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Discours de Roselyne Bachelot-Narquin - Prise en charge des patients réunion avec les professionnels de santé

26 janvier 2009
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Il y a un mois, des accidents dramatiques se sont produits dans des établissements de soins. Dans un contexte d’agitation médiatique et même de polémique dirigée contre l’hôpital, je me suis engagée à ce que toute la transparence soit faite sur ces évènements. J’avais annoncé que je tiendrai, une fois que nous aurions à notre disposition suffisamment d’informations, les réunions de retour d’expérience, ce que j’ai fait aujourd’hui.

Ce qui nous intéresse au premier plan, c’est le versant systémique de ces événements. Les cas d’espèce sont une chose qui relève du double secret médical et de l’instruction. Mais rien n’empêche un ministre de convier ses partenaires à un retour d’expérience pour esquisser des pistes d’amélioration.

Je veux le dire d’emblée : je ne suis pas dans une logique de culpabilisation ou de stigmatisation. Nous savons tous, entre professionnels du milieu de la santé, que les erreurs ont des causes complexes et intriquées. Nous savons tous que notre système de soins doit progresser sans cesse. C’est pourquoi j’ai voulu identifier et comprendre les faiblesses de notre système. J’ai donc demandé aux inspecteurs de l’IGAS et au DDASS, alors même que leur travail d’investigation n’est pas achevé, de nous faire part de leurs constats les plus significatifs. Ce sont ces éléments qui doivent alimenter notre réflexion pour progresser.

Savez-vous ce que les familles attendent de nous, lorsque la tristesse et la colère se sont éloignées ? Que les pouvoirs publics tirent tous les enseignements de ces tragédies. C’est cela que nous devons faire aujourd’hui, c’est comprendre et agir.

Je sais que la communauté hospitalière a fait preuve d’une compétence et d’un dévouement exemplaires, à la hauteur de l’attachement que lui vouent nos compatriotes, et qu’elle a durement ressenti les attaques dont elle a été l’objet. Je me suis tenue à ses côtés, comme je le suis encore et le serai toujours, parce que nous poursuivons un même objectif : améliorer encore et toujours la sécurité et la qualité des soins.

J’ai une pensée particulière pour les femmes et les hommes qui se sont trouvés au cœur de ces épisodes dramatiques et qui, je l’ai constaté, ont fait preuve de courage et de probité. Je pense aux deux infirmières, celles de Saint Vincent de Paul et de Bullion. C’est aussi pour leur protection que nous devons rendre le système plus sûr.

Nous avons écouté les témoignages des inspecteurs, et j’ai été attentive à toutes les interventions des professionnels qui étaient réunis avec moi. Tout ceci me conduit à plusieurs constats :

  • Pour ce qui concerne la régulation médicale, elle doit se moderniser, les outils sont hétérogènes, parfois obsolètes et mal renseignés. L’information sur la disponibilité du système de soins n’est donc pas suffisamment accessible en temps réel.
  • Concernant la continuité des soins : la diminution de l’activité de médecine de ville observée pendant les périodes de congés entraine une augmentation du recours aux services d’urgence. Les patients ne sont peut être pas suffisamment informés des possibilités à leur disposition et le 15 est engorgé par des appels qui ne concernent pas de véritables urgences.
  • La sécurisation du circuit du médicament dans les établissements de soins doit être améliorée, il semble y avoir un besoin de référentiel pour les professionnels. L’informatisation est aussi un enjeu majeur dans ce domaine.

A la lumière des débats et compte tenu des mesures que j’ai déjà initiées, je veux m’engager sur quatre propositions

  • Je vais moderniser la régulation : le futur DGARS aura un pouvoir d’intervention en cas de nécessité. Il devra disposer des informations exhaustive et actualisées issues des établissements de santé. Je vais donc renforcer le dispositif initié dans le cadre du plan Hôpital 2012 dans cet objectif. Je proposerai également les textes juridiques nécessaires pour consolider cette capacité de pilotage.
  • Afin de désengorger les centre 15 et de libérer du temps pour la régulation médicale, je présenterai une plateforme internet et téléphonique permettant une information directe des citoyens. J’ai déjà été interpellée par le succès d’une telle expérimentation en Gironde. J’ai décidé de mobiliser 10 M€ sur deux ans afin de généraliser dans toutes les régions ce dispositif.
  • Pour le circuit du médicament : je vais missionner un groupe d’expert afin d’auditer les défaillances du circuit du médicament et de proposer un référentiel opposable et réaliste, incluant toues les contrainte de sécurité, de fiabilité, et de traçabilité que l’on est en droit d’exiger à notre époque. Cette mesure ne remet nullement en question les travaux
  • Je veux soumettre au débat, les différentes options relatives à la continuité des soins. Je demande aux médecins libéraux de me faire très rapidement des propositions susceptibles de répondre aux attentes de nos concitoyens.

Je vous remercie

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