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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Cabinet de Philippe Douste-Blazy
Ministre de la Santé et de la
Protection Sociale

24 novembre 2004


DISCOURS

Autisme 2005-2006
Nouveau regard, nouvelle impulsion

 
 

L’autisme, comme toutes les maladies dont on ne comprend pas la cause, a fait l’objet de nombreuses interprétations en ce qui concerne son origine et d’autant d’orientations thérapeutique, parfois divergentes.

L’autisme n’a pas échappé à cette règle et la profusion des œuvres littéraires produites montre la difficulté de la société à prendre en charge cette maladie.

Les découvertes récentes de l’INSERM, effectuées par l’équipe de Monica Zilbovicius, dont je tiens ici à saluer le travail, ont mis en évidence l’existence d’une anomalie localisée dans une région du cerveau appelée « lobe temporal ». Cette zone est responsable de l’intégration des informations qui viennent du monde extérieur. Cette anomalie pourrait être à l’origine de certains cas d’autisme.

L’incapacité des enfants et des adultes autistes à intégrer, à comprendre ces informations venant du monde extérieur, explique leur «isolement» sensoriel.

Cette anomalie peut être d'origine génétique. Cette découverte permet de porter un regard neuf sur cette maladie. Car, si elle a un impact scientifique et médical … elle a surtout un impact humain, crucial pour les familles, puisqu’elle leur permet de sortir de la culpabilisation.

Reste que, de la découverte au traitement, il y a un long chemin à parcourir…

…Face à l’autisme, nous voulons, avec Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, accélérer la montée en puissance des mesures de diagnostic, de prise en charge et d’accompagnement des personnes atteintes d’autisme. Le volet médical de ces mesures prévoit la mise en réseau de l’ensemble des acteurs afin d’assurer une meilleure prise en charge des enfants et adultes autistes.

Le premier niveau de prise en charge doit être départemental, au plus près, au plus proche des familles.

C’est la raison pour laquelle les maisons départementales du handicap permettront une prise en charge immédiate des difficultés que peuvent rencontrer les enfants autistes et leurs familles.

Le deuxième niveau de prise en charge est régional : seront associés dans les centres de ressource autisme, des équipes médicales dédiés (pédo-psychiatres, neuropédiatres, généticiens et radiologues), afin de garantir, pour chaque enfant, pour chaque personne atteinte d’autisme, le meilleur diagnostic et un accès aux soins adaptés à leur situation .

Au niveau national, un comité scientifique sera installé aux côtés du comité national de l’autisme. Leur rôle est très important car ils doivent remplir 3 missions principales :

1. assurer une veille scientifique afin de raccourcir le délai entre les découvertes de la recherche et leur mise en œuvre sur le terrain. Elles doivent être transmises le plus rapidement possible vers les centres de ressource autisme, au niveau régional, et, dans les maisons du handicap, au niveau départemental.

2. mettre en place d’une base de données épidémiologiques afin d’apprécier, quantitativement et qualitativement le nombre de patients atteints des différents syndromes autistiques. On estime aujourd’hui leur nombre entre 30 000 et 100 000. C’est seulement quand nous aurons ces données que nous pourrons adapter le système de soins et offrir, à chacun, la meilleure prise en charge.


3. enclencher une recherche clinique à partir de cette base de données épidémiologique afin d’évaluer l’efficacité des différentes prises en charge thérapeutiques.

Ainsi, la coopération, autour des personnes atteintes d’autisme et de leur famille, de l’ensemble des acteurs (associations, acteurs médico-sociaux, médecins et chercheurs) doit permettre d’améliorer le diagnostic, la prise en charge et l’accompagnement médico-social de cette pathologie.

 
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