huiles et les produits gras.
Les poux se nourrissent exclusivement de sang et peuvent vivre sur le cuir chevelu jusqu’à deux mois. La femelle pond 4 à 10 œufs par jour pendant 3 à 4 semaines, soit un total de 100 à 200 œufs appelés lentes.
A la ponte, les lentes sont solidement collées aux cheveux près du cuir chevelu où l’incubation est facilitée par la chaleur et l’humidité. Vivantes, les lentes sont brunes, brillantes, ovales et mesurent environ 1 mm. La lente donne une larve qui devient adulte 3 semaines plus tard.
Après l’éclosion, la coque vide de l’œuf reste fixée plusieurs mois sur le cheveu ; elle prend une couleur blanchâtre et s’éloigne progressivement de la racine au fur et à mesure que pousse le cheveu. Les lentes vides ressemblent à des pellicules mais avec la particularité de résister au lavage et au brossage des cheveux.
La transmission se fait directement par contact d’un sujet parasité à un autre sujet. Un contact, même bref, suffit aux poux pour passer d’une personne à une autre. Un seul sujet fortement parasité peut jouer le rôle de réservoir de parasites. Le facteur de risque de transmission est la cohabitation d’un grand nombre de personnes dans un espace restreint. Il n’y a pas de lien direct avec l’origine socio-économique des familles.
La transmission indirecte est théoriquement possible en cas d’utilisation successive, à bref intervalle de temps, de peignes et brosses, voire de bonnets, écharpes, manteaux, etc. En effet, P. capitis ne peut pas survivre plus de 4 à 36 heures en dehors du cuir chevelu. La transmission par l’eau n’a pas été démontrée (piscines…).
La pédiculose se manifeste par un prurit, des excoriations, une surinfection (impétigo). La topographie de ces symptômes, tempes, autour des oreilles et nuque, est évocatrice du diagnostic, particulièrement en cas de poux dans l’entourage. Cependant, le prurit est absent dans 40 à 50 % des cas. Le diagnostic est affirmé par la mise en évidence de poux et ou de lentes vivantes. L’utilisation d’un peigne fin (" peigne à poux ") aide au dépistage des poux alors que le simple examen visuel suffit à la mise en évidence des lentes. Un contexte épidémique impose un examen attentif du cuir chevelu répété de façon régulière.
Il n’y a pas de guérison spontanée de la maladie. Seule une pédiculose active (présence de poux et/ou de lentes vivantes) justifie un traitement.
6.1 Qui traiter ?
6.1.1 Le sujet parasité
Il est recommandé :
6.2.1 Choix du produit Un produit efficace est à la fois pédiculicide et lenticide. Les produits dont l’efficacité a été évaluée (autorisation L. 5136-1 du code de la santé publique) ne sont vendus qu’en pharmacie. Les répulsifs n’ont pas de place dans la stratégie thérapeutique. Les différents types de produits figurent dans le tableau présenté en annexe.
Trois classes pharmacologiques sont reconnues efficaces :
6.2.2 Modalités pratiques du traitement
Tous les sujets qui présentent des poux aux examens de contrôle à 2 jours et 12 jours. La persistance de lentes ne traduit pas forcément un échec du traitement.
Causes d’échec du traitement des pédiculoses :
En cas de présence de poux vivants à 2 jours, il s’agit probablement d’une résistance, il est recommandé de changer de classe pharmacologique.
En cas de présence de poux à 12 jours, le deuxième traitement peut être effectué avec le produit utilisé initialement.
En cas d’échec répété il est recommandé de consulter un médecin. Cependant, même si la pédiculose est une maladie qui atteint souvent une collectivité, un traitement collectif ne peut pas être imposé en France. Une incitation forte pour faire adhérer les parents, les associations de parents d’élèves, les personnels de collectivités doit être développée. L’absence de traitement d’une infestation qui touche non pas un individu, mais toute une communauté, entraîne des re-contaminations fréquentes et la pérennisation des poux dans la collectivité.
Des campagnes de sensibilisation à la pédiculose du cuir chevelu aideraient à une meilleure prise en charge du problème. Une structure de surveillance épidémiologique de la pédiculose du cuir chevelu et de la résistance des poux aux traitements est souhaitable.
ANNEXE : Liste des principales spécialités anti-poux recommandées, commercialisées, ayant une autorisation
| N° Autorisation | Nom | Principes actifs | Date autorisation | État de commercialisation |
|---|---|---|---|---|
| L0214 | ALTOPOU, lotion | METHOPRENE + PERMETHRINE + PIPERONYLE (BUTOXYDE DE) | 07-juil-92 | Commercialisation |
| L0190 | ITEM, lotion | D-PHENOTHRINE | 02-févr-89 | Commercialisation |
| L0215 | NIX, crème pour application locale | PERMETHRINE | 14-mai-91 | Commercialisation |
| L0141 | PARA SPECIAL POUX, solution pour application locale en flacon pressurisé | DEPALLETHRINE + PIPERONYLE (BUTOXYDE DE) | 25-mars-80 | Commercialisation |
| L0103 | PYREFLOR, lotion | ENOXOLONE + PERMETHRINE + PIPERONYLE (BUTOXYDE DE) | 18-avr-86 | Commercialisation |
| L0024 | SPRAY PAX, solution pour pulvérisation cutanée | CHRYSANTHEME DE DALMATIE INSECTICIDE (EXTRAIT DE) (A 25 POUR CENT) +PIPERONYLE (BUTOXYDE DE) | 22-déc-80 | Commercialisation |
| pyréthrines + malathion | ||||
| L0155 | PARA PLUS, solution pour pulvérisation cutanée en flacon pressurisé | MALATHION + PERMETHRINE + PIPERONYLE (BUTOXYDE DE) | 30-juin-87 | Commercialisation |
| Malathion | ||||
| L0255 | PRIODERM 0,5 POUR CENT, solution pour application cutanée | MALATHION | 09-mai-96 | Commercialisation |
| L0097 | PRIODERM, lotion | MALATHION | 17-nov-82 | Commercialisation |
| Lindane | ||||
| L0136 | ELENOL, crème pour application locale | LINDANE+AMYLEINE (CHLORHYDRATE D’) | 30-nov-84 | Commercialisation |
Source
Direction générale de la santé
Mise en ligne octobre 2004
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