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aussi le discours de Philippe Douste-Blazy
ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille.
Annoncé par le Plan Cancer en mars 2003,
l’Institut National du Cancer, véritable « tour
de contrôle » française de la lutte contre le
cancer,
entre aujourd’hui en action.
Qu’est-ce que l’Institut National
du Cancer ?
L’Institut National du Cancer est une structure
nationale d'impulsion et de pilotage stratégique pour orchestrer
la lutte contre le cancer en France, en alliance avec nos partenaires
européens et dans le cadre d’une véritable coopération
à l’échelle internationale.
C’est une institution publique, autonome,
ouverte, dont la vocation est de garantir aux malades et à
leurs familles l’égalité d’accès
aux soins les plus innovants, dans les meilleures conditions, sur
tout le territoire (et pas uniquement dans quelques grands centres
urbains), d’inspirer et de mettre en œuvre une politique
intégrée et ambitieuse en matière de recherche
sur le cancer.
En revanche, l’Institut National du Cancer n’est
pas une structure de soins, ni un grand laboratoire de recherche.
Placé sous la tutelle des Ministères
de la Santé et de la Recherche, qui le financent, l’Institut
National du Cancer est doté d’un budget de 70 Millions
d’euros en 2005, 100 Millions d’euros en année
pleine, consacré pour 85 % au financement d’actions.
Les 15 % restants, consacrés au fonctionnement même
de l’Institut National du Cancer comprendront, pour une large
part, le financement de la recherche opérée à
partir de l’Institut National du Cancer (exemple : en sciences
humaines ou sociales). Les coûts administratifs généraux
seront donc limités à l’essentiel.
L’Institut National du Cancer représente l’espoir
pour tous les Français d’une lutte contre le cancer
aujourd’hui organisée. Il associe Pouvoirs publics,
médecins, malades, chercheurs, soignants et collabore avec
tous les acteurs de la lutte contre le cancer (publics et privés).
En moins d’un an, depuis juillet 2004 (installation du Groupement
de Préfiguration), l’ensemble des acteurs de la lutte
contre le cancer a préparé sa naissance prévue
par la loi de Santé publique du 9 août 2004. Le
3 mai 2005, sa convention constitutive a été approuvée
par arrêté conjoint des ministres chargés de
la santé, de la recherche et du budget (décret n°2005-419).
Il sera totalement opérationnel en juillet 2005, un an après
sa mise en chantier. Ce planning rapide est à l’image
de l’urgence sanitaire à laquelle est confronté
notre pays.
Pourquoi l’Institut National du Cancer
?
Cette maladie tue 150 000 de nos concitoyens chaque année,
le double peut-être dans vingt ans si la rapide progression
tendancielle de ce fléau moderne se confirme. Ces projections
sont également vraies à l’échelle de
l’Europe et de la planète, car le cancer ne connaît
pas de frontières, la France ne l’oublie pas. Pour
lutter contre le cancer, il faut relever quatre défis majeurs
:
- un défi de santé publique : combattre
la première cause de mortalité en France,
- un défi scientifique : intégrer
dans un schéma global et cohérent de prévention,
de dépistage et de soin la multitude de connaissances et
de découvertes accumulées jour après jour
à travers le monde,
- un défi médical : assurer l’égalité
d’accès à des soins de qualité, à
une prévention et aux traitements les plus innovants dans
un pays où la mortalité du cancer varie encore de
1 à 4 d’une région à l’autre,
ce qui n’est pas admissible au regard de nos valeurs républicaines,
- un défi social : rendre leur pleine citoyenneté
aux malades pendant et après la maladie, que ce soit en
terme de soins d’accompagnement ou palliatifs, d’assurances
et de prêts, voire d’emploi.
Devant l’ampleur de la tâche, le Président
Jacques Chirac a signé la Charte de Paris sur le plan international
en 2000 et a lancé le Plan Cancer en France en 2003. Quinquennal,
ce Plan se déroule bien. Les délais sont respectés
et il a déjà permis d’importants progrès
sous la houlette de la Mission Interministérielle de Lutte
contre le Cancer, de sa Déléguée Pascale Briand
et de son équipe.
Le Plan Cancer, ce sont déjà
1,8 millions de fumeurs en moins, la promotion du dépistage
systématique du cancer du sein, la mise en place des cancéropôles,
la diminution des délais d’attente pour une IRM, ou
encore une meilleure prise en charge médicale et financière
des patients, pour ne citer que ces quelques exemples. Sur
70 mesures programmées, 20 sont déjà réalisées
et 50 doivent encore l’être. Sur le seul exercice budgétaire
2003-2007, 1,5 milliard d’euros sont d’ailleurs mobilisés.
