Monsieur le Président,
Mesdames,
Messieurs,
C’est une grande joie d’être parmi vous à ce 6ème
salon sur le diabète et à quelques jours de la journée
mondiale sur le diabète qui aura lieu le 14 novembre 2001. J’avais
indiqué, dés le mois de février dernier à
l’occasion de la conférence nationale de santé de Strasbourg,
que le diabète constituait à mes yeux l’une des principales
priorités de santé publique. J’ai aujourd’hui le plaisir
de vous présenter le programme d’actions sur le diabète
que le ministère de la santé mettra en œuvre.
Mais tout d’abord, je souhaite indiquer que plusieurs éléments
m’ont amené à fixer cette priorité : la fréquence
et la gravité du diabète, une éducation thérapeutique
quasiment inexistante dans notre pays, alors qu’elle est un facteur primordial
de la prise en charge des diabétiques et enfin le nécessaire
développement du travail en réseau pour optimiser une prise
en charge qui, selon, tous les experts peut être encore largement
améliorée.
a- Le diabète, vous ne le savez que trop bien, est une maladie
très fréquente et grave.
Elle touche en France environ 2,5 millions de personnes et elle est en
constante progression ; la prévalence a augmenté de
4,8% sur les cinq dernières années. Ses conséquences
sont particulièrement lourdes. Le diabète augmente considérablement
le risque cardio-vasculaire. Il est responsable de nombreuses cécités
et d’amputations. Enfin, il est la 1ère cause de dialyse
en France.
Alors même que cette maladie est bien codifiée (nous disposons,
en effet, de recommandations de bonnes pratiques cliniques et thérapeutiques
validées), il faut constater que la prise en charge de cette maladie
est loin d’être optimale. Ainsi, la CNAMTS par exemple a dans une
étude récente montré les écarts importants
qui existent entre les recommandations et les pratiques.
Par ailleurs, le maintien à domicile des diabétiques âgés
sous insuline apparaît difficile en raison de la difficulté
de trouver des infirmiers pour assurer les injections d’insuline et la
surveillance des traitements.
Des efforts dans la promotion des recommandations et l’amélioration
de l’organisation des soins sont donc encore nécessaires.
b- L’éducation thérapeutique est très peu développée
en France. Pourtant chacun s’accorde à souligner l’importance
et la nécessité de cette éducation, du fait de la
mauvaise observance des prescriptions dans le traitement du diabète
ce qui diminue l’efficience de la prise en charge thérapeutique
et fait courir le risque de complications.
De nombreuses études ont montré les bénéfices
d’une éducation thérapeutique de qualité sur les
connaissances, les comportements et le confort de vie. Ces pratiques visent
à permettre au patient l’acquisition des compétences, afin
qu’il puisse prendre en charge de manière active sa maladie, ses
soins et sa surveillance en partenariat avec ses soignants.
c- S’agissant de la pratique en réseau, chacun s’accorde
à penser que cette nouvelle forme d’organisation des soins constitue
le cadre le plus adapté à une prise en charge de meilleure
qualité, plus globale, plus coordonnée, moins cloisonnée.
La mise en place et le développement d’un réseau " diabète "
doivent permettre au niveau d’un bassin de vie ou d’une région :
- de créer une dynamique d’amélioration des pratiques
et des soins,
- de mieux orienter les diabétiques en fonction de la gravité
du diabète et de leurs besoins.
- et de développer la prévention et l’éducation.
Or, les procédures administratives apparaissent aujourd’hui trop
complexes, les différents dispositifs de financement disparates
et cloisonnés ce qui oblige les promoteurs des réseaux à
solliciter de multiples sources (le dispositif " Soubie ",
les Agences Régionales de l’Hospitalisation, le fonds d’aide à
la qualité des soins de ville (FAQSV), les financements d’Etat,
les conseils régionaux, …).
Il faut de toute évidence harmoniser et simplifier les procédures
et les financements si nous souhaitons réellement accompagner et
porter le développement des réseaux.
Telles sont les principales raisons qui m’amènent aujourd’hui
à vous proposer un programme d’actions de trois ans sur le diabète
articulé autour de cinq objectifs.
1ère objectif : Prévenir le diabète
par le développement d’une politique nutritionnelle
Il me faut, bien sûr, tout d’abord parler de la nature et la qualité
de l’alimentation et du grave problème que représente l’obésité.
