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Coordonnées complètes
Association Droits d’Urgence - 1, passage du Buisson Saint-Louis 75010 Paris
Coordonnées complètes et fonction du contact
Marianne YVON - Coordinatrice de l’expérimentation "Accès au droit et santé mentale"
Tél. 01 40 03 62 87
Courriel : myvon[@]droitsdurgence.org
L’origine
Le projet est né de la réflexion engagée dès 2006 avec les professionnels sociaux et médicaux du Centre hospitalier de Sainte-Anne, du Groupe public de santé Perray-Vaucluse et de l’unité de psychiatrie-psychotraumatologie de l’hôpital Tenon AP-HP ainsi que les professionnels de l’accès au droit de l’association Droits d’Urgence et de l’association Accès au droit solidarité Paris. Conjointement, nous avons dressé un certain nombre de facteurs bloquant pour la connaissance et la réalisation des droits des patients et le plein exercice de leur citoyenneté.
En dépit d’une diversification des dispositifs d’accès au droit et de prises en charge médico-sociales, les publics cumulant de grandes vulnérabilités (sociales, économiques, médicales, administratives et juridiques), souvent imbriquées et interdépendantes, parviennent difficilement à s’inscrire durablement dans les circuits d’affiliation classiques.
Refus d’aide, ruptures récurrentes dans les démarches ou les prises en charge entreprises, abandon, niveau d’intervention des professionnels insuffisant ou inadapté … Accéder à un certain nombre de droits, les défendre lorsqu’ils sont menacés (maintien d’un travail, d’un logement, de prestations sociales, d’une pension, d’un titre de séjour…) ou, « tout simplement », pouvoir les maintenir se révèlent hasardeux. Autant d’échecs qui impactent inévitablement sur la citoyenneté de ces personnes et leur prise en charge médicale. Si la maladie impacte sur les droits des personnes, les atteintes à leurs droits menacent également leur santé.
Enfin, et il convient de bien le prendre en compte, les professionnels eux-mêmes se sentent démunis. L’inflation du droit, sa complexité et technicité ainsi que les mouvements de judiciarisation emportent d’importantes barrières pour les professionnels médico-sociaux, à quoi il faut ajouter des déperditions d’information et d’action lorsque les patients sont orientés sur des permanences extérieures (Points d’accès au droit, Maisons de la justice et du droit…). Les professionnels du droit, eux, se sentent démunis face aux problématiques de santé mentale cumulées à l’exclusion.
Ainsi, les besoins ayant présidé à la mise en place de notre dispositif sont les suivants :
La finalité
La méthodologie d’intervention vise à développer l’accès au droit des personnes démunies souffrant de troubles psychiques ou psychiatriques, suivies en intra ou en extra hospitalier par les établissements partenaires (CHSA, GPSPV, Tenon AP-HP et l’ASM 13, engagée dans l’expérimentation depuis juin 2011). Ceci à travers la mise en place d’un dispositif innovant.
Celui-ci intervient à deux niveaux :
Ensemble, nous entendons de la sorte produire les impacts suivants :
Le public cible : les personnes démunies, souffrant de troubles psychiques ou psychiatriques, suivies en hospitalisation ou en ambulatoire par les professionnels médico-sociaux des établissements partenaires et rencontrant des difficultés juridiques.
La description du dispositif
Un pôle ad hoc "Accès au droit et santé mentale", constitué de deux juristes, a été créé par l’association Droits d’Urgence. Il intervient au sein et avec les établissements partenaires de la manière suivante :
1/ Auprès des patients :
2/ A destination des professionnels médico-sociaux, juridiques ou judiciaires :
Les acteurs
Le projet est né de la rencontre et de la réflexion collective engagée dès 2006 entre l’association Droits d’Urgence, l’association Accès au droit solidarité Paris, le Centre hospitalier Sainte-Anne, le Groupe public de santé de Perray-Vaucluse et l’unité de psychiatrie et de psychotraumatologie de l’hôpital Tenon.
