accueil du site > Discours / Archives > Deuxièmes rencontres annuelles de l’Institut National du Cancer (INCa) - (...)

Deuxièmes rencontres annuelles de l’Institut National du Cancer (INCa) - Discours de Xavier Bertrand

25 novembre 2010
rss_off
Imprimer Grossir la taille des caractères taille de caractères normals
  • twitter
  • Facebook
  • Google
  • Googlebuzz
  • Live
  • Del.icio.us
  • technorati
  • viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • Myspace
fermer
Deuxièmes rencontres annuelles de l'Institut National du Cancer (INCa) - Discours de Xavier Bertrand

Allocution de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, le 24 novembre 2010 à la Cité des Sciences

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président de l’INCa, [Dominique Maraninchi]
Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de venir clôturer ces deuxièmes Rencontres annuelles de l’Institut National du Cancer (INCa). La lutte contre le cancer, c’est une grande cause nationale, tout simplement parce que c’est un sujet qui nous concerne tous.

Le cancer, c’est la première cause de mortalité en France et c’est la maladie la plus redoutée des Français.

Le cancer, c’est un drame pour les patients et leur famille, c’est même un sujet tellement sensible que l’on préfère encore parler de « longue maladie ».

Le cancer, c’est un défi pour les chercheurs et les médecins, et je veux saluer leur engagement de tous les instants aux côtés des malades.

Mais surtout le cancer, aujourd’hui, c’est une maladie dont on peut guérir, et cela aussi, il ne faut pas avoir peur de le dire.

La lutte contre le cancer, c’est donc une priorité du Président de la République et c’est un axe d’action central de notre ministère, avec Nora Berra, Secrétaire d’Etat en charge de la Santé à mes côtés. Et cette lutte, je veux vous dire que nous comptons la mener avec tous les acteurs concernés, les professionnels de santé, les associations, les médias : chacun a un rôle à jouer. On dit que les médias fabriquent l’opinion, mais ils peuvent aussi la faire évoluer. On l’a vu avec deux exemples récents, Bernard Giraudeau et Laurent Fignon.

Pour la première fois, on a vu dans les médias des professionnels du cinéma et du sport témoigner à visage découvert, raconter la maladie, leur combat et leurs souffrances. Cela a permis de montrer à chacun que le cancer, ce ne doit pas être un tabou parce que c’est l’affaire de tous.

Alors pour lutter contre le cancer il faut y mettre les moyens. Nous l’avons fait.

Il y a un an, le Président de la République a lancé le deuxième plan cancer 2009-2013.

Ce plan, c’est près de 750 millions d’euros de dépenses et c’est quatre axes d’action essentiels : 1. la recherche ; 2. l’observation ; 3. la prévention et le dépistage ; 4. les soins et la vie pendant et après le cancer.

Ce plan a déjà permis des avancées importantes et nous allons les poursuivre.

Je tiens d’abord à saluer l’ensemble des responsables et des opérateurs de ce plan. Je salue en particulier le Professeur Jean-Pierre Grünfeld, qui en est l’un des principaux inspirateurs.

Je veux saluer aussi l’ensemble des directions d’administration centrale, l’assurance-maladie, les directeurs d’ARS, les associations de patients, les médecins, les agents hospitaliers, les chercheurs, les élus, les journalistes et tous les professionnels de santé qui se battent chaque jour contre cette maladie.

Le Président de la République est très attentif au déroulement de ce plan.

Le comité de pilotage du Plan cancer lui a remis un rapport d’étape en juin dernier. Un premier bilan lui a aussi été présenté lors du conseil des ministres du 10 novembre dernier par Roselyne Bachelot. Le directeur général de la Santé, Didier Houssin, vous a détaillé ce bilan ce matin.

Je vais donc revenir brièvement sur les quatre grands thèmes dont vous avez débattu aujourd’hui, parce que ce sont des thèmes absolument essentiels : la lutte contre les inégalités face au cancer ; la prévention ; l’accès aux soins et la vie pendant et après le cancer.

1. Premier thème : la lutte contre les inégalités face au cancer.

C’est une priorité de notre plan, parce qu’on n’est pas tous égaux face au cancer. Il faut regarder la réalité en face : quand on sait que le risque de mourir d’un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les professions libérales, on voit bien que c’est inacceptable.

Cette priorité, nous la prenons en compte dans toutes les dimensions du Plan : la recherche, l’observation, la prévention, le dépistage, les soins et l’accompagnement des patients.

Pour cela, il faut d’abord améliorer la qualité des données dont on dispose. C’était un souhait du Président de la République lorsqu’il a lancé ce plan. Quand on connaît mieux la réalité des situations, on peut agir au plus près des besoins.

Et justement, depuis un an, nous avons amélioré les informations sur le cancer et la cancérologie :

  • L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) a fait paraître en octobre 2010 les premiers résultats du baromètre santé 2010. Ce baromètre montre notamment que l’évolution du tabagisme en France depuis 2005 est en hausse, notamment chez les femmes de 45 à 64 ans. J’y reviendrai dans un instant.
  • Le rapport annuel de la situation du cancer en France est rendu public aujourd’hui. C’est un rapport publié par l’INCa, en collaboration avec l’InVS et les registres nationaux des cancers, la Ligue contre le cancer et l’ARC. Il rassemble les données utiles pour mieux comprendre dans quel contexte les cancers interviennent, pour mieux comprendre aussi ce qui les favorise, en termes de modes de vie, d’habitudes alimentaires, d’environnement… L’objectif, c’est d’améliorer la prévention, le repérage et la prise en charge, parce qu’en matière de cancer, plus tôt on repère les risques, mieux c’est.
  • Enfin le portail des données du cancer est en préparation : une première version sera mise en ligne début 2011 sur le site www.e-cancer.fr.