Si le diabète concerne actuellement 3 % de la population française,
l’obésité affecte 10 % des adultes et 12 % des enfants de
moins de 12 ans. C’est au sein de cette population qui ne cesse de croître
que seront recrutés la plupart des prochains diabétiques
de type 2.
Je souhaite rappeler ici les engagements que j’ai pris, en janvier 2001,
dans le programme national nutrition santé et qui sont susceptibles
d’avoir un impact sur l’incidence de l’obésité. Ce programme
a pour objectifs en cinq ans de réduire la prévalence de
l’obésité de l’adulte et d’arrêter la progression
de celle de l’enfant.
En matière d’informations nutritionnelles, sur la base d’un budget
de 30 MF par an,:
* Une campagne de communication destinée à donner des repères
simples de consommation à la population générale
sera conduite.
Un logo " programme national nutrition santé "
sera apposé sur les documents, actions de communication ou de santé
publique répondant aux objectifs du programme afin de réduire
la confusion de la population face aux messages nutritionnels multiples
et contradictoires auxquels elle est confrontée.
La campagne de promotion des fruits et légumes lancée il
y a à peine 15 jours rentre par exemple dans ce cadre.
* il sera mis à la disposition du grand public un document de
référence pratique en matière d’alimentation. Les
professionnels recevront un document plus spécifique. Ces deux
guides alimentaires sont actuellement en cours de rédaction par
un groupe d’experts coordonnés par l’AFSSA. Nous diffuserons auprès
des professionnels un outil de mesure de l’indice de masse corporelle
dans sa version adulte et enfant ;
* Nous veillerons, avec l’éducation nationale, à l’application
de la circulaire interministérielle relative à la composition
des repas servis en restauration scolaire dont les objectif sont d’améliorer
les repas scolaires du point de vue de leur qualité nutritionnelle
mais aussi d’améliorer l’environnement alimentaire au sein des
écoles en favorisant par exemple la distribution d’eau fraîche
plutôt que de boissons sucrées.
J’ai souhaité qu’un effort tout particulier soit fait pour nos
départements d’Outre Mer. Dans ces départements, je rappelle
que la prévalence du diabète est de 2 à trois fois
supérieurs à celle observée en métropole.
2ème objectif : Renforcer le dépistage
du diabète
En France, environ 300 000 à 500 000 diabétiques ne seraient
pas diagnostiqués et donc non suivis car non dépistés.
Or, vous le savez, une prise en charge du diabète au plus tôt
permet de diminuer, à terme, les complications invalidantes. L’Association
Américaine de Diabétologie (ADA) recommande le dépistage
ciblé sur des facteurs de risque afin de favoriser le diagnostic
précoce. Il me paraît souhaitable que la France dispose également
de recommandations dans ce domaine. C’est pourquoi, j’ai demandé
à l’ANAES et à la société savante française
de diabétologie (l’ALFEDIAM) de définir les populations
qui pourraient être concernées par ce dépistage et
de préciser les modalités les plus appropriées de
ce dépistage applicables en France.
3ème objectif : Garantir à tous
les diabétiques la qualité des soins
Dans le domaine de la qualité des soins, de nombreux efforts restent
à faire. Je souhaite notamment mettre l’accent sur quatre mesures :
la promotion des bonnes pratiques, la surveillance infirmière ambulatoire,
l’amélioration de la surveillance biologique et l’amélioration
de la prise en charge du pied diabétique.
La promotion des bonnes pratiques
J’ai été frappé par les résultats présentés
par la CNAMTS sur les écarts existants entre les recommandations
des experts et la réalité des pratiques. En 1999, plus de
la moitié des diabétiques n’ont pas bénéficié
d’un dosage d’hémoglobine glyquée ni d’un examen ophtalmologique
annuel de surveillance. Je ne sais que trop bien en santé publique
qu’il ne faut pas se contenter d’émettre des recommandations, mais
qu’il faut aussi au quotidien les promouvoir si on souhaite qu’elles soient
prises en compte dans la pratique quotidienne des praticiens. Je ne peux
qu’encourager les initiatives dans ce domaine et en particulier :
- celle des caisses d’Assurance-Maladie à travers les échanges
confraternels entre médecins conseils et médecins généralistes.
Le premier bilan de ces échanges confraternels est très
positif. De nettes améliorations sont observées et je
ne peux qu’encourager la CNAMTS dans cette démarche qui je le
sais s’étend sur des pathologies connexes : l’hypertension
artérielle et les dyslipidémies.
- Celle de l’OMS, des Unions régionales de médecins libéraux
(URML) et des principaux services à orientation diabétologie.
