| Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Je suis attaché à la diversité de la presse,
exigeante, comme vos vœux en témoignent, et qui requiert
réactivité, transparence et rigueur. Et comment vous
reprocher vos exigences, ou vos impatiences, alors que moi-même
j’use de ces deux qualités. Aussi je remercie vos représentants
Brigitte-Fanny Cohen, présidente de l’association des
journalistes de l’information médicale, et Marc Landré,
François Limoges, co-présidents de l’Association
des journalistes de l’information sociale, d’avoir si
bien exprimé vos attentes.
2006, c’est pour Philippe Bas et moi-même la poursuite
des réformes engagées pour notre protection sociale,
en faveur de la santé comme des solidarités, c’est
ensuite la gestion de crises et d’urgences sanitaires, c’est
enfin l’occasion d’anticiper en dessinant le système
de santé de demain.
Et pour cela, je crois au pragmatisme et à la concertation
dans la méthode ; à l’ambition et à l’anticipation
dans les objectifs.
I/ Vous l’aurez compris, nous devons avoir
l’ambition de dessiner le système de santé à
5 ans, 10 ans et au-delà.
A/ Le nouvel horizon de la santé, c’est
la prévention. C’est pourquoi j’ai décidé
en 2006 des Etats généraux de la prévention,
à la base d’une réorientation de notre système
de santé.
Vous connaissez l’adage, mieux faut prévenir que guérir.
Je ne vous demande pas de choisir entre l’un et l’autre.
Je veux l’un et l’autre pour notre système de
santé, guérir et prévenir.
Prévenir, c’est réduire les probabilités
de développer des maladies comme le cancer ou les maladies
cardiovasculaires, mais c’est aussi contribuer à réduire
les inégalités de santé.
Vous remarquerez que nous avons commencé par le début,
à la naissance même, avec le nouveau carnet de santé.
Il accompagnera la vie de vos enfants et permettra une évolution
en profondeur des comportements en faisant une large place à
la prévention.
Et cette action continuera à s’étendre à
tous les facteurs de risque : tabac, alcoolisme, obésité.
En matière de lutte contre le tabac, au-delà des
actions qui ont déjà été menées
depuis 2002, je suis résolu à aller plus loin, notamment
dans la protection de nos concitoyens contre le tabagisme passif.
Et je suis attentif à ce qui se passe dans d’autres
pays européens, ce dont vous avez largement fait état.
Je vous présenterai dans les semaines qui viennent de nouvelles
orientations.
Nous devons aussi faire reculer l’alcoolisme. L’ouverture
des états généraux de lutte contre l’alcool,
qui interviendront au printemps, contribuera à alimenter
un débat citoyen sur ce thème. Je veux également
assurer aux personnes dépendantes à l’alcool
ainsi qu’à leurs proches une meilleur prise en charge.
Je vous confirme que l’arrêté sur le syndrome
d’alcoolisation fœtale a été transmis à
la Commission européenne.
L’obésité constitue un des défis majeurs
de santé au XXIe siècle, et la France, avec 16 % d’enfants
en surpoids, n’est pas épargnée. C’est
pourquoi je lancerai au mois de mars le deuxième Programme
national nutrition santé avec des actions plus ciblées,
notamment envers les populations défavorisées, les
plus concernées par l’obésité, des actions
de proximité et plus adaptée, avec une meilleure prise
en charge et un dépistage accru. C’est dans la même
optique que le décret sur les messages sanitaires dans les
publicités alimentaires sera publié au printemps.
Enfin concernant les alicaments, je ne peux que me féliciter
des initiatives de l’industrie agroalimentaire pour renforcer
la qualité nutritionnelle de leurs produits. Si la prise
en charge des alicaments par certaines assurances complémentaires
relève entièrement de leur responsabilité,
il faut, à mon sens, éviter toute confusion. Cette
prise en charge devrait correspondre à un véritable
effet sur la santé, un effet scientifiquement étayé.
Il faut en effet échapper à la tentation facile d’instrumentaliser
la santé. La santé n’est pas un alibi, elle
n’est pas un prétexte, mais elle est un objectif. En
revanche, ce que nous attendons des complémentaires, c’est
la prise en charge de deux actes de prévention prévue
dans les contrats responsables. Voilà un engagement réel,
et donc efficace, au service de la santé.
B/ Nous ne pouvons regarder vers l’avenir
sans mener des actions fortes pour la démographie des professions
de santé. Le plan démographie médicale que
je présenterai dans les toutes prochaines semaines, repose
sur trois piliers : incitations, formations, conditions d’exercice.
Tout d’abord, je crois qu’il n’y a pas de fatalité
à voir apparaître des déserts médicaux
dans notre pays. Pour cela, je dis non à la coercition, qui
serait sans effet et surtout entraînerait la crise des vocations.
Mais je dis oui à l’incitation, avec des conditions
d’exercice nouvelles, avec la délégation de
tâches, la télémédecine, ou encore avec
l’exercice partagé, grâce à des consultations
mieux rémunérées d’au moins 20 % dans
les cabinets groupés des zones sous-médicalisées.
Assurer la permanence de soins, cela implique des professionnels
de santé en nombre suffisant. C’est ce que nous avons
commencé à faire, avec Philippe Douste-Blazy, en relevant
les numerus clausus, et nous poursuivrons dans cette voie. Mais
cela passe aussi par les réformes de la première année
de médecine, et celle des LMD des professions paramédicales,
engagée avec François Goulard, doivent être
l’occasion d’une mise en place de passerelles plus efficaces
entre l’ensemble des professions médicales et paramédicales
et d’une réflexion sur le contenu des études.
La permanence des soins est un droit, et je serai particulièrement
vigilant quant au nécessaire soutien que nous devons apporter
à ceux qui assurent cette permanence. Je proposerai au printemps
des mesures d’amélioration de la permanence des soins.
Je pense notamment à la prise en charge du samedi après-midi
et à la lisibilité des qui doit être donnée
aux Maisons médicales de garde.
C/ L’hôpital doit poursuivre sa modernisation,
et nous serons là pour l’y aider. Et je tiens à
tourner l’hôpital davantage encore vers les patients
et les soignants.
L’hôpital est le service public auquel nos concitoyens
tiennent le plus, d’après un récent sondage.
Préserver, moderniser cette institution, c’est conserver
ses qualités que nos concitoyens plébiscitent, mais
c’est aussi résoudre ses difficultés récurrentes.
Le Plan Hôpital 2007, est une réponse concrète
à ces attentes. C’est moderniser les établissements,
avec cette année encore 1,5 milliard d’euros d’investissements.
C’est aussi assurer un financement plus en phase avec les
besoins de santé réels de la population. Cela est
possible grâce à la T2A qui sera fixée en 2006
à 35 %, et, je le souhaite, à 50 % en 2007. C’est
enfin améliorer la qualité des soins, notamment par
le décloisonnement des services, avec la mise en place des
pôles d’activités. A l’hôpital, c’est
bien souvent l’absence de qualité qui coûte cher.
Et cette absence de qualité peut aussi être dangereuse
pour le patient. Je crois à la nécessité d’un
hôpital plus sûr et plus transparent encore ; c’est
pourquoi je présenterai à la fin de ce mois un tableau
de bord pour la surveillance des infections nosocomiales. Il ne
s’agit pas pour le Ministère d’attribuer des
bons points ou des bonnets d’âne, ce n’est pas
ça l’enjeu. L’enjeu, c’est de donner une
information claire à tous, hospitaliers comme patients, pour
montrer que les efforts entrepris par certains portent leurs fruits,
et pour aider ceux qui ne sont pas au niveau des meilleurs à
les rejoindre.
Comme vous l’avez compris, la qualité et la sécurité
pour les patients sont mes priorités. Mais nous leur devons
plus encore. Nous devons leur apporter plus de confort, nous devons
améliorer leur environnement, en pensant aussi à leurs
familles et à leurs proches. Des solutions existent déjà
dans certains hôpitaux, elles doivent être généralisées
à tous. Je prendrai comme exemples le soutien aux associations,
le développement de la culture à l’hôpital,
la création de lieux de vie.
L’hôpital doit également accorder davantage
d’attention à ses soignants. Je suis très attaché
aux condition de l’exercice de leurs professions, à
l’accès aux formations, au déroulement des carrières
et à la seconde carrière. Et nous lancerons, avec
l’ensemble des représentants des personnels hospitaliers,
une campagne de promotion des métiers à l’hôpital.
Enfin, je voudrais rappeler que la réorganisation territoriale
hospitalière, effective en mars de cette année, est
guidée par un seul principe : la nécessaire sécurité
du patient.
C’est elle qui dessinera la nouvelle carte de France et des
régions de notre système de santé pour les
5 prochaines années. L’avenir, ce sont les complémentarités
entre établissements publics et privés : les hôpitaux
ne peuvent pas rester isolés. Dans ces conditions, il n’est
pas question de fermer tel ou tel établissement. La question
des plateaux techniques doit être abordée de façon
apaisée, dans la concertation, sans ratios économiques
ou statistiques qui n’ont pas de sens, en garantissant l’activité
des établissements mais en ne perdant jamais de vue la sécurité
des patients.
