MINISTÈRE DE LA JUSTICE
Direction de ladministration pénitentiaire
Bureau des politiques sociales
et dinsertion (PMJ2)
Bureau des relations sociales
(RH1)
Bureau de laction juridique
et du droit pénitentiaire (PMJ4)
Direction de ladministration générale
et de léquipement
MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE
ET DES SPORTS
Direction générale de la santé
Bureau des risques infectieux
et politique vaccinale (RI)
Bureau de la santé des populations
(MC1)
Direction de lhospitalisation
et de lorganisation des soins
Bureau de lorganisation de loffre régionale
de soins et des populations spécifiques (O2)
Circulaire interministérielle DGS/MC1/DHOS/O2/DAP/ DAGE/RI no 2007-272 du 26 juin 2007 relative à la lutte contre la tuberculose en milieu pénitentiaire : prévention, dépistage, continuité du traitement et formation des personnels
NOR : SJSP0730684C
Date dapplication : immédiate
Références :
Articles D. 381 et D. 384-1 du code de procédure pénale (CPP) ;
Articles L. 3112-1 à L. 3112-3, L. 1423-2, R. 3112-1 à R. 3112-5, R. 1333-55 à R. 1333-74) du code de la santé publique (CSP) ;
Décret no 82-453 du 28 mai 1982 modifié, relatif à lhygiène et à la sécurité du travail ainsi quà la prévention médicale dans la fonction publique ;
Décret no 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à lorganisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions daptitude physique pour ladmission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
Circulaire DGS/DH du 29 octobre 1993 relative à la prévention et à la transmission de la tuberculose dans les lieux de soins ;
Circulaire DGS du 4 mai 1995 relative à lorganisation de la lutte anti-tuberculeuse ;
Circulaire NOR du 24 novembre 2005 relative au rôle du médecin de prévention au ministère de la justice ;
Circulaire interministérielle DHOS/DGS/DSS/DGAS/DAP no 2005-27 du 10 janvier 2005 relative à lactualisation du guide méthodologique relatif à la prise en charge sanitaire des personnes détenues et à leur protection sociale ;
Circulaire interministérielle DGS/SD5A/SD5C/SD6A no 2005-220 du 6 mai 2005 relative à la mise en oeuvre du transfert à lEtat des compétences en matière de vaccination et de lutte contre le cancer, la tuberculose, la lèpre et les infections sexuellement transmissibles ;
Circulaire interministérielle DGS/SD5A/SD5C/SD6A/DGCL no 2005/342 du 18 juillet 2005 relative à la mise en oeuvre de la recentralisation des activités de dépistage du cancer, de vaccination, de lutte contre la tuberculose, la lèpre et les infections sexuellement transmissibles et aux orientations pour la négociation des conventions permettant lexercice de ces activités par les départements.
Textes abrogés ou modifiés : circulaire DGS/DAP no 98/538 du 21 août 1998 relative à la lutte contre la tuberculose en milieu pénitentiaire : prévention, dépistage, continuité du traitement et formation des personnels.
Annexes :
Annexe I. - Incidence de la tuberculose dans le monde (source OMS) ;
Annexe II. - Incidence de la tuberculose déclarée par département en France 2004 ;
Annexe III. - Avis et recommandations du CSHPF en matière de lutte antituberculeuse ;
Annexe III. bis - Les différents masques daprès le document INRS « risques infectieux en milieu de soins - Masques médicaux ou appareils de protection respiratoire jetables : quel matériel choisir ? » (cf site www.inrs.fr) - Avis du CHSPF du 14 mars 2003 relatif au choix dun masque ;
Annexe IV. - Fiche technique protocole - Gestion du risque tuberculeux.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre de la santé, de la jeunesse et des sports à Mesdames et Messieurs les directeurs interrégionaux des services pénitentiaires ; Monsieur le directeur interrégional, chef de la mission des services pénitentiaires de loutre-mer (DOM et Mayotte) (pour diffusion aux établissements pénitentiaires et aux services de médecine de prévention) ; Mesdames et Messieurs les directeurs des agences régionales de lhospitalisation ; Madame et Messieurs les préfets de région (directions régionales des affaires sanitaires et sociales ; Mesdames et Messieurs les préfets de département (directions départementales des affaires sanitaires et sociales [pour diffusion aux établissements de santé signataires des protocoles avec les établissements pénitentiaires]).
Parmi les maladies transmissibles, la tuberculose occupe une place particulière, du fait même de son mode de transmission aérien. Dans le milieu pénitentiaire, caractérisé par une population cumulant des facteurs de risque à son égard, cette maladie suscite un certain nombre de questions pratiques de la part des professionnels de terrain - aussi bien pénitentiaires que sanitaires. Cette circulaire est destinée à répondre à ces questions, au moment de la mise en oeuvre de la reprise par lÉtat des compétences en matière de lutte antituberculeuse effective depuis le 1er janvier 2006.
1. Le contexte épidémiologique
1.1. Le contexte général
Dans le monde :
Maladie infectieuse due au bacille tuberculeux appelé bacille de Koch, la tuberculose est un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays, notamment les pays dAfrique, dAsie (sauf le Japon) et certains pays dEurope de lEst (annexe I). On estime que le bacille tuberculeux infecte un tiers de lhumanité, cause au moins 8 millions de cas de maladie et 2 millions de décès par an dans le monde.
