| Monsieur le Ministre,
Cher Renaud,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
La richesse des projets qui viennent d’être présentés
montre à quel point les manifestations artistiques à
l’hôpital sont utiles et de grande qualité. C’est
avec plaisir que je me trouve parmi vous pour signer ce protocole
d’accord avec les mécènes qui, j’en suis
certain, permettra de contribuer efficacement à la diffusion
de la culture à l’hôpital. C’est donner
un nouvel élan à la convention signée en le
4 mai 1999 entre Ministère de la santé et Ministère
de la culture, c’est rendre le développement de manifestations
culturelles au sein de l’hôpital non seulement possible
mais fréquent, et c’est faire de l’hôpital
un lieu plus humain.
Je vous remercie, Monsieur le Ministre (cher Renaud), d’avoir
eu à cœur la réalisation de ce projet).
De prime abord, le rapprochement entre culture et hôpital
pourrait sembler paradoxal : comment en effet concilier les douleurs
et l’inquiétude des patients avec le charme et l’esthétique
des manifestations culturelles ? Cette approche sera néanmoins
vite dépassée si l’on pense d’une part
aux liens que peuvent entretenir certains artistes avec l’hôpital
(Paulo Coelho, interné à 17 ans) – et d’autre
part aux représentations d’établissements de
santé qui habitent les textes littéraires (La Montagne
Magique de Thomas Mann ou encore Baudelaire dans Les fleurs du mal).
Promouvoir des manifestations culturelles à l’hôpital,
c’est donner aux patients d’autres moyens de surmonter
leur douleur, c’est créer des moments de partage et
de convivialité entre soignants, famille et malades, c’est
aussi recentrer l’hôpital autour du patient, autant
de chemins à emprunter vers la guérison.
I- Je veux revenir sur l’avancée
qu’a constitué la convention du 4 mai 1999 en termes
de culture à l’hôpital.
Cette avait pour objectif, vous l’avez rappelé, de
développer des actions culturelles ou artistiques dans les
établissements de santé, notamment par la mise en
place de jumelages entre des établissements de santé
et des équipements culturels (théâtres, scènes
nationales, compagnies d’artistes, écoles de musique),
la formation de responsables culturels dans les hôpitaux et
la promotion des bibliothèques en milieu hospitalier.
Et nous pouvons aujourd’hui dire qu’elle a parfaitement
répondu aux attentes des acteurs tant du monde de la santé
que du monde de la culture. En effet, grâce à elles,
ce sont 19 conventions régionales entre les DRAC et les ARH
qui ont été signées, et ce sont autant de succès
en termes de qualité et de nombre des manifestations culturelles
qui ont ainsi été organisées. Nous venons d’ailleurs
d’en apprécier la qualité.
Grâce à cette convention, près de 250 professionnels
de santé venant d’horizons fort divers ont reçu
une formation de sensibilisation à la culture. C’est
en effet de professionnels dont nous avons besoin. C’est pourquoi
nous avons décidé d’inclure la profession de
responsable culturel hospitalier dans le répertoire des métiers
hospitaliers. Ces personnes sont des passeurs de culture dont je
veux saluer aujourd’hui le travail au quotidien.
Avec tact, discrétion, ils proposent des activités qui
peuvent être acceptées ou non par le patient, ils lui
donnent la possibilité d’accéder à un univers
qui n’est pas celui de l’hôpital, ils participent
à sa guérison. Cette convention a été
une réussite de l’avis de tous les acteurs ayant participé
à ces projets. Ainsi, un séminaire sur les compétences
de ces référents culturels hospitaliers pour des projets
de qualité, organisé en 2003 par la DHOS en lien avec
le Ministère de la Culture et de la communication, a réuni
300 acteurs hospitaliers. Un autre, organisé en mars 2004,
a témoigné de la richesse des expériences culturelles
à l’hôpital. La qualité des échanges
et la mise en œuvre de projets d’envergure furent les
meilleures marques de l’engagement de l’ensemble des
acteurs.
