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En pratique comment se protéger des piqûres d’insectes et autres arthropodes ?

2 juillet 2009
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(Issues des recommandations sanitaires pour les voyageurs 2009, d’après l’avis du Haut conseil de la santé publique, 24 avril 2009)

Les risques liés aux insectes, autres arthropodes et autres animaux sont à évaluer en fonction de la destination et des conditions de séjour. De façon générale, pour les voyages vers des destinations tropicales, il est recommandé :

  • de se protéger contre les piqûres d’insectes avec des répulsifs pour les activités diurnes,
  • de porter des vêtements légers mais imprégnés et couvrants (vêtements légers et larges, manches longues, pantalons et chaussures fermées) pour le soir
  • de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

Dans les habitations, des insecticides en bombe ou en diffuseur pourront être utilisés et à l’extérieur ou dans une pièce aérée, des serpentins fumigènes.

1 - Risques liés aux moustiques

Les moustiques sont vecteurs de nombreuses maladies parasitaires et virales (www.sante.gouv.fr/dossiers et www.invs.sante.fr) et sont également responsables de fortes nuisances. Il est donc recommandé de se protéger contre leurs piqûres, avec un type de protection adapté au risque (cf. tableau 1).

  • Les moustiques qui transmettent le paludisme appartiennent au genre Anopheles et piquent habituellement entre le coucher et le lever du soleil.

Protection
C’est donc pendant cette période que la protection doit être maximale, avec le port de vêtements imprégnés et couvrant le soir et l’utilisation d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide pour dormir. Dans les régions où le paludisme est endémique, il est fortement recommandé d’éviter de sortir la nuit, même un court moment, sans protection anti-moustiques de type répulsif cutané, et a fortiori de dormir la nuit à la belle étoile sans moustiquaire imprégnée.

La moustiquaire imprégnée assure la meilleure protection contre les piqûres de moustiques nocturnes par son effet à la fois insecticide et insectifuge. On peut se procurer en pharmacie ou dans des magasins spécialisés des moustiquaires déjà imprégnées, ou les imprégner soi-même avec des kits d’imprégnation égalementvendus en pharmacie (les produits recommandés sont la deltaméthrine et la perméthrine). En cas d’imprégnation par trempage, la rémanence du produit est d’environ 2 mois si on lave sa moustiquaire 1 ou 2 fois pendant cette période. Il existe maintenant des moustiquaires imprégnées industriellement, à longue durée d’efficacité, résistantes à des lavages successifs. Les vêtements et les toiles de tente peuvent également être imprégnés par spray ou trempage dans la perméthrine, disponible en pharmacie.

  • Les moustiques qui transmettent le virus de la dengue et le virus chikungunya, appartiennent au genre Aedes et piquent habituellement le jour. La dengue sévit sur un mode endémo-épidémique dans presque tous les pays tropicaux d’Asie, d’Amérique, d’Océanie et d’Afrique intertropicale. Le virus chikungunya est responsable d’épidémies survenant principalement dans le sous-continent indien, en Asie du Sud-est, en Afrique et dans les îles de l’océan indien.

Protection
Pour se protéger des moustiques qui piquent le jour, il faut utiliser des répulsifs cutanés (tableau 2). Ces produits contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans les tuer. Ils sont appliqués sur toutes les parties du corps peu ou pas couvertes. La durée de la protection varie de 4 à 8 heures et dépend de la concentration du produit et des conditions d’application (températures, bains, crème solaire, etc.). Ces produits sont à utiliser avec précaution, car ils sont toxiques par ingestion et doivent respecter un emploi précis chez l’enfant et la femme enceinte.

Les répulsifs cutanés : Au vu du manque de données disponibles sur la toxicologie des répulsifs cutanés, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), ne peut pas se prononcer pour une utilisation de ces produits pour les enfants âgés de moins de 30 mois dans le contexte d’une utilisation prolongée (utilisation supérieure à 1 mois - Avis du Comité des Maladies liées aux Voyages et des maladies d’Importation, CMVI). En ce qui concerne la protection contre les piqûres de moustiques pour les enfants qui ne marchent pas, l’utilisation de moustiquaires, de préférence imprégnées d’insecticides de la famille des pyréthrinoïdes, sur les berceaux et les poussettes reste la méthode la plus efficace.