En France :
6 098 nouveaux cas ont été déclarés en 2003 en France dont 5 987 en France métropolitaine, ce qui correspond à un taux dincidence annuel des cas déclarés de 10,2 pour 100 000 habitants en France métropolitaine, (cf annexe II).
Cette incidence, proche de la moyenne des pays dEurope de lOuest, stagne depuis une dizaine dannées et cache en réalité de grandes disparités :
- dans la répartition géographique des cas, puisque la région Ile-de-France représente à elle seule presque la moitié des cas de tuberculose, Paris ayant une incidence proche de 40/100 000.
- dans les populations concernées, puisque par exemple, alors que les taux dincidence décroissent régulièrement depuis plusieurs années chez les sujets de nationalité française, pour être inférieurs à 6/100 000 en 2003, ils subissent une croissance régulière chez les sujets de nationalité étrangère depuis 1998, pour être de lordre de 70/100 000 en 2003.
Les conditions de vie précaires (pauvreté, insalubrité du logement, promiscuité) et la provenance dun pays de forte endémie tuberculeuse font partie des facteurs de risque de la tuberculose. Laggravation actuelle de la précarité, ainsi que limmunodépression liée aux maladies, notamment linfection par le VIH qui diminue les défenses immunitaires de lindividu, font que la tuberculose demeure un problème dactualité.
Cette maladie infectieuse peut revêtir diverses formes : pulmonaire dans deux tiers des cas, osseuse, ganglionnaire ou méningée notamment dans les autres cas. Seule la forme respiratoire (pulmonaire, bronchique, ORL, pleurale) de la tuberculose est contagieuse, du fait de la présence du bacille tuberculeux dans lexpectoration, surtout sil est détectable dès lexamen microscopique direct.
La transmission, essentiellement interhumaine, se fait par voie aérienne. Ce sont les gouttelettes de sécrétions respiratoires servant de support au bacille tuberculeux qui, projetées dans lair expiré en particulier par la toux dun malade, restent en suspension et peuvent être inhalées par dautres sujets. Linhalation de bacilles tuberculeux entraîne une infection tuberculeuse latente, se traduisant par le virage de lintradermo-réaction à la tuberculine et nécessitant une surveillance ou un traitement selon les recommandations en vigueur. Dans 90 % des cas, cette infection tuberculeuse latente névoluera pas vers une maladie ; dans 10 % des cas chez ladulte non immunodéprimé, elle évoluera vers une tuberculose maladie, ce risque étant plus fréquent durant les deux années suivant linfection.
La tuberculose maladie est curable, à condition que le traitement antibiotique prescrit soit effectivement pris en totalité. La contagiosité diminue en quelques semaines après le début du traitement.
La guérison nécessite toutefois la prolongation du traitement pendant au moins 6 mois. Cette durée de traitement pose des problèmes dobservance et de continuité, surtout pour les personnes vivant dans des conditions précaires.
Les interruptions du traitement peuvent entraîner la résistance de souches de bacilles tuberculeux à plusieurs antibiotiques spécifiques. Bien que cette multi résistance demeure encore très rare actuellement en France, il est essentiel de suivre attentivement et de façon prolongée tous les malades tuberculeux, dautant que le taux des tuberculoses multi résistantes a presque doublé entre 2001 et 2003 (entre 0,5 et 0,9% des tuberculoses avant 2001 et 1,4% en 2002 et 2003).
1.2. Le contexte spécifique
Selon les données de la déclaration obligatoire (DO), 42 cas de tuberculose ont été diagnostiqués en milieu pénitentiaire en 2003, pour une population carcérale estimée la même année à 58 500 personnes détenues en France, ce qui rend compte dune incidence de lordre de 72/100 000, probablement sous-estimée. En avril 1996, des données précises sur la tuberculose en prison avaient été fournies par les résultats dune enquête épidémiologique menée par les Observatoires régionaux de la santé dIle-de-France et Provence-Alpes-Côte dAzur dans les maisons darrêt de ces deux régions. Si lincidence annuelle de la tuberculose y apparaissait plus élevée que dans la population générale, lenquête montrait bien que cette situation était principalement due aux caractéristiques de la population pénale constituée de nombreuses personnes :
- en situation précaire, nayant guère eu accès aux soins en milieu libre ;
- nées et ou ayant vécu dans des zones de forte endémie tuberculeuse ;
- immunodéprimées (toxicomanes et/ou infectées par le VIH).
Ces personnes appartiennent toujours aux groupes de population les plus exposés à la tuberculose avant même lincarcération. En outre, la promiscuité fréquente en milieu pénitentiaire favorise la transmission durant la détention.
2. Le contexte réglementaire
Les articles L. 1423-2 et L. 3112-2 du CSP issus de la loi no 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, modifiée par larticle 100 de la loi no 2004-1485 du 30 décembre 2004 de finances rectificative pour 2004, prévoient notamment la reprise par lÉtat des compétences, antérieurement dévolues aux conseils généraux, en matière de lutte antituberculeuse.