Se sont impliqués dans la conception et mise en place du dispositif Monsieur Matthieu Perdereau, alors coordinateur de l’association ADSP, Docteur Jehel, Médecin chef de l’unité de psychiatrie et psychotraumatologie de Tenon AP-HP, Madame Laurent, infirmière au sein du service de psychotraumatologie de Tenon, Madame Pernon, assistante sociale à Tenon, Madame Toux, Directrice du Pôle médico-sociale du CHSA, Madame Hanen, Adjointe de la Directrice du pôle médico-sociale du CHSA, Madame Assouline, Responsable du service social aux patients du CHSA, Madame Grimault, alors assistante sociale au CHSA, Docteur Mercuel, Médecin chef du service d’appui « santé mentale et exclusion sociale » du CHSA, Madame Festa, directrice du Groupe public de santé Perray-Vaucluse, Madame Fontaine, alors Responsable de l’action sociale, chargée des relations avec les usagers au sein du GPSPV, Monsieur Monteiro, assistant social au sein du GPSPV, Docteur Linares, responsable de l’unité fonctionnelle du GPSPV, le Docteur Santos, Présidente de la CME du GPSPV et Madame Yvon, coordinatrice du dispositif. En juin 2011, avec le concours de Madame Barré, alors Directrice du Centre Philippe Paumelle, l’Association en santé mentale du 13e arrondissement a rejoint l’expérimentation.
Un comité de pilotage a été constitué fin 2009 pour en assurer le suivi ainsi que sa gouvernance. Y participent : un représentant de la Direction générale de la cohésion sociale, un représentant de la Mission nationale d’appui en santé mentale, un représentant du Barreau de l’Ordre des Avocats de Paris, un représentant du Conseil départemental de l’accès au droit de Paris, quatre représentants de la Ville de Paris, les représentants des établissements hospitaliers partenaires et de Droits d’Urgence ainsi que les deux consultants chargés de l’évaluation du dispositif. Une association d’usagers devrait prochainement pouvoir intégrer ce comité.
Au-delà de sa participation en qualité de membre du comité de pilotage, le Barreau de Paris s’est fortement impliqué dans la mise en œuvre de l’expérimentation en créant et en mettant gracieusement à la disposition du Pôle juridique « Accès au droit et santé mentale » un pôle d’avocats. Actuellement au nombre de 5, ceux-ci peuvent délivrer du conseil et assurer une prise en charge contentieuse pour les patients plus démunis quand nécessaire.
Les axes prioritaires
Renforcer la citoyenneté des patients en prenant en compte leurs difficultés juridiques ou administratives dans l’hôpital :
Le dispositif entend informer sur l’ensemble de leurs droits (famille, travail, logement, protection sociale, pénal, administratif…) les personnes démunies suivies en intra ou en ambulatoire et les accompagner dans leurs démarches. L’intervention in situ et les liens de confiance établis entre juristes et professionnels médico-sociaux permettent ainsi d’optimiser la mobilisation des personnes victimes d’évènements traumatiques, pour lesquelles les risques de déperdition sont majeurs. Ils contribuent également à davantage considérer la situation des personnes suivies par les professionnels de santé au regard de leur parcours de vie global. Ainsi d’un patient, hospitalisé sous contrainte à de nombreuses reprises, en situation d’errance depuis l’âge de 15 ans sur le territoire français, sans aucune attache ni titre de séjour, ayant effectué de nombreux retours entre la rue, l’hôpital et la prison. La prise en compte de ses problèmes administratifs pendant son temps d’hospitalisation, lui a permis de prendre en main sa situation et d’accrocher pour la première fois les soins ambulatoires. Ces soutiens conjoints contribuent à renforcer la capacité des patients à se penser sujets et acteurs de droit.
Instaurer un travail transdisciplinaire impliquant les médecins, les travailleurs sociaux, les responsables de services des hôpitaux partenaires et les juristes d’accès au droit à travers l’organisation de commissions techniques : L’intervention des juristes autour des droits des patients n’est rien si elle n’est pas pensée et réalisée en lien avec les équipes médico-sociales sur place. Le droit s’adapte aux soins (ses contraintes, sa temporalité), le soin prend davantage en compte la citoyenneté des usagers. Les temps du soins contribuent aussi à prendre soin du sujet de droit.