Le HCSP estime cependant que l’utilisation de répulsifs chez les enfants âgés de moins de 30 mois ne peut être totalement proscrite lorsqu’un risque majeur de contracter une maladie grave existe. Il est donc recommandé, en suivant l’avis des Centers for Disease Control and Prevention des USA, d’utiliser des produits à base de DEET dès l’âge de 2 mois, en respectant les contre-indications et les précautions d’emploi, soit une concentration maximum de 30 % (American Academy Pediatrics News, 2003). En effet, malgré une très large utilisation de produits à base de DEET (utilisés régulièrement par environ 1/4 des enfants nord-américains) les effets indésirables graves sont rares.

  • Les moustiques qui transmettent les parasites responsables de filarioses et les virus des encéphalites comme l’encéphalite japonaise en Asie tropicale, ou la fièvre à virus West Nile en Amérique du nord et en Afrique appartiennent au genre Culex et piquent habituellement la nuit. Les protections recommandées sont donc identiques à celles indiquées pour se protéger des piqûres d’Anopheles et dupaludisme.
  • Les moustiques qui transmettent les filarioses en Océanie appartiennent au genre Aedes piquent plutôt dans la journée et nécessitent l’utilisation de répulsifs cutanés (Cf. protection contre les vecteurs de la dengue).

· Enfin, dans des régions où les moustiques sont responsables de très fortes nuisances pour des séjours comme par exemple, les pays limitrophes du cercle polaire durant certaines courtes périodes de l’été, il est recommandé de prévoir des moyens de protections anti-moustiques de type répulsifs cutanés et vêtements imprégnés d’insecticides. Par ailleurs il faut éviter la surinfection des piqûres, en particulier chez l’enfant par grattage, en utilisant, si nécessaire (et sur avis médical) un dermocorticoïde associé à un anti-histaminique, en cas de prurit intense.

Tableau 1 - Efficacité relative des moyens de prévention disponibles contre les piqûres de moustiques

Moyens - Vecteurs
Anophèles
et Culex*
Aedes**
Maladies Paludisme, West Nile, encéphalite japonaise,… Dengue, chikungunya, fièvre jaune,…
Moustiquaire
(imprégnée d’insecticide)
++++
+
Pulvérisation intra domiciliaire
d’insecticides rémanents
+++
+
Diffuseur électrique d’insecticide
(intérieur)
++
++
Grillage antimoustique aux fenêtres et portes
++
++
Climatisation
+
+
Ventilation
+
+
Répulsifs cutanés
++
+++
Vêtements imprégnés d’insecticide
++
++
Serpentin fumigène (extérieur)
+
+

Source : document de l’InVS et de l’IRD 2009
*les Anophèles et Culex piquent du coucher au lever du soleil
** les Aedes piquent le jour

Tableau 2 - Produits répulsifs bénéficiant d’un avis favorable du groupe d’experts de l’Afssaps, 2009.
Table 2 - repellents approved by AFSSAPS working group, 2009

Catégorie d’âge Substance active Concentrations Exemples de formulations commerciales
de 30 mois à 12 ans DEET [1] (N,N-diéthyl-m-toluamide) 20 à 35% Mouskito Tropic [2] (spray)
de 30 mois à 12 ans IR 3535 (N-acétyl-N-butyl-ß-alaninate d’éthyle) 20 à 35% Cinq sur cinq Tropic lotion [3], Duopic lotion adulte, Manouka lotion citronnelle zones tropicales, Moustifluid lotion protectrice jeunes enfants, Moustifluid lotion protectrice zones tempérées [4] Prebutix zone Europe (gel ou lotion), Prebutix lait répulsif
de 30 mois à 12 ans KBR 3023 [5] (Carboxylate de Sec-butyl 2-(2-hydroxyethyl)piperidine-1 /Icaridine) 20 à 30% Insect écran peau enfant (spray),
Moustikologne protection extrême (lotion)
de 30 mois à 12 ans Citriodiol [6] (Mélange de cis- et trans-p-menthane-3,8 diol) 20 à 50% Mosiguard (spray)
>12 ans Les mêmes substances que la catégorie précédente