Depuis le 1er janvier 2006, lÉtat doit soit passer une convention avec le conseil général dès lors que celui-ci est volontaire pour continuer à assurer cette mission pour le compte de lÉtat, soit habiliter une autre structure (établissement de santé ou centre de santé) pour assurer cette mission.
Les circulaires DGS/SD5A/SD5C/SD6A no 2005-220 du 6 mai 2005 et DGS/DGCL du 18 juillet 2005 relatives à la mise en oeuvre du transfert à lÉtat des compétences en matière de vaccination et de lutte contre le cancer, la tuberculose, la lèpre et les infections sexuellement transmissibles, précisent les modalités dapplication de cette reprise de compétences par lÉtat.
Lhabilitation des établissements et centres pour les vaccinations et la lutte contre la tuberculose, la lèpre et les infections sexuellement transmissibles est précisée par voie réglementaire. Leurs missions feront lobjet dun cahier des charges annexé à la convention ou à lhabilitation.
Lobligation du dépistage de la tuberculose est réaffirmée(Art. D. 381 et D. 384-1 du code de procédure pénale).
Le dépistage radiologique doit respecter les principes relatifs à la protection des personnes exposées à des rayonnements ionisants à des fins médicales ou médico-légales, comme énoncé par les articles R. 1333-55 à R. 1333-74 du code de la santé publique.
3. Rappel des principes de la lutte antituberculeuse
Selon les recommandations du Conseil supérieur dhygiène publique de France (CSHPF), ils reposent sur (annexe 3) :
- le dépistage et le traitement précoce des cas, dont le dépistage ciblé dans les populations à risque fait partie ;
- le suivi rigoureux et ladaptation de la prise en charge thérapeutique et sociale jusquà la guérison ;
- lidentification et le dépistage des sujets contacts ;
- le traitement des infections tuberculeuses latentes (systématique chez lenfant, lorsquelles sont récentes chez ladulte) ;
- la vaccination par le vaccin BCG dans certaines indications.
Ces principes sappliquent évidemment en milieu pénitentiaire.
4. Application de ces principes
A lentrée :
Après avoir pratiqué un examen clinique, le médecin de lUCSA décide sil y a lieu de prescrire un examen radiologique thoracique chez les entrants en prison provenant de létat de liberté. Il est particulièrement vigilant au risque dirradiation répétée, notamment en cas de séjours multiples en prison, entrecoupés de courtes périodes de liberté.
Lorganisation du dépistage de la tuberculose incombe au centre chargé de la lutte anti-tuberculeuse (CLAT). Lorsque la radiographie montre des signes dinfection, le médecin de lUCSA informe sans délais le CLAT.
Le cliché radiologique thoracique doit être réalisé dans les délais les plus brefs et interprété, au plus tard, dans les huit jours suivant lincarcération. Larticle D. 384-1 du CPP prévoit que cet examen est pratiqué sur place, sauf impossibilité matérielle. Les UCSA des établissements pénitentiaires ayant une capacité théorique de plus de 150 places doivent être équipées dune installation radiologique permettant la réalisation sur place de la radiographie pour tout entrant venant de létat de liberté. Dans les autres établissements, le dépistage radiologique thoracique peut se heurter à des difficultés pratiques. Des solutions telles que lutilisation dun appareil radiodiagnostic mobile, des extractions vers un établissement de santé doivent être trouvées localement et mises en oeuvre avec tous les partenaires concernés.
Il est rappelé que les examens de radioscopie effectués au moyen dappareils sans intensification dimage ou de technique équivalente (dispositif de radiophotographie comprenant exclusivement un système optique pour réduire la taille de limage) sont interdits, en application de larticle R. 1333-58 du CSP. Larrêté du 17 juillet 2003 relatif à la mise hors service des appareils de radioscopie sans intensification dimage précise les modalités de mise hors service de ces appareils.
Toute difficulté rencontrée dans la mise en oeuvre de ce dépistage doit être signalée au préfet.
Ce dépistage à lentrée est nécessaire, car il permet de détecter immédiatement les sujets potentiellement contagieux et de disposer dun cliché radiologique thoracique de référence de bonne qualité et accessible, mais il est insuffisant, les cas de tuberculose en prison pouvant se révéler plus tard au cours de la détention.
Au cours de la détention :
La vigilance en matière de prévention de la tuberculose simpose tout au long de la détention, quels que soient la durée de celle-ci et le type détablissement, puisque la population carcérale est un « groupe à risque ». Les signes dappel, comme une toux prolongée et/ou une altération de létat général, doivent faire penser systématiquement à la tuberculose. La personne doit être orientée vers léquipe médicale. Il appartient au médecin de lUCSA, notamment lors de transferts, ou pour des personnes incarcérées depuis longtemps, et/ou pour lesquelles le dernier cliché radiologique a plus de deux ans, de réévaluer en permanence le bien fondé dun dépistage et de proposer si besoin un nouveau cliché radiologique thoracique.