Soutenir les professionnels et fonder un travail effectif en réseau : Le dispositif fournit ponctuellement informations et expertises juridiques par téléphone aux travailleurs sociaux.
Les actions de sensibilisation organisées à destination des professionnels de santé, sociaux, administratifs ou juridiques nourrissent un partage de savoirs. En s’attachant à réinterroger les différentes pratiques (administratives, juridiques, institutionnelles, sociales, médicales…) au regard du cadre légal ou médical, chacun dans ses fonctions trouve ainsi à se (re)situer par rapport à un ensemble d’acteurs interagissant. Le travail d’orientation s’en trouve amélioré (repérage des limites, anticipation des difficultés et appréhension du moment opportun pour solliciter un relais, meilleure connaissances des ressources existantes sur lesquelles s’appuyer sur un territoire donné…).
La mise en œuvre
Les principales difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du dispositif :
Les partenaires sont impliqués à la fois dans la mise en œuvre du dispositif et dans sa gouvernance (comité de pilotage). Présentée à l’Unafam, à la Fnapsy ainsi qu’à l’association Advocacy, l’expérimentation compte intégrer prochainement une association d’usagers dans son comité de pilotage.
Le calendrier
2006 : premières sollicitations réciproques entre le service de psychotraumatologie de Tenon, le CHSA, le GPSPV, DDU et ADSP autour de besoins convergents entre acteurs médico-sociaux et professionnels du droit
Comment et combien ?
Le dispositif a vu le jour dans le cadre de l’appel à projet à expérimentation sociale initié en 2007 par le Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté. Retenu en 2009 par le Haut commissaire, pour une durée d’expérimentation de trois années (2009-2012), il a bénéficié d’une convention triennale de financement conclue entre l’association Droits d’Urgence et la Délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie (DIIESES).
Ce financement a permis à l’association de recruter deux juristes à temps plein : une coordinatrice, une responsable des permanences. Il couvre également les coûts de fonctionnement liés à leur activité (bureaux au siège de l’association, matériel informatique, téléphone, documentation, formations…), les coûts liés à la communication ainsi qu’aux actions de sensibilisation (gratuites pour les partenaires).
Une convention de partenariat a également été signée entre la direction de chacun des établissements partenaires et l’association. Elle assoit l’organisation et les modalités de travail en commun ainsi que les moyens matériels mis à la disposition du pôle juridique au sein des établissements pour effectuer la permanence juridique. Un bureau confidentiel, des moyens matériels (téléphone, ordinateur, accès à internet, armoires de rangements…) sont ainsi mis à la disposition du pôle juridique par les structures hospitalières. Un précieux temps de disponibilité est également accordé au dispositif de la part des établissements à travers la participation de médecins ou d’infirmiers, d’assistants sociaux et/ou de responsables de services sociaux à l’occasion des commissions techniques.
Les directions des établissements sont parties prenantes et participent régulièrement à des réunions inter-partenariales ainsi qu’au comité de pilotage.
Enfin, l’Ordre des Avocats du barreau de Paris, impliqué dès l’origine dans la mise en place du dispositif a su renforcer les moyens alloués à cette expérimentation en mettant gracieusement à sa disposition un pôle d’avocats, capables d’aller sur les lieux de permanences pour délivrer chaque fois que nécessaire conseil ou assurer une prise en charge contentieuse à destination des personnes les plus démunies. Aujourd’hui, une recherche de soutien auprès de nombreux acteurs institutionnels est réalisée, pour reconduire et généraliser cette intervention à l’ensemble des établissements psychiatriques parisiens.
La communication
Afin de valoriser le travail interpartenarial mené en faveur de l’accès au droit des patients, une plaquette présentant le dispositif "Accès au droit et santé mentale" a été réalisée. Chaque année, un rapport d’activité détaillé rend compte du travail fourni, des avancées obtenues et des difficultés rencontrées. Ce rapport est communiqué à l’ensemble des partenaires au projet, à la Direction générale de la cohésion sociale, aux membres du comité de pilotage mais également aux différentes instances publiques susceptibles d’être intéressées ou concernées par le sujet.
