| DÉPISTAGE NATIONAL DU CANCER DU SEIN EN FRANCE | |
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11 juillet 2001
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DOSSIER DE PRESSE
SOMMAIRE
Épidémiologie du cancer du sein
Évaluation des programmes de dépistage
La mise en œuvre du dépistage
Formation des radiologues
Coût du dépistage
1. ÉPIDEMIOLOGIE DU CANCER DU SEIN
Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent.
Il représente 32 % des nouveaux cas de cancer, soit 33 867 nouveaux cas chaque année en France.
Il est responsable de 10 789 décès par an soit 19% des décès féminin par cancer, et 40% de décès prématurés avant 65 ans.
La probabilité pour une femme française d’avoir un cancer du sein au cours de sa vie est de 10,1 %.
Près de 300 000 personnes vivent aujourdhui en France avec un cancer du sein.
Ce cancer est rare avant 30 ans. Il est extrêmement fréquent entre 60 et 64 ans, et reste fréquent jusqu’à 74 ans.
Le nombre de nouveaux cas de cancers a augmenté régulièrement (+ 60%) entre 1975 et 1995.
L’augmentation de la mortalité a été plus modérée (+ 8%). Ces résultats sont dus à un diagnostic plus précoce, d’une part en raison de campagnes de dépistage systématique, et d’autre part du fait de l’amélioration des traitements.
En Europe, la France occupe une place médiane tant pour le nombre de nouveaux cas que pour la mortalité, entre les pays de l’Europe du nord, à risque élevé, et ceux du sud, à risque plus faible.
2. ÉVALUATION DES PROGRAMMES EXISTANTS
Le dépistage organisé du cancer du sein existe d’ores et déjà dans 32 départements (liste en annexe). Ces départements ciblent 40% des femme françaises dans la tranche d’âge la plus à risque. Depuis 2000, et conformément aux recommandations de l’ANAES, ces programmes s’adressent aux femmes de 50 à 74 ans. Ils consistent en une mammographie à 2 incidences tous les 2 ans. 700 000 femmes ont effectué plusieurs mammographies.
Ces programmes ont déjà permis à plus d’un million de femmes d’effectuer au moins une mammographie.
26 des 32 programmes existants ont été évalués. Les indicateurs portent sur la qualité, l’impact et l’efficacité de chacun des programmes de dépistage.
Participation
Le taux de participation s’améliore progressivement dans la plupart des départements. En 1999, il est de 41,2% (référence européenne 60%). Huit départements ont un taux de participation supérieur à 50%.
Parmi les femmes qui viennent pour la première fois effectuer une mammographie dans le cadre d’un programme de dépistage 28% n’avaient jamais effectué de mammographie auparavant et 33% avaient effectué une mammographie qui datait de plus de 3 ans.
Indicateurs de qualité
Ceux-ci sont de deux ordres :
- le taux de rappel : pourcentage de femmes rappelées pour un examen complémentaire. Il est de 7,7% en 1998 (valeur supérieure à celle retenue comme acceptable au niveau européen : 7%). Ce taux s’améliore au fil des campagnes d’invitation en raison de l’amélioration de la qualité des mammographes et des compétences des radiologues.
- le pourcentage de biopsies chirurgicales réalisées : tous les programmes évalués sont conformes à la norme européenne (< 1,5%).Indicateur d’efficacité
Depuis le début du dépistage organisé en 1989, 9 443 cancers ont été détectés, dont 6585 au cours de la première mammographie (1557 pour la seule année 1998).
Un taux important de cancers de petite taille et de cancers sans envahissement ganglionnaire ont été détectés :
- dans 14% des cas il s’agit de cancers in situ (de 4 à 29%) selon les programmes (référence européenne >15%),
- dans 71% des cas il s’agit de cancers sans envahissement ganglionnaire (référence européenne supérieur à 60%).
- Par ailleurs 2,18% de femmes ayant eu un test suspect sont perdues de vues (14 départements ont un taux inférieur à 1%, 3 un taux compris entre 4 et 7%).Indicateurs d’organisation
Délais moyens entre la date de dépistage et la date d’envoi du résultat :
14,5 jours pour les tests normaux
14,3 jours pour les tests suspects.(norme : délai de 15 jours acceptable, délai de 10 jours préférable).