5. La démarche médicale
Afin de réduire les risques potentiels de contagion et mettre en place un traitement précoce si nécessaire, il est impératif quil existe une bonne coordination entre tous les acteurs concernés, tant internes quexternes à létablissement pénitentiaire.
Le diagnostic de tuberculose pulmonaire est rarement posé demblée. Il est souvent établi en deux temps séparés de plusieurs jours :
1. Suspicion du diagnostic à loccasion de signes cliniques ou radiologiques ;
2. Affirmation du diagnostic, quil y ait ou non confirmation bactériologique, avec mise en route immédiate du traitement anti-tuberculeux.
5.1 Conduite à tenir en cas de suspicion de tuberculose
Confirmer le diagnostic :
En cas de suspicion de tuberculose pulmonaire, la démarche médicale comporte en premier lieu lexamen clinique avec recherche dantécédents tuberculeux éventuels.
Cet examen clinique est complété par dautres examens. Parmi ceux-ci, les plus courants et les plus informatifs sont :
- la radiographie thoracique (en labsence dune radiographie récente de bonne qualité),
- la recherche du bacille tuberculeux dans lexpectoration (crachats ou tubages gastriques trois jours consécutifs le matin à jeun) réalisée par examen microscopique direct et culture et éventuellement PCR. Le résultat des examens microscopiques directs est rapide (un à deux jours), mais celui des cultures nécessite trois à quatre semaines (délai pouvant être raccourci avec des techniques de culture en milieu liquide).
Les résultats de ces examens doivent être communiqués en urgence à lUCSA.
- dautres examens plus spécialisés, à réaliser en milieu hospitalier, peuvent savérer nécessaires (scannographie, fibroscopie...) ;
- lintradermo-réaction à la tuberculine, avec lecture 72 heures plus tard, sert au diagnostic dinfection tuberculeuse et ne préjuge pas de la maladie. Lexamen étant dinterprétation difficile, notamment chez les patients immunodéprimés, il doit être réalisé et lu par un médecin rompu à cette pratique. Dautre part, lutilisation en routine de techniques plus récentes de diagnostic spécifique de linfection tuberculeuse, par dosage sanguin de linterféron gamma, est en cours dévaluation.
Prendre les mesures de protection (annexe III) :
Dans lattente des résultats et dans le respect du secret professionnel, le médecin de lUCSA prescrit et explique au patient les précautions à prendre pour réduire le risque de contamination par voie respiratoire et met en place les mesures de protection des autres personnes contacts, en liaison avec le chef détablissement :
- la personne détenue potentiellement contagieuse doit être seule dans sa cellule. Laffectation en cellule individuelle pour raison médicale est prescrite par le médecin qui en informe la personne détenue ; cette mesure est mise en oeuvre par le chef détablissement. La cellule individuelle est située en détention ordinaire, porte fermée (y compris dans les centres de détention). Les motifs sanitaires ne justifient pas un placement au régime de lisolement administratif, celui-ci ne pouvant intervenir que pour des raisons de sécurité pénitentiaire ;
- la cellule doit être fréquemment aérée. En labsence de la personne détenue concernée, la porte de la cellule doit rester fermée y compris en établissement pour peine ;
- toute personne qui entre dans la cellule doit mettre un masque de protection respiratoire de type FFP1 au minimum (CF annexe 3 et 3 BIS) et le porter jusquà sa sortie. Ce masque est un masque filtrant des particules de la taille dun micron. Sa durée defficacité ne dépasse pas trois heures en port continu. Il ne doit pas être réutilisé, même après un seul usage ; il doit être considéré comme un déchet dactivité de soins et traité comme tel. Cest ladministration pénitentiaire qui a la charge financière de ce moyen de protection pour ses personnels et pour les personnes placées sous main de justice, et qui le met à la disposition des personnes concernées ;
- afin de réduire les contacts avec dautres personnes, les déplacements de la personne détenue potentiellement contagieuse doivent être limités, tant à lintérieur de létablissement quà lextérieur. Ces déplacements nécessitent alors le port dun masque anti-projections par la personne détenue (dit masque « chirurgical ») ; dans ce cas, les personnes qui laccompagnent peuvent sen dispenser puisque, habituellement, et en dehors dun milieu confiné, le port simultané dun masque par la personne potentiellement contagieuse et lentourage ne simpose pas. Dans ces conditions, la personne détenue peut donc se rendre dans le local des douches collectives (à condition quelle y soit seule et que ce local soit aéré après son passage). Les promenades ne lui sont pas interdites. Elles sont, si possible, individuelles, à défaut, le port du masque par la personne détenue est obligatoire ;
- les visites ne doivent pas être supprimées, mais aménagées : la personne détenue est invitée à signaler elle-même à ses visiteurs son risque potentiel de contagion et à les recevoir en portant son masque anti-projections (dit masque « chirurgical »). Les personnels effectuant les fouilles à loccasion de ces parloirs doivent être équipés de masque de type FFP1. Après la fouille, la personne détenue est dotée dun nouveau masque anti-projection ;
- de façon générale, après un séjour dune personne suspecte de tuberculose dans un espace confiné (cellule, véhicule de transport, parloir...), seule simpose une aération de deux heures du local. Il ny a pas de risque de transmission liée à la contamination des surfaces et des locaux, même si la contagiosité était ultérieurement confirmée. Il ny a donc pas lieu de mettre en oeuvre une désinfection de ces locaux.