2. Le deuxième thème de votre journée, c’est la prévention.

C’est là aussi une priorité qui doit tous nous mobiliser.

Je veux revenir en particulier sur la lutte contre le tabac. C’est un domaine important aux yeux du ministre qui a interdit de fumer dans les lieux publics ! Plusieurs mesures prévues par le planont déjà été prises, comme l’interdiction des cigarettes aromatisées, ce qu’on appelle les « cigarettes bonbons ». La mise en œuvre des avertissements graphiques, les images chocs sur les paquets de cigarettes, est en cours. D’autres actions vont être engagées : le triplement du remboursement forfaitaire des substituts nicotiniques va débuter pour les femmes enceintes et les bénéficiaires de la couverture maladie universelle. Il passera de 50 à 150€.

Nous avons aussi mis en place plusieurs actions pour améliorer l’accès et le recours au dépistage : c’est par exemple la campagne baptisée « octobre rose » pour améliorer le dépistage du cancer du sein.

Nous avons aussi avancé avec Valérie Pécresse dans le domaine de la recherche : comme il s’agit d’une maladie complexe qui fait intervenir plein de facteurs différents, il faut de tout : il faut travailler sur les facteurs de risques, sur la prise en charge des malades, sur l’efficacité des traitements, sur la prévention au quotidien. Notre objectif, c’est d’améliorer la coopération entre les différentes dimensions de la recherche, fondamentale, clinique, santé publique, sciences humaines et sociales.

Pour favoriser cette coopération, des sites de recherche intégrée sur le cancer vont être labellisés. On a lancé un appel d’offres et le retour des candidatures est attendu pour décembre 2010. Ces sites d’excellence devront travailler à améliorer la recherche dans les différents domaines concernés par le cancer. Ils devront aussi mieux faire connaître les résultats de cette recherche après des professionnels, des patients et du public.

J’ajoute que treize projets de recherche ont été sélectionnés, dans le cadre du Programme national de recherche en environnement-santé-travail (PNREST) et du Plan cancer. Ils vont nous permettre de mieux identifier les risques environnementaux et comportementaux.

3. Le troisième thème de votre journée, c’est la personnalisation des parcours de soins.

L’agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP Santé) et l’INCa sont en train de travailler au dossier communicant de cancérologie (DCC), qui est un service du dossier médical personnel (DMP). C’est essentiel pour faciliter la coordination des soins entre les professionnels de santé, en particulier avec les médecins traitants. Parce que quand on a un cancer, on voit plein de monde : on voit celui qui fait le diagnostic, on voit celui qui donne le traitement, on voit le radiologue, etc. Il faut donc optimiser la prise en charge des patients atteints de cancer, pendant et après la phase aiguë de traitement.

C’est pourquoi il faut aussi mieux associer le médecin traitant au parcours de soin des patients. La Haute Autorité de Santé et l’INCa ont donc publié des guides pour expliquer aux médecins comment traiter les patients et comment prendre en charge en affection de longue durée (ALD) : trois nouveaux guides traitent des cancers du rein, de la vessie, et de la thyroïde.

Au total, 12 guides destinés aux médecins traitants sont disponibles aujourd’hui et 9 guides destinés aux patients. D’ici fin 2011, des informations sur tous les types de cancers les plus fréquents seront disponibles.

4. Enfin, et c’est primordial, ce plan a permis des avancées pour améliorer la vie des personnes pendant et après un cancer.

Aujourd’hui un patient sur deux est en vie cinq ans après le diagnostic de cancer : 1 sur 2, c’est un signe d’espoir extraordinaire. Mais cela ne veut pas dire que les choses s’arrêtent là pour ces personnes. Au contraire, les enjeux vont plus loin, parce que le cancer, ce n’est pas qu’une histoire de cellules, cela peut bouleverser la vie de fond en comble : c’est une souffrance physique, mais c’est aussi une souffrance morale, une souffrance familiale parfois, et une souffrance professionnelle. Il faut donc continuer l’accompagnement après le cancer.

C’est pour cela que trente-cinq projets expérimentaux de soutien aux parcours personnalisé des patients pendant et après le cancer ont démarré. Ils seront accompagnés sur une durée d’un an. L’objectif, c’est de voir comment nous pouvons généraliser la coordination avec les médecins traitants et l’accompagnement social.

Mais l’après-cancer, c’est aussi le retour à l’emploi, j’y suis particulièrement attentif en tant que ministre de l’Emploi. De plus en plus de personnes atteintes de cancer souhaitent reprendre rapidement une vie professionnelle et sociale normale.

Et il n’est évidemment pas acceptable que des salariés puissent souffrir d’avoir eu à se battre pour surmonter un cancer. Il n’est pas acceptable qu’après avoir souffert dans leur corps, ils aient à souffrir du regard des autres. C’est pourquoi le plan contribue à lever les obstacles à la réinsertion professionnelle et nous devrons continuer à travailler dans ce sens.

***

Vous le voyez, la lutte contre le cancer, nous la menons dans tous les domaines et nous la menons tous avec tous, parce que c’est une maladie qui peut arriver à tout le monde. Il y a eu des avancées concrètes et ces avancées, nous allons les poursuivre. Le prochain rapport d’étape du Plan cancer sera remis au Président de la République début 2011.

C’est ensemble que nous allons poursuivre cet élan pour faire reculer le cancer. Ce n’est pas simplement une question de moyens, c’est une question de solidarité et c’est une question de volonté politique, et avec le Président de la République, je veux vous dire que vous pouvez comptez sur notre engagement.

Je vous remercie.

<p>Madame Marisol Touraine</p>

Marisol Touraine - Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Mots-clés

Service Public Legifrance Gouvernement IGAS

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.