| Je tiens tout d'abord
à remercier les 5 organisations syndicales qui ont accepté
de s’engager sur cet accord et je salue Yolande Briand de
la CFDT, Jean-Marie Bellot de FO, Françoise Kalb de l'UNSA,
Bernard Sagez de la CFTC et Daniel Bonté de la CFE-CGC.
Permettez-moi de vous remercier pour la qualité des débats
et des échanges que nous avons eus : j'ai vraiment la sensation
que depuis 9 mois, nous avons abordé ce dossier sans tabou,
de manière constructive et positive, même si tout n’a
pas été toujours facile. Ces négociations sont
la preuve que le dialogue social peut faire bouger les lignes. C'est
ce que nous avons fait avec l'ensemble des organisations syndicales
représentatives de la fonction publique hospitalière.
Permettez-moi également de saluer le travail qui fut celui
des services du Ministère : la DHOS et la DGAS.
Mon intention, je l’ai dit dès ma prise de fonctions
il y a plus d’un an, était d’ouvrir des négociations
dans la fonction publique hospitalière, en dehors de tout
contexte de crise et parce que j’ai bien conscience que les
réformes engagées avant mon arrivée, réformes
à mes yeux indispensables, nécessitaient un accompagnement
plus prononcé encore des personnels hospitaliers.
La Fonction publique hospitalière, dans ses dimensions sanitaire,
sociale et médico-sociale, connaît des évolutions
décisives pour l'avenir qui sont liées d'une part,
à l'ampleur des réformes et d'autre part, aux conséquences
de l'évolution démographique de ses professionnels.
Aujourd’hui, ce sont 800 000 personnes qui travaillent dans
la fonction publique hospitalière. Tout l'enjeu est donc
aujourd'hui d'anticiper les réponses aux défis d'un
système de santé comme le nôtre qui doit rester
fidèle à ses valeurs de qualité, d'équité
et de solidarité. Je le dis très clairement : ce que
nous voulons, c’est que les professionnels de santé
entrent à l’hôpital, et restent à l’hôpital.
Vous le savez, l’hôpital est le service public auquel
les français sont le plus attachés. La diversité
et la richesse de ces métiers constituent des atouts majeurs
qu’il est de notre devoir de valoriser.
Les accords JACOB de janvier 2006 ont représenté une
occasion toute trouvée. Mais ma volonté a été
d’aller au-delà des éléments de cet accord,
pour mettre en valeur la spécificité du secteur hospitalier.
Le protocole d'accord sur le développement du dialogue social,
la formation, l'amélioration des conditions de travail, l'action
sociale et les statuts des personnels de la fonction publique hospitalière
est un accord exceptionnel en raison de son ambition d’aborder
quatre grands volets de la fonction publique hospitalière.
Parce qu'ils participent de l'effort de modernisation de l'hôpital,
nous avons pris ensemble le parti de rendre ces volets indissociables.
C’est la première fois qu’un tel accord est signé.
I/ Le premier volet permet de développer
un dialogue social approfondi aux plans national, régional,
départemental et local.
L’accord améliore ainsi le fonctionnement des instances
au niveau local et réaffirme le rôle essentiel du CHSCT
(Comité d’hygiène, de sécurité
et des conditions de travail). Le dialogue social est en outre renforcé
au niveau régional pour un échange nourri entre l'ARH
et les organisations syndicales portant notamment sur l'évolution
de l'organisation de l'offre de soins et l'allocation des moyens
aux établissements.
II/ Le deuxième volet a pour objectif
d'intensifier la formation des personnels et d'accompagner leurs
parcours professionnels.
En effet, les métiers et les pratiques doivent s'adapter
en permanence à un besoin croissant de santé et à
des modes de prise en charge sociale et médico-sociale de
plus en plus diversifiés.
Ce que nous voulons, c’est renforcer la formation initiale
et continue pour aider l’ensemble des professionnels de la
fonction publique hospitalière dans l’accomplissement
de leurs missions et dans leur évolution de carrière.