D’autres présentations ont bien entendu été effectuées à travers différents supports. Ainsi de la participation à un certain nombre de colloques, séminaires, journées d’étude. Des articles sont parus (notamment à la revue ASH n°2710 du 20 mai 2011, p.34 à 37, document joint, ou encore dans le guide "précarité et santé mentale - Repères et bonnes pratiques" , FNARS 2010, p.103 à 105). D’autres sont en vue de parution (article dans la revue Santé publique en fin d’année 2011, dans le Cahier juridique des collectivité ou encore dans la revue Santé mentale…). Une interview radio sur Vivre fm a été rediffusée en mars et avril 2011, présentant le dispositif à travers les voix du Docteur Mercuel, de Monsieur Michel Monteiro, travailleur social (GPSPV), de Mademoiselle Casanova et Madame Yvon. Une audition devant les membres permanents de la Commission nationale consultative des droits de l’homme nous a également été accordée : la présentation de l’expérimentation a été effectuée par Maître Attias, membre de l’Ordre des Avocats du Barreau de Paris, le Docteur Mercuel et Madame Yvon. Notre implication aurpès de diverses commissions ou groupes de travail mis en place par les partenaires institutionnels tels que la Ville de Paris contribue enfin à diffuser et échanger nos pratiques et expériences.
Les résultats
Au terme de plus de deux années de mise en œuvre ainsi que des premiers résultats obtenus, les plus-value apportées se caractérisent comme suit (voir également le rapport d’activité 2010 joint) :
Évaluation et suivi
Le dispositif mis en œuvre fait l’objet d’une évaluation depuis sa mise en place et jusqu’à son terme, début 2012. Elle est assurée par deux consultants indépendants, Madame Relli du cabinet Itaca et Monsieur Barbe du cabinet Cress.Les indicateurs retenus sont en lien avec les notions d’efficacité, d’efficience afin d’identifier les résultats et impacts du dispositif mis en place. Pour l’obtention des premiers éléments, les évaluateurs ont procédé à la constitution d’une bibliothèque de situations, participé à des commissions techniques, rencontré pour entretiens divers professionnels et partenaires. Ils procèdent également à une comparaison avec les sites dépourvus du dispositif : Maison Blanche et l’Association de santé mentale du 13e arrondissement avant son entrée dans l’expérimentation. Un rapport intermédiaire d’évaluation a été formalisé. La poursuite de l’évaluation prévoit :
Quelques conseils et témoignages
Aborder la question des droits des patients globalement (se positionner comme généraliste pour éviter les multiples orientations) et insister sur l’accompagnement sans lequel l’accès au droit demeure lettre morte pour les personnes démunies, souffrant de troubles psychiques ou psychiatriques. Trouver et pouvoir compter sur les acteurs ressources au sein des établissements de santé capables de défendre et promouvoir ce travail transversal : médecins chefs de service, cadres sociaux, directeurs d’établissement. Être capable de concevoir une procédure de travail qui s’intègre à l’organisation hospitalière, suffisamment cohérente et similaire pour l’ensemble des établissements partenaires tout en tenant compte des spécificités de chacun. Ainsi le dispositif n’est pas seulement attaché à "quelques personnes de bonne volonté". Il sait perdurer à travers les changements de personnel (cela s’est produit à différentes reprises tout au long des deux premières années de fonctionnement sans que celui-ci ne soit pour autant remis en cause) tout en étant capable de s’adapter aux particularités d’une structure à l’autre. Reposant sur un dispositif "léger" (seulement 2 juristes recrutées), cette approche transdisciplinaire a su agréger de nombreux professionnels et acteurs formant un réseau formalisé sans précédent. Elle impacte autant sur l’exercice des droits et devoirs des patients, sujets à part entière, que sur les pratiques professionnelles.