| Mesdames, Messieurs,
Soyez remerciés d’avoir répondu si nombreux
présents à cette invitation. Nous souhaitions avec
Philippe Bas vous présenter nos vœux pour une année
2006 pleine de projets et de réussites. En 2006, nous voulons
d’abord privilégier la réalisation concrète
de chantiers que vous connaissez bien, que ce soit la réforme
de l’assurance maladie, les priorités de solidarité
du Président de la République ou les plans de santé
publique. Cela ne nous empêche pas d’être ambitieux
sur trois priorités qui dessinent le système de santé
de demain : un hôpital mobilisé davantage à
l’écoute des patients et des personnels soignants,
une présence des professionnels de santé mieux assurée
sur l’ensemble du territoire et le développement d’une
véritable culture de la prévention en santé.
Ces chantiers, qu’ils concernent la réforme des retraites
ou celle de l’assurance maladie, ces priorités, la
prévention, la prise en charge de la dépendance constituent
aussi des réponses à l’allongement de la durée
de la vie, cette révolution dont nous commençons tous
juste à percevoir la portée.
Ces actions, nous ne pourrons les mener qu’avec votre concours
: je sais combien les forces vives de la santé et des solidarités
sont des partenaires expérimentés, à l’écoute
du terrain, exigeants. Je connais votre engagement pour rendre notre
système de santé encore plus solidaire, plus efficace
et plus humain. Ses évolutions auxquelles nous devons faire
face, et celles que nous voulons construire, demandent des efforts,
des efforts partagés que nous devons expliquer. Prendre le
temps de la concertation, ce n’est pas perdre son temps :
je suis convaincu que les nombreuses réformes que nous entreprenons,
ne pourront aboutir que si elles sont réalisées dans
la concertation avec l’ensemble des acteurs du monde de la
santé.
I/ Notre ambition pour 2006, c’est de continuer
à moderniser notre système de Sécurité
sociale et de relever les grands défis de santé publique.
A/ Notre engagement, avec Philippe Bas, c’est
de poursuivre avec constance et détermination la mise en
œuvre des réformes de notre système de sécurité
sociale.
Nous sommes, vous êtes, tout comme l’ensemble des Français
très attachés à notre Protection sociale. Et
nos concitoyens savent très bien que nous ne pourrons conserver
ce système sans entreprendre une modernisation profonde.
Ces réformes - qui suscitaient parfois le scepticisme -
font déjà leurs preuves, et c’est le moment
de tout mettre en œuvre pour remporter notre pari. Les résultats
que nous engrangeons ne sont pas toujours perceptibles – il
en toujours ainsi en matière de protection sociale. Mais
nous savons tous que l’évolution des comportements
est en marche, qu’elle va produire tous ses effets dans les
années à venir.
Je crois en effet profondément au service après
vote. Toutes les lois que nous faisons voter, je veux qu’elles
soient applicables et appliquées le plus rapidement possible.
Tant qu’une réforme n’est pas entrée dans
le quotidien des Français, elle n’existe pas vraiment.
Ceci est vrai pour la réforme des retraites, avec la mise
en œuvre effective du droit à l’information en
2006. En effet, les Français disposeront cette année
d’un outil de simulation disponible sur Internet : chacun,
sur la base d’hypothèses qu’il choisit, pourra
évaluer sa future pension. Grâce à cet instrument,
ainsi qu’au Relevé de Situation Individuelle et à
l’Estimation Indicative Globale, l’assuré pourra
décider de compléter ou non sa retraite obligatoire,
par une épargne volontaire facilitée par de nouveaux
supports.
Ceci est vrai également pour la réforme de l’assurance
maladie, qui est entrée dans une nouvelle phase avec l’entrée
en vigueur des mesures sur le médecin traitant au 1er juillet
2005.