+ KBR 3023
aux mêmes concentrations sauf pour le DEET :
de 20 à 50%

20 à 30%
Tous ceux cités ci-dessus +




Insect écran peau adulte (gel ou spray), King (lotion) Insect écran spécial tropiques (spray)
Femmes enceintes IR 3535 20 à 35% Cinq sur cinq Tropic lotion, Duopic lotion adulte, Manouka lotion citronnelle zones tropicales, Moustifluid lotion protectrice zones tempérée, Moustifluid lotion protectrice jeunes enfants, Prebutix zone Europe (gel ou lotion), Prebutix lait répulsif

Précautions d’emploi : Pas plus de 3 applications / jour. Eviter le contact avec les yeux. Ne pas appliquer sur les muqueuses ou sur des lésions cutanées étendues. Ne pas appliquer en cas d’antécédents d’allergie cutanée.
Cette liste n’est pas exhaustive et est révisable. Elle a été élaborée dans le cadre des épidémies de dengue et de chikungunya. Compte tenu des changements possibles dans les formulations mises sur le marché, il convient de s’assurer de la composition exacte du produit avant son acquisition

Précautions d’emploi : Pas plus de 3 applications / jour. Eviter le contact avec les yeux. Ne pas appliquer sur les muqueuses ou sur des lésions cutanées étendues. Ne pas appliquer en cas d’antécédents d’allergie cutanée.
Cette liste n’est pas exhaustive et est révisable. Elle a été élaborée dans le cadre des épidémies de dengue et de chikungunya. Compte tenu des changements possibles dans les formulations mises sur le marché, il convient de s’assurer de la composition exacte du produit avant son acquisition

2 - Risques liés aux autres insectes piqueurs (phlébotomes, mouches, punaises, poux et puces)

Les risques liés aux insectes piqueurs autres que les moustiques sont à prendre en compte particulièrement pour des séjours en zone rurale ou sauvage et/ou dans des conditions de confort sommaire. Parmi les insectes vecteurs de maladies, il faut mentionner principalement :

2.1 Les phlébotomes
Vecteurs de leishmanioses cutanées et viscérales en Amérique tropicale, en Afrique du Nord, au Moyen Orient et dans le sous continent Indien.
Ces insectes piquent plutôt la nuit.

Prévention :

  • vêtements couvrants et utilisation de répulsifs cutanés pour les activités crépusculaires ;
  • utilisation de moustiquaires imprégnées pour dormir.

2.2 Les simulies, vecteurs d’onchocercose en Amérique tropicale et en Afrique
Ces insectes piquent le jour

Prévention

  • vêtements couvrants
  • utilisation de répulsifs cutanés

2.3 Les glossines
Vecteurs de la maladie du sommeil en Afrique tropicale. Ces insectes piquent le jour.

Prévention

  • vêtements couvrants
  • utilisation de répulsifs cutanés.

2.4 Les punaises
Vecteurs de la maladie de Chagas en Amérique du sud. Ces insectes piquent la nuit à l’intérieur des habitations rurales.

Prévention

  • utilisation de moustiquaires imprégnées.
  • Pulvérisation de la literie avec un insecticide adapté.

2.5 Les poux de corps
Ils transmettent certaines bartonelles, certaines rickettsies.

Prévention

  • hygiène stricte
  • désinsectisation des vêtements et
  • désinsectisation de la literie avec des produits anti parasitaires.