Départements
Date début
Durée de la campagnePopulation
INSEE (2000) 03Allier 01/09/94 2,33 ans 42575 06Alpes-Maritimes 01/01/98 2 ans 135 939 08Ardennes 01/03/89 2,5 ans 29 915 13Bouches-du-Rhône 15/02/90 3 ans 202 194 14Calvados 01/07/96 2 ans 67 030 16Charente 01/11/97 2,5 ans 39 284 34Hérault 01/06/99 3 ans 100 475 35Ille-et-Vilaine 01/01/95 2,5 ans 87 409 36Indre 23/03/99 2 ans 27 855 38Isère 01/01/91 2,25 ans 112 536 42Loire 26/01/93 2 ans 83 166 44Loire-Atlantique 01/04/96 2 ans 117 278 51Marne 15/12/90 3 ans 56 602 53Mayenne 20/06/94 3 ans 29 867 54Meurthe-et-Moselle 24/06/96 3 ans 74015 57Moselle 01/04/97 3 ans 104 603 58Nièvre 01/09/97 3 ans 27 464 59Nord 15/09/97 3 ans 244 446 60Oise 01/01/98 2 ans 74 800 61Orne 14/04/98 3 ans 32478 63Puy-de-Dôme 01/09/95 2 ans 68 365 67Bas-Rhin 15/05/85 2 ans 100 508 69Rhône 01/01/90 3 ans 162 805 71Saône-et-Loire 01/06/98 2,5 ans 64 136 72Sarthe 15/11/89 3 ans 56 129 78Yvelines 01/04/97 3 ans 141 046 80Somme 01/01/91 3 ans 56 795 83Var 01/01/96 2 ans 116 606 87Haute-Vienne 01/04/96 2 ans 41 703 91Essonne 03/01/00 2 ans 117 298 93Seine-Saint-Denis 01/10/99 2 ans 123 047 95Val-d’Oise 01/09/91 3 ans 103 557 Total
France 2 841 926
6 267351
3. LA MISE EN ŒUVRE DU DEPISTAGE DU CANCER DU SEIN
La cible du programme est la population féminine de 50 à 74 ans
Il est proposé à chaque femme –entre 50 et 74 ans- une mammographie à deux incidences, tous les deux ans chez le radiologue de son choix inscrit sur une liste de radiologues habilités.
La réalisation de la mammographie est gratuite pour la patiente, la CNAM assurant la prise en charge du coût.
Chaque femme est informée directement par le radiologue des résultats de la première lecture.
Elle est informée par son médecin traitant ou par la structure de gestion des résultats de la deuxième lecture.
Elle reçoit les clichés de mammographie après la deuxième lecture.
Elle peut demander à ne plus recevoir d’invitation pour le dépistage.La mise en œuvre du dépistage du cancer du sein est décentralisée.
Au plan national, le ministère de la Santé fixe la liste des programmes et des examens de dépistage et les cahiers des charges, mais la mise en œuvre du programme est assurée au plus près des Françaises.
Rôle des structures de gestion départementales ou inter-départementales
Le dépistage est confié au niveau départemental aux structures de gestion, qui signent une convention avec le conseil général et les services de lassurance maladie –qui prend en charge 100% des actes de dépistage. Les structures sont cofinancées par le Conseil général et lassurance maladie. Ces structures dont le statut peut varier (structures gérant déjà des programmes de dépistage et ayant déjà fait leurs preuves ; centre dexamen de santé ; Groupes dintérêts publics (GIP) ; associations 1901 ; hôpitaux) jouent un rôle fondamental dans lorganisation du dépistage, la formation des radiologues, le maintien de lassurance qualité et le retour des informations.
