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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Cabinet de Philippe Douste-Blazy
Ministre des Solidarités,
de la Santé et de la Famille

Paris, le 24 mai 2005

 


COMMUNIQUE

Lancement de l’Institut National du Cancer

 

Lire aussi le discours de Philippe Douste-Blazy
ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille
.

Annoncé par le Plan Cancer en mars 2003, l’Institut National du Cancer, véritable « tour de contrôle » française de la lutte contre le cancer,
entre aujourd’hui en action.

Qu’est-ce que l’Institut National du Cancer ?

L’Institut National du Cancer est une structure nationale d'impulsion et de pilotage stratégique pour orchestrer la lutte contre le cancer en France, en alliance avec nos partenaires européens et dans le cadre d’une véritable coopération à l’échelle internationale.
C’est une institution publique, autonome, ouverte, dont la vocation est de garantir aux malades et à leurs familles l’égalité d’accès aux soins les plus innovants, dans les meilleures conditions, sur tout le territoire (et pas uniquement dans quelques grands centres urbains), d’inspirer et de mettre en œuvre une politique intégrée et ambitieuse en matière de recherche sur le cancer.
En revanche, l’Institut National du Cancer n’est pas une structure de soins, ni un grand laboratoire de recherche.

Placé sous la tutelle des Ministères de la Santé et de la Recherche, qui le financent, l’Institut National du Cancer est doté d’un budget de 70 Millions d’euros en 2005, 100 Millions d’euros en année pleine, consacré pour 85 % au financement d’actions.
Les 15 % restants, consacrés au fonctionnement même de l’Institut National du Cancer comprendront, pour une large part, le financement de la recherche opérée à partir de l’Institut National du Cancer (exemple : en sciences humaines ou sociales). Les coûts administratifs généraux seront donc limités à l’essentiel.
L’Institut National du Cancer représente l’espoir pour tous les Français d’une lutte contre le cancer aujourd’hui organisée. Il associe Pouvoirs publics, médecins, malades, chercheurs, soignants et collabore avec tous les acteurs de la lutte contre le cancer (publics et privés).
En moins d’un an, depuis juillet 2004 (installation du Groupement de Préfiguration), l’ensemble des acteurs de la lutte contre le cancer a préparé sa naissance prévue par la loi de Santé publique du 9 août 2004. Le 3 mai 2005, sa convention constitutive a été approuvée par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé, de la recherche et du budget (décret n°2005-419). Il sera totalement opérationnel en juillet 2005, un an après sa mise en chantier. Ce planning rapide est à l’image de l’urgence sanitaire à laquelle est confronté notre pays.

Pourquoi l’Institut National du Cancer ?

Cette maladie tue 150 000 de nos concitoyens chaque année, le double peut-être dans vingt ans si la rapide progression tendancielle de ce fléau moderne se confirme. Ces projections sont également vraies à l’échelle de l’Europe et de la planète, car le cancer ne connaît pas de frontières, la France ne l’oublie pas. Pour lutter contre le cancer, il faut relever quatre défis majeurs :

  • un défi de santé publique : combattre la première cause de mortalité en France,
  • un défi scientifique : intégrer dans un schéma global et cohérent de prévention, de dépistage et de soin la multitude de connaissances et de découvertes accumulées jour après jour à travers le monde,
  • un défi médical : assurer l’égalité d’accès à des soins de qualité, à une prévention et aux traitements les plus innovants dans un pays où la mortalité du cancer varie encore de 1 à 4 d’une région à l’autre, ce qui n’est pas admissible au regard de nos valeurs républicaines,
  • un défi social : rendre leur pleine citoyenneté aux malades pendant et après la maladie, que ce soit en terme de soins d’accompagnement ou palliatifs, d’assurances et de prêts, voire d’emploi.

Devant l’ampleur de la tâche, le Président Jacques Chirac a signé la Charte de Paris sur le plan international en 2000 et a lancé le Plan Cancer en France en 2003. Quinquennal, ce Plan se déroule bien. Les délais sont respectés et il a déjà permis d’importants progrès sous la houlette de la Mission Interministérielle de Lutte contre le Cancer, de sa Déléguée Pascale Briand et de son équipe.
Le Plan Cancer, ce sont déjà 1,8 millions de fumeurs en moins, la promotion du dépistage systématique du cancer du sein, la mise en place des cancéropôles, la diminution des délais d’attente pour une IRM, ou encore une meilleure prise en charge médicale et financière des patients, pour ne citer que ces quelques exemples. Sur 70 mesures programmées, 20 sont déjà réalisées et 50 doivent encore l’être. Sur le seul exercice budgétaire 2003-2007, 1,5 milliard d’euros sont d’ailleurs mobilisés.
Mais le cancer, pathologie multiforme, ne disparaîtra malheureusement pas en 2007, avec la fin du Plan Cancer : c’est pourquoi la loi a confié à l’Institut National du Cancer une mission pérenne, de grande envergure.

