| Mesdames, Messieurs,
Je vous remercie d’avoir répondu à
notre invitation. Nous sommes réunis pour vous présenter
les principes directeurs de la réforme de la loi de 1975
et répondre aux questions que vous voudrez bien nous poser.
Pour ma part, je veux d’abord souligner devant vous que le
gouvernement tient ses engagements.
Il y a un an, le 3 décembre 2002, le Président de
la République installait le nouveau Conseil national consultatif
des personnes handicapées – le CNCPH - et annonçait
la préparation d’une loi avec pour ambition d’apporter
une réponse globale aux difficultés rencontrées
dans notre société par les personnes handicapées,
en matière de compensation de leurs incapacités, d’accessibilité
de leur environnement et de simplification des procédures.
Les grands axes de cette loi viennent de faire l’objet d’une
communication en Conseil des Ministres.
Le texte du projet de loi doit être incessamment transmis
aux principales associations de personnes handicapées ainsi
qu’aux instances consultatives .
Je n’hésite pas à dire qu’il est le fruit
d’une concertation exemplaire. A cet égard, je veux
rendre hommage au CNCPH, à son président, Jean-Marie
Schléret. Merci pour votre disponibilité, pour la
qualité du dialogue que nous avons eu, pour la pertinence
de vos contributions.
Cette exemplarité était exigée par l’enjeu.
Car, comment réformer une loi fondatrice comme la loi d’orientation
de 1975, comment prendre en compte les multiples et fortes particularités
de chaque type de handicap sans mobiliser tous les acteurs dans
un engagement commun?
Permettez moi encore deux observations.
Une politique du handicap englobe tous les aspects de la vie d’une
catégorie de personnes. Elle mobilise l’ensemble des
départements ministériels. Elle exige du temps si
l’on veut éviter les malentendus et progresser ensemble
vers un objectif reconnu en commun.
Deuxième observation. Le projet de loi s’inscrit dans
la continuité de la loi 2002-2 pour aller plus loin encore.
Il tire toutes les conséquences du droit au projet de vie
individuel. Désormais, la personne handicapée sera
au centre de tous les dispositifs qui la concernent.
Un droit personnalisé à compensation
est créé. Chaque personne handicapée obtiendra
la réponse appropriée à ses besoins et disposera
désormais des moyens nécessaires pour faire face aux
charges spécifiques liées au handicap.
Le droit à compensation prévu par le projet de loi
substitue ainsi une logique d'intégration effective des personnes
handicapées dans la société à la logique
de protection de la loi de 1975.
Je veux aussi souligner que ce projet de loi a d’ores
et déjà son financement et qu’il s’inscrit
dans le plan ambitieux de solidarité envers les personnes
dépendantes que le Premier ministre a présenté
le 6 novembre dernier et qui mobilise 850 millions d’euros
en plus par an pour financer les nouveaux droits des personnes handicapées.
C’est une nouvelle branche de notre protection sociale qui
est créée pour faire face au nouveau risque que constitue
la dépendance.
Ainsi, une caisse nationale de solidarité pour l'autonomie
(CNSA) rassemblera les moyens nouveaux dont une partie sera affectée
à la couverture des prestations de compensation destinées
aux personnes handicapées.
Elle veillera aussi à assurer l’égalité
de traitement sur l’ensemble du territoire et mènera
des études, recherches et évaluations, notamment sur
les problématiques du handicap.
Quelques mots encore sur le calendrier législatif.
Ce qui importe, c’est que la loi sera effective au 1er janvier
2005.
Pour cela, le projet de loi «handicap» sera présenté
au conseil des ministres en janvier 2004 puis déposé
sur le bureau du Sénat pour une première lecture.
Un autre projet de loi, adressé d’ores et déjà
pour avis aux différentes instances, crée la caisse
nationale de solidarité pour l’autonomie ainsi que
la nouvelle contribution nationale de solidarité.
L’articulation de la nouvelle Caisse nationale avec le dispositif
institutionnel initialement prévu pour le projet de loi handicap
doit être précisé.
C’est l’objet de la mission qui a été
confiée à MM. Briet et Jamet. Il leur revient de faire
des propositions sur le périmètre, la gouvernance
et les conditions de mise en œuvre des actions et des financements
de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie,
particulièrement pour ce qui concerne le droit à la
compensation. Ils remettront, à cette fin, un rapport d’étape
dès le premier trimestre.
Je conclurai en disant que le handicap est
désormais au cœur de la protection sociale. La compensation
des handicaps à tous les âges de la vie aura désormais
ses institutions propres et un financement pérenne.
La France s’engage ainsi dans la voie ouverte depuis déjà
10 ans par l’Allemagne.
Cette voie sera aussi, n’en doutons pas, celle des autres
pays européens. |