| Mesdames, Messieurs,
On entend souvent parler des infections nosocomiales mais de quoi
s’agit-il réellement ? Les infections nosocomiales
sont les infections contractées au cours d’un séjour
dans un établissement de soins. Le risque d’infection
nosocomiale concerne donc tous nos concitoyens, et représente
à leurs yeux une défaillance de notre système
: quand on entre dans un établissement de santé pour
se faire soigner, il est difficile d’admettre que l’on
puisse y contracter une quelconque bactérie, un virus, ou
même des champignons et des parasites. Et les conséquences
financières de ces infections pour notre système sont
aussi très importantes, puisque la Haute autorité
de santé les estime à 200 millions d’euros par
an.
Ces infections, et les 4000 décès directs estimés
par an, ne sont pourtant pas une fatalité car une action
soutenue et continue de prévention de ce risque permet d’améliorer
la qualité de notre système de santé. C’est
une priorité de mon action de lutter contre ces infections
au sein des établissements, et c’est le premier volet
d’une action globale en faveur de la sécurité
des patients.
D’ores et déjà, les efforts réalisés
en la matière depuis plus de 15 ans par les professionnels
de santé, accompagnés par les pouvoirs publics, ont
permis de réduire ce risque. Avec environ 7 patients sur
100 touchés par ces infections d’une gravité
très variable, la France se situe dans la moyenne européenne,
et les outils de surveillance et d’alerte mis en place sont
parmi les plus performants du continent.
Pourtant, je suis convaincu qu’il nous faut aller plus loin
et amplifier les démarches qualité dans les établissements
de santé. Cela passe bien évidemment par le renforcement
des actions de lutte contre les infections nosocomiales, mais aussi
par une transparence accrue des établissements de santé
sur leur démarche de prévention, comme le programme
national de lutte contre les infections nosocomiales 2005-2008 le
souligne.
Dans ce domaine, nous franchissons aujourd’hui une nouvelle
étape avec la publication d’ICALIN, l’indice
composite des activités de lutte contre les infections nosocomiales,
qui mesure les efforts entrepris par chaque établissement
pour lutter contre ces infections. Cette information sera à
la disposition de tous, professionnels de santé comme patients.
La publication de cet indicateur incitera ceux qui ne sont pas encore
au niveau des meilleurs à les rejoindre, accompagnés
en cela par les pouvoirs publics. La publication d’ICALIN
n’est qu’une première étape dans la réalisation
d’un tableau de bord des infections nosocomiales composé
de cinq indicateurs, qui seront complétés avant fin
2007.
Et la lutte contre les infections nosocomiales n’est bien
sûr qu’un aspect de la démarche nouvelle que
nous souhaitons mettre en œuvre : d’autres indicateurs
de qualité viendront s’y ajouter. C’est donc
dans une démarche pérenne que je m’engage aujourd’hui
avec un calendrier et des résultats attendus.
I/ La lutte contre les infections nosocomiales
doit être au cœur de nos priorités en matière
de qualité dans les établissements de santé.
A/ Nous agissons, avec les professionnels de
santé, pour bâtir un système efficace de prévention
du risque d’infection nosocomiale.
Dans chaque établissement de santé, une structure
est spécifiquement dédiée à la lutte
contre les infections nosocomiales : le Comité de lutte contre
les infections nosocomiales (CLIN). Pour coordonner ces comités,
cinq centres de coordination interrégionaux (C.CLIN) aident
les établissements à mettre en œuvre la politique
nationale de lutte contre ces infections. Ils sont situés
à Lyon (Sud-Est), à Bordeaux (Sud-Ouest), à
Nancy (Est), à Paris (Paris Nord) et à Rennes (Ouest).
Ensuite, des « correspondants en hygiène »,
sont présents dans la plupart des services, et l’ensemble
des professionnels de santé bénéficie d’une
formation continue qui prend largement en compte la prévention
des infections nosocomiales et les règles d’hygiène.
Les recommandations de bonnes pratiques d’hygiène sont
quant à elles régulièrement réactualisées.
Le guide « 100 recommandations pour la surveillance et la
prévention des infections nosocomiales » a ainsi été
mis à jour cette année. De plus, les établissements
ont à leur disposition des outils d’évaluation
et d’information, comme le bilan standardisé des activités
de lutte contre les infections nosocomiales ou l’audit des
pratiques. Enfin, les services déconcentrés de l’Etat
(DRASS/DDASS/ARH) mènent des contrôles pour vérifier
l’application des règles de bonnes pratiques.
Pour élaborer ses actions et ses recommandations, le Ministère
de la Santé s’appuie sur une importante capacité
d’expertise, avec le Comité technique national des
infections nosocomiales et des infections liées aux soins
(CTINILS), actuellement présidé par le Professeur
Gilles Beaucaire.
La France dispose également d’un réseau de
surveillance et d’un dispositif de signalement des infections
nosocomiales performants. En premier lieu, depuis 2001, les infections
particulièrement graves ou rares doivent faire l’objet
d’une déclaration obligatoire auprès de la DDASS
et du C.CLIN. Cette obligation de signalement est unique en Europe
; c’est ce dispositif qui a conduit au retrait en France puis
dans le monde entier d’une préparation pour alimentation
pour nourrissons et enfants en bas âge responsable de plusieurs
décès. Par ailleurs, le Réseau d’alerte,
d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales
(RAISIN) est chargé de coordonner au niveau national la réponse
à l’alerte en s’appuyant sur les C.CLIN et l’InVS.
Ce réseau mène régulièrement des enquêtes
de prévalence à un jour donné, sur la base
du volontariat.
Le programme national 2005-2008 permet le renforcement de ces actions.
Il vise également à mieux informer les patients et
à communiquer sur le risque infectieux lié aux soins.
C’est sur cet axe que j’ai décidé d’agir
en priorité. Je pense en effet que la transparence est un
devoir vis-à-vis des patients. Ceux-ci pourront évaluer
et mesurer sur des bases communes la qualité d'un établissement
de soin. C’est aussi un gage de qualité, qui constitue
un levier d’amélioration en matière d’hygiène,
et donc de sécurité pour le patient.
B/ Je souhaite tout d’abord renforcer
l’information des patients sur leurs droits.
Depuis la loi du 4 mars 2002 sur les droits des patients, toute
personne s’estimant victime d’une infection nosocomiale
bénéficie d’un droit à l’information,
mais aussi à la réparation du préjudice subi.
C’est l’ONIAM (Office national d'indemnisation des accidents
médicaux, des affections iatrogènes et des infections
nosocomiales), qui a la responsabilité d’indemniser
les victimes des défaillances de notre système de
soins.
Je ne pense pas que le droit des patients atteints de maladies
nosocomiales puisse se limiter à l’indemnisation. Je
crois qu’il faut aller plus loin, en leur prodiguant un soutien
en termes d’écoute, de reconnaissance et de suivi.
C’est pourquoi j’ai saisi, en décembre dernier,
la Haute Autorité de Santé afin de créer une
mission d’information et de médiation sur les infections
nosocomiales (MIMIN). Cette mission a été confiée
à Monsieur Alain-Michel Ceretti, ancien président
du LIEN (Association de lutte contre les infections nosocomiales).
Elle permettra de mieux écouter et d’accompagner les
victimes de ces infections, d’assurer le suivi personnalisé
de leur cas, tout en limitant le recours au contentieux systématique.
Dès le mois de mars, cette mission disposera d’un numéro
vert et d’un site Internet accessible à tous les citoyens.
C/ Je souhaite ensuite que la transparence bénéficie
à tous, patients comme soignants, pour améliorer la
qualité de la lutte contre ces infections. C’est pourquoi
j’ai décidé d’accélérer
la sortie des indicateurs de qualité.
C’est dans cet esprit qu’est mis en place le tableau
de bord des infections nosocomiales. Il comportera 5 indicateurs
par établissement, qui seront progressivement généralisés
d’ici fin 2007 :
- l’indice composite d’évaluation des activités
de lutte contre les infections nosocomiales : ICALIN. Cet indicateur
présenté aujourd’hui est le premier des 5 indicateurs
disponible ;
- le taux d’infections du site opératoire par type
d’acte opératoire (disponible d’ici fin 2006)
;
- le volume annuel de produits hydro-alcooliques (hygiène
des mains) pour 1000 journées d’hospitalisation (disponible
d’ici fin 2006) ;
- le taux de staphylocoques dorés résistants à
la méticilline pour 1000 journées d’hospitalisation
(disponible avant fin 2007) ;
- le suivi de la consommation d’antibiotiques (disponible
d’ici fin 2007). Ce suivi est facilité pare l’accord-cadre
sur l’usage des antibiotiques.