L’OMS met à disposition des praticiens des outils simples, adaptés
à la pratique et pédagogiques qui permet un recueil d’informations
minimales annuel. Ainsi, s’est mis en place une évaluation des
pratiques médicales dans le domaine du diabète sur une
démarche volontaire des praticiens souhaitant perfectionner leur
pratique. Ici aussi, je ne peux qu’encourager de telles démarches
et en particulier lorsqu’elles émanent des URML qui s’inscrivent
de cette manière dans leur rôle.
La surveillance infirmière ambulatoire à domicile des diabétiques
âgés de plus de 75 ans.
Chez les diabétiques âgés, une insulinothérapie
est souvent proposée pour équilibrer le diabète,
pour accompagner la gestion d’une affection intercurrente. A partir d’un
certain âge, il est difficile de demander à des personnes
âgées de réaliser leur propre injection d’insuline
en raison d’une réelle perte d’autonomie. Les soins infirmiers
à domicile sont alors nécessaires tant pour assurer les
injections d’insuline que pour vérifier la bonne évolution
du patient à domicile. Or les actes infirmiers médico-techniques
sont, dans la nomenclature, peu rémunérés et le rôle
primordial des infirmiers dans l’accompagnement et surveillance de ces
malades n’est pas valorisé. De nombreux diabétiques ont
donc des difficultés pour trouver des infirmières qui acceptent
de faire des gestes techniques peu rémunérateurs. Ceci d’ailleurs
limite souvent le retour à domicile de nombre de diabétiques
âgées insulino-dépendants hospitalisés.
C’est pourquoi, nous avons saisi la commission permanente de la nomenclature
générale des actes professionnels, afin qu’elle étudie
une revalorisation d’une partie des soins infirmiers médico-techniques
et la création d’un nouvel acte de surveillance clinique et de
prévention, pour les patients diabétiques de plus de 75
ans. Il s’agit de favoriser la prise en charge ambulatoire des diabétiques
de plus de 75 ans. La commission doit rendre son avis dans les jours qui
viennent. Je serai bien entendu très attentif aux propositions
de cette commission car l’adaptation des actes aux besoins réels
des diabétiques me semble indispensable. Le projet de loi de financement
de la sécurité sociale a anticipé cette dimension
puisqu’une enveloppe provisionnelle est prévue à cet effet.
L’amélioration de la surveillance biologique
Le traitement du diabète vise avant tout à contrôler
la glycémie. C’est un facteur déterminant pour retarder,
voire prévenir, la survenue et /ou ralentir la progression
des complications. En matière de suivi biologique des diabétiques,
l’ANAES recommande un dosage spécifique, celui de l’hémoglobine
A1C qui doit être effectué tous les 3 à 4 mois. Ce
dosage permet également selon des valeurs seuils fixées
par les experts internationaux, d’adapter les traitements du diabète.
Or, alors même que le dosage de l’hémoglobine glyquée
est l’examen clé dans le diabète, il faut constater que
dans notre pays il n’existe pas de standardisation de ce dosage. Cette
situation génère des variabilités de résultats
qui ne sont pas propices à un suivi fiable et homogène du
diabétique. Ainsi, le rendu des résultats peut être
exprimé de trois manières différentes et 20% des
laboratoires utilisent des techniques non certifiées. C’est pourquoi,
j’ai demandé à ce que, d’une part, le remboursement de ces
dosages par l’Assurance-Maladie soit réservé aux seules
techniques fiables et certifiées et, d’autre part, l’AFSSAPS et
la DGS informent les laboratoires de biologie médicale qui n’utilisent
pas les bons réactifs de l’intérêt d’une mesure fiable.
L’AFSSAPS a été saisie pour réévaluer les
techniques de dosage d’hémoglobine glyquée et faire des
propositions d’encadrement de l’utilisation de ces dosages.
L’amélioration de la prise en charge du pied diabétique.
Les complications du pied chez le diabétique sont fréquentes
et d’évolution souvent graves. Elles sont à l’origine de
nombreuses amputations et de handicaps définitifs. Elles sont pourtant
susceptibles de faire l’objet d’une prévention efficace. Les soins
de prévention des lésions des pieds, chez les diabétiques
représentent un enjeu majeur en terme de qualité de vie
et de prévention de la morbi-mortalité. C’est pourquoi,
j’ai demandé à la DGS de réunir un groupe de travail
associant l’ensemble des acteurs et bien sûr les associations de
malades et de me faire des propositions sur 3 points qui m’apparaissent
cruciaux : la définition du " pied à risque ",
la place des podologues-pédicures dans le dispositif d’organisation
des soins et les mesures à prendre pour rendre plus accessibles
les soins du pied.