Mais le cancer, pathologie multiforme,
ne disparaîtra malheureusement pas en 2007, avec la fin du
Plan Cancer : c’est pourquoi la loi a confié à
l’Institut National du Cancer une mission pérenne,
de grande envergure.
Quelles sont les missions de l’Institut
National du Cancer ?
Prenant le relais de la Mission Interministérielle
de Lutte contre le Cancer, il veille à la bonne application
du Plan Cancer jusqu’en 2007. Mais sa mission est plus vaste.
Il a une vocation d’être la «
tour de contrôle de la lutte contre le cancer » pour
les décennies à venir :
1. Il anime les politiques publiques d’information,
de prévention et soutient l’effort de dépistage
du cancer.
En matière d’information,
il existe encore en France trop de disparités dans l’approche
et la connaissance de cette maladie. Les causes peuvent être
culturelles, environnementales, sociales, religieuses ; mais dans
de nombreux cas, le cancer aurait pu être évité
si le patient avait pu bénéficier d’une meilleure
information sur les facteurs de risque et leur prévention.
Pour le public et les professionnels, l’Institut
National du Cancer anime donc la politique publique d’information
sur le cancer (exemple : base de données accessibles sur
internet, document d’informations pratiques pour les malades,
kiosques d’information, soutien Info cancer Service, site
www.e-cancer.fr).
En matière de
prévention, les spécialistes du cancer
insistent sur le fait qu’à eux seuls, la prévention
et le dépistage peuvent réduire d’un tiers la
mortalité par cancer. De très nombreux cancers peuvent
en effet être évités en limitant les agressions
contre notre organisme. Pour favoriser la mutation culturelle qui
s’impose dans un pays qui a privilégié le soin
et marqué trop d’indifférence à la prévention
des risques, l’Institut National du Cancer pilote la politique
publique de prévention du cancer.
En matière de
dépistage, afin de contribuer à l’application
du Plan Cancer, l’Institut National du Cancer met à
la disposition de la communauté médicale et scientifique
une expertise dans le domaine du dépistage des cancers. Par
ailleurs, il soutient et optimise les mesures de santé publique
prises par la Direction Générale de la Santé
(évaluation des programmes existants, appui aux structures
de soins, actions de formation des professionnels et de sensibilisation
du public). A l’automne 2005, l’Institut
National du Cancer lancera une campagne de sensibilisation sur l’importance
du dépistage, son utilité et ses conditions d’accès.
2. Il élabore et diffuse les normes
de qualité des soins en cancérologie
Chaque patient doit pouvoir bénéficier
d’un traitement personnalisé (c'est-à-dire adapté
aux caractéristiques de la maladie et de la personne) et
conforme aux données actuelles de la science, à des
soins de support et d'accompagnement.
Au 1er janvier 2007, l’organisation du système de soins
en cancérologie devra avoir été revue pour
répondre à ces principes sur l’ensemble du territoire,
et quel que soit le lieu où le malade est traité.
L’Institut National du Cancer assure la coordination de l'ensemble
des mesures qui permettront de concourir à cet objectif.
Concrètement, cela passe notamment
par l’établissement rapide (septembre 2005) de critères
de qualité en cancérologie que tous les hôpitaux,
cliniques et réseaux devront remplir pour être autorisés,
par les Agences Régionales de l’Hospitalisation, à
traiter des patients atteints de cancer ; l’attribution d’un
label qualité (à compter de 2006) aux équipes
chirurgicales et médicales ou à des organisations
dont les pratiques de prise en charge des cancers correspondent
à des standards de qualité de haut niveau.
L’Institut National du Cancer n’a pas vocation à
assurer de tutelle sur les structures de soins, ce rôle étant
celui de l’Etat et des Agences Régionales d’Hospitalisation,
mais il veille à la réalisation des objectifs.
De même, avec chacune des agences sanitaires (Institut de
Veille Sanitaire, Haute Autorité de Santé, Institut
National de Prévention et d’Education à la Santé)
l’Institut National du Cancer échange des informations,
impulse des orientations et met en oeuvre des dispositifs adaptés
au champ du cancer.
3. Il harmonise l’effort de recherche
en proposant et en finançant des actions de recherches interdisciplinaires
Dans le domaine de la recherche, l'Institut National
du Cancer n'a aucunement la mission de développer des capacités
concurrentes à celles qui existent déjà (Inserm,
CNRS et autres grandes institutions de recherche françaises).
Il travaille en partenariat avec toutes ces structures pour éviter
toute redondance et favoriser les complémentarités
et les synergies.