Le tableau de bord complet offrira à tous une vision d’ensemble
de la gestion du risque infectieux dans chaque établissement
de santé. La publication de ces indicateurs est une incitation
à une meilleure prise en compte de la qualité, et
c’est aussi un outil d’information disponible pour tous
via le site Internet du Ministère. Ce tableau de bord présente
l’avantage d’être composé d’indicateurs
autant de résultats que de moyens, pour mesurer la situation
globale d’un établissement et mesurer ses marges de
progression. C’est aussi une démarche de progrès
pour comparer dans le temps et apprécier les évolutions
et les efforts entrepris.
III/ Avec la publication du premier indicateur
du tableau de bord, ICALIN, nous entrons dans une nouvelle phase
de la lutte contre les infections nosocomiales.
A/ L’indice composite des activités
de lutte contre les infections nosocomiales (ICALIN) sert à
mesurer les efforts entrepris par chaque établissement dans
la lutte contre ces infections. Ce n’est pas le taux
d’infections nosocomiales de chaque établissement.
Nous disposons déjà d’une vision globale de
la prévalence des infections nosocomiales dans les établissements
(juin 2001 : 6,9 % des patients touchés ; prochaine enquête
: juin 2006, avec des résultats en décembre), ainsi
que des alertes provenant du réseau de surveillance. Néanmoins,
il est indispensable de donner à tous, patients comme professionnels
de santé, un indicateur mesurant les efforts entrepris par
chaque établissement. C’est le sens d’ICALIN,
que je vous présente aujourd’hui pour les données
2004. C’est un outil d’information, pour les établissements
qui peuvent se comparer entre eux, cerner leurs points faibles et
leurs points forts, et suivre leur progression grâce à
la publication annuelle de ces données. C’est aussi
un outil de régulation au service de l’Etat, qui peut
accompagner les établissements dans leur progression par
l’intermédiaire des ARH. C’est enfin un outil
de transparence dans les relations entre soignants et patients.
ICALIN est accessible à tous, sur demande auprès de
l’établissement (qui est fortement incité à
le mettre dans son Livret d’accueil) et sur le site Internet
du Ministère www.sante.gouv.fr. La plate forme du Ministère
de la Santé et des Solidarités (Info’Ministère-n°indigo
0820.03.33.33) est dès aujourd’hui à la disposition
du public pour répondre à toutes les questions sur
ICALIN et les infections nosocomiales.
B/ ICALIN sera calculé tous les ans à
partir des données transmises par les établissements
de santé. ICALIN 2005 vous sera ainsi présenté
à la fin 2006.
ICALIN se présente sous forme d’un score sur 100 points
qui conduit à une répartition de A à E, A rassemblant
les établissements ayant le plus grand score de leur catégorie.
Les points sont attribués en fonction de 31 critères
déterminés par des groupes d’experts en concertation
avec les personnels hospitaliers et les associations de patients.
Il sont regroupés en 3 catégories d’égale
importance : l’organisation, les moyens et les actions en
faveur de la lutte contre les infections nosocomiales. Chaque critère
est pondéré en fonction de son importance. A titre
d’exemple, les moyens en personnel hospitalier sont pris en
compte à hauteur de 16 points dans le score total, ce qui
représente moins de points que l’existence de l’ensemble
des protocoles d’hygiène : se laver les mains régulièrement
et longuement, stériliser le matériel,… (17
points). Les bons résultats obtenus par un établissement
ne sont donc pas tant liés à l’importance des
moyens dont il dispose qu’à la manière dont
sont organisés le partage d’information et la recherche
de qualité. Les résultats de la certification vont
dans le même sens, puisque les établissements pour
lesquels la Haute autorité de santé n’a formulé
aucune recommandation disposent de ressources très variées
et sont de taille et de nature diverses.
