| Informer,
former, protéger des nouveaux risques sanitaires :
telles sont les
missions du Gouvernement face, notamment, à l'émergence
de nouveaux défis infectieux,
qui sont aujourd’hui au cœur de la responsabilité
politique.
Le risque de pandémie liés
au virus de la grippe aviaire en est un exemple parlant.
Transparence et anticipation pour une meilleure
réactivité face à ce risque: ce
sont les principes qui guident mon action dans l’élaboration
et la mise en œuvre du Plan
gouvernemental de lutte contre la grippe aviaire.
Anticiper
la pandémie grippale, c’est d’abord préparer
matériellement notre
pays, en nous dotant de moyens de protection -masques FFP2,
masques , de traitements
(Tamiflu, Relenza) ou en commandant des vaccins.
Mais anticiper
la survenue de cette crise sanitaire, c’est aussi informer
l’ensemble de nos concitoyens sur ce risque, et c’est
également former tous les
professionnels de santé qui seraient en première ligne.
C’est faire œuvre de pédagogie,
pour une appropriation efficace des moyens de lutte et de prévention
de cette affection.
Dans cette perspective, il nous importe dès aujourd’hui
de
- Promouvoir le plus largement possible
les gestes d’hygiène qui pourraient prévenir
ou endiguer la propagation de l’épidémie,
- Expliquer et détailler au plus
près du terrain l’organisation des soins en
cas de
pandémie, les conduites à tenir en cas d’apparition
des premiers signes,
Si j’ai
souhaité lancer le même jour la première
campagne d’information à destination du
grand public et celle à destination des professionnels de
santé, c’est que ces deux
démarches sont totalement complémentaires :
c’est en effet dès aujourd’hui que chaque
professionnel de santé doit être en mesure de savoir
ce qu’il aurait à faire en cas de
pandémie, c’est aussi dès aujourd’hui
qu’il faut développer l’apprentissage des gestes
d’hygiène par le grand public,
utiles pour lutter contre les infections saisonnières
comme le
rhume, la grippe ou les bronchites, mais essentiels
à mettre en œuvre en cas de pandémie
grippale : C’est le parti pris stratégique
de la première phase de la campagne de
communication.
Seul un comportement plus adapté
de la part de l’ensemble de nos concitoyens,
grâce à une éducation à la santé
renforcée, plus attentif aux
principes d'hygiène
élémentaire nous permettra de limiter les risques
de maladie virales respiratoires et de lutter
efficacement contre la diffusion de la grippe si une pandémie
se déclarait.
Je souhaite donc lancer une importante
campagne de communication sur la grippe aviaire à destination
de l’ensemble de nos concitoyens.
Ma démarche dans la préparation
de cette campagne a toujours été celle de la
concertation avec l’ensemble
des professionnels de santé.
Parce que j’ai voulu que nous imaginions
les outils qui seraient les plus utiles aux
professionnels de santé de terrain, pour répondre
précisément aux questions que leur
posent aussi leurs patients, ces outils sont le fruit d’une
étroite et longue collaboration
depuis novembre 2005 entre les services du ministère,
les GROG, les URML, les
instances ordinales de l’ensemble des professions de santé,
les représentants syndicaux et
les sociétés savantes.
Mon objectif est clair : grâce
à cette implication forte dans la concertation, nous sommes
en mesure aujourd’hui de proposer
des outils adaptés aux attentes de nos concitoyens,
qui répondent à leur questions et que les professionnels
de santé, considèrent utiles pour
lutter contre les infections respiratoires contagieuses.
Cette campagne vise tout d’abord à
promouvoir les gestes d’hygiène qui
permettraient de limiter les risques de contagion en cas de pandémie
grippale.
Les messages d’hygiène
essentiels que je vais présenter maintenant pourront vous
paraître
élémentaires, voire simplistes. Il n’en est
rien, bien au contraire, ce sont ces gestes
extrêmement simples qu’il nous faut mieux faire connaître.
Ces conseils de bon sens peuvent se révéler
déterminants en cas de survenue d’une
pandémie grippale. Cela a d’ailleurs été
largement observé lors de l’épidémie
de SRAS en
Asie notamment.
C’est en adoptant dès aujourd’hui
ces gestes d’hygiène que nous pourrons
demain limiter
les effets d’une éventuelle crise sanitaire liée
à un virus grippal. Et c’est en relayant ces
messages avant l’éventuelle
survenue d’une pandémie que l’ensemble
de nos
concitoyens pourra les adopter étant entendu que l’appropriation
de ces gestes sera utile
pour toute autre infection respiratoire contagieuse.
Une seule exigence a conduit notre travail : l’accessibilité
de ces messages. Nous avons
choisi des supports visuels explicites
pour tous les publics, ce qui garantit pour l’ensemble
de nos concitoyens une information médicale de qualité.
Nous avons spécifiquement orienté
certains de ces messages en direction des
enfants :
ils ignorent bien souvent ces gestes d’hygiène, et
c’est dès le plus jeune âge que
nous
devons leur faire prendre de bonnes habitudes au quotidien.
La campagne d’information
à destination du grand public va se dérouler en deux
temps
Dans un premier temps, dès le
mois de mai 2006, des affiches présentant des gestes
d’hygiène simples (lavage des mains, mise de la main
devant la bouche après avoir toussé,
mouchoir dans la poubelle), vont être diffusées dans
les cabinets médicaux, les hôpitaux, les
pharmacies, et à la rentrée de septembre dans les
écoles en amont de la période de
recrudescence des infections virales respiratoires. Notre objectif
est simple : promouvoir les
gestes d’hygiène barrière permettant de prévenir
ces infections virales respiratoires, en
favoriser l' apprentissage de façon pérenne afin que
l’ensemble de nos concitoyens y soient
habitués bien avant la survenue d’une éventuelle
pandémie grippale . L’ensemble du
dispositif de communication est relayé par des relations
presse notamment en presse
médicale.
