> Zoonoses
> Fièvre du Nil occidental > Fièvre du Nil occidental ou Infection par le virus West Nile
L’infection par le virus West Nile, également appelé virus du Nil occidental, est une zoonose connue en France depuis les années 1960 et dont la diffusion à l’échelle de la planète s’est modifiée récemment.
Le virus West Nile infecte l’homme accidentellement, essentiellement par piqûre de moustique infecté, mais l’infection peut être transmise par l’intermédiaire de certains produits de santé d’origine humaine.
L’analyse de cas humains et équins survenus en France - en Camargue et dans le département du Var - en 2003, ainsi que les données internationales, ont conduit à proposer une adaptation des mesures de surveillance et de protection qui étaient jusqu’alors en place. La stratégie de réponse est graduée en fonction du niveau de risque observé. Elle repose sur le renforcement de la surveillance, destiné à mieux apprécier l’étendue et l’importance de la circulation virale, les mesures de protection individuelle, la mise en œuvre de mesures de lutte contre les moustiques, et la sécurisation des dons de sang et d’organes. Au vu des données épidémiologiques nationales et internationales, un guide de procédures pour lutter contre la circulation du virus West Nile en France métropolitaine a été élaboré en 2004. Il est actualisé régulièrement.
Agent : Le virus West Nile est un arbovirus, de la famille des flaviviridae, transporté par des oiseaux migrateurs. Son cycle de vie implique un insecte vecteur, le moustique, un réservoir animal, l’oiseau, et des hôtes accidentels, le cheval et l’homme, qui sont des impasses pour son développement.
Réservoir : Les oiseaux constituent le réservoir habituel du virus et jouent un rôle d’hôte amplificateur.
Mode de contamination : Les moustiques s’infectent en piquant des oiseaux eux-mêmes infectés. Ils peuvent contaminer, par piqûre, l’homme et les herbivores domestiques comme le cheval. Le cheval et l’homme sont des hôtes accidentels dans le cycle de cette zoonose et représentent des culs de sac épidémiologiques. Ceci signifie qu’il n’y a aucune transmission directe du cheval à l’homme ni de l’homme à l’homme.
Transmission par le sang et les organes : En 2002, des études ont démontré aux Etats-Unis un risque faible de transmission lors de transfusion sanguine ou de don d’organe. Une personne infectée par le virus West Nile n’est susceptible de transmettre l’infection que pendant une période de 6 jours. De ce fait, l’Etablissement français du sang (EFS) et l’Etablissement français des greffes (EFG) ont pris des mesures contre les risques de transmission du virus West Nile lors des transfusions sanguine et des dons d’organe pour les donneurs revenant de zones de circulation virale du West Nile, suivant en cela les mêmes mesures adoptées aux Etats-Unis.
Epidémiologie – Surveillance : Le virus West Nile, qui avait auparavant été responsable d’épidémies en Afrique, Europe de l’est, au Moyen Orient et en Asie, a été détecté pour la première fois sur le continent américain, aux Etats Unis, en 1999. Depuis, il diffuse à tout le continent nord américain où la maladie se présente comme une maladie émergente.
En France métropolitaine, le virus, détecté dès les années 1962-1963 en Camargue, a été retrouvé de nouveau en 2000 chez des chevaux. En 2003, 7 cas humains ont été diagnostiqués dans le département du Var. L’analyse de ces cas groupés humains et équins ainsi que les données internationales ont conduit à proposer en 2004 une adaptation des mesures de surveillance et de protection jusqu’alors en place. Depuis 2007, aucune circulation du virus West Nile n’a été détectée en France métropolitaine, alors que depuis 2010, une recrudescence de cas équins et humains de West Nile est observée dans de nombreux pays d’Europe du Sud et de l’Est et aux Etats unis.
Trois niveaux de risque sont identifiés :
Niveau 1 : Activité virale présente chez les oiseaux
Niveau 2 : Cas équins
Niveau 3 : Cas humains
Surveillance animale : Un rapport de l’AFSSA publié en juin 2004 analyse la situation animale en France et Europe, la compare à la situation aux Etats Unis, et établit des recommandations pour améliorer la surveillance actuelle. Elle conclut également à l’utilité de la diffusion de l’information entre tous les acteurs impliqués en phase veille et en phase alerte.
Clinique : La durée d’incubation est de 2 à 15 jours (21 jours pour les contaminations transfusionnelles). L’infection passe la plupart du temps inaperçue : 80% infections humaines à VWN sont asymptomatiques. Dans les autres cas, la maladie se présente sous forme d’un syndrome de type grippal avec une fièvre, des maux de tête, des courbatures. Dans des cas exceptionnels (un cas sur 150), la maladie se présente sous une forme sévère et se traduit par des manifestations neurologiques (méningite aseptique, méningo-encéphalites, paralysie flasque aiguë) principalement décrites chez des sujets âgés. La mortalité a été évaluée à 2% des infections.
Diagnostic : La confirmation biologique fait appel à des prélèvements de sérum ou de liquide céphalo-rachidien afin de mettre en évidence la présence du virus ou surtout la présence d’anticorps dirigés contre le virus. Trois techniques diagnostiques sont possibles : sérologie (recherche d’IgM par technique ELISA et test de neutralisation) ; amplification génique par RT-PCR ; isolement viral par culture, les deux premières étant utilisées chez l’homme.
Traitement : Le traitement est symptomatique pour les syndromes pseudo grippaux.
Pour les méningo-encéphalites, il repose sur une prise en charge hospitalière avec traitement symptomatique en service de réanimation si besoin.
Prévention : A ce jour, il n’existe pas de moyens permettant d’éradiquer totalement le risque de transmission du virus West Nile. La prévention repose sur des mesures de protection individuelle destinées à réduire le risque de piqûre par les moustiques. Ces derniers piquent surtout le soir et la nuit et se tiennent principalement dans les zones humides (étangs, marais, rivières, rizières…) : ces mesures seront donc mises en œuvre plus particulièrement du coucher au lever du soleil.
Les mesures de protection reconnues comme efficaces sont :
Actualités / Communiqués de presse
Documents de référence
Circulaire interministérielle du 24 juillet 2009 et guide de procédures relatifs à la lutte contre la circulation du virus West Nile en France métropolitaine (PDF - 767 ko) Plaquette d’information sur la fièvre du Nil occidental (PDF - 26.1 ko) (juin 2005)
Rapport sur la surveillance de l’infection à virus West Nile en France (AFSSA, 2004)
Pour en savoir plus :
Source :
DGS/ Sous-direction des risques infectieux
Bureau Risques infectieux, politique vaccinale et autres risques liés aux soins.
8, avenue de Ségur, 75007 Paris.
Rédaction : septembre 2002.
Mise à jour : septembre 2012

Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.