5.2. Conduite à tenir en cas de diagnostic de tuberculose
respiratoire (pulmonaire, bronchique, ORL, pleurale) confirmé
Le diagnostic de tuberculose respiratoire est établi lorsque les arguments de présomption sont suffisants pour décider la mise en route dun traitement anti-tuberculeux ou lorsque la recherche du bacille tuberculeux est positive, dès lexamen microscopique direct ou après la culture. Toute tuberculose avec localisation respiratoire doit être considérée comme contagieuse.
Ce diagnostic implique une triple démarche à mener de façon concomitante, vis-à-vis du malade lui-même, des autorités, et de son entourage.
5.2.1. Signalement immédiat et déclaration obligatoire
(art D. 31-136 du CSP)
La tuberculose maladie fait partie des maladies à signalement immédiat et déclaration obligatoire (modèle de fiche de déclaration obligatoire accessible sur le site www.invs.sante.fr).
Le médecin ou biologiste qui a posé le diagnostic :
- signale le cas le plus rapidement possible par tout moyen à sa disposition (tél., télécopie, courriel, etc.) au médecin inspecteur de santé publique de la DDASS et sassure que le responsable du centre de lutte antituberculeuse du département (CLAT), chargé dorganiser le dépistage des sujets contacts, est prévenu dans les mêmes délais ;
- notifie le cas au médecin inspecteur de santé publique de la DDASS dont il dépend, à laide du formulaire anonyme de déclaration en cochant litem « milieu pénitentiaire ».
5.2.2. Prise en charge du malade
Les personnes atteintes dune tuberculose contagieuse doivent être hospitalisées. Cette hospitalisation a lieu si possible dans lunité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) desservant létablissement pénitentiaire. A défaut, elle se fait dans le centre hospitalier de proximité.
A lissue de lhospitalisation, le médecin de lUCSA veille au suivi du traitement ; celui-ci consiste en une association dantibiotiques anti-tuberculeux, à prendre à jeun par voie orale. Pour éviter toute interruption thérapeutique, la coopération du patient doit être acquise. Si nécessaire, la prise quotidienne des médicaments anti-tuberculeux se fait en présence dune infirmière.
5.2.3. Prise en charge de lentourage du cas index
Un volet fondamental de la prévention de la dissémination de la tuberculose est lenquête autour dun cas. Elle est dautant plus importante en milieu pénitentiaire que la population incarcérée est réceptive à la tuberculose du fait même de ses caractéristiques (cf. paragraphe 1.2) et de la promiscuité due aux conditions de détention.
Le médecin qui a posé le diagnostic avertit le centre de lutte anti-tuberculeuse (CLAT). Dans tous les cas, le médecin de lUCSA sassure que le CLAT a été informé.
Le médecin du CLAT coordonne la démarche dinvestigation et de prise en charge des sujets contact avec le médecin de lUCSA, les médecins de prévention et du travail, les médecins de famille et léquipe hospitalière, le cas échéant.
Cette démarche a deux objectifs :
- repérer ou éviter lapparition de cas secondaires (dinfection latente et de tuberculose) ;
- repérer la source dinfection éventuelle (dans la famille, dans le cercle de vie, chez les codétenus(es), chez les personnels).
Elle doit systématiquement passer en revue les contacts du « parcours » de la personne détenue durant sa période de contagiosité (classiquement les trois mois précédant le diagnostic), notamment lors des circonstances suivantes :
- larrestation,
- la garde à vue dans des lieux confinés,
- le transfert en véhicule fermé,
- larrivée en prison : salles dattente confinées, cellules « arrivants »,
- la vie en prison : cellules, lieux de vie communs (ateliers, salles de classe....), parloirs,
- lentourage dans dautres établissements pénitentiaires,
- les procédures judiciaires (confrontation, procès)
- lentourage (famille, amis...) avant lincarcération, dans la limite des trois mois précédant le diagnostic.
Lenquête autour dun cas concerne également les personnels. Elle est alors effectuée, en tenant compte du protocole visé au paragraphe 6.1, en concertation étroite avec les médecins de prévention compétents pour les personnels concernés (justice, police, santé, éducation nationale...) et les médecins des services de médecine du travail, compétents pour les personnels du secteur privé.
A cet effet, en collaboration avec le chef détablissement, il est procédé au recensement des agents et intervenants ayant été en contact étroit, prolongé et/ou répété avec la personne malade. Les risques de contagion encourus sont évalués et le suivi médical adapté à chaque situation est mis en oeuvre.
Elle peut donc concerner :
- les personnels (personnels judiciaires, personnels pénitentiaires, personnels médicaux, personnel de léducation nationale...) ;
- les policiers ou gendarmes ;
- les visiteurs de prison ;
- les intervenants ;
- la population pénale ;
- les proches (en particulier les enfants).
Un document listant les personnes contact est élaboré par le médecin du CLAT du département où se trouve létablissement pénitentiaire, en collaboration avec le médecin de lUCSA.
La définition des sujets contact nécessitant dêtre investigués et/ou suivis est du ressort du médecin du CLAT, et dépend de trois critères :
- la contagiosité du cas index,
- le type de contact,
- le risque dévolution vers la tuberculose maladie du sujet contact.
Le risque de contamination réel doit être analysé et gradué en fonction de ces trois critères, sachant quen théorie il existe autour dun cas de tuberculose contagieuse un risque dexposition pour toute personne ayant partagé la même pièce ou, à lair libre, un même espace défini par la distance dune conversation, et cela, quelle que soit la durée de ce contact avec la personne malade, étant entendu que ce risque est dautant plus grand que cette durée est longue.
5.2.4. Continuité des soins et médecins concernés
La tuberculose est une maladie pour laquelle la continuité des soins et le suivi des sujets contacts sont fondamentaux.
Pour le malade lui-même :
Le traitement de la tuberculose dure au moins six mois. La plupart des personnes détenues ayant commencé un traitement anti-tuberculeux en prison sont libérées avant la fin de ce traitement. A la libération du patient, le médecin de lUCSA prévient le CLAT et sassure que le malade a en sa possession :
- la copie ou un résumé des principaux éléments de son dossier médical ;
- la quantité de médicaments nécessaire à la poursuite du traitement pendant dix jours ;
- une ordonnance permettant la poursuite à lextérieur du traitement en cours ;
- un rendez-vous pour une consultation de suivi auprès du CLAT ou dun médecin de son choix ;
- ladresse des CLAT qui pourront lui délivrer des médicaments à titre gratuit.
Par ailleurs, il appartient à ladministration pénitentiaire (SPIP) de sassurer de louverture de ses droits sociaux dans le cadre de la préparation de sa sortie.
Pour les sujets contact :
Le suivi de tous les malades et des sujets contact nécessite également une coordination.
Elle est réalisée par le médecin du CLAT, et mobilise les médecins des UCSA, des DDASS ou des services des conseils généraux, des centres de PMI, du travail (police, justice, hôpital, éducation nationale pour les personnels et pour la personne détenue, médecin de son lieu de travail...), les médecins de famille et les médecins scolaires (Etat et département).
6. Suivi médical des agents de ladministration
pénitentiaire en médecine de prévention
Le médecin de prévention est chargé de suivre les agents de ladministration pénitentiaire en contact avec la population pénale au moins une fois par an. Il intervient dans le champ de la prévention médicale individuelle et collective.
6.1. Lévaluation du risque
Dans chaque établissement, le médecin de prévention établit un protocole, écrit en collaboration avec lUCSA, le CLAT, le chef détablissement et le directeur des services dinsertion et de probation (DSPIP), des différentes conduites à tenir en cas de suspicion de tuberculose ou de cas de tuberculose avéré.
Lévaluation du risque tuberculeux par le médecin de prévention va lui permettre de déterminer les modalités de la surveillance médicale, en particulier la fréquence et le type dexamens complémentaires.
Lanalyse précise des postes de travail est indispensable pour affiner ce risque. En particulier, le médecin de prévention doit être informé de laffectation des agents par ladministration, du roulement des postes de travail, ainsi que des tâches effectuées par les agents.
Lévaluation du risque se base notamment sur les paramètres suivants :
- le type détablissement pénitentiaire (maison darrêt, maison centrale, centre de détention, centre de semi liberté, etc.) ;
- les caractéristiques des postes de travail (agent en contact direct permanent avec les entrants en détention, agent affecté à la fouille, équipement de protection individuelle mis à disposition, turnover des postes de travail, etc.) ;
- le délai entre larrivée dune personne détenue et le résultat de sa radiographie thoracique ;
- le nombre de cas bacillifères survenus au cours de lannée précédente dans létablissement.
6.2. La surveillance médicale
Lors de larrivée dun agent (y compris stagiaire) au sein dun premier établissement pénitentiaire :
Ladministration adresse cet agent au service de médecine de prévention. Le médecin de prévention prescrit une radiographie thoracique de face, ainsi quun test tuberculinique de référence (devant le plus souvent être réalisé à lextérieur de létablissement). Les résultats de ces examens complémentaires sont consignés dans le dossier médical de lagent.
Lors de visites périodiques (annuelles) :
Linterrogatoire systématique recherche des signes cliniques en faveur dune tuberculose (sueurs, fièvre, amaigrissement, toux traînante.) Un examen clinique est systématiquement effectué. Les examens complémentaires sont prescrits en fonction des risques évalués par le médecin de prévention.
- risque faible (1 cas bacillifère/an ou moins : la prescription systématique dune radiographie thoracique ainsi que dune IDR est inutile ;
- risque intermédiaire (entre 2 et 4 cas bacillifères/an) : le médecin de prévention définit dans le cadre du protocole une politique de surveillance médicale en fonction de lévaluation du risque tuberculeux ;
- risque élevé (5 cas bacillifères/an ou plus) : le médecin de prévention informe lagent de lintérêt de la surveillance radiologique et de lIDR. Une radiographie thoracique peut être proposée tous les deux ans. Le médecin de prévention pratique ou prescrit une IDR tous les deux ans si lIDR de référence est inférieure ou égale à 10 mm, tous les 5 ans si lIDR de référence est supérieure à 10 mm et inférieure ou égale à 14 mm ; au delà de 14 mm ou en cas de modification de plus de 10 mm par rapport à lIDR de référence, une évaluation médicale est réalisée avec une prise en charge thérapeutique si nécessaire.