Ces structures assurent :
- la sensibilisation et contacts avec les médecins traitants, généralistes et gynécologues
- linvitation tous les deux ans des femmes de 50 à 74 ans à faire une mammographie
- lorganisation d’une deuxième lecture des clichés envoyés par les radiologues habilités
- linformation de la patiente, du médecin et du radiologue traitant des résultats du dépistage
- le suivi des femmes dépistées positives en première ou deuxième lecture
- la transmission à l’assurance maladie de son avis sur les radiologues au vu de leur formation et du contrôle de qualité des appareils
- la transmission des données épidémiologiques anonymes à l’Institut de veille sanitaire
- et la transmission des informations de gestion au comité régional des politiques de santéRôle des comités régionaux des politiques de santé
Au niveau régional, le comité régional des politiques de santé assure lharmonisation des différents programmes départementaux. Le Comité régional de santé assure le choix, le suivi et lévaluation des structures de gestion
Rôle du médecin traitant
- Sensibilisation des populations cibles
- Prescrire l’invitation à effectuer une mammographie tous les deux ans
- Expliquer l’enjeu et les modalités du dépistage et des examens diagnostics possibles
- Informer la consultante des résultats de deuxième lecture et prescrit en tant que de besoin les examens diagnostics complémentaires
- Orienter vers les structures spécialiséesRôle des médecins spécialistes et centres spécialisés
- Information et sensibilisation des femmes au dépistage
- Prise en charge des cas douteux
- Prise en charge des cancers détectésLa place des centres de radiologie habilités
L’habilitation des radiologues est effectuée par la CNAM, sur la base des critères définis dans le cahier des charges (voir en annexe).
- Questionnaire médical auprès de la patiente
- Examen clinique
- Mammographie à deux incidences (à savoir deux clichés différents)
- Examen des clichés précédents et de ceux réalisés
- Compte rendu de première lecture remis à la consultante
- Envoi du compte rendu de 1ère lecture et des clichés à la structure de gestion pour 2ème lecture
- Examens complémentaires si anomalies à la première lectureLe rôle du comité départemental des femmes
- Information et sensibilisation des femmes, par dautres femmes, pour les mobiliser au dépistage régulier, bien quaucun signe pathologique ne soit apparent.
- Orientation des femmes vers les médecins généralistes et les centres de radiologieLInstitut National de Veille Sanitaire
- Surveillance épidémiologique et évaluation des dépistages
- Rapport au ministère de la santéLe contrôle du programme de dépistage est assuré à chaque niveau : local, régional et national. Au niveau national, le comité national du cancer recueille les informations pour vérifier la qualité et lefficacité du programme de dépistage, en respectant les principes déthique, de déontologie, de confidentialité et des droits des personnes.
4. LA FORMATION DES RADIOLOGUES DANS LE CADRE DU DEPISTAGE ORGANISE DU CANCER DU SEIN
Les radiologues qui participent au programme de dépistage du cancer du sein doivent être compétent en matière de mammographie et de lecture des clichés de sein.
Il est proposé aux radiologues des formations dans ce domaine, ainsi lassociation de Formation des collaborateurs des cabinets médicaux (FORCOMED), qui est conventionnée depuis 1997 par la DGS, forme des médecins radiologues au dépistage organisé du cancer du sein.Nombre de radiologues formés par FORCOMED depuis le conventionnement
1997 1998 1999 2000 Dépistage du cancer du sein
150
150
47Lecture spécifique des clichés
270
161
51
197Contrôle de qualité mammographe
200
54
39
171Dépistage + lecture spécifique
64
188Assurance qualité
109Le nombre de radiologues pratiquant le radiodiagnostic, en France, est de 6518, dont 3284 en libéral et 2234 radiologues salariés.
Depuis 1994, date de sa création, et jusqu’en avril 2000, FORCOMED a formé
- 1089 radiologues à l’organisation du dépistage du cancer du sein,
- 1215 à la lecture spécifique des clichés de dépistage,
- 526 à l’assurance qualité,Depuis 1997, 1851 professionnels ont été formés.
5. COÛT DU DÉPISTAGE GÉNÉRALISÉ DU CANCER DU SEIN
Population cible et taux de participation au dépistage organisé
Le coût d’une campagne de dépistage du cancer du sein dépend du taux de participation de la population concernée (femmes âgées de 50 à 74 ans).
En 2001, 7,8 millions de femmes sont dans cette tranche d’âge, en 2005, elles seront 8,2 millions.
Actuellement 2,8 millions de mammographies sