| Madame la Présidente
de l’Association Institut de myologie et de l’AFM, chère
Laurence (Thiennot-Herment),
Monsieur le Directeur général de l’AP-HP (Benoît
Leclerc),
Monsieur le Directeur général de l’INSERM (Pr.
Christian Bréchot),
Monsieur le Président de l’Université Pierre
et Marie Curie, (Pr. Jean-Charles Pomerol),
Monsieur le Doyen (Pr. Serge Uzan),
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Grâce aux nouveaux laboratoires et équipements que
nous inaugurons aujourd’hui, l’Institut de Myologie
est devenu le centre d’expertise sur le muscle le plus complet
d’Europe. C’est grâce au succès du Téléthon
que l’Institut a pu être officiellement installé
en 1996 à l’initiative de l’Association française
contre les myopathies (AFM), dont je salue la Présidente,
Laurence Thiennot-Herment. Ce pôle d’expertise international
présente l’originalité d’associer un centre
de référence pour le diagnostic, la prise en charge
et le suivi des malades neuromusculaires, une plate-forme de recherche
fondamentale et clinique et un centre de formation et de diffusion
de la myologie. Chercheurs et équipes médicales pluridisciplinaires
sont réunis autour d’une seule priorité, les
patients, qui ont été plus de 15 000 à être
accueillis à l’Institut depuis sa création.
I- L’Institut de Myologie incarne la volonté
d’installer dans un hôpital public une structure voulue
par une association de malades, l’AFM, investie d’une
véritable mission de coordination de la recherche et de l’enseignement.
C’est un exemple rare de partenariat public/privé
dans le domaine de la recherche, dont nous ont parlé le Pr.
Christian Bréchot, directeur général de l’INSERM
et le Pr. Serge Uzan, doyen de la Faculté de Médecine
Pierre et Marie Curie. Il rassemble avec l’AFM l’Assistance
Publique – Hôpitaux de Paris, l’INSERM, l’Université
Pierre et Marie Curie, le Commissariat à l’Energie
Atomique. C’est cette richesse de compétences qui attirent
des médecins et chercheurs du monde entier.
Nous en voyons aujourd’hui l’exemple en la personne
du Pr. Thomas Voit, qui a dirigé le service de neuropédiatrie
de l’hôpital universitaire d’Essen qui prend la
direction médicale et scientifique de cet Institut, et de
chercheurs comme le Pr. David Sasoon qui vient de l’Université
de Columbia et a crée l’unité biologie musculaire
et cellules souches.
En 2006, l’Institut de Myologie accueille une nouvelle unité
mixte de recherche Inserm-UPMC, hébergée au sein des
locaux de l’université, et un nouvel équipement
pour la résonance magnétique nucléaire. Je
sais que vous avez pu compter sur le soutien de mon collègue
de la Recherche, François Goulard.
Pour parvenir à cette excellence, près de trois cents
personnes des différents organismes partenaires de l’Institut
s’impliquent au quotidien. Je me réjouis que de jeunes
médecins et biologistes viennent se former chaque année
à la myologie, qu’ils travaillent en France dans le
cadre du diplôme inter-universitaire de myologie ou qu’ils
viennent de plus de 20 pays dans le monde dans le cadre de la l’Ecole
d’été de Myologie.
Vous savez que l’excellence de la recherche fondamentale
serait vaine sans l’association avec la recherche clinique.
L’originalité de l’Institut est justement d’être
dirigé vers le patient, qui doit pouvoir bénéficier
rapidement des progrès thérapeutiques.
L’enjeu majeur du traitement des myopathies est donc celui
du développement des biothérapies et des essais cliniques.
Aujourd’hui, plus d’une vingtaine d’essais sont
en cours au sein de l’Institut.
Mais, vous le savez, les patients atteints de maladies rares comme
les spécialistes de ces maladies sont peu nombreux. L’Europe
nous donne justement l’opportunité de changer d’échelle
dans la réponse aux besoins des malades, de saisir les opportunités
des avancées scientifiques récentes et d’accélérer
la mise au point de nouvelles thérapeutiques
C’est pourquoi nous allons proposer à d’autres
pays membres, qui eux aussi ont développé des programmes
sur les maladies rares, de s’associer à la France pour
proposer la création par l’Union européenne
d’un « Groupe de haut niveau pour les maladies rares
», car nous voulons la mise en place d’une véritable
alliance européenne contre les maladies rares.
Cette coopération pourrait couvrir plusieurs domaines comme
la recherche, les réseaux de banques de matériel biologique
ou de recherche clinique hospitalière humaine, le développement
et le financement des essais cliniques de médicaments orphelins,
la mutualisation des ressources pour le développement de
tests de diagnostic ou encore, l’organisation des soins au
niveau européen, autour de réseaux de centres de référence.
Cette coopération présentera l’originalité
de mutualiser non seulement la recherche, mais aussi les expériences
de prise en charge des patients, se situant ainsi dans la lignée
de ce que propose l’Institut.