Sans cette réforme, le déficit de 2005 atteindrait
le double de ce qu’il est actuellement. Et nous souhaitons
bien évidemment aller plus loin en 2006, avec un objectif
6,1 milliards d’euros de déficit. Le Président
de la République a annoncé lors de ses vœux l'introduction
de la valeur ajoutée dans le calcul des cotisations patronales,
dans un cadre progressif et concerté avec les partenaires
sociaux. C’est une réforme favorable à l’emploi
et à la modernisation des ressources de la Sécurité
sociale. En effet, en réduisant la part des cotisations pesant
uniquement sur les salaires, elle évite de pénaliser
les entreprises qui embauchent. Par ailleurs, l'introduction de
la valeur ajoutée dans l'assiette des cotisations patronales
permet de diversifier et de dynamiser les ressources de la Sécurité
sociale.
Nous progresserons également dans la mise en place du parcours
de soins, avec les premières expérimentations du DMP,
techniques dès janvier, puis sur le terrain au printemps,
et avec la carte Vitale II plus sécurisée, qui entrera
en vigueur à compter de la fin de cette année.
Cette réforme vise à améliorer la qualité
de notre système de santé. Cela est notamment rendu
possible par la recherche et l’amélioration de la pratique
médicale. Pour ce faire, nous avons rendu obligatoire l’évaluation
des pratiques professionnelles (EPP). Par ailleurs, nous développons,
sur la base du volontariat, l’accréditation des équipes
médicales dans les établissements de santé.
Ces deux dispositifs sont placés sous l’égide
de la haute autorité de santé. Enfin, nous allons
considérablement accroître l’effort de formation
continue de tous les professionnels de santé dont le caractère
obligatoire va entrer dans les faits en 2006. Je sais que vous êtes
tous conscients des progrès que cela représente pour
l’exercice de vos professions.
Si nous parvenons à ces résultats, c’est grâce
à l’adhésion de tous : les Français d’abord,
qui sont près de 35 millions à avoir choisi leur médecin
traitant au 1er janvier ; les professionnels de santé ensuite,
qui se sont engagés dans la voie de la maîtrise médicalisée,
et dont je salue la mobilisation. La baisse des indemnités
journalières non justifiées, celle de la prescription
des antibiotiques et des psychotropes, respectivement de 3,3 % et
de 3 %, la progression de la prescription des génériques,
de l’ordre de 4 points, sont autant de résultats positifs
et concrets.
Je souhaite notamment que les complémentaires soient mieux
associées, notamment par l’assurance maladie, aux décisions
qui les concernent. Je recevrai donc d’ici quelques semaines
les responsables de l’UNOC et de l’UNCAM pour étudier
ensemble les dossiers de cette année 2006.
Cette réforme met aussi en avant un principe simple : davantage
de responsabilité pour davantage de solidarité. Grâce
aux marges d’action que nous dégagerons, nous poursuivrons
nos efforts en direction des plus démunis, avec l’aide
à l’accès à la complémentaire
notamment. Près de 350 000 personnes ont reçu une
attestation permettant de bénéficier de cette aide
en 2005, un nombre qui devrait notablement augmenter avec les nouvelles
mesures que nous avons prises en 2006, qui peuvent concerner 2 millions
de personnes. Et nous consacrerons davantage de moyens à
la prise en charge de la dépendance, à celle des maladies
les plus lourdes, les plus rares et les plus handicapantes, ainsi
qu’à celle du dépistage de certaines maladies,
comme l’ostéoporose. C’est cela rester fidèle
aux valeurs de 1945.
B/ 2006 nous permettra aussi de relever les défis
de santé publique.
La santé publique concerne chacun d’entre nous, mais
c’est surtout l’affaire de tous. Là encore, je
pense qu’il n’y a pas de fatalité : nous pouvons
faire reculer la maladie et améliorer la qualité de
vie des malades.