Son rôle est de définir une
stratégie cohérente et coordonnée et de soutenir
des programmes qui permettront de renforcer les recherches qui font
le lien entre la paillasse des chercheurs et le lit des malades
et ce par des financements supplémentaires et une évaluation
indépendante, rigoureuse et objective des résultats.
Il dispose pour cela de budgets propres.
Concrètement : l’Institut National du Cancer va piloter
les cancéropôles et servir de levier d’action
pour la recherche fondamentale, la recherche clinique et la recherche
« translationnelle » (transferts entre recherche fondamentale
et recherche clinique). Il assure enfin la conduite opérationnelle
et directe de certaines actions de recherche, notamment en sciences
humaines et sociales.
4. Il facilite les coopérations internationales et les partenariats
avec les entreprises
Sur le plan international,
l’Institut National du Cancer doit rapidement devenir le partenaire
et l’interlocuteur des autres structures politiques et industrielles
engagées dans la lutte contre le cancer à travers
le monde. Concrètement, sa mission est de soutenir et de
favoriser en France les formations des acteurs de la lutte contre
le cancer en incluant les étudiants, les chercheurs, les
médecins, le personnel médical et les décideurs
; de favoriser la mise en place d’études multicentriques,
de mettre en place des programmes de recherche complémentaires,
de développer et favoriser la création d’Instituts
Nationaux dans les pays avec lesquels des relations de travail
sont établies, afin de favoriser les coopérations
internationales dans la recherche et la lutte contre le cancer.
Concernant la coopération
avec les pays « moins avancés », mais frappés
avec la même violence par le cancer, l’Institut
National du Cancer ne se substitue pas aux efforts nationaux ni
aux aides déjà programmées (exemple : SIDA).
Il apporte un nouvel élan, une nouvelle impulsion, aux coopérations
qui s’imposent dans le domaine du cancer, grâce à
ses propres crédits et financements. L’Institut National
du Cancer a déjà mis en œuvre un programme d’aide
aux pays en voie de développement en 2005.
Concernant les partenariats
avec les entreprises, l’objectif de l’Institut
National du Cancer est de favoriser les Accords de Recherche Coopérative
et de Développement (ARCD). Ces accords vont permettre aux
chercheurs et médecins soutenus par l’Institut National
du Cancer de travailler avec leurs homologues de l’industrie
et/ou de l’université pour la réalisation d’un
objectif commun. Les entreprises privées pourront notamment
co-financer avec l’Institut National du Cancer diverses collaborations,
dans l’objectif de finaliser de nouveaux traitements anti-cancéreux.
La mission de l’Institut National du Cancer est également
d’aider au développement des petites entreprises innovantes.
L’Institut National du Cancer envisage de créer des
bourses à l’innovation qui seront affectées
à ceux qui ont besoin d’une recherche complémentaire
pour augmenter leurs chances d’obtenir un financement pour
la création d’une entreprise. C’est l’équivalent
du programme SBIR aux Etats-Unis (“Small Business Innovative
Research”). L’objectif de l’Institut National
du Cancer est d’instaurer une culture de l’innovation.
5. Il ancre le combat contre le cancer dans
le cadre européen
L’Institut National du Cancer a pour mission
de développer et de favoriser les collaborations multicentriques
européennes à tous les niveaux (prévention,
dépistage, épidémiologie, formation, enseignement,
recherche et transferts de résultats…). Concrètement,
cela passe par : des études comparatives des niveaux de cancers
en France et dans les autres pays européens (dès 2005)
; la création d’un réseau de collaborations,
notamment pour répondre à des appels d’offres
de l’Union européenne ; la création de réseaux
d’excellence entre équipes de recherche ou institutions
; la généralisation des réseaux de formation
et les programmes de recherche communs entre centres européens
tel le programme de recherche sur la virologie tumorale en cours
d’élaboration entre le cancéropôle Grand
Est et le DKFZ d’Heidelberg ; la création d’une
tumorothèque virtuelle européenne et l’initiation
d’un programme européen d’étude des protéines
de cellules normales et tumorales (proteomic biomarker discovery
program) à l’instar de programmes similaires aux Etats-Unis
notamment. L’objectif est de créer une véritable
alliance européenne contre le cancer, que la France souhaite
voir à terme incarnée par un Institut Européen
du Cancer.
Contacts Presse :
Presse & Papiers : Anne Brossard-Saillant – Catherine
Gros – Tel : 01 46 99 69 69
Institut National du Cancer : Suzanne Cotte – Aline Rol–Tel
: 01 53 98 55 07 / 54 85
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