Ainsi, des congés pour VAE – validation des acquis
de l’expérience, pour bilan de compétence, pour
DIF (Droit individuel à la formation) sont-ils créés.
Les premiers diplômes des secteurs sanitaire et social s’ouvrent
par ailleurs à la Validation des Acquis de l'Expérience,
ce qui constitue une avancée très attendue de la part
de l’ensemble des personnels. C'est déjà le
cas pour le diplôme professionnel d’aide soignant, cela
sera le cas aussi pour le diplôme d’Etat d’infirmier
ou celui de cadre de santé.
Je suis également très sensible aux questions de l’emploi
: c’est pourquoi j’ai souhaité que soit abordée
dans le protocole la mise en stage des personnels contractuels de
droit public recrutés sur des emplois permanents, notamment
lorsque les intéressés remplissent les conditions
pour présenter un concours sur titre.
III/ Les contraintes particulières
liées au fonctionnement en continu des établissements
exigent aussi une politique volontariste d'amélioration de
l'organisation et des conditions de vie au travail. C'est tout l'objet
du troisième volet.
J’ai ainsi décidé de réactiver les CLACT
(contrats locaux d’amélioration des conditions de travail)
et de consacrer au minimum 40 millions d’euros sur la durée
du protocole pour les établissements publics de santé
et au minimum 8 millions d’euros pour le secteur médico-social.
Je veux souligner d’ailleurs que c’est la première
fois que ces contrats sont étendus au secteur médico-social.
Très concrètement, ces contrats vont permettre par
exemple d’améliorer l’ergonomie des postes infirmiers,
celle du poste de travail notamment pour les secrétaires
médicales ou encore le confort des salles de repos pour les
professionnels.
Il s'agit aussi de prévenir davantage la violence et les
risques professionnels, de mieux prendre en considération
la pénibilité des tâches et la seconde partie
de carrière des personnels et de garantir le développement
de l'action sociale (accès et aide au logement, accueil en
crèche, garde d'enfants notamment). Ces deux derniers points
constituent d’ailleurs des enjeux essentiels pour moi : il
importe effet d’améliorer les conditions de vie au
travail dans une fonction publique qui va recruter massivement des
jeunes professionnels qualifiés à grande majorité
féminine.
IV/ Le quatrième volet de ce protocole
d'accord nous permet d'aller plus loin en proposant des revalorisations
statutaires et salariales conséquentes. Nous avons en effet
une ambition commune : faire face au défi du départ
à la retraite de 50 % des effectifs de la Fonction Publique
Hospitalière à l’horizon 2015. Il s'agit non
seulement de faciliter le recrutement de jeunes professionnels en
rendant l’hôpital plus attractif mais aussi de garder
les professionnels déjà expérimentés
qui font vivre nos établissements.
Je voudrais en particulier attirer votre attention sur deux professions,
aides-soignants (es) – qui sont près de 200 000 dans
la FPH et infirmiers (e) - également 200 000- qui sont les
cœurs de métiers de la fonction publique hospitalière
et qui voient leur statut amélioré de façon
notable :
- pour les aides soignantes grâce
à une modification substantielle de leur grille de rémunération
et à un déroulement accéléré
de leur carrière ainsi davantage de personnels vont-ils pouvoir
profiter rapidement d’une promotion-
- pour les infirmières, grâce
à une valorisation de leur salaire, des possibilités
plus larges de promotion et à une nouvelle dynamique au début
de carrière pour les plus jeunes d'entre elles. J’ajoute
en outre que je me suis engagé à ce que dès
2006, les infirmières concernées bénéficient
de la prime de 400 euros décidée dans le protocole
Jacob.