Nous avons la chance d’avoir en France une véritable
culture de santé publique, soutenue par l’engagement
sans faille de tous les professionnels de santé. Ajoutons-y
la culture du résultat, et nous obtiendrons de véritables
progrès. Je suis les questions que se posent certains professionnels
et associations de patients sur la mise en œuvre des plans
de santé publique. C’est pourquoi j’ai l’intention
de les suivre tous personnellement et d’en évaluer
régulièrement les résultats en participant
à leurs Comités de suivi. Nous devons tout mettre
en œuvre pour atteindre nos objectifs dans le domaine de la
périnatalité, des maladies chroniques, des maladies
rares, des greffes de tissu et d’organe, de la maladie d’Alzheimer,
de la psychiatrie et de la maladie mentale, des addictions, des
soins palliatifs ou encore de la lutte contre la douleur.
Avec 150 000 décès annuels, le cancer représente
la première cause de mortalité prématurée
en France. Pour lutter contre ce fléau qui n'épargne
aucune famille, le Président de la République a initié
le Plan Cancer. En 2006, nous accentuerons nos efforts pour la prévention
des cancers évitables, en particulier ceux liés à
la consommation de tabac et d'alcool. Nous ferons monter en charge
le dépistage organisé des cancers du sein et des cancers
colo-rectaux.
Nous finaliserons également la réorganisation de
l'offre de soins en cancérologie ainsi que l'accès
à la recherche clinique et à l'innovation technologique.
Enfin nous attacherons encore plus d’importance à la
prise en charge du patient dans sa globalité, et à
celle de ses proches, en lien avec les associations. Ces actions,
coordonnées par l’Institut national du cancer, seront
réalisées pour beaucoup d’entre elles avec nos
partenaires de l’Union européenne, dans le cadre de
l'alliance européenne contre le cancer dont j’ai ouvert
la première réunion à Paris le 13 décembre
dernier.
En 2005, le Sida était grande cause nationale. En 2006,
le Sida sera toujours au cœur de nos préoccupations,
avec en ligne de mire de nouvelles avancées face à
un virus qui est là, toujours présent, dangereux.
En effet, je suis inquiet de la progression de l’épidémie,
inquiet d’une certaine banalisation du message de prévention,
inquiet de la discrimination qui touche les personnes atteintes
par le VIH. C’est pourquoi en 2006 je veux apporter des réponses
à toutes ces inquiétudes : par un travail accru avec
les associations, dont les financements seront pérennisés
et disponibles plus rapidement, par une action déterminée
en faveur de la prévention, et par la lutte contre les discriminations.
Concernant l’accès la protection contre le virus, je
recevrai, comme le Président de la République s’y
était engagé, les fabricants de préservatifs
pour les rendre plus accessibles, notamment dans les lycées.
Cela ne pourra être utile que si nous renforçons l’efficacité
de nos message de prévention, en ciblant sans discriminer.
Je compte aussi m’attaquer en 2006 aux injustices persistantes
concernant l’accès au crédit. Il n’est
pas normal que des discriminations persistent envers les personnes
séropositives comme envers tous les malades. C’est
pourquoi j’ai rencontré Jean-Michel Belorgey, pour
améliorer la Convention qui porte son nom. Sur la base des
propositions qui m’ont été faites, j’ai
l’intention, dans la concertation avec les banques et les
assurances, de faire très prochainement des propositions
pour mettre fin à cette discrimination intolérable.
Enfin, la France se positionne à la pointe du combat international
contre la pandémie du sida, avec la mise en œuvre de
financements innovants pour les traitements innovants (contribution
de solidarité sur les billets d’avions voulue par le
président de la République, doublement du financement
du Fonds mondial de lutte, facilité internationale d’achat
de médicaments). Je tiens à remercier pour leur engagement
les associations, et notamment celles réunies dans le collectif
« Sida grande cause nationale », dont je salue le président,
Jean-Luc Roméro.
La lutte contre l’addiction, qu’elle concerne le tabac,
l’alcool ou le cannabis, constitue une autre priorité
pour 2006. Elle contribuera bien sûr à prévenir
l’apparition du risque cardiovasculaire et du cancer, mais
elle contribuera aussi sans nul doute à faire diminuer le
nombre d’accidents de la route, et surtout la mortalité
chez les jeunes conducteurs, comme s’y est engagé le
Gouvernement de Dominique de Villlepin.
