| Je me réjouis
d’intervenir devant vous à l’occasion de cette
journée à laquelle Jean CASTEX comme moi-même
tenions particulièrement à assister, dans la lignée
des deux précédentes rencontres nationales, celle
consacrée aux présidents de CME et celle consacrée
aux directeurs. Organiser trois journées différentes
ne signifie pas que le cloisonnement existe toujours : au contraire,
chacune des journées a été conçue selon
le même modèle, avec des témoignages de terrain
associant directeurs, présidents de CME et directeurs de
soins, tant il est indispensable au succès des réformes
et à la qualité de la prise en charge des patients
que ces trois grandes communautés d’acteurs agissent
ensemble.
Votre présence, très nombreuse aujourd’hui,
est révélatrice de vos attentes mais aussi de votre
implication dans les réformes d’envergure qui dessinent
l’avenir de l’hôpital : votre
engagement et votre mobilisation sont indispensables pour la mise
en œuvre réussie des réformes.
A la fin de la journée des présidents de CME, le
directeur de l’hôpital universitaire de Genève
a fort opportunément rappelé qu’au delà
de la nécessaire collaboration entre l’administration
et le corps médical, le facteur décisif de succès
de la modernisation d’un hôpital est l’implication
des soignants : tous les témoignages que vous avez déjà
entendus confirment cette remarque pleine de sagesse. Vous devez
porter auprès des soignants cette dynamique de modernisation
qui est le gage d’une plus grande efficacité de l’hôpital
au service des patients.
Je n’ignore pas les craintes et les incertitudes dans la
mise en œuvre des réformes :
- les réformes sont complexes, et l’un des objectifs
prioritaires du dispositif d’accompagnement est de redonner
sens et cohérence à l’ensemble des mesures ;
- la remise en cause des organisations traditionnelles, la définition
de nouvelles relations fonctionnelles peut être source d’inquiétudes.
Le chemin n’est pas tracé, il est à inventer
: des hôpitaux précurseurs ont préparé
le terrain, d’autres s’y engagent, certains ont participé
activement à l’anticipation de la réforme et
ont démontré leur capacité à à
innover. Il n’existe surtout pas de modèle unique,
les présentations faites lors de cette journée en
témoignent.
Votre positionnement est à la croisée des logiques
et pourtant l’ordonnance sur la gouvernance, qui doit concilier
les intérêts médicaux, administratifs et paramédicaux,
ne cite pas explicitement le directeur des soins comme membre de
droit du conseil exécutif. C’est pourquoi je souhaite
tout mettre en œuvre pour que ce malaise se dissipe, et que
votre rôle central soit pleinement reconnu.
1) Tout d’abord, il est évident
que vous tenez une place essentielle dans la nouvelle gouvernance.
Les cadres soignants y ont toute leur place :
- dans les conseils exécutifs, au sein desquels le directeur
de soins peut siéger en sa qualité de membre de l’équipe
de direction ; de nombreux établissements expérimentateurs
ont fait ce choix de façon à donner tout son sens
au métier de coordonnateur général des soins
;
- ou dans les commissions des soins infirmiers, de rééducation
et médico-techniques.
Au-delà des textes, je souhaite surtout que la réalité
réponde à vos souhaits et à la nécessaire
implication du personnel soignant au processus de décision.
Je suis également disposé à adapter la réglementation
à la réalité du terrain, dans le respect des
réformes.
L’extension du champ des missions des directeurs de soins
justifie d’ailleurs une revalorisation de leur indemnité
de responsabilité : je suis heureux de pouvoir vous annoncer
que le gouvernement a décidé de les augmenter dès
cette année 2006 (plus de 5 % en moyenne).
2) Le rôle des cadres de santé au
sein des pôles est renforcé.
Concernant les pôles, le rôle du cadre soignant supérieur
va être renforcé. Il aura une vraie responsabilité
de gestion des soins aux patients, en binôme avec un gestionnaire
et sous l’animation du médecin responsable du pôle.
Il est normal que l’on retrouve à ce niveau l’esprit
de la gouvernance avec ce travail en équipe. La direction
des soins veillera à la cohérence de la politique
menée au sein des différents pôles en lien avec
le conseil exécutif.
Il ne s’agit plus désormais de se positionner en
terme de hiérarchie, mais en terme de regroupement d’expertises
au service du patient : la définition des pôles doit
être conçue à partir de la question : «
comment répondre au mieux aux besoins des patients ? ».
A cet égard, l’expérience nantaise d’un
projet de soins commun unissant le projet médical et le projet
de soins infirmiers me paraît particulièrement intéressante
; elle n’est pas isolée, et je souhaite qu’elle
soit élargie.
C’est par votre capacité d’adaptation, notamment
en terme de fonctionnement interne, que la mise en œuvre des
réformes sera facilitée. Je crois qu’il est
essentiel de respecter le temps d’appropriation des uns et
des autres, en échangeant, en communiquant, en ne restant
pas bloqué là où certains ont trouvé
des solutions. Je suis confiant quant à votre place dans
la réforme. La bonne marche des services passait par votre
compétence et votre sens de l’organisation, il en ira
de même avec les pôles, dans un esprit de coopération
étroite avec les responsables médicaux.
Ce chantier est mobilisateur et ma préoccupation est de
vous accompagner : c’est pourquoi je veux que nous puissions
échanger sur ces thèmes comme nous le faisons aujourd’hui,
et comme vous aurez l’occasion de le faire en régions
dans les mois à venir. Il est nécessaire d’expliquer,
de former, d’aider à donner du sens à l’ensemble
des réformes.
J’ai souhaité que le dispositif d’accompagnement
de la mise en œuvre des réformes vous associe étroitement
:
- avec Anne-Marie Doré qui, au quotidien, travaille avec
Denis Debrosse sur les plans d’action ;
- à travers votre groupe de travail sur la gouvernance ;
- dans les missions d’appui, où vous êtes toujours
présentes, à côté d’un directeur
et d’un médecin ;
- parmi les établissements pilotes et les experts qui vont,
à la fois partager leurs expériences et répondre
aux questions du terrain ;
- dès le mois d’avril dans les formations des responsables
de pôles qui vont être lancées sur 7 sites décentralisés
;
- enfin, vous pourrez suivre des formations avec vos équipes,
dans un plan de grande ampleur qui se déroulera à
partir du mois de juin 2006.
-
Réussir ensemble les changements, les évolutions profondes
et indispensables pour notre système de soins c’est
notre ambition, c’est notre volonté partagée.
J’ai confiance, je sais que je peux compter sur votre sens
du service public, sur votre engagement et votre sens des responsabilités.
Vous pouvez compter sur mon soutien. |