A partir de ce score, les établissements qui ont fourni
la totalité des données sont classés dans une
des catégories, de A à E. Les bornes des classes sont
différentes pour chacun des 13 types d’établissements,
pour permettre la comparaison la plus fine possible. Ces bornes,
calculées à partir des données des bilans 2003,
resteront fixes pour mesurer la progression de chaque établissement
au fil des ans. En 2004, sur 2832 établissements de santé
sollicités, 11,1 % des établissements sont classés
en catégorie A, 22,2 % en catégorie B, 33,4 % en catégorie
C, 13,2 % en catégorie D et 5,8 % en classe E. Ces 5,8 %,
c’est peu et trop à la fois.
C/ L’ICALIN attribue un score à
chaque établissement : cependant il ne faudrait pas se méprendre
sur son sens. Ce n’est ni un classement ni un palmarès,
mais un outil de comparaison et d’incitation.
Les établissements de santé se caractérisent
par une grande diversité. Entre un CHU, un CH de petite capacité
ou une grande clinique, les missions, la taille, l’organisation
et les activités sont très différentes. Ceci
nous a conduit à répartir les établissements
de santé selon 13 catégories ayant des bornes de classes
différentes, afin que la comparaison entre établissements
puisse être significative. Etablir un classement général
des établissements de santé à partir d’ICALIN
n’a donc aucun sens.
Ensuite, je veux revenir sur l’appartenance d’un établissement
à telle ou telle classe. 316 établissements ont les
scores ICALIN les plus élevés de leur catégorie
et appartiennent donc à la classe A. Ce sont les structures
les plus en avance dans la prévention du risque infectieux.
Il s’agit de valoriser les établissements qui prennent
le plus en compte l’impératif de qualité. Quant
aux 163 établissements de casse E, leur score ICALIN ne veut
pas dire qu’ils ne sont pas actifs dans ce domaine, ni qu’ils
comportent des risques majeurs pour les patients. Leur classement
signifie qu’ils sont en retard dans la mise en œuvre
concrète de la lutte contre les infections nosocomiales.
Le sens de notre démarche est justement d’inciter ces
établissements à rejoindre les meilleurs, et non de
les stigmatiser. En publiant ICALIN, notre objectif n’est
certainement pas de creuser les inégalités entre établissements
de santé. C’est au contraire un levier pour réduire
ces inégalités, en offrant enfin aux établissements
les moyens de la comparaison et de la progression.
D/ Il est possible, il est même nécessaire
pour chaque établissement d’améliorer son score
ICALIN. Nous soutiendrons leurs actions en ce sens.
Nous avons fixé des objectifs de progression très
clairs au sein de l’indice ICALIN. Pour ICALIN 2007, tous
les établissements devront jouer le jeu de la transparence,
et donc fournir un bilan permettant de calculer le score, sous le
contrôle des ARH. Et surtout, nous souhaitons que plus aucun
établissement ne se situe en classe E.
Pour cela, il est nécessaire de voir au niveau national
quels sont les problèmes qui font que certains établissements
sont classés en E. Il s’agit principalement d’une
question d’information et d’organisation. L’existence
d’un programme d’actions et le respect des protocoles
d’hygiène constituent ainsi le principal facteur d’amélioration.
Je sais que beaucoup se focalisent sur la question des moyens. Je
vais leur répondre que la formation des personnels et l’existence
de responsables hygiène et qualité clairement identifiés,
l’organisation, voire même la configuration des locaux,
comptent bien davantage. Et je vais surtout leur répondre
que l’engagement et la mobilisation de l’ensemble du
personnel autour de la conception d’une véritable démarche
qualité est le point le plus important. Une fois cette démarche
accomplie, ce que certains établissements pourtant peu dotés
en moyens ont déjà fait, je souhaite que nous accompagnions
ceux qui ont encore des progrès à réaliser
dans l’amélioration de leur qualité.
Pour progresser dans cette voie, il appartient à chaque
établissement classé en E de réunir avant fin
février tous les acteurs, direction, CME, CLIN, personnels
d’hygiène afin d’établir le diagnostic
de ses faiblesses au regard des items d’ICALIN que sont l’organisation,
les moyens, et les actions. Le programme d’actions établi
sur la base de ce diagnostic devra comporter des actions en termes
d’application des protocoles, notamment pour la surveillance
microbiologique du réseau d’eau chaude, le protocole
de sondage urinaire et les protocoles standards concernant le risque
biologique, mais aussi des actions de formation à l’hygiène
et à la qualité.
