Entérotoxine B staphylococcique

6 mars 2009
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Depuis cette page, vous accédez à des informations concernant l’entérotoxine B staphylococcique comme arme biologique.

L’entérotoxine B staphylococcique (SEB) est l’une des entérotoxines produites par le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus).

Agent pathogène
L’entérotoxine B staphylococcique (SEB) est l’une des entérotoxines produites par le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus).

Description de la maladie
Les symptômes de l’intoxication diffèrent, selon que la toxine ait été ingérée ou inhalée.

  • L’intoxication par ingestion
    La durée d’incubation est courte de 2 à 4 heures en moyenne (minimum ½ heure, maximum 8 heures). La maladie débute par l’apparition brutale de symptômes digestifs hauts prédominants (nausées, vomissements importants et douleurs abdominales), souvent accompagnés de diarrhée et plus rarement d’hypotension. La température est habituellement normale ou peu élevée, sauf en cas d’intoxication massive. Les décès sont rares ; la durée de la maladie est courte, rarement plus d’un jour ou deux mais l’intensité des symptômes peut entraîner une hospitalisation.
  • L’intoxication par inhalation
    Elle se manifeste après une incubation de 3 à 12 heures par l’apparition brutale d’un syndrome pseudo-grippal (fièvre, frissons, céphalées et myalgies) et d’une toux sèche. Des symptômes respiratoires (douleurs thoraciques rétro-sternales et dyspnée) sont observés dans les formes plus sévères. Des formes respiratoires graves sont possibles avec œdème aigu du poumon et décompensation respiratoire. Des symptômes digestifs hauts, nausées ou vomissements, sont observés fréquemment. La fièvre peut persister pendant une période allant jusqu’à 5 jours et la toux pendant 4 semaines, les malades étant incapables de reprendre leur activité avant 2 semaines.

Examens complémentaires

  • Le diagnostic de l’intoxication par ingestion est essentiellement clinique et épidémiologique.
    La suspicion clinique est confortée épidémiologiquement par la survenue d’au moins 2 cas, de 30 minutes à 8 heures après contamination. Le diagnostic peut être confirmé par des examens biologiques.
    Le diagnostic clinique est confirmé par la biologie qui repose sur :
    • La détection d’entérotoxine
      Des kits immunoenzymatiques (ELISA) commercialisés, spécifiques de la toxine, permettent la détection rapide des toxines dans les vomissements et les aliments incriminés.
    • L’isolement de S. aureus
      Mise en évidence d’une contamination importante de l’aliment incriminé par S. aureus (plus de 105/gramme, réalisable par les laboratoires d’hygiène alimentaire).
  • Le diagnostic de l’intoxication par inhalation est clinique
    Elle est évoquée devant la survenue brutale et très rapprochée dans le temps (24 heures) d’un syndrome fébrile respiratoire (grippal) avec une radiographie pulmonaire le plus souvent normale, chez un grand nombre de personnes avec une exposition géographique commune et une évolution favorable dans la grande majorité des cas. Les examens de laboratoires contribuent peu au diagnostic. Le diagnostic peut être confirmé par la recherche de la toxine dans le sang ou l’urine. La présence de la toxine est transitoire dans le sérum, donc très difficile à détecter au moment de la survenue des symptômes. En revanche, elle s’accumule dans les urines où elle peut être détectée plusieurs heures après l’exposition. Par ailleurs, la toxine devrait pouvoir être identifiée sur des écouvillonnages nasaux prélevés chez des personnes exposées à des aérosols, et ce pendant au moins 24 heures après l’exposition. Cette recherche pourrait être la meilleure pour faire un diagnostic précoce chez des personnes exposées.

Modes de contamination
Dans le cadre d’actions de malveillance, l’entérotoxine B pourrait être dispersée par aérosolisation, la toxine étant alors inhalée. Elle pourrait être utilisée pour contaminer des aliments ou un réservoir d’eau de distribution de faible volume.

Mesures de santé publique

  • Inactivation de la toxine avec eau de javel à 0,5 %,
  • Destruction des aliments suspectés,
  • Déclaration précoce aux autorités sanitaires.

Prise en charge des personnes exposées
Le traitement est symptomatique (mesures de prise en charge de l’état de choc) et comprend, si besoin, une antibiothérapie à large spectre.

Pour en savoir plus :
Site de l’Institut de Veille Sanitaire : http://www.invs.sante.fr/publications/guides_biotox/guide_seb.pdf
Vous pouvez aussi consulter le guide d’investigation épidémiologique sur le site de l’Institut de veille sanitaire : http://www.invs.sante.fr/publications/guides_biotox/index.html

Source :
Direction générale de la santé et Institut de veille sanitaire
Rédaction : Avril 2005

Mots-clés

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