Je pense aussi au travail que nous accomplissons sur la fin de
vie. Lors d’un débat parlementaire digne et de qualité,
nous avons pu prendre conscience des enjeux, de la complexité,
et de la sensibilité de nos concitoyens aux question de la
fin de vie La loi relative aux droits des malades et à la
fin de vie du 22 avril 2005, dont le rapporteur était M.
Jean Léonetti, a été adoptée à
l’unanimité.
Elle a permis de renforcer les droits des malades et de reconnaître
des droits spécifiques aux malades en fin de vie. Deux décrets
d’application de la loi ont été examinés
cette semaine par le Conseil d’Etat, celui concernant la procédure
collégiale de décision en cas de directives anticipées
de la personne, l’autre relatif aux directives anticipées
que peut rédiger chaque personne. Un troisième décret,
imposant un volet soins palliatifs dans les EHPAD sera publié
en février de cette année. La parution des décrets
en ce début d’année permettra l’accélération
de la mise en œuvre d’une loi rendant la fin de vie plus
digne, plus humaine, en accompagnant les malades dans le respect
de leur volonté, et de mesurer les avancées réelles
de ce texte.
C/ Nous avons aussi, avec Philippe Bas, la volonté
de progresser vers une société plus solidaire.
C’est d’abord la mise en œuvre d’une nouvelle
politique du handicap. Cet engagement du Président de la
République s’est traduit par des efforts budgétaires
sans précédent, et par l’adoption d’un
texte majeur, la loi du 11 février 2005. L’année
2006 verra son application avec la parution des décrets qui
concernent les trois fondements de ce texte : la non-discrimination,
avec une priorité donnée à l’intégration
des personnes en milieu ordinaire ; le droit à compensation
; la participation des personnes handicapées à la
vie de la Cité comme aux décisions les concernant.
Nous mettrons ainsi en œuvre tous les outils qui découlent
de cette loi : d’abord des Maisons départementales
du handicap, ensuite, le partenariat renouvelé entre l’Etat,
les départements, les organismes de protection sociale et
les associations, et enfin, la mise en œuvre de la prestation
de compensation, qui marque l’entrée dans une nouvelle
ère de la solidarité. Je veux que 2006 soit aussi
une année qui nous permette de changer notre regard sur les
personnes handicapées. Il nous faut aussi agir pour l’accessibilité
à notre société de nos concitoyens handicapés.
Nous veillerons bien évidemment à ce que tous les
lieux de soins leur soient rendus accessibles. Enfin, n’oublions
pas nos actions complémentaires, qu’il s’agisse
du Plan Autisme, du Plan Santé mentale ou du Plan pour les
Personnes polyhandicapées.
Une société plus cohérente, c’est aussi
une société plus attentive à ses aînés.
L’espérance de vie en France, parmi les plus élevées
au monde, témoigne de la qualité de notre système
de santé ; mais nous n’avons pas encore tiré
toutes les conséquences de son allongement en termes de santé
publique. En 2005, la création de la Caisse nationale de
Solidarité pour l’Autonomie nous a donné les
moyens de mener une véritable politique de prise en charge
de la dépendance. En 2006, nous utiliserons ces fonds pour
créer de nouvelles places d’hébergement en établissements
spécialisés, avec un objectif de 10 000 places nouvelles
d’ici 2007, et pour moderniser les structures existantes,
avec un rythme d’environ 1 500 établissements médicalisés
par an. Au-delà de la progression de l’espérance
de vie, ce qui importe tout autant, c’est d’améliorer
la qualité de vie.
La situation démographique nous incite à approfondir
notre politique familiale. Nous avons un modèle qui combine
un fort taux d’activité féminine et un taux
de fécondité parmi les plus élevés d’Europe,
et qui permet à tous de concilier au mieux vie familiale
et vie professionnelle.
