| Mesdames et Messieurs
les Présidents,
Mesdames et Messieurs,
Ces Assises nationales de la Sclérose en plaques viennent
clore les Etats généraux de la Sclérose en
plaques : durant plus d’un an, patients, associations et professionnels
de santé ont débattu en régions pour aboutir
à des propositions concrètes afin d’améliorer
la prise en charge des 80 000 Françaises et Français
atteints par cette maladie qui altère leur qualité
de vie. C’est pourquoi il est légitime qu’à
la suite de votre mobilisation, le Gouvernement renforce son engagement
dans la lutte contre la sclérose en plaques.
Nous devons poursuivre ensemble nos efforts en nous appuyant sur
les axes que vous avez définis : la reconnaissance, l’égalité
et l’espoir. Reconnaissance de cette maladie et de ces conséquences
pour le patient et sa famille ; Egalité devant la prise en
charge de la maladie et du handicap qui en résulte ; Espoir
que, grâce à la recherche, nous puissions avancer dans
la connaissance de la sclérose en plaques afin de développer
des traitements efficaces.
I/ Mieux reconnaître les conséquences
de la sclérose en plaque, c’est avant tout faciliter
la vie quotidienne des malades et de leurs proches.
Ainsi, la sclérose en plaques est reconnue comme une des
priorités de santé publique par la loi du 9 août
2004 ; c’est d’ailleurs cette même loi qui prévoit
la mise en œuvre du Plan stratégique Qualité
de vie des maladies chroniques, et qui fait des maladies neuro-dégénératives,
dont la sclérose en plaques, l’une de ses priorités.
Le Plan national stratégique, qui sera après une
nécessaire période d’élaboration et de
concertation dévoilé à la fin de l’année,
vise à améliorer la qualité de vie des personnes
atteintes de maladies chroniques et intègre dans ses priorités
les maladies neuro-invalidantes. Ce plan s’articule autour
de différents axes : mieux connaître l’épidémiologie
des maladies chroniques et leur impact sur la qualité de
vie, favoriser la coordination et la continuité des soins,
améliorer l’insertion sociale et professionnelle des
malades et de leur entourage. Les enquêtes menées auprès
des malades, en préliminaire à l’élaboration
de ce plan, ont montré que la lutte contre la douleur était
leur première préoccupation. C’est pourquoi
j’ai annoncé le 3 mars dernier un programme d’amélioration
de la prise en charge de la douleur pour 2006-2010, axé sur
le traitement de la douleur chronique rebelle dont souffrent particulièrement
les patients atteints de sclérose en plaques.
Nous devons répondre à un grand défi : faciliter
la vie des personnes atteintes par cette affection et de leurs proches.
Que ce soit pour l’amélioration de la vie quotidienne
ou pour la prise en charge du handicap, nous mettons aujourd’hui
en place les outils qui assureront demain un recul de cette maladie
et une vie plus facile pour ceux qui en souffrent. La loi pour l’égalité
des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées du 11 février 2005 doit
être pleinement appliquée. Il en va des fondements
mêmes de notre pacte républicain. Par ailleurs, il
est admissible que les personnes atteintes de maladies comme la
sclérose en plaques soient exclues du crédit et de
l’assurance ; c’est pourquoi, comme l’a annoncé
hier le Président de la République, nous comptons
parvenir à la signature d’une Convention Belorgey d’ici
la fin du mois de juin, plus conforme aux droits des patients.
Un projet de loi sera ensuite déposé afin que ce
droit des malades à une vie sociale normale soit enfin reconnu.
Je veux également rendre hommage aujourd’hui à
l’engagement militant de tous les bénévoles
qui contribuent par leur mobilisation à faire mieux connaître
la maladie, et participent à l’évolution du
regard de la société sur ceux qui en sont atteints.
Votre rôle est essentiel dans cette prise de conscience :
soyez sûrs que vos propositions en matière de vie quotidienne,
de prise en charge et de recherche sont entendues.
II/ La politique du Gouvernement vise en effet
à améliorer la prise en charge du handicap, mais aussi
à améliorer la prise en charge spécifique de
la sclérose en plaques grâce aux réseaux de
santé et aux centres de ressources.