- Nous avons également voulu valoriser le rôle des
cadres qui sont des acteurs majeurs dans la réussite des
grandes réformes hospitalières, et notamment celle
de la gouvernance. Ainsi, les cadres de santé bénéficieront-ils
d'une augmentation de leur prime d’encadrement tandis que
les cadres assistants des responsables de pôles cliniques
et médico-techniques seront valorisés pour tenir compte
de leur niveau de responsabilité et d'engagement
Promouvoir auprès du grand public les métiers des
secteurs sanitaire, social et médico-social, c’est
pour nous une priorité. Dans cette perspective, vous le savez,
je viens de lancer une campagne de presse sur la valorisation des
métiers à l’hôpital «des professions
au service de la vie » qui a pour but de montrer la diversité
et la richesse des missions accomplies par ces personnels. Ainsi
plusieurs métiers ont été choisis comme représentatifs
de plus de 150 métiers hospitaliers dont ceux d'aide-soignant,
d'infirmier ou de manipulateur en électro-radiologie médicale.
La campagne sera donc diffusée jusqu’au mois de novembre
par des annonces presse et surtout par des affichettes qui seront
présentes dans tous les établissements de santé
en partenariat avec les quatre fédérations hospitalières.
Cette campagne n’est qu’un point de départ d’une
nouvelle impulsion que je veux donner à la valorisation des
métiers de la fonction publique hospitalière en concertation
avec l'ensemble des organisations syndicales et des représentants
institutionnels. Notre ambition, c'est de favoriser l’orientation
des jeunes en direction de ces professions et c’est surtout
de leur faire connaître les possibilités d’emploi
et de carrière dans un secteur en plein développement
qui permet un accomplissement humain exceptionnel.
***
Parallèlement à la mise en œuvre de ce protocole
dont je vous ai détaillé les principales mesures,
je vous informe que, conformément à ce que je vous
avais annoncé, je modifierai la réglementation applicable
en matière d'heures supplémentaires afin d'assurer
le fonctionnement régulier des établissements, notamment
dans le contexte de démographie des professions de santé
et dans les situations de crise sanitaire.
Je confirme enfin que j'ai décidé d'améliorer
la situation des cadres socio-éducatifs pour reconnaître
et valoriser les missions particulières et les responsabilités
de ces personnels comme indiqué dans le courrier que je vous
remets aujourd'hui. Je sais que c'était une attente forte
de votre part.
Au total, ce sont 500 millions d’euros qui sont consacrés
à ces mesures sur la durée de tout le protocole, soit
jusqu'en 2009. Je tiens à vous dire combien je me suis attaché
à ce que cet accord trouve sa traduction dès le budget
2007, et j’ai obtenu un ONDAM pour l’hôpital et
le secteur médico-social qui non seulement intègre
explicitement la tranche 2007 du protocole qui représente
plus de la moitié du montant total des sommes allouées,
mais témoigne de la priorité majeure que représente
ce secteur dans les politiques publiques : en effet, aucun service
public ne voit ses moyens progresser avec la même amplitude.
Et je pense que si nous voulons construire l’hôpital
de demain, si nous voulons recentrer l'hôpital autour des
patients, de leur famille et des soignants, ces moyens et cet engagement
sont absolument nécessaires. Vous avez été
tout au long de ces négociations de véritables partenaires
exigeants et ambitieux pour l'ensemble des personnels. Vous faites
preuve aujourd'hui de courage et de vision en vous engageant sur
ce protocole : j'ai la conviction que nous avons su ensemble œuvrer
pour l'intérêt général. Cet accord est
une étape, j'en suis conscient, d'autres accords devront
venir pour continuer à rendre à rendre les métiers
hospitaliers attractifs.
C'est dans cet esprit d'ambition partagée que je vous invite
à signer maintenant à mes côtés ce protocole
qui engage le Gouvernement et les organisations syndicales dans
la modernisation de l'hôpital.
A consulter :
Protocole
d'accord sur le développement du dialogue social, la formation,
l'amélioration des conditions de travail, l'action sociale
et les statuts des personnels de la fonction publique hospitalière
2006 - 2009 (Format PDF)
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