Mon ambition n’est pas d’ajouter une n-ième
réforme à un hôpital qui a surtout envie d’appliquer
celles en cours. Mais il ne faut pas penser que la modernisation
de l’hôpital s’arrêtera avec Hôpital
2007. Je compte ainsi présenter dès cette année
les objectifs, les moyens et la méthode d’un Plan Hôpital
2012.
II/ Mais pour bâtir le système de
santé de demain, il faut des fondations solides, et ces fondations
sont celles de notre système de protection sociale.
Notre protection sociale était menacée par une excellente
nouvelle, celle de l’allongement de la durée de la
vie. Force est de reconnaître qu’avant 2002, il y a
eu beaucoup de rapport, beaucoup de reports, mais pas de réformes.
Or la réforme des retraites, la réforme de l’assurance
maladie, la mise en place de la CNSA sont autant de réponses
à cette question : comment préserver et moderniser
notre protection sociale. Mais une question peut légitimement
se poser : sommes-nous attachés à notre système
de protection sociale, de retraites, de santé ? je suis persuadé
que la réponse est oui.
- Parce que notre système de retraites est fondé
sur la répartition et la solidarité entre les générations,
les Français y sont attachés. Nous lui avons donné
davantage de souplesse et de liberté, et c’est le même
système solidaire qui est aujourd’hui garanti.
- Parce que notre système de santé nous permet de
cotiser selon nos moyens et d’être soigné selon
nos besoins, les Français y sont attachés. Et je ne
connais pas de meilleur système. Mais en revanche, nos concitoyens
savent bien que sans effort, notre système ne pourra être
conservé. Mais il faut que ces efforts soient acceptables,
et expliqués. Il faut de la détermination, du dialogue
et de la pédagogie pour ce que j’appelle le service
après-vote. Car tant qu’une réforme ne s’inscrit
pas dans le quotidien des Français, elle n’existe pas.
Pour la réforme des retraites, cela signifie en 2006 la publication
des derniers décrets d’application, et la mise en œuvre
effective du droit à l’information. Dès cette
année, les français disposeront d’un outil de
simulation disponible sur Internet. Chacun pourra ainsi répondre
à ces questions légitimes : quand ? combien ? comment
?
A/ 2006, c’est aussi une nouvelle étape
pour la réforme de l’Assurance maladie.
Je voudrais vous rappeler que cette réforme est avant tout
une réforme structurelle, qui nécessite une évolution
en profondeur des comportements.
Conforme aux recommandations du HCAAM, elle vise à mieux
organiser et à mieux gérer notre système de
santé. Ce n’est pas une réforme de chiffres,
portant, certains sont parlants.
Sans réforme, le déficit aurait atteint 16 milliards
d’euros. Grâce à notre action, il a été
réduit de moitié. Et nous irons bien évidemment
plus loin en 2006, avec un objectif 6,1 milliards d’euros
de déficit. Et nous continuerons encore à réduire
ce déficit. Pour cela, nous avons un travail important à
faire sur les dépenses, sans occulter la question du financement.
Dans cet esprit, le Président de la République a annoncé
lors de ses vœux l'introduction de la valeur ajoutée
dans le calcul des cotisations patronales, dans un cadre progressif
et concerté avec les partenaires sociaux. C’est une
réforme favorable à l’emploi et à la
modernisation des ressources de la Sécurité sociale.
Nous progresserons également dans la mise en place du parcours
de soins. Nous venons de dépasser les 35 millions de français
qui ont choisi leur médecin traitant, et ces chiffres ne
cessent de progresser puisqu’à l’heure actuelle
80 000 personnes le choisissent chaque jour. En 2006, nous mènerons
les premières expérimentations du DMP, techniques
dès janvier, puis sur le terrain au printemps, de façon
à avoir sa généralisation en 2007 comme prévu.
Nous progresserons aussi avec la carte Vitale II avec photo, plus
sécurisée, qui entrera en vigueur à partir
du dernier trimestre 2006.
Réussir la réforme, c’est aussi davantage
de responsabilité pour davantage de solidarité. Grâce
aux marges d’action que nous dégageons, nous poursuivons
nos efforts en direction des plus démunis, avec l’aide
à l’accès à la complémentaire
notamment. Près de 350 000 personnes ont reçu une
attestation permettant de bénéficier de cette aide
en 2005, un nombre qui devrait notablement augmenter avec les nouvelles
mesures que nous avons prises en 2006, qui peuvent concerner 2 millions
de personnes. Et je souhaite que tous les acteurs concernés
s’impliquent davantage pour assurer la promotion de cette
mesure solidaire.