Ceci est possible grâce aux prestations que nous mettons
en œuvre, au congé parental mieux rémunéré
mis en place cette année (750 euros par mois pendant la première
année de l’enfant), ainsi qu’aux places de crèches
dont nous avons accéléré la création
depuis 2002 (avec 12 000 places pour 2004). Par ailleurs, nous allons
tenir compte des propositions formulées par Martin Hirsch
pour améliorer la situation matérielle et sanitaire
des familles les plus démunies. Enfin, 2006 sera l’année
du lancement de l’Agence de l’adoption, et de la préparation
d’une loi relative à la protection de l’enfance.
Philippe Bas s’implique tout particulièrement dans
ce domaine majeur afin de rénover le dispositif actuel de
protection de l’enfance. Notre objectif est de rendre celui-ci
plus lisible et plus performant, en renforçant les actions
de prévention auprès des familles, mais aussi en adaptant
mieux les modes de prise en charge aux besoins de l’enfant.
II/ Relever ces défis en 2006 ne suffit
pas : nous devons aussi avoir l’ambition de dessiner le système
de santé à 5 ans, à 10 ans et au-delà.
A/ Je veux jeter les bases d’un hôpital
modernisé, davantage à l’écoute des patients
et des soignants.
L’hôpital est le service public auquel les Français
tiennent le plus d’après un récent sondage.
Préserver cette institution, c’est conserver ses qualités
que les Français plébiscitent, mais c’est aussi
résoudre ses difficultés récurrentes, que ce
soit la croissance des dépenses ou la multiplication des
tâches administratives qui éloignent les soignants
du patient.
Le Plan Hôpital 2007 constitue une première réponse
à ces attentes. Il permet la modernisation des établissements,
avec des investissements sans précédent, de l’ordre
de 1,5 milliard d’euros par an. Il permet aussi de mieux financer
les besoins de santé réels de la population, avec
la T2A dont la proportion dans le financement des établissements
anciennement sous dotation globale sera fixée en 2006 à
35 %, et, je le souhaite, à 50 % en 2007. Il permet enfin
l’amélioration de la qualité des soins par le
décloisonnement des services qui se regroupent en pôles
d’activité. A l’hôpital, c’est bien
souvent l’absence de qualité qui coûte cher.
Avec ce Plan, nous pouvons enfin dégager des moyens pour
les vraies priorités en termes de soins, de prévention,
mais aussi de qualité de vie des patients et des soignants.
La modernisation de l’hôpital ne s’arrête
pas avec Hôpital 2007. Je compte présenter dès
cette année les objectifs, les moyens et la méthode
pour le Plan Hôpital 2012.
Je crois qu’en 2006 nous avons déjà l’occasion
d’aller plus loin, et de rendre l’hôpital plus
à l’écoute des patients. Le service public hospitalier,
c’est le soin, c’est le rapport entre les hospitaliers,
les patients et les familles. Je m’engage donc à recentrer
l’hôpital sur les patients et leurs familles et sur
les soignants. C’est penser aux familles en leur réservant
des espaces appropriés. C’est améliorer le cadre
de travail des personnels hospitaliers.
C’est prendre des décisions simples pour améliorer
le quotidien des patients : une plus grande participation des associations
à la vie quotidienne des établissements, la création
de véritables lieux de vie, de détente, de partage
et d’écoute, la présence de personnel pour informer,
renseigner, rassurer. Ces mesures de bon sens participent aussi
à la guérison et surtout à la réadaptation
des patients. Et c’est là aussi le souhait des différentes
organisations professionnelles et syndicales que de rendre cette
institution chaque jour plus proche des attentes des patients et
des personnels hospitaliers, tout en la rendant plus performante.
Ces réformes doivent être poursuivies dans la transparence
et la concertation, et le dispositif d’accompagnement que
nous avons mis en place y contribuera.
Je souhaite aussi poursuivre en 2006 notre mobilisation en faveur
de solutions alternatives comme l’hospitalisation à
domicile, l’hospitalisation de jour et la chirurgie ambulatoire,
parfois préférables pour le patient. Je salue l’action
déterminante de la FNEHAD en ce domaine.