4ème objectif : Améliorer l’organisation
des soins
Les grands principes de l’organisation des soins ont été
définis en 1999 par circulaire. Cette circulaire visait notamment
à promouvoir la pluridisciplinarité de la prise en charge
et à assurer la graduation, la coordination et la continuité
des soins par la constitution de réseaux. Cette circulaire reste
d’actualité et je souhaite d’ailleurs qu’elle soit évaluée
dans les meilleurs délais. Nous ne disposons pas encore d’éléments
nous permettant d’avoir une bonne lisibilité du dispositif de soins
pour les diabétiques.
Réseaux
Dans le domaine de l’organisation des soins, je voudrais vous faire part
des mesures importantes concernant les réseaux qui viennent d’être
votées en première lecture à l’Assemblée Nationale
dans le cadre des deux lois santé : loi droit des malades
et qualité du système de santé, d’une part, et loi
de financement de la sécurité sociale, d’autre part.
La loi droit des malades et qualité du système de santé
définit le concept des réseaux et permettra, une fois votée,
le financement des réseaux sur des crédits Assurance-Maladie
ce qui n’était possible aujourd’hui que de manière dérogatoire
avec le dispositif Soubie. Dispositif qui comme vous le savez était
très complexe et qui n’a permis à ce jour de ne financer
qu’une douzaine de projets expérimentaux dont deux pour le diabète.
La loi de financement de la sécurité sociale a pour
objet de mettre en place de mettre en place une procédure unique
d’octroi de financement qui permettra l’attribution de crédits
Assurance-Maladie sur décision conjointe du directeur de l’Agence
Régionale de l’Hospitalisation (ARH) et du directeur de l’Union
Régionale des caisses d’Assurance Maladie (URCAM). Ces financements
s’imputeront sur une enveloppe limitative régionale alimentée
par une enveloppe nationale " réseaux de santé "
constituée au sein de l’ONDAM par une réservation des crédits
de l’ONDAM hospitalier, de ville et médico-social.
Vous le voyez, nous rénovons profondément les procédures
administratives et les modalités de financement des réseaux.
Les réseaux, dés le vote définitif de ces deux lois,
auront donc accès à des crédits assurance-maladie,
sur une enveloppe budgétaire régionale intégrant
des crédits ville, hôpital et médico-social. On nous
réclamait des enveloppes fongibles, nous l’avons fait pour les
réseaux. Nous avons également simplifié les procédures
: un guichet unique est mis en place.
Ces mesures permettront, je n’en doute pas, de donner une impulsion majeure
au développement des réseaux et de les sortir du dispositif
expérimental dans lequel ils étaient confinés. Elles
permettront, en particulier, de rémunérer par forfait médecins,
psychologues, diététiciens et podologues ce qui va entraîner
ici aussi de profonds changements. Est-il, en effet, besoin de vous rappeler
le rôle primordial que peuvent jouer ces professionnels dans la
prise en charge du diabète ?
Il reste à déterminer les montants de ces enveloppes. A
l’échelon national, j’ai, dores et déjà, demandé
qu’une enveloppe d’au moins de 20 MF soit réservée au diabète.
Enfin, j’ai demandé à la DHOS d’organiser le 30 janvier
2001 une réunion de travail réunissant l’ensemble des
acteurs des 35 réseaux diabète recensés, les URCAM,
les ARH pour créer une dynamique et donner de la cohérence
aux actions qui seront développées dans le domaine du diabète.
Un cahier des charges et les éléments propres à l’évaluation
des réseaux diabète y seront présentés et
je l’espère validés à cette occasion ;
Organiser le suivi épidémiologique du diabète pour
adapter les soins aux besoins de la population
Les données épidémiologiques nationales que nous
possédons sur le diabète, sont fragmentées et orientées
selon les préoccupations des promoteurs des études. Le diabète
et ses conséquences sont suffisamment graves pour que nous mettions
en place des sources d’informations et que nous disposions de données
de surveillance. Il s’agit pour nous de disposer dorénavant d’outils
nous permettant de piloter au mieux la politique de santé dans
le domaine du diabète.