La sclérose en plaques est source de handicap majeur invalidant,
elle est même la première cause de handicap acquis
sévère d’origine non traumatique chez les jeunes
adultes. Aussi le Gouvernement a-t-il décidé de mettre
en œuvre, depuis 2002 et jusqu’en 2007, un programme
pluriannuel de création de places dans les établissements
médico-sociaux qui permettra de répondre aux besoins
des personnes atteintes de sclérose en plaques ne pouvant
rester à domicile. L’augmentation du nombre de places
pour les personnes handicapées témoigne de cet engagement
: nous prévoyons un peu plus de 40 000 places supplémentaires,
dont 18 000 places en établissements médico-sociaux
pour adultes d’ici 2007.
Ce rythme de création a doublé par rapport à
celui observé entre 1998 et 2002. Mais nous devons surtout
penser aux patients plus nombreux qui souhaitent rester à
leur domicile. Pour eux, nous développons des structures
d’accueil et des services à la personne, dans le cadre
de la politique pour l’autonomie instaurée par la loi
sur le handicap.
Il est également nécessaire de promouvoir le développement
des réseaux de santé consacrés à la
sclérose en plaques dans les différentes régions
de notre territoire. Ils sont en effet indispensables à la
coordination des soins, à la formation des professionnels,
à la liaison avec le monde social et professionnel et au
suivi des personnes atteintes de sclérose en plaques. J’ai
demandé aux agences régionales d’hospitalisation
que les 11 réseaux de santé SEP déjà
existant soient soutenus et valorisés [coût annuel
moyen d’un tel réseau : 260 000 euros] et que le développement
d’autres soit favorisé. Ils doivent s’inscrire
dans le cadre de la création de réseaux de santé
dédiés aux maladies chroniques. A cet effet, un cahier
des charges d’aide à l’installation de ces réseaux
est en cours d’élaboration.
Je sais que des besoins existent notamment en Languedoc-Roussillon,
en Rhône-Alpes, dans le Centre, en Alsace et en Franche-Comté.
Ces réseaux constituent le moyen idéal d’assurer
une prise en charge de qualité conforme aux attentes des
patients et des professionnels.
Par ailleurs, les services de neurologie d’une quinzaine
de Centres hospitaliers universitaires (CHU) proposent aujourd’hui
des consultations cliniques pluridisciplinaires de qualité
dans le domaine de la sclérose en plaques et assurent à
la fois l’enseignement et la formation des professionnels
de santé et l’éducation thérapeutique
de ces malades. Ils conduisent également des programmes de
recherche clinique.
Je souhaite qu’une réflexion soit engagée dès
maintenant sur l’organisation de ces centres, qui fonctionnent
déjà comme des Centres de ressources SEP. Cette réflexion,
dont les conclusions seront connues avant fin octobre, sera conduite
en associant tous les professionnels de santé concernés
: médecins généralistes, neurologues, rééducateurs,
infirmières et aides soignantes, kinésithérapeutes
et associations de patients. Ces centres de ressource pourraient
mieux coordonner le protocole de soins, participer à la réalisation
des référentiels que développe actuellement
la Haute autorité de santé en matière de prise
en charge de cette maladie, et permettraient enfin d’harmoniser
les projets de recherche clinique interrégionaux.
Ces centres identifiés bénéficieraient des
financements de type MIGAC (Mission d’intérêt
général et d’aide à la contractualisation)
et MERRI (Mission Enseignement, Recherche, Référence
et Innovation), qui sont déjà attribués de
façon dispersée aux consultations pluridisciplinaires
et aux structures de recherche.
III/ Enfin, il est nécessaire d’améliorer
les connaissances sur cette maladie.
Le Ministère soutient d’ores et déjà
la recherche sur la sclérose en plaques à travers
des Programmes hospitaliers de recherche clinique régionaux,
notamment à Toulouse, à Créteil, à Rennes,
à Lille, à Caen et à Bordeaux. Par ailleurs,
une vingtaine d’unités de recherche INSERM et CNRS
consacrent tout ou une partie de leurs travaux à la sclérose
en plaques. C’est en essayant de progresser dans la recherche
tant fondamentale que clinique que notre compréhension de
la maladie et, par conséquent, notre système de prise
en charge progressera. Le rôle des associations est également
essentiel en matière de recherche.
En plus de leur engagement quotidien auprès des malades,
elles participent au financement de projets de recherche que ce
soit l’Association de recherche pour la sclérose en
plaques (ARSEP) ou la Ligue française contre la sclérose
en plaques (LFSEP) – et je tiens à les en remercier.
Seule l’union de tous, professionnels de santé, sociétés
savantes, chercheurs, associations de patients et pouvoirs publics
parviendra à vaincre un jour cette terrible maladie. Et je
sais pouvoir compter sur votre engagement à tous.
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