II- L’Institut de myologie est en effet
entièrement dédié aux patients, qui peuvent
bénéficier des consultations pluridisciplinaires,
des innovations thérapeutiques, mais aussi de l’accompagnement
nécessaire pour mieux vivre leur maladie.
Dans ce même bâtiment Babinski, voisinent les équipes
de chercheurs et les équipes médicales assurant la
prise en charge des malades au sein du centre de référence,
le premier à être labellisé en 2004 dans le
domaine des maladies rares neuromusculaires.
Sa coordination est assurée par un neurologue de l’hôpital
de la Salpêtrière, le Professeur Bruno Eymard, et un
neuropédiatre de l’Hôpital Trousseau, le docteur
Michèle Mayer, que je salue pour leur volontarisme au service
des patients.
Grâce aux 850 000 euros annuels qui vous ont été
attribués de façon pérenne, vous avez notamment
déjà pu recruter quatre praticiens hospitaliers sur
le site de la Pitié-Salpétrière ainsi que 3
techniciens en morphologie, et investir dans différents équipements
de diagnostic. Je sais que vous souhaitez recruter une secrétaire
pour l’accueil des patients et un attaché de recherche
clinique pour traiter l’ensemble des bases de données
cliniques et participer au essais, et je m’engage à
y pourvoir en 2007.
Comme je m’y étais engagé lors du dernier Téléthon,
nous disposons désormais de 103
centres de références maladies rares labellisés
à ce jour pour une période de cinq ans. La
dernière campagne de labellisation des centres de référence
sera lancée dans les tout prochains jours afin de couvrir
l’ensemble des maladies rares.
Mais il nous faut encore aller plus loin et organiser une véritable
filière graduée de l’offre de soins pour les
patients atteints de ces maladies. Les centres de référence
doivent organiser progressivement le maillage territorial avec des
structures déjà existantes de prise en charge, qui
seront identifiées comme «
centres de compétences ».
Afin d’assurer l’égalité dans l’accès
au diagnostic et aux soins pour tous les malades, les agences régionales
de l’hospitalisation et les centres de référence
identifieront sur tout le territoire les établissements pouvant
être centres de compétences.
Le ministère de la santé, sur la base de ces recommandations,
publiera dès 2007 la liste des premiers centres de compétences.
Je veux saluer l’originalité des consultations pluridisciplinaires
qui se sont développées dès 1990 à la
Pitié, puis dans le cadre de l’Institut.
Du généticien à l’appareilleur, en passant
par le cardiologue, le pneumologue, le psychologue, le kinésithérapeute
et le chirurgien, toutes les disciplines sont représentées
afin d’assurer une prise en charge globale du patient. Le
dynamisme et l’humanité du Professeur Bruno Eymard
et de ses équipes permettent d’améliorer ainsi
la vie des malades.
? La consultation enfants, coordonnée par le Docteur Christine
Thémar-Noël – que je veux saluer – a lieu
une fois par semaine, et accueille chaque année davantage
de jeunes patients, accompagnés par leurs familles. Pour
des parents souvent démunis face à la maladie, cette
consultation qui associe la prise en charge médicale et,
avec le soutien de l’AFM, médico-sociale, représente
une grande chance.
Je veux enfin saluer, chère Laurence, les initiatives de
l’AFM qui visent à améliorer la qualité
de vie des patients.
L’AFM est présente au travers de ses personnels d’insertion,
qui évaluent les besoins des patients et peuvent apporter
des aides techniques comme le financement des fauteuils. Vous apportez
aussi un soutien social, en aidant les patients et leurs proches
dans leurs démarches auprès des assistantes sociales,
comme auprès des collectivités locales. Enfin, vous
veillez à offrir aux familles l’information qui leur
fait souvent défaut, au travers de conférences ou
de la bibliothèque d’information.
Simplifier la vie des malades atteints de maladies rares constitue
l’une de mes priorités. L’AFM a fait plusieurs
propositions en ce sens. Mes services les examinent actuellement
et je peux vous dire déjà – chère Laurence
– que votre souhait de limiter la multiplication des certificats
médicaux et d’allonger leur durée de validité
sera exaucé.
C’est encore à l’AFM que l’on doit l’idée
des Cartes de soins et d’urgence pour les maladies rares que
le ministère de la Santé développe actuellement
pour plusieurs pathologies. Ainsi, la « carte Maladies neuromusculaires
», réalisée en collaboration avec l’AFM,
pourra être présentée par le patient aux différents
professionnels de santé assurant sa prise en charge, ce qui
facilitera la coordination des soins.
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L’Institut de Myologie, c’est avant tout un pôle
d’humanisme, et nous le devons à l’engagement
de toutes les équipes. C’est également un pôle
d’excellence et d’espoir : excellence des équipes
médicales, paramédicales et de recherche, espoir d’une
vie quotidienne améliorée pour les patients souffrant
de maladies neuromusculaires. C’est cet espoir que vous construisez
au quotidien – et je vous en félicite. Je sais l’importance
pour les patients et leurs proches de l’Institut ; soyez assurés
que nous vous soutiendrons dans son développement.
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