Trois études nationales seront soutenues par les pouvoirs publics :
- le projet ENTRED (Echantillon National Témoin et Représentatif
des Diabétiques) qui a pour but la description, l’évaluation
et la surveillance de la santé des personnes diabétiques
traitées et de connaître les modalités et résultats
de leur prise en charge médicale ;
- l’enquête décennale santé et consommation de soins
qui permettra une nouvelle estimation de la prévalence du diabète ;
- enfin, l’enquête INCA 2 (enquête individuelle et nationale
sur les consommations alimentaires) qui permettra une analyse des facteurs
de risques alimentaires.
Organiser le suivi des pratiques pour adapter les actions aux besoins
Le suivi des pratiques se distingue de l’épidémiologie.
C’est un outil indispensable pour adapter les actions d’intervention et
de formation aux besoins. Dans le domaine du diabète, nous avons
la chance que l’Organisation Mondiale de la Santé ait standardisé
des indicateurs validés à l’échelon européen.
Il apparaît important que les logiciels médicaux intègrent
dorénavant ces indicateurs afin d’automatiser le suivi des pratiques
à l’échelon national. C’est pourquoi, je souhaite l’élaboration
et la diffusion d’un guide de recommandations pour les éditeurs
de logiciel et que soit lancé un appel à projet sur les
systèmes d’informatisation en diabétologie en 2002. 10 MF
de la campagne budgétaire 2002 seront consacrés à
cet appel d’offre.
5ème et dernier objectifobjectif : Aider
les diabétiques à être acteur de leur santé
– Faciliter l’accès à l’éducation thérapeutique
Je l’ai dit en préambule notre pays n’a pas pris en compte cette
dimension dans son système de santé. La France est dramatiquement
en retard dans ce domaine. Certes l’éducation thérapeutique
se pratique depuis de nombreuses années à l’hôpital,
toutefois cette activité reste le plus souvent ponctuelle et liée
au dynamisme de personnes militantes et motivées. L’éducation
thérapeutique a du mal à s’inscrire durablement dans les
services et dans les établissements hospitaliers. En ville, l’éducation
thérapeutique se heurte à la reconnaissance de cette activité
et aux modes de rémunération des professionnels qui ne permettent
pas de rémunérer cette activité. C’est pourquoi,
je souhaite que ce programme d’actions sur le diabète soit enfin
l’occasion de donner une impulsion majeure aux actions d’éducation
thérapeutique de groupe en France.
Le 28 février 2001, j’ai présenté au conseil des
ministres une communication relative au plan national d’éducation
pour la santé dans lequel j’annonçais notamment des mesures
visant à soutenir l’éducation thérapeutique et plus
particulièrement son financement. C’est chose faite puisque :
- d’une part, une enveloppe de 20 MF est destinée aux hôpitaux,
en 2002, pour le développement de l’éducation thérapeutique
de groupe réalisée prioritairement en ambulatoire ;
- et d’autre part, les réseaux diabète vont enfin être
en mesure sur des crédits Assurance-Maladie de financer leur
activité d’éducation thérapeutique de groupe. Le
critère déterminant du soutien à ces réseaux
sera le service direct rendu aux diabétiques ; je pense
ici notamment à l’éducation thérapeutique.
Ainsi, devraient pouvoir se développer en ville et à l’hôpital
des séances d’éducation thérapeutiques de groupe
correspondant aux besoins des malades. On peut, d’ailleurs, imaginer dans
ce domaine une forme de graduation de cette éducation fonction
de la gravité.
Parallèlement à ces mesures qui doivent permettre aux réseaux
d’être rapidement opérationnels, j’attends pour le 1er
trimestre 2002 des propositions du groupe d’experts qui travaille sur
la définition d’une typologie de l’éducation thérapeutique
de groupe dans le champ du diabète et des compétences à
acquérir. Ce travail nous permettra de connaître dans l’avenir
quelles actions sont menées et d’évaluer l’activité
dans ce domaine.
Voilà Mesdames et Messieurs les grandes orientations du programme
d’action diabète. Je voudrais pour conclure saluer l’action du
Pr. Passa, de l’hôpital Saint-Louis, chef de projet sur diabète,
ainsi que le Dr. Eric Marsaudon de la DGS qui ont aidé et contribué
à l’élaboration de ce plan et qui ont permis de donner de
la cohérence à l’ensemble des mesures que je me propose
de mettre en œuvre.
Il me reste à vous encourager dans vos travaux, dans votre réflexion
en préambule de la journée mondiale sur le diabète.
J’espère que le programme d’action que je vous propose permettra
de mieux répondre aux besoins des malades, à vos besoins
et de mieux lutter contre le diabète.