B/ 2006, c’est aussi mener à leur
terme les lois votées depuis 2002, les plans de santé
publique déjà engagés, et les grands chantiers
du Président de la République.
Nous avons en France une véritable culture de santé
publique. Ajoutons-y la culture du résultat, et nous obtiendrons
de véritables progrès. C’est pourquoi j’ai
l’intention de suivre personnellement tous les plans de santé
publique et d’en évaluer régulièrement
les résultats. Nous devons tout mettre en œuvre pour
atteindre nos objectifs dans le domaine de la périnatalité,
des maladies chroniques, des maladies rares, des greffes de tissu
et d’organe, de la maladie d’Alzheimer, de la psychiatrie,
des addictions et de la toxicomanie, des soins palliatifs ou encore
de la lutte contre la douleur.
Le cancer, ne l’oublions pas, est la première cause
de mortalité prématurée en France avec 150
000 décès annuels. Lutter contre le cancer, c’est
à la fois prévenir son apparition, mais c’est
aussi offrir à nos concitoyens un accès au dépistage.
Je m’engage en 2006 à ce que 80 % des femmes entre
50 et 74 ans puissent bénéficier d’un dépistage
organisé des cancers du sein. Je m’engage aussi à
ce que le dépistage organisé des cancers colo-rectaux
soit généralisé à l’ensemble du
territoire.
Lutter contre le cancer, c’est aussi améliorer la
prise en charge des patients et de leurs proches en lien avec les
associations. Et ce combat, coordonné par l’Institut
national du Cancer, nous le mènerons ensemble.
En 2005, le Sida était grande cause nationale, en 2006
le sida sera toujours pour nous, grande cause nationale. avec comme
objectif une remobilisation de tous. En effet, je suis inquiet de
la progression de l’épidémie en 2004, inquiet
d’une certaine banalisation du message de prévention,
inquiet de la discrimination qui touche les personnes atteintes
par le VIH. C’est pourquoi en 2006 je veux apporter des réponses
à toutes ces inquiétudes : par un travail accru avec
les associations, dont les financements seront pérennisés
et disponibles plus rapidement, par une action déterminée
en faveur de la prévention, et par la lutte contre les discriminations,
toutes les discriminations. Concernant la protection contre le virus,
je recevrai d’ici un mois les fabricants de préservatifs
pour les rendre plus accessibles, notamment dans les lycées.
Cela ne pourra être utile que si nous renforçons l’efficacité
de nos message de prévention, en ciblant sans discriminer.
Par ailleurs, la France continue à être à la
pointe du combat international contre la pandémie du sida,
avec la mise en œuvre de financements innovants pour les traitements
innovants (contribution de solidarité sur les billets d’avions
voulue par le président de la République, doublement
du financement du Fonds mondial de lutte, facilité internationale
d’achat de médicaments).
Enfin, il faut mettre un terme en 2006 aux injustices persistantes
concernant l’accès au crédit. Il n’est
pas normal que des discriminations persistent envers les personnes
séropositives comme envers tous les malades, et ceux qui
l’ont été. C’est pourquoi j’ai rencontré
Jean-Michel Belorgey, pour améliorer la Convention qui porte
son nom. Sur la base des propositions qui m’ont été
faites, j’ai l’intention de faire très prochainement
des propositions pour mettre fin à cette discrimination intolérable.
Je pense aussi au travail que nous accomplissons sur la fin de
vie. Lors d’un débat parlementaire digne et de très
grande qualité, chacun a pris conscience des enjeux, de la
complexité de ce sujet, et de la sensibilité de nos
concitoyens aux question de la fin de vie La loi relative aux droits
des malades et à la fin de vie du 22 avril 2005, dont le
rapporteur était M. Jean Léonetti, a été
adoptée à l’unanimité. Elle a permis
de renforcer les droits des malades et de reconnaître des
droits spécifiques aux malades en fin de vie. Deux décrets
d’application de la loi ont été examinés
cette semaine par le Conseil d’Etat, celui concernant la procédure
collégiale de décision en cas de directives anticipées
de la personne, l’autre relatif aux directives anticipées
que peut rédiger chaque personne.
Un troisième décret, imposant un volet soins palliatifs
dans les EHPAD sera publié en février.
La parution des décrets en ce début d’année
permettra la mise en œuvre effective d’une loi rendant
la fin de vie plus digne, plus humaine, en accompagnant les malades
dans le respect de leur volonté.