2.6 Les puces
Elles transmettent certaines bartonelles, certaines rickettsies, la peste.

Prévention

  • éviter de toucher les animaux à risque

2.7 Les ceratopogonidés (moucherons piqueurs)
Responsables de fortes nuisances

Prévention

  • Utilisation de répulsifs cutanés

3 - Risques liés aux autres arthropodes (tiques, araignées, scorpions)

3.1 Tiques
Les tiques peuvent transmettre des maladies par piqûre, telles que la maladie de Lyme (en Europe et en Amérique du Nord), les fièvres récurrentes et les rickettsioses. Un vaccin existe contre la méningo-encéphalite à tiques, mais la seule prévention contre les autres infections transmises par les tiques reste l’application de répulsifs cutanés au niveau des voies d’entrée possibles sur le corps telles que poignets, chevilles, base du cou (pour les tiques, les données de la littérature laissent penser que le DEET est actif, les autres répulsifs ayant été moins étudiés). Les tiques s’accrochent sur un hôte animal, ou sur l’être humain, lorsque celui-ci se déplace dans des zones infestées (zones forestières en particulier). Il est donc impératif de rechercher la présence de tiques sur soi après toute promenade en extérieur et d’ôter très rapidement la tique présente. Pour cela, on peut utiliser un Tire -Tique ou une pince à épiler avec laquelle on attrape doucement la tique et on la retire sans forcer, pour éviter que son appareil buccal ne se casse dans la plaie. La plaie doit être désinfectée après extraction de la tique.

3.2 Acariens microscopiques
En ce qui concerne les acariens microscopiques (du type aoûtats) qui peuvent infester la peau lors de promenades en milieu naturel (en particulier en zone tropicale), et être responsables de fortes démangeaisons, on s’en protège en utilisant également des répulsifs cutanés.

3.3 Arthropodes piqueurs
Les risques liés aux autres arthropodes piqueurs comme les araignées, les scolopendres et les scorpions rentrent dans la catégorie des envenimations. Toute piqûre qui entraîne des troubles importants (fièvre, nausées, douleur importante, gonflement anormal, etc.) nécessite une visite au service des urgences le plus proche si le déplacement est possible, ou l’appel des secours si le déplacement n’est pas possible. En cas de bivouac, il est recommandé de protéger ses affaires (vêtements, chaussures et autres) en les rangeant dans un sac ou bidon en plastique étanche et bien fermé, contenant des boules insecticides.

  • Concernant les établissements de santé :

La protection des patients et du personnel contre les piqûres de moustique est à la charge de l’établissement qui l’organise en fonction de sa configuration (moustiquaires aux fenêtres, climatisation de certaines zones, diffuseurs électriques, répulsifs cutanés, moustiquaires de lit…).

En particulier sont recommandés :

  • des moustiquaires de lit et des répulsifs cutanés pour des patients en période en de virémie
  • des moustiquaires de berceau au niveau des maternités Il convient toutefois de rappeler que la protection individuelle doit s’accompagner de mesure de recherche, suppression ou traitement des gîtes larvaires aux abords de l’établissement.

Dans l’habitat :

Le traitement systématique à l’aide d’insecticides pyréthrinoïdes des rideaux de portes, voilages, fenêtres et séparations intérieures, de même que l’utilisation de moustiquaires, sont utiles en complément des plaquettes ou tortillons fumigènes (à l’extérieur ou dans une pièce aérée). La destruction des gîtes larvaires potentiels est très fortement recommandée (ex : pots de fleurs, récipients divers, pneus usagés et déchets encombrants divers constituent des zones d’eau stagnante…).

Toutefois aucune mesure n’est efficace à 100% et c’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de faire diminuer la transmission.


[1] Sauf en cas d’antécédents de convulsions ; Eviter les contacts du diéthyl toluamide (DEET) avec les plastiques, vernis, verres de montres et lunettes ; attention, le DEET diminue l’efficacité des crèmes solaires (environ 1/3).

[2] Le fabricant le recommande à partir de 5 ans

[3] Le fabricant le recommande à partir de 36 mois

[4] Le fabricant le recommande à partir de 6 ans

[5] Limiter l’utilisation consécutive à un mois

[6] Sauf en cas d’antécédents de convulsions

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