Il faut aussi accélérer la modernisation de la gestion
à l’hôpital. Il est nécessaire d’améliorer
la politique d’achat des hôpitaux, de la rénover
et de développer une véritable culture de l’achat
dans l’ensemble des établissements hospitaliers. Des
objectifs de bonne gestion, rendus possibles par exemple par les
achats groupés, ont été fixés pour cette
année.
En matière de recherche, nous renforcerons en 2006 le rôle
de l’hôpital comme lieu de contact entre savoir universitaire,
recherche et soins. Je souhaite aussi que davantage de projets de
recherche biomédicale puissent être financés,
grâce à la création de l’Agence nationale
de la Recherche notamment. Enfin, je m’engage à développer
des centres de référence pour diverses maladies, comme
ceux créés pour les maladies rares, qui seront au
nombre de 100 d’ici la fin 2006.
Enfin, je voulais vous rappeler que la réorganisation territoriale
est guidée par un seul principe : la nécessaire sécurité
du patient pour la qualité des traitements. Je suis pour
un hôpital de proximité, mais un hôpital de qualité.
Je veux être clair : il n’est pas question de fermer
tel ou tel établissement, mais il n’est pas question
non plus d’ignorer le manque de sécurité dans
certains autres établissements.
Surveiller et prendre en charge le risque d'infection nosocomiale
représente d’ailleurs une préoccupation majeure
dans les hôpitaux. Je sais que les efforts déployés
depuis 15 ans ont porté leurs fruits. Les résultats
de la surveillance en témoignent : entre 1996 et 2001, les
enquêtes de prévalence ont montré une diminution
des taux d’infections nosocomiales d’environ 13% dans
les Centres Hospitaliers Universitaires et 24% dans les Centres
hospitaliers. Mais nous devons aller plus loin, en incitant, avec
votre concours, les établissements de santé à
réaliser d’importants efforts en matière de
sécurité. Ainsi, je présenterai très
prochainement les premiers résultats de la mise en place
du « Tableau de bord de bord pour la surveillance des infections
nosocomiales » dont l’objectif est d’inciter les
établissements à mesurer leurs actions et leurs résultats
dans la lutte contre ces infections.
En la matière, les actions doivent être transparentes
et les résultats disponibles pour tous. Le but de ces tableaux
de bord, régulièrement actualisés, est de permettre
à tous les hôpitaux d’améliorer leur sécurité
sanitaire, en leur donnant les moyens de progresser dans ce domaine.
Sur tous ces sujets, je mesure l’attente des personnels
hospitaliers, et je veux leur dire ma volonté de relancer
le dialogue social et d’améliorer les conditions de
travail à l’hôpital cette année. Je connais
également les préoccupations des fédérations,
la FHF, la FEHAP, la fédération des centres de lutte
contre le cancer (FNCLCC), la FHP, et de toutes les conférences
hospitalières des différents établissements,
et je veux leur dire combien nous serons attentifs à leurs
demandes.
A cet égard, je vais lancer le 24 janvier des négociations,
avec les organisations syndicales représentatives, sur la
fonction publique hospitalière. Je crois aux vertus du dialogue
social et à une volonté commune de moderniser l'hôpital
: parmi les principaux sujets que je souhaite aborder figurent notamment
:
- l'amélioration des conditions de travail via les contrats
locaux d’amélioration des conditions de travail pour
réduire la pénibilité, prévenir les
risques professionnels, la violence et garantir l’hygiène
et la sécurité. Mais l’amélioration des
conditions de travail, c’est aussi un meilleur environnement
professionnel, que ce soit pour les crèches ou le logement.
Et c’est enfin mener une réflexion sur la seconde carrière
des personnels, pour tenir compte de la pénibilité
et du nécessaire aménagement des postes en fonction
de l’âge ;
- la poursuite de l'ouverture de la VAE aux diplômes du secteur
sanitaire,
- un recours plus souples aux heures supplémentaires,
- ainsi que des mesures statutaires pour redynamiser les déroulements
de carrière en particulier pour la catégorie C dont
font partie les aides-soignants.