En cas de foyer de H5N1 touchant des
volailles sur le territoire , la seconde phase de la
campagne de communication serait alors mise en œuvre . Grâce
à des affiches et des spots
radios très simples, des messages ciblés sur les conduites
à tenir en cas de détection
d’animaux morts seraient immédiatement diffusés.
Là encore une attention particulière
a
été portée aux enfants (affichettes
spécial enfant). Et là encore l’anticipation
a été notre
maître mot : c’est aujourd’hui
qu’il nous faut penser, créer et diffuser les outils
utiles en cas
d’épizootie afin de doter en amont les médias
comme les radios des consignes à diffuser en
cas d’épizootie (NB :même type que le dispositif
de canicule, chaque radio régionale recevra
un cd avec les spots a diffuser en cas d’épizootie)
Nous travaillons aussi activement à l’élaboration
des messages et des outils sur la phase
pandémique, en nous appuyant
de la même façon sur les savoirs et l’expertise
des
professions de santé. Sans attendre que ces derniers outils
soient achevés, il nous parait
essentiel d’assurer la pédagogie des gestes d’hygiène
barrière que Philippe Lamoureux,
Directeur de l’INPES, va détailler ces dans quelques
instants.
Notre objectif est également
d’informer et de former l’ensemble des
professionnels de santé afin qu’ils puissent prévenir
la pandémie, ou le cas échéant, d’en
limiter les effets.
Un kit d’information,
largement diffusé, doit permettre à l’ensemble
des
professionnels de santé de trouver des réponses à
leurs questions . Réalisé en
lien avec les différents représentant des professionnels
de santé, ce kit servira de
base commune aux réunions de formation locales
Le kit d’information sera le
support informatif commun à tous pour suivre les formations
locales. En aucun cas il ne se substitue
à la formation, il n’en n’est qu’
une première
étape.
Il est composé d’un CD Rom, et à titre informatif
d’un échantillon de masque FFP2 et de
masque chirurgical. Il doit permettre de délivrer une information
standardisée, et validée,
et d’assurer le même niveau d’information à
tous, portant sur les savoirs fondamentaux
et les pratiques à tenir.
A travers notamment les présentations de l’organisation
générale des soins, libérale comme
hospitalière, il permettra également de donner une
vision transversale du rôle
de chacun
en cas de pandémie.
Il doit aussi permettre aux professionnels de santé de pouvoir
répondre facilement aux
questions que posent leurs patients, et d’assurer
la prévention des risques infectieux
respiratoires en général, grâce à
l’intégration des outils de communication dans le cd
rom.
Didier Houssin va vous faire une présentation plus détaillée
du kit dans quelques instants.
Il est
par ailleurs essentiel de démarrer des formations sur le
terrain à destination
des professionnels de santé.
De Juin à
décembre, des sessions de formation vont être
organisées dans toutes les
régions au profit des professions de santé. Pour garantir
à l’ensemble des professionnels de
santé- médecins, pharmaciens, , masseurs kinésithérapeute-
un accès à ces formations,
deux dispositifs sont mis en place,
l’un pour les professionnels de santé exerçant
en
établissements de santé l’autre pour les professionnels
de santé exerçant en ambulatoire.
Concernant les professionnels de
santé exerçant en ambulatoire, l’architecture
retenue
est celle d’une organisation pyramidale.
Une formation nationale sera dispensée à une
centaine de formateurs régionaux qui eux-mêmes formeront
d’autres formateurs au
niveau départemental. La campagne de formation nationale
a été lancée le 6 avril
dernier. ET la formation nationale des formateurs régionaux
a eu lieu le 21 avril. Au plan
régional, les DRASS, en lien avec les URML, lanceront un
appel d’offres sur la base
d’un cahier des charges national. Elles identifieront les
organismes de formation,
effectueront un suivi et veilleront au respect du calendrier.
La formation des professionnels
exerçant en établissement de santé s’appuiera
sur le réseau
de formation aux risques NRBC. Chaque DRASS de Zone de défense
organisera la
formation de formateurs qui l’assureront à leur tour
au sein de chaque établissement. Le
coordonnateur de zone sera en charge de la mise en œuvre effective
des formations dans
les établissements de santé ainsi qu’à
la remontée, auprès de la DHOS, du suivi de ces
formations.
Une journée nationale de lancement
sera organisée en mai, à laquelle succèderont
les
formations des formateurs en juin- juillet puis la formation dans
les établissements de santé
de septembre à fin décembre 2006.
Bon nombre d’observateurs s’accordent
à reconnaître la solidité du Plan français
de lutte
contre la grippe aviaire et une étude a paraître dans
THE LANCET salue l’état de
préparation de notre pays en plaçant la France parmi
les touts premiers pays les mieux
préparés.( sur 29 pays d’Europe analysés,
le 25 + Norvège et Suisse et les deux pays
entrants).
Mais je veux que nous puissions
continuer à avancer, à nous préparer, en
informant le
grand public sur ce risque, en formant très en amont et au
mieux les professions de santé
sur ce qu’il aurait à faire en cas de pandémie.
Je veux enfin saluer l’engagement
de l’ensemble des acteurs qui se sont mobilisés
pour élaborer cette campagne et réaliser ce
kit: je sais pouvoir compter sur leur
dynamisme pour la diffuser désormais et pour en assurer la
promotion auprès de nos
concitoyens .
Voir aussi
: le
dossier de presse
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