| Mesdames et Messieurs
les Ministres, Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Comme l’a rappelé Philippe Douste-Blazy, qui a su
réaliser ce projet porteur d’espérance, UNITAID
a été créé pour qu’il soit enfin
permis de mettre fin à une injustice de santé mondiale
: les difficultés d’accès aux médicaments
pour les millions d’habitants de la planète touchés
par ces trois grandes pandémies que sont le sida, le paludisme
et la tuberculose. Au-delà des chiffres, ce sont des hommes,
des femmes et des enfants, ce sont des drames individuels et familiaux,
et ce sont des pays entiers freinés dans leur développement.
Sait-on assez qu’à l’heure où les pays
développés se préoccupent des conséquences
du vieillissement, l’espérance de vie dans certains
pays d’Afrique a diminué de 10 ans en 10 ans (espérance
de vie moyenne en Europe : 75 ans ; en Afrique subsaharienne : 45
ans) ? Alors oui, il y a un état d’urgence mondial.
C’est ce à quoi les Présidents Chirac et Lula
ont su répondre quand ils ont lancé ce projet de facilité
internationale d’achat de médicaments qui est aujourd’hui
en œuvre.
UNITAID est aussi là pour nous rappeler que la santé
est un bien public mondial, et que nous en sommes tous les garants.
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement
de l’ONU sont ambitieux en matière de lutte contre
ces pandémies. Pour y répondre, nous devons apporter
une solution thérapeutique à ceux qui en sont dépourvus
; c’est là une des priorités majeures de la
France depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, avec
UNITAID, c’est chose faite : donner accès à
tous, quel que soit son pays et son niveau de vie, aux médicaments
existants va devenir une réalité, une réalité
durable : pour des traitement innovants sur le long terme, il fallait
des financements innovants et pérennes, la FIAM, et il fallait
un outil innovant et pérenne, UNITAID. C’est l’espoir
d’un véritable développement durable, qui intègre
la santé. Et comment penser à l’avenir si l’on
ne s’occupe pas des enfants ? Ceux-ci sont très durement
touchés par ces pandémies : 1900 enfants de moins
de 15 ans sont infectés chaque jour par le VIH ; 1 enfant
meurt toutes les 30 secondes en Afrique du paludisme ; la tuberculose
touche principalement les jeunes. La France ne veut ignorer aucun
des problèmes d’accès aux soins. Elle l’a
également montré avec la question des traitements
pédiatriques. Le manque de traitements adaptés aux
enfants touche la grande majorité des maladies et l’ensemble
des pays. Même en Europe, 80 % des médicaments utilisés
jusqu’à présent pour les enfants n’ont
pas été testés ou autorisés pour cet
usage particulier ; c’est notamment le cas pour les antirétroviraux.
La France a été à l’origine d’une
initiative qui vise à apporter une solution thérapeutique
à ceux qui en étaient encore dépourvus, en
incitant les laboratoires pharmaceutiques européens à
développer des formes pédiatriques de médicaments.
C’est pourquoi j’ai tenu à ce que le Ministère
de la Santé travaille étroitement avec les représentants
français au Parlement européen afin de proposer un
règlement relatif aux médicaments utilisés
en pédiatrie. Ce sujet me tient particulièrement à
cœur, comme je l’ai exprimé à plusieurs
reprises lors des Conseils européens, et je suis donc très
heureux de l’accord trouvé la semaine dernière
par le Conseil et le Parlement sur ce texte. Ce sont enfin des médicaments
spécifiques, totalement efficaces et adaptés, qui
pourront être conçus pour traiter les enfants. Cela
concernera bien sûr les médicaments qui permettent
de lutter contre les trois grandes pandémies, dont l’achat
est assuré par le groupement de pays participant à
la Facilité internationale : ces formes pédiatriques
fabriquées en Europe ont vocation à être diffusées
dans le monde entier.
Il faut à la fois développer des traitements innovants
et que tous y aient accès. La santé ne peut se concevoir
sans ces deux piliers. L’innovation n’en est pas une
si elle oublie un seul malade ; la santé, ce droit fondamental,
n’est pas universelle si elle oublie un seul patient. C’est
ce message que nous devons délivrer aujourd’hui, car
la mission d’UNITAID répond à un enjeu de santé,
un enjeu de paix, un enjeu de vie.
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