II- Mais je pense désormais qu’il
faut aller plus loin : et donner un nouveau souffle au projet culture
à l’hôpital avec une nouvelle convention qui
aura comme priorité l’adaptation des actions culturelles
aux publics et aux établissements concernés.
Ma conviction c’est que nous devons donner la priorité
aux activités de lecture à l’hôpital.
La lecture constitue en effet l’axe culturel le plus couramment
présent dans les hôpitaux, et le plus pertinent dans
la mesure ou l’hospitalisation constitue pour beaucoup un
moment privilégié d’accès à la
lecture. La présence de bibliothèques dans la plupart
des hôpitaux, de même que l’implication du secteur
hospitalier dans l’opération « Le temps des livres
» sont les signes de cet intérêt.
Une étude a été lancée
pour faire le point sur ce sujet. L’enjeu de cette étude
est de contribuer, au-delà de l’état des lieux,
à déterminer les axes prioritaires de développement
pour l’avenir :
- Afin de valoriser une offre de qualité
et des actions de lecture « vivante », appropriées
aux besoins et aux attentes des différents types de patients
hospitalisés, de leurs familles et des professionnels hospitaliers.
- Et d’ instaurer de bonnes pratiques
en matière de partenariats avec les mécènes
publics ou privés et les bibliothèques publiques.
Le rapport présentant les résultats globalisés
de ces travaux et des propositions stratégiques sera mis
en ligne au 4ème trimestre 2006 sur le site internet du ministère.
Je souhaite aussi développer et diversifier plus encore
les partenariats avec des établissements culturels, comme
les conservatoires de musique, les compagnies de théâtre
ou les bibliothèques municipales.
Des outils d’évaluation de ces programmes doivent
être constitués afin d’avoir une approche toujours
plus axée sur la qualité des manifestations. Je veux
aussi que les bilans des actions entreprises soient établis,
afin de pouvoir progresser plus vite dans l’élaboration
de nouveaux programmes d’action.
Mais il s’agit toujours de respecter le libre choix de chacun.
Il n’est en aucune façon question d’imposer,
mais toujours de proposer.
Et de préférence une offre culturelle adaptée
aux goûts de chacun, à son vécu, l’objectif
est par ailleurs de relancer les journées « Culture
à l’hôpital » en 2006/ 2007. Parce que
ces journées constitueront des repères annuels tant
pour les responsables culturels, et au-delà le personnel
hospitalier dans son ensemble, que pour les patients et leurs proches.
Parce que ces journées permettront à des projets et
à des artistes d’être davantage connus. Parce
que ces journées seront un symbole du partenariat possible
et fructueux entre monde de la culture et monde de la santé.
D’une manière plus globale, je veux encourager la
mise en œuvre d’une véritable politique culturelle
au niveau des régions et des établissements. Et je
suis très sensible aux initiatives du Ministère de
la Culture qui financera dès 2006 des formations thématiques
spécialisées en faveur des responsables culturels
hospitaliers.
III- Ce nouveau protocole d’accord avec
le Cercle des Partenaires, c’est une chance de dynamiser les
jumelages entre DRAC et ARH et par la même la politique de
culture à l’hôpital.
Et je voudrais remercier à cette occasion l’ensemble
des fondations d’entreprises qui jour après jour s’engagent
au côté du Ministère de la Culture et à
nos côtés pour faire vivre ces jumelages entre lieux
de culture et lieux de vie. Je veux donc saluer la Fondation Air
France, la Fondation Electricité de France, la Fondation
Internationale Carrefour, la Fondation France Telecom, la Fondation
Ronald McDonald, la Fondation Suez, GlaxoSmithKline, Roche, Sanofi
Aventis, Servier, et derrière eux, ces femmes et ces hommes
qui s’investissent pour que ces liens entre culture et hôpital
existent et perdurent.
La signature de ce protocole d’accord permet de consolider,
de revitaliser ces liens et d’accroître le nombre de
jumelages.
Je suis certain que ce Cercle saura trouver de nouveaux partenaires
pour favoriser le bien-être du patient et d’embellir
l’environnement hospitalier.
Je vous remercie. |