Quelles sont les missions de l’Institut National du Cancer ?

Prenant le relais de la Mission Interministérielle de Lutte contre le Cancer, il veille à la bonne application du Plan Cancer jusqu’en 2007. Mais sa mission est plus vaste. Il a une vocation d’être la « tour de contrôle de la lutte contre le cancer » pour les décennies à venir :

1. Il anime les politiques publiques d’information, de prévention et soutient l’effort de dépistage du cancer.

En matière d’information, il existe encore en France trop de disparités dans l’approche et la connaissance de cette maladie. Les causes peuvent être culturelles, environnementales, sociales, religieuses ; mais dans de nombreux cas, le cancer aurait pu être évité si le patient avait pu bénéficier d’une meilleure information sur les facteurs de risque et leur prévention.

Pour le public et les professionnels, l’Institut National du Cancer anime donc la politique publique d’information sur le cancer (exemple : base de données accessibles sur internet, document d’informations pratiques pour les malades, kiosques d’information, soutien Info cancer Service, site www.e-cancer.fr).

En matière de prévention, les spécialistes du cancer insistent sur le fait qu’à eux seuls, la prévention et le dépistage peuvent réduire d’un tiers la mortalité par cancer. De très nombreux cancers peuvent en effet être évités en limitant les agressions contre notre organisme. Pour favoriser la mutation culturelle qui s’impose dans un pays qui a privilégié le soin et marqué trop d’indifférence à la prévention des risques, l’Institut National du Cancer pilote la politique publique de prévention du cancer.

En matière de dépistage, afin de contribuer à l’application du Plan Cancer, l’Institut National du Cancer met à la disposition de la communauté médicale et scientifique une expertise dans le domaine du dépistage des cancers. Par ailleurs, il soutient et optimise les mesures de santé publique prises par la Direction Générale de la Santé (évaluation des programmes existants, appui aux structures de soins, actions de formation des professionnels et de sensibilisation du public). A l’automne 2005, l’Institut National du Cancer lancera une campagne de sensibilisation sur l’importance du dépistage, son utilité et ses conditions d’accès.


2. Il élabore et diffuse les normes de qualité des soins en cancérologie

Chaque patient doit pouvoir bénéficier d’un traitement personnalisé (c'est-à-dire adapté aux caractéristiques de la maladie et de la personne) et conforme aux données actuelles de la science, à des soins de support et d'accompagnement.
Au 1er janvier 2007, l’organisation du système de soins en cancérologie devra avoir été revue pour répondre à ces principes sur l’ensemble du territoire, et quel que soit le lieu où le malade est traité. L’Institut National du Cancer assure la coordination de l'ensemble des mesures qui permettront de concourir à cet objectif.
Concrètement, cela passe notamment par l’établissement rapide (septembre 2005) de critères de qualité en cancérologie que tous les hôpitaux, cliniques et réseaux devront remplir pour être autorisés, par les Agences Régionales de l’Hospitalisation, à traiter des patients atteints de cancer ; l’attribution d’un label qualité (à compter de 2006) aux équipes chirurgicales et médicales ou à des organisations dont les pratiques de prise en charge des cancers correspondent à des standards de qualité de haut niveau.
L’Institut National du Cancer n’a pas vocation à assurer de tutelle sur les structures de soins, ce rôle étant celui de l’Etat et des Agences Régionales d’Hospitalisation, mais il veille à la réalisation des objectifs. De même, avec chacune des agences sanitaires (Institut de Veille Sanitaire, Haute Autorité de Santé, Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) l’Institut National du Cancer échange des informations, impulse des orientations et met en oeuvre des dispositifs adaptés au champ du cancer.