B/ Dès 2006, nous allons relever le défi
de la démographie médicale. Je veux apporter des réponses
durables au problème de leur répartition sur le territoire.
Il s’agissait d’abord de pallier le manque prévisible
de professionnels de santé en relevant les numerus clausus,
comme nous l’avons fait dès 2004 avec Philippe Douste-Blazy.
Il s’agit aussi de combler les manques régionaux et
sectoriels. Tel est l’objectif du plan de démographie
des professions de santé que je présenterai prochainement.
Il repose sur plusieurs innovations en matière de délégation
de tâches, de regroupement et d’exercice partagé,
de télémédecine, mais aussi de formation des
professions médicales et paramédicales.
Et je voudrais dire que je ne crois pas à la coercition.
Mais je crois en revanche qu’il faut se donner les moyens
de modifier la répartition des personnels de santé
sur le territoire national durablement, grâce à des
incitations et grâce à une réforme de la formation
médicale qui contribuera aussi à rendre cette profession
attractive.
Ce plan nous permettra d’assurer à chacun de nos concitoyens
des soins de qualité, avec un niveau de sécurité
élevé, en tout lieu, en tout temps. La permanence
des soins est un droit : nous avons déjà mis en œuvre
un certain nombre de dispositifs et il convient désormais
aux professionnels de santé de les faire vivre. Je pense
à l’organisation des gardes, à la création
de maisons médicales, à la continuité établie
entre soins de ville et soins hospitaliers. Je serai vigilant quant
à l’amélioration de ce système et au
nécessaire soutien que nous devons apporter à ceux
qui assurent cette permanence. Ainsi, je serai très attentif
aux décisions prises par les CODAMUPS et au paiement effectif
des astreintes. J’ai engagé une réflexion avec
les acteurs concernés qui me conduira à proposer au
printemps des mesures d’amélioration de la permanence
des soins.
Assurer la permanence de soins, cela implique des professionnels
de santé en nombre suffisant, mais cela signifie aussi une
formation de qualité. La réforme de la première
année de médecine et la réforme LMD des professions
paramédicales que j'ai engagée avec François
Goulard doivent être l'occasion d'un mise en place de passerelles
plus efficaces entre l’ensemble des professions médicales
et paramédicales.
C/ Il est temps de mettre en place une culture
de la prévention dans notre pays.
Notre système de soins curatifs est classé parmi
les meilleurs au monde par l’OMS. L’espérance
de vie progresse. Comment expliquer alors la persistance d’inégalités
de santé notables ? et comment accepter que trop de Français
meurent encore prématurément de maladies ou d’accidents
pourtant évitables ? Afin de diminuer les facteurs de risques
et d’améliorer la qualité de tous les âges
de la vie, nous devons réorienter notre système vers
la prévention. Prévenir, c’est réduire
les probabilités de développer des maladies comme
le cancer ou les maladies cardiovasculaires, mais c’est aussi
contribuer à réduire les inégalités
de santé.
Je souhaite qu’en 2006 nous mettions en avant l’éducation
pour la santé. Cela passe par des campagnes nationales, comme
celles de l’INPES, contre les principaux facteurs de risques
pour la santé : le tabac, l’abus d’alcool ou
l’obésité. Cela passe aussi par une mobilisation
de tous les acteurs de santé : le parcours de soins constitue
un levier idéal, dans la mesure où le médecin
traitant est le mieux à même, avec le DMP, de déterminer
une stratégie de prévention adaptée à
chaque patient.
Cette année, la lutte contre le tabagisme sera encore renforcée.
En matière de tabagisme, au-delà des augmentations
du prix du tabac qui ont eu lieu dans le passé, je crois
qu’il faut aller plus loin, notamment par la protection de
nos concitoyens contre le tabagisme passif, qui est un véritable
fléau.