Dans tous les cas, le médecin de prévention rappelle aux agents les principaux signes cliniques de tuberculose, lintérêt et la nécessité de porter une protection respiratoire en cas de partage dun espace défini par la distance dune conversation avec une personne détenue ayant une tuberculose bacillifère (ou une suspicion de tuberculose), en labsence de port de masque anti-projection par cette dernière.
En cas de découverte dun cas de tuberculose avéré chez une personne détenue :
LUCSA signale au médecin de prévention les cas de tuberculose bacillifère chez une personne détenue. Le médecin de prévention doit alors évaluer le risque pour lensemble des agents en fonction du type dexposition, de la durée dexposition.
Il participe à la recherche des sujets contact en collaboration avec le CLAT et le chef détablissement (seul à connaître les plannings des agents ainsi que leur affectation). Il recense les agents devant subir un dépistage. Ce dépistage est réalisé par le CLAT et comporte une radiographie thoracique ainsi quune IDR renouvelée à trois mois.
En cas de découverte de tuberculose ou dinfection tuberculeuse latente chez un agent, le médecin de prévention en informe lUCSA.
7. Éducation à la santé, formation
La lutte contre la tuberculose en prison nécessite une vigilance accrue et une sensibilisation particulière des professionnels pénitentiaires et de santé.
Pour les personnels pénitentiaires :
Cette sensibilisation, dispensée par un médecin, est intégrée dans les formations initiales et continues sur le thème des maladies transmissibles. Elle participe à développer une meilleure connaissance en matière dobservation des personnes détenues et en matière de prévention des risques sanitaires.
Pour les personnes détenues :
Le médecin de lUCSA, coordonnateur des actions déducation pour la santé peut organiser en collaboration avec le CLAT des actions collectives déducation à la santé en faveur de la population pénale concernant la tuberculose, au même titre que les autres maladies transmissibles (infection par le VIH, maladies sexuellement transmissibles, hépatites...).
Pour les personnels sanitaires :
Il est important de former les personnels sanitaires exerçant en milieu pénitentiaire aux particularités de la prise en charge de la tuberculose en milieu carcéral.
En conclusion, la prévention et la prise en charge de la tuberculose en prison justifient lindispensable collaboration entre personnels pénitentiaires et sanitaires tout en préservant la confidentialité des informations médicales due aux patients détenus. La prise en charge de la tuberculose nécessite également une collaboration étroite avec dautres partenaires, en particulier les centres de lutte anti-tuberculeuse et les services de médecine de prévention des personnels, avec pour souci prioritaire, la qualité et la continuité des soins à lintérieur et à lextérieur de la détention.
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Le directeur général de la santé, Pr. D. Houssin |
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Le directeur de ladministration pénitentiaire, C. dHarcourt |
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Le directeur de lhospitalisation et de lorganisation des soins, A. Podeur |
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Le directeur de ladministration générale et de léquipement, R. Heitz |
ANNEXE I
INCIDENCE DE LA TUBERCULOSE DANS LE MONDE
(source OMS)
Les zones géographiques à forte incidence tuberculeuse, selon les estimations de lOMS (cf. note 1) , et en tenant compte de certaines imprécisions liées aux difficultés du recueil fiable des données épidémiologiques dans certains pays, sont :
- le continent africain ;
- le continent asiatique à lexception du Japon ;
- les Amériques centrale et du sud ;
- les pays dEurope Centrale et de lEst hors UE (Albanie, Bosnie & Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Macédoine, Roumanie, Serbie & Monténégro) ;
- les pays de lancienne Union soviétique y compris les pays baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie).
ANNEXE II
INCIDENCE DE LA TUBERCULOSE DÉCLARÉE
PAR DÉPARTEMENT EN FRANCE 2004
(taux pour 100 000 habitants)
ANNEXE III
AVIS ET RECOMMANDATIONS DU CSHPF EN MATIÈRE DE LUTTE ANTITUBERCULEUSE ACCESSIBLES SUR LE SITE WWW.SANTE.GOUV.FR (DOSSIER THÉMATIQUE : TUBERCULOSE)
1. Investigations à conduire autour dun cas de tuberculose maladie ou de tuberculose infection récente :
- chapitre 10 de « Prévention et prise en charge de la tuberculose en France », Synthèse et recommandations du groupe de travail du CSHPF (2002-2003), accessible sur le site internet : www.sante.gouv.fr (maladies/tuberculose) ;
- « Recommandations pour que lenquête autour dun cas de tuberculose aboutisse dans des délais compatibles avec lefficacité des mesures de lutte antituberculeuse ».