3. Il harmonise l’effort de recherche en proposant et en finançant des actions de recherches interdisciplinaires

Dans le domaine de la recherche, l'Institut National du Cancer n'a aucunement la mission de développer des capacités concurrentes à celles qui existent déjà (Inserm, CNRS et autres grandes institutions de recherche françaises). Il travaille en partenariat avec toutes ces structures pour éviter toute redondance et favoriser les complémentarités et les synergies.
Son rôle est de définir une stratégie cohérente et coordonnée et de soutenir des programmes qui permettront de renforcer les recherches qui font le lien entre la paillasse des chercheurs et le lit des malades et ce par des financements supplémentaires et une évaluation indépendante, rigoureuse et objective des résultats. Il dispose pour cela de budgets propres.
Concrètement : l’Institut National du Cancer va piloter les cancéropôles et servir de levier d’action pour la recherche fondamentale, la recherche clinique et la recherche « translationnelle » (transferts entre recherche fondamentale et recherche clinique). Il assure enfin la conduite opérationnelle et directe de certaines actions de recherche, notamment en sciences humaines et sociales.


4. Il facilite les coopérations internationales et les partenariats avec les entreprises

Sur le plan international, l’Institut National du Cancer doit rapidement devenir le partenaire et l’interlocuteur des autres structures politiques et industrielles engagées dans la lutte contre le cancer à travers le monde. Concrètement, sa mission est de soutenir et de favoriser en France les formations des acteurs de la lutte contre le cancer en incluant les étudiants, les chercheurs, les médecins, le personnel médical et les décideurs ; de favoriser la mise en place d’études multicentriques, de mettre en place des programmes de recherche complémentaires, de développer et favoriser la création d’Instituts Nationaux dans les pays avec lesquels des relations de travail sont établies, afin de favoriser les coopérations internationales dans la recherche et la lutte contre le cancer.

Concernant la coopération avec les pays « moins avancés », mais frappés avec la même violence par le cancer, l’Institut National du Cancer ne se substitue pas aux efforts nationaux ni aux aides déjà programmées (exemple : SIDA). Il apporte un nouvel élan, une nouvelle impulsion, aux coopérations qui s’imposent dans le domaine du cancer, grâce à ses propres crédits et financements. L’Institut National du Cancer a déjà mis en œuvre un programme d’aide aux pays en voie de développement en 2005.

Concernant les partenariats avec les entreprises, l’objectif de l’Institut National du Cancer est de favoriser les Accords de Recherche Coopérative et de Développement (ARCD). Ces accords vont permettre aux chercheurs et médecins soutenus par l’Institut National du Cancer de travailler avec leurs homologues de l’industrie et/ou de l’université pour la réalisation d’un objectif commun. Les entreprises privées pourront notamment co-financer avec l’Institut National du Cancer diverses collaborations, dans l’objectif de finaliser de nouveaux traitements anti-cancéreux. La mission de l’Institut National du Cancer est également d’aider au développement des petites entreprises innovantes. L’Institut National du Cancer envisage de créer des bourses à l’innovation qui seront affectées à ceux qui ont besoin d’une recherche complémentaire pour augmenter leurs chances d’obtenir un financement pour la création d’une entreprise. C’est l’équivalent du programme SBIR aux Etats-Unis (“Small Business Innovative Research”). L’objectif de l’Institut National du Cancer est d’instaurer une culture de l’innovation.


5. Il ancre le combat contre le cancer dans le cadre européen

L’Institut National du Cancer a pour mission de développer et de favoriser les collaborations multicentriques européennes à tous les niveaux (prévention, dépistage, épidémiologie, formation, enseignement, recherche et transferts de résultats…). Concrètement, cela passe par : des études comparatives des niveaux de cancers en France et dans les autres pays européens (dès 2005) ; la création d’un réseau de collaborations, notamment pour répondre à des appels d’offres de l’Union européenne ; la création de réseaux d’excellence entre équipes de recherche ou institutions ; la généralisation des réseaux de formation et les programmes de recherche communs entre centres européens tel le programme de recherche sur la virologie tumorale en cours d’élaboration entre le cancéropôle Grand Est et le DKFZ d’Heidelberg ; la création d’une tumorothèque virtuelle européenne et l’initiation d’un programme européen d’étude des protéines de cellules normales et tumorales (proteomic biomarker discovery program) à l’instar de programmes similaires aux Etats-Unis notamment. L’objectif est de créer une véritable alliance européenne contre le cancer, que la France souhaite voir à terme incarnée par un Institut Européen du Cancer.

Contacts Presse :
Presse & Papiers : Anne Brossard-Saillant – Catherine Gros – Tel : 01 46 99 69 69
Institut National du Cancer : Suzanne Cotte – Aline Rol–Tel : 01 53 98 55 07 / 54 85

 
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