Les Ministres félicitent le professeur
JARDE et tous les membres du groupe de travail pour la grande qualité de
l’étude qu’ils ont conduite.
Les principes des orientations dégagées leur paraissent
particulièrement pertinents et ils y souscrivent.
Dominique PERBEN se félicite que ce rapport donne une place
centrale aux victimes. Il n’est pas concevable en effet que
celles-ci ne bénéficient pas d’un même
traitement, d’une même qualité de prestations.
Cet état de fait est d’autant moins admissible que de
cette qualité peut dépendre l’issue du procès
pénal.
Le dispositif préconisé par
le rapport JARDE doit permettre :
- de garantir à toute victime un égal accès
aux techniques médicales de pointe ;
- d’offrir un accueil et une écoute de qualité,
notamment en faveur des mineurs victimes de violences ;
- une meilleure utilisation de la ressource publique par la mutualisation
des moyens et des compétences ;
- le développement de la formation et de la recherche ;
- une optimisation du recueil des preuves et une réactivité plus
grande de la réponse pénale.
Evoquant le travail interministériel d’expertises
restant à conduire, les Ministres s’engagent à le
mener à son terme dans les meilleurs délais de façon à favoriser
une mise en œuvre rapide de l'organisation proposée.
Qu’est-ce que la médecine légale
?
La médecine légale est, pour tout un chacun « la
médecine de la mort », celle qui pratique les autopsies
ou la levée de corps sur le lieu de découverte d’un
cadavre. Mais elle est aussi une formidable « médecine
du vivant » assurée auprès des victimes d’infractions
ou des auteurs présumés, sur réquisition judiciaire
et qui va de la simple consultation aux actes les plus sophistiqués
comme la détermination des empreintes génétiques.
Médecine légale et Justice forment un tandem indissociable
au service des victimes.
Pourquoi ce rapport ?
Parce que la médecine légale, qui n’a cessé depuis
trente ans d’élargir son champ d’intervention
sous la poussée du progrès des techniques de preuve
en matière pénale et des exigences sociales à l’égard
des victimes, ne s’est jamais organisée.
Aujourd’hui l’activité de médecine légale
est exercée par des structures diverses qui vont d’un
service bien organisé, au sein d’un CHU, fonctionnant
en continu, à la consultation la plus informelle. Ces structures
qui se sont implantées sur le territoire de façon
aléatoire, au gré de la motivation des médecins,
sans véritable étude de besoins, ont pour la plupart
de grandes difficultés budgétaires. Par ailleurs
la qualité de l’accueil et de l’équipement
offerts aux usagers est très inégale.
La structuration de la discipline est donc
devenue incontournable et doit intervenir dans les meilleurs
délais. Le rapport
JARDE devrait en constituer la pierre angulaire.
Que dit le rapport ?
Que l’activité de médecine légale doit être
reconnue comme une mission de service
public.
Qu’elle doit être organisée autour d’un
pôle référent et coordonnateur qui pourrait être
le CHU. Celui-ci assurerait les actes les plus délicats,
coûteux ou sophistiqués. Un maillage local, proche
des usagers, serait conservé qui prendrait en charge les
actes ordinaires ou de proximité.
Afin d’asseoir l’assise financière des structures,
les juges seraient tenus de les
solliciter pour tout acte de médecine
légale à réaliser sur les victimes d’infractions
et l’ensemble de cette activité serait imputée
sur le poste des frais de justice.
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