Ce programme sera ensuite transmis aux ARH, ainsi qu’aux
centres de coordination interrégionaux inter hospitaliers
(C.CLIN). Je souhaite d’ailleurs que dès 2006 un C.CLIN
soit créé dans chaque région car il s’agit
d’un outil d’amélioration et d’accompagnement
essentiel, et je dégagerai à cet effet les crédits
nécessaires.
Au vu des efforts des établissements, et au vu de leurs
diagnostics, des actions d’accompagnement seront alors initiées
par les tutelles avec l’appui technique et l’expertise
des C.CLIN. Ainsi, seront mis en place pour les établissements
qui ont réellement engagés par eux-mêmes une
démarche de qualité :
- la mise en œuvre de programmes inter établissements
de formation à l’hygiène hospitalière
;
- l’organisation de séminaires sur la définition
d’un programme d’action ;
- un audit ciblé sur la surveillance du réseau d’eau
chaude sanitaire dans les établissements
- un séminaire de formation sur les protocoles prioritaires
- une aide à la constitution d’Equipes Opérationnelles
d’Hygiène inter hospitalières permettant aux
établissements de petite taille de partager du personnel
qualifié. Cela est déjà le cas pour de petits
établissements de classe A.
Les établissements réellement mobilisés,
pourront, comme vous pouvez le constater, compter sur notre soutien
pour améliorer la sécurité et la qualité
au sein de leurs établissements.
&&&
A l’évidence, la lutte contre les infections nosocomiales
doit constituer la priorité de notre action en faveur de
la qualité dans les établissements de santé.
Elle suppose la mobilisation et la responsabilisation de tous les
personnels, médicaux et non-médicaux, des établissements
de santé qui ne doivent pas douter de ma volonté.
Mais la non-qualité ne concerne pas seulement ces infections
; par exemple la iatrogénie médicamenteuse est une
source importante de mortalité et de morbidité dans
notre pays, ainsi que de surcoûts considérables. Nous
devons nous engager dans une démarche de qualité la
plus large possible, pour assurer une meilleure sécurité
des patients. C’est un des objectifs précis de l’OMS
au niveau international depuis 2002.
Déjà, la plupart des établissements de santé
s’engagent dans cette recherche de la qualité et je
souhaite qu’elle soit systématisée.
Cela passe d’abord par la certification des établissements
de santé et par l’évaluation des pratiques professionnelles
menées sous l’égide de la Haute autorité
de santé. Depuis la réforme de l’assurance maladie,
la certification concerne la qualité des soins dans une équipe
médicale ; il s’agit de voir si la qualité est
au centre de l’organisation des services. Dans ce cadre, les
établissements devront identifier clairement un responsable
qualité, fonction qui existe d’ores et déjà
dans beaucoup d’entre eux. Elle devra être généralisée
à l’issue de la mise en œuvre de la deuxième
version de la certification, d’ici 2008. De même, l’évaluation
des pratiques professionnelles, en cours de mise en œuvre,
va accroître la dynamique de qualité des soins et de
transparence. Cette action mobilisera fortement les CME dans les
établissements de santé.
Cela passe ensuite par la mise en œuvre de système
d’informations généralisés. Grâce
à la réforme de l’assurance maladie, le Dossier
médical personnel, se met en place : il permettra notamment
de lutter contre la iatrogénie.
Cela passe enfin par la mise en place d’indicateurs de qualité
dans tous les domaines, au-delà d’ICALIN et des infections
nosocomiales. Je veux généraliser la mesure et l’emploi
des indicateurs de qualité dès 2006. Dès le
mois d’avril, plusieurs indicateurs de qualité seront
validés par les professionnels et les experts en vue de leur
généralisation progressive et de leur publication
début 2007 : ce sont par exemple les questionnaires de satisfaction
des patients ; l’indicateur concernant les établissements
renvoyant les comptes-rendus d’hospitalisation au médecin
traitant sous 48h ; l’évaluation de la prise en charge
de la douleur. Et ICALIN 2005 sera publié en décembre
2006, puis annuellement. Ces indicateurs de qualité constitueront
de puissants leviers de réorganisation et de bonne gestion
pour notre système de santé. Ils favoriseront une
indispensable transparence dans les relations entre soignants et
patients, qui participe de l’évolution des comportements,
et donc de la recherche de qualité. Avec la démarche
engagée aujourd’hui, avec ce calendrier, nous aurons
des résultats et de véritables progrès. |