| Monsieur le Président,
(Jean-Claude EBRARD, Pt du CNETh),
Mesdames, Messieurs,
Nous partageons la même conviction : le thermalisme a un
avenir dans notre pays. Il a toute sa place dans notre système
de soins, surtout s’il fait le choix du véritable service
médical rendu aux curistes, s’il touche de nouveaux
publics, et s’il s’intègre dans une démarche
de prévention. Il a également un grand avenir dans
le secteur du bien-être, en dehors de la prise en charge de
l’Assurance maladie.
I/ Le thermalisme se modernise. Je voudrais revenir
à cet égard sur deux avancées majeures de cette
année 2006
Le premier est l’accord du 30 juin dernier conclu entre les
caisses de sécurité sociale et votre Conseil.
Vous avez été nombreux à prendre position dans
ce débat, et j’ai pu échanger sur ce sujet avec
vos représentants, et notamment les parlementaires concernés,
à de nombreuses reprises. C’est à l’engagement
et au sens de la responsabilité de chacun, élus, professionnels,
associations, que nous devons cet accord satisfaisant pour tous.
Il permis une revalorisation de 6 % du forfait thermal, revalorisation
sans précédent récent.
Le gouvernement a toujours été conscient de la situation
économique du secteur. C’est pourquoi il a avalisé
sans délai cet accord par un arrêté du 1er août
dernier qui signifie aussi la fin du forfait de 10 euros pour les
curistes.
Mais cet accord représente plus qu’une revalorisation,
aussi importante soit-elle. Du point de vue du gouvernement, nous
ne pouvions nous satisfaire d’une situation de blocage dans
le dialogue conventionnel. Aussi je me félicite de la reprise
de ce dialogue entre le CNETh et l’Assurance maladie. J’y
accorde une grande valeur.
Cet accord honore le droit et les intérêts de toutes
les parties et spécialement des curistes, à qui je
pense particulièrement quand je parle de thermalisme. Je
n’imagine pas que la relation entre profession et pouvoirs
publics puisse se faire sans recourir à ce cadre officiel
de dialogue et que des décisions puissent être prises
par les uns ou par les autres au détriment des curistes.
C’est dans ce même esprit de coopération que
le projet déjà ancien d’intégration du
thermalisme dans le nouveau système de l’Assurance
maladie a pu prendre naissance.
Il est porté par la Loi de financement pour la sécurité
sociale pour 2007.
Cette modification confie un rôle accru à l’Assurance
maladie et au dialogue conventionnel avec la profession. Il permet
une simplification des procédures en les alignant sur celles
des autres professions de santé.
II/ Cette relation nouvelle entre pouvoirs
publics et profession, dont je veux témoigner par ma présence
aujourd’hui, nous permet de reprendre nos discussions sur
les sujets d’intérêt pour l’avenir du thermalisme.
Je pense à la future convention thermale en 2007, la reconnaissance
médicale, la qualification des établissements thermaux,
mais aussi la diversification des activités des établissements
– dans le champ de l’Assurance maladie comme en-dehors
– et la politique touristique en faveur d’une plus forte
attractivité du thermalisme…
Je peux vous assurer de l’engagement du gouvernement sur
ces nouveaux chantiers.
Dans le secteur des soins, l’intégration du thermalisme
au nouveau système de l’assurance maladie le fait entrer
de plain pied dans la logique du « service médical
rendu ». Ce service médical rendu sera évalué
par la Haute autorité de santé. Cette évaluation
représente une exigence indéniable, et c’est
également une évidente reconnaissance de la valeur
médicale de la profession.
Les travaux scientifiques conduits par la profession dans le cadre
de la dernière convention thermale de 2003 ont largement
préparé cette évolution, cette intégration
dans le système médical moderne. Je me félicite
ainsi de l’effort considérable qui a été
fourni par la profession depuis bientôt 3 ans pour ces expertises
scientifiques.
Cependant l’Assurance maladie ne pourra prendre en charge
seule le développement du thermalisme.
Les Conseils régionaux ou généraux peuvent
ainsi s’engager plus, au titre de leur politique « touristique
», sur l’aménagement de zone, la mise à
niveau de confort des établissements…
De plus, le thermalisme doit développer des activités
nouvelles pour répondre aux demandes d’une population
qui vieillit et connaît des problèmes d’obésité.
Ces activités peuvent se situer à l’intérieur
du champ couvert par l’Assurance maladie, dans le soin thermal,
ou encore, là où cela est possible, avec des services
de soins de suite et de réadaptation.
Elles peuvent se situer aussi en dehors du champ de l’Assurance
maladie : de très nombreuses expériences concluantes
ont montré qu’il existe un important potentiel. Il
est surprenant que les établissements thermaux ne réalisent
que 5 % de leur chiffre d’affaires en dehors du champ de l’Assurance
maladie. Les villes climatiques et thermales ont acquis un renom
qu’il convient de valoriser par de nouvelles initiatives.
Par ailleurs, le thermalisme doit continuer son effort en matière
de sécurité sanitaire.
L’eau thermale, par exemple, se doit d’être d’une
qualité microbiologique irréprochable. C’est
important vis-à-vis des personnes qui sont accueillies dans
ces établissements et une exigence réglementaire de
tout produit à usage thérapeutique.
Je me félicite à cet égard de vos travaux actuels
pour réaliser un guide de bonnes pratiques de gestion qui
concernera à la fois l'eau et les produits dérivés,
comme les boues et les gaz thermaux.
Comme vous le savez, un projet de décret sur les eaux minérales
naturelles, pour lequel vous avez été consultés,
prévoit la mise en place de procédure d'assurance
qualité pour la production et de la distribution d'eau minérale
naturelle. Il est actuellement en cours d’examen par le Conseil
d’Etat et sera publié tout début 2007.
Je souhaite enfin partager avec vous une autre de mes priorités
: La réorientation de notre système de soins vers
la prévention. La cure thermale peut être un temps
important de la prévention et de l’éducation
à la santé. Avec un suivi médical sur trois
semaines, la cure permet non seulement de soigner, mais aussi de
préparer une véritable évolution des comportements
des patients sur le long terme. Nous devons d’ailleurs renforcer
notre travail avec tous les acteurs de notre système de soins,
dont les responsables d’établissements thermaux, afin
de voir quels pourraient être les axes de prévention
à développer.
***
C’est un thermalisme moderne que vous devez proposer à
vos curistes, un thermalisme qui repose sur la validation scientifique,
sur la notion de service médical rendu, et qui associe soins
et prévention. Ce thermalisme est à la croisée
de nombreuses problématiques que j’ai mises au centre
de ma politique : qualité de vie des patients atteints de
maladies chroniques, importance de la prévention.
Je souhaite que votre colloque de ce jour soit l’occasion
d’avancées sur l’ensemble de ces problématiques. |