C/ Nous avons, avec Philippe Bas, un engagement
: travailler pour une société toujours plus solidaire.
Et une société plus solidaire, c’est une société
qui garantit les mêmes droits à tous nos concitoyens.
Tel est le sens de la nouvelle politique du handicap, voulue par
le Président de la République avec une priorité
donnée à l’intégration, et un nouveau
regard porté sur le handicap. Elle s’est traduit par
des efforts budgétaires sans précédent, et
par l’adoption d’un texte majeur, la loi du 11 février
2005. L’année 2006 verra son application avec la parution
des décrets qui concernent les trois fondements de ce texte.
D’abord la lutte contre les discriminations ; ensuite le droit
à compensation, avec la mise en œuvre de la prestation
de compensation ; enfin, l’accessibilité et la participation
à notre société de nos concitoyens handicapés,
grâce notamment à la mise en place des Maisons départementales
du handicap.
Une société plus cohérente, c’est aussi
une société plus attentive à ses aînés.
En 2005, la création de la Caisse nationale de Solidarité
pour l’Autonomie nous a donné les moyens de mener une
véritable politique de prise en charge de la dépendance.
En 2006, nous utiliserons ces fonds pour créer de nouvelles
places d’hébergement en établissements spécialisés,
avec un objectif de 10 000 places nouvelles d’ici 2007, et
pour moderniser les structures existantes, avec un rythme d’environ
15000 établissements médicalisés par an. Au-delà
de la progression de l’espérance de vie, ce qui importe
tout autant, c’est d’améliorer la qualité
de vie.
Et une société plus juste, c’est une société
qui aide les familles. Nous avons un
modèle qui combine un fort taux d’activité féminine
et un taux de fécondité parmi les plus élevés
d’Europe, et qui permet à tous de concilier au mieux
vie familiale et vie professionnelle. Ceci est possible grâce
aux prestations que nous mettons en œuvre, au nouveau congé
parental mieux rémunéré mis en place cette
année à l’initiative de Philippe Bas, ainsi
qu’aux places de crèches dont nous avons accéléré
la création depuis 2002 (12 000 places nouvelles en 2004).
Par ailleurs, nous allons reprendre les propositions formulées
par Martin Hirsch pour améliorer la situation matérielle
et sanitaire des familles les plus démunies. 2006 sera également
l’année du lancement de l’Agence de l’adoption,
et de la préparation d’une loi relative à la
protection de l’enfance. Face aux failles du système
actuel, je sais l’entière volonté de Philippe
Bas pour rénover le dispositif de protection de l’enfance
pour le rendre plus lisible et plus performant.
***
Enfin, la question est de savoir si nous sommes prêts à
gérer des crises sanitaires majeures en les anticipant. Cette
conviction nous conduit à travailler sans cesse au plan gouvernemental
de lutte contre une pandémie grippale, au-delà même
des recommandations de l’OMS, en associant tous les acteurs
économiques et administratifs, les acteurs du monde des solidarités
et de la santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers,
médicaux ou paramédicaux.
Disposer des moyens de protection, c’est bien ; savoir comment
les mettre en œuvre concrètement sur le terrain, c’est
mieux ; penser à l’action internationale, c’est
nécessaire, car c’est cela la solidarité, comme
l’exprimera la France la semaine prochaine à la Conférence
des donateurs pour la grippe aviaire à Pékin, et c’est
aussi nous protéger contre ce risque ; informer en toute
transparence, et former les acteurs concernés, telle est
notre exigence pour faire vivre ce plan.
Et au-delà du sujet d’actualité qu’est
la grippe aviaire, nous souhaitons renforcer considérablement
en 2006 nos dispositifs de sécurité sanitaire. Notre
pays doit acquérir la culture de la gestion du risque sanitaire,
en appliquant le principe de précaution, en suivant le principe
d’anticipation.
***
J’avais beaucoup de choses à vous dire, nous en avons
plus encore à faire cette année. Ce qui m’intéresse,
ce qui nous intéresse, ce n’est pas d’annoncer
des mesures, de lancer des propositions, c’est bel et bien
d’engager des actions de fond ; ce qui nous intéresse
c’est de faire vivre avec pragmatisme et détermination
les réformes et les lois votées, les plans engagés
; c’est aussi construite et dessiner avec ambition le système
de santé pour l’année 2006, mais aussi pour
les années à venir.
2006 sera encore une année de mobilisation et de défis
pour apporter à notre système de protection sociale
plus de responsabilité et toujours plus de solidarité.
Je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente
année, et, vous me le permettrez, une excellente santé. |