> Salmonelloses > Fièvres typhoïde / novembre 2003 (actualisation mai 2004)
Ce dossier, réalisé par la Direction générale de la santé avec l’appui de l’Institut de Veille Sanitaire et du Centre National de Référence des Salmonella, donne des éléments utiles sur la fièvre typhoïde. Ces données ne sont pas exhaustives, des informations complémentaires sont accessibles sur d’autres sites Internet (cf chapitre "pour en savoir plus" ci-dessous).
Ces informations ont été rédigées à l’attention des professionnels de santé. Elles comprennent des termes scientifiques qui peuvent être difficiles à appréhender pour les lecteurs non-médecins.
La fièvre typhoïde est une scepticémie à point de départ intestinal avec migration secondaire vers la circulation sanguine par le biais du réseau lymphatique. C’est une pathologie de transmission oro-fécale dont le réservoir est constitué par des sujets malades ou des porteurs sains chroniques.
La fièvre typhoïde est une maladie provoquée par un bacille à gram négatif de la famille des Enterobactéries, Salmonella enterica sérotype typhi.
Le réservoir de Salmonella typhi est strictement humain. La transmission peut être interhumaine par contact direct avec une personne infectée, ou indirect par consommation d’aliments contaminés lors de leur préparation par une personne malade (ou porteuse saine) ou par consommation d’aliments (coquillages, fruits de mer, légumes crus) contaminés par de l’eau souillée par des matières fécales.
Certaines personnes atteintes de la typhoïde (traitées ou non), restent en effet porteuses chroniques avec excrétion intermittente possible du germe dans les selles, et donc potentiellement contagieuses.
Comme pour toutes les maladies à transmission oro-fécale, la fièvre typhoïde se rencontre surtout dans des zones à conditions d’hygiène précaire, frappant principalement les pays en voie de développement en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine. La répartition au niveau mondial de cette maladie est proche de celle de l’hépatite A (favorisée par les mêmes facteurs).
La maladie est rare en France métropolitaine (environ 90 cas sont déclarés chaque année), correspondant dans plus de 80% des cas à des cas d’importation (infectés lors d’un séjour en pays endémique) . L’incidence annuelle en France est estimée à 0,3 pour 100 000 habitants (voir BEH 14/2003). Néanmoins dans la dernière décennie, deux épidémies ont été signalées. L’une en 1997, touchant une trentaine de personnes dans les Alpes-Maritimes, était probablement due à la consommation de charcuterie lors d’un banquet préparé par un porteur du bacille. L’autre est intervenue en 1998 à Villeneuve St Georges où, après consommation d’un repas commun, 27 personnes ont présenté une fièvre typhoïde et une centaine une gastro-entérite précoce.
La fièvre typhoïde est une maladie à déclaration obligatoire.
Après une période d’incubation variant de une à trois semaines, la maladie évolue classiquement en deux phases :
L’isolement du germe par hémoculture et par coproculture confirme le diagnostic. De 2 à 5 % des patients continue à excréter les bacilles, deux ou trois mois après le début de la maladie : ce sont des porteurs chroniques. Le diagnostic peut aussi être porté sur la présence d’anticorps sériques. La sérologie est souvent d’interprétation difficile ; elle nécessite deux prélèvements à quinze jours d’intervalle, et sa positivité est tardive.
Outre le traitement symptomatique et le traitement des complications éventuelles, les fluoroquinolones seront utilisées en première intention chez l’adulte (durée moyenne de traitement de 5 à 10 jours), le cotrimoxazole ou l’ampicilline chez l’enfant de moins de 15 ans. Pour éliminer formellement un portage chronique, il est nécessaire de pratiquer des coprocultures répétées après la fin du traitement antibiotique.
Cas groupés de fièvre typhoïde à Paris, novembre 2003
Le bulletin épidémiologique hebdomadaire 2004/n°21
Source : Direction Générale de la Santé / SD5B
Bureau des alertes et problèmes émergents
8 Avenue de Ségur, 75007 Paris
Rédaction : 05 novembre 2003
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