2. Présentation des différents masques daprès le document de lINRS (site internet de lINRS) « risques infectieux en milieu de soins - Masques médicaux ou appareils de protection respiratoire jetables : quel matériel choisir ? » et avis du CSHPF du 14 mars 2003 relatif au choix dun masque de protection contre la tuberculose en milieu de soins (textes joints en annexe III bis).
3. Avis du CSHPF relatif à la revaccination par le BCG et modalités de surveillance chez les professionnels exposés à la tuberculose (15 novembre 2002).
4. Avis du CSHPF relatif au traitement de la tuberculose infection (14 mars 2003).
ANNEXE III BIS
LES DIFFÉRENTS MASQUES DAPRÈS LE DOCUMENT INRS « RISQUES INFECTIEUX EN MILIEU DE SOINS - MASQUES MÉDICAUX OU APPAREILS DE PROTECTION RESPIRATOIRE JETABLES : QUEL MATÉRIEL CHOISIR ? » (CF. SITE wwww.inrs.fr)
Le masque médical ou « chirurgical » ou masque de soins est destiné à éviter, lors de lexpiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles par voie « gouttelettes » ou « aérienne ». Porté par un patient contagieux, il prévient la contamination de son entourage et de son environnement.
Un appareil de protection respiratoire jetable filtrant contre les particules, communément appelé « masque » de protection respiratoire, est destiné à protéger celui qui le porte contre linhalation dagents infectieux transmissibles par voie « aérienne ». Il le protège aussi contre le risque de transmission par voie « gouttelettes ». Il existe trois classes dappareils de protection respiratoire jetables, par ordre croissant defficacité (FFP1, FFP2, FFP3).
Pour lutilisation de ces masques dans le cas de la tuberculose, voir ci-dessous lavis du Conseil supérieur dhygiène publique de France (séance du 14 mars 2003).
Avis du Conseil supérieur dhygiène publique de France, section maladies transmissibles, relatif au choix dun masque de protection contre la tuberculose en milieu de soins (séance du 14 mars 2003)
Considérant :
- que la transmission de la tuberculose en milieu de soins est due, lors dune tuberculose pulmonaire ou laryngée contagieuse, à lémission du bacille tuberculeux par le patient et à son inhalation par les personnes à son contact ;
- que pour être efficace un masque doit concilier performance et acceptabilité,
Le Conseil supérieur dhygiène publique de France recommande, pour le choix des masques de protection respiratoire dans la prévention de la transmission de la tuberculose en milieu de soins :
- pour le malade contagieux lors des contacts avec son entourage, le port dun masque de soins, dit aussi masque de type « chirurgical » (soppose à lémission du bacille) ;
- pour les personnels soignants et les visiteurs au contact du patient contagieux, le port dun masque de protection respiratoire de type FFP1 (*) au minimum (soppose à linhalation du bacille) ;
- pour les personnels soignants, dans certaines situations particulièrement à risques, telles que intubation, expectoration induite, en cas de tuberculose multirésistante et dans toute situation favorisant lémission ou la transmission du bacille tuberculeux, le port dun masque de protection respiratoire de type FFP2 (*) (soppose à linhalation du bacille, avec une meilleure efficacité que le masque FFP1, mais une contrainte de port plus importante).
Cet avis ne peut être diffusé que dans son intégralité, sans suppression ni ajout.
(*) FFP pour « pièce faciale filtrante », le numéro correspond au degré defficacité de la protection, à condition que lapplication sur le visage soit correcte. FFP1 présente une fuite totale inférieure à 20 %, FFP2 une fuite totale inférieure à 8 %, pour des particules de 1 micron.
ANNEXE IV
GESTION DU RISQUE TUBERCULEUX
Médecine de prévention/UCSA/CLAT/
chef détablissement/DSPIP
Eléments devant figurer dans le protocole cité
au paragraphe 6.1 de la circulaire
Coordonnées du ou des médecins de lUCSA :
Nom :
Téléphone :
Fax :
Messagerie :
Horaires de présence :
Coordonnées du médecin de prévention :
Nom :
Téléphone :
Fax :
Messagerie :
Horaires de présence :
Coordonnées du correspondant du CLAT :
Nom :
Téléphone :
Fax :
Messagerie :
Coordonnées du chef détablissement pénitentiaire :
Nom :
Téléphone :
Fax :
Messagerie :
Coordonnées du DSPIP :
Nom :
Téléphone :
Fax :
Messagerie :
Préciser les modalités selon lesquelles le médecin de lUCSA, le médecin de prévention et le correspondant du CLAT sinforment mutuellement :
- en cas de suspicion de tuberculose contagieuse ;
- en cas de cas avéré de tuberculose contagieuse.
Indiquer la nature des informations échangées.
Préciser les modalités selon lesquelles le chef détablissement et le DSPIP sont informés et indiquer la nature des informations à transmettre, dans le respect de la confidentialité médicale.
Préciser les modalités de stockage et de distribution des masques chirurgicaux et des masques FFP1.
Ce protocole tient compte de lévaluation du risque tuberculeux réalisé au préalable par le médecin de prévention.
NOTE (S) :
(1) Données tirées du rapport de lOMS 2005 « Global Tuberculosis Control, p. 22, Fig.2 : Estimated TB incidence rates, 2003 ».