Et je souhaite que nous fassions aussi reculer l’alcoolisme.
L’ouverture des Etats Généraux de lutte contre
l’alcoolisme contribuera à alimenter un débat
citoyen sur ce thème. Je veux également assurer aux
personnes dépendantes à l’alcoolisme ainsi qu’à
leurs proches une meilleure prise en charge.
Ce mouvement pour la prévention, nous le mettons déjà
en place pour la santé buccodentaire. En 2006, un examen
gratuit et obligatoire sera mis en place pour les enfants de 6 et
12 ans. Les soins consécutifs seront eux-mêmes pris
en charge. En commençant par les soins dentaires, pour les
enfants, je veux aussi, vous l’aurez compris, développer
une culture et des réflexes évidents de prévention
dès le plus jeune âge.
Cela suppose une refonte des actes, des études et des mentalités.
Je veillerai tout particulièrement, avec les organisations
professionnelles, à trouver un mode de rémunération
des actes de prévention. Je souhaite aussi que les cursus
universitaires prennent davantage en compte cet impératif.
Et je souhaite également que tous les acteurs s’engagent
dans cette nouvelle voie. Ainsi, dans le cadre des cadres responsables,
les complémentaires devront prendre en charge deux prestations
de prévention parmi une liste validée par la Haute
autorité de santé.
Je lancerai en 2006 un deuxième Programme national nutrition
santé. Il portera une attention particulière aux populations
défavorisées les plus concernées par l’obésité.
Par ailleurs, il favorisera les actions locales, dans le sillage
de l’opération des chartes de ville active du PNNS.
33 maires les ont déjà signées au cours du
dernier trimestre. Enfin, l’accent sera mis sur la prise en
charge et le dépistage de l’obésité.
Concernant les récentes initiatives prises par les industries
agroalimentaires en matière de nutrition, je veux rappeler
que les alicaments sont des aliments de bonne qualité –
et je me félicite que les entreprises aient à cœur
de renforcer la qualité nutritionnelle de leurs produits.
Mais je veux rappeler que si la prise en charge des alicaments par
certaines assurances complémentaires relève entièrement
de leur responsabilité, il faut, à mon sens, éviter
toute confusion. Cette prise en charge devrait correspondre à
un véritable effet sur la santé, un effet scientifiquement
étayé. Il faut échapper à la tentation
facile d’instrumentaliser la santé : la santé
n’est pas un alibi, un prétexte mais un objectif.
***
Enfin, je voudrais vous dire que la question n’est pas de
savoir si 2006 sera l’année de la grippe aviaire. La
question est de savoir si nous sommes prêts à gérer
des crises sanitaires majeures en les anticipant. Pour cela, nous
souhaitons renforcer considérablement en 2006 nos dispositifs
de sécurité sanitaire. Nous nous engageons à
actualiser le plan Grippe aviaire, qui va au-delà des recommandations
de l’OMS. Ce plan prend en compte les différentes phases
possibles de la pandémie en déroulant une série
d’actions graduées en fonction du niveau de risque
: il nous permettra d’assurer une protection maximale de la
population française en 2006. Je veux dire aux professionnels
du monde de la santé qu’ils sont concernés au
premier plan pour soigner si nous étions face à une
pandémie. C’est pourquoi nous nous engageons à
vous fournir l’information, la formation et la protection
nécessaires en cas de pandémie.
Comme vous le voyez, 2006 sera encore une année de mobilisation
et de défis : sur la sécurité sanitaire, mais
aussi bien sûr sur l’assurance maladie et sur nos grandes
priorités de santé publique. Je souhaite que cette
année soit une année d’anticipation, une année
où nous développerons les outils et les actions qui
nous permettront de relever les défis de notre système
de santé et d’atteindre ses horizons : toujours plus
de solidarité, plus de responsabilité et plus de qualité.
Je vous souhaite une très heureuse année 2006, et,
vous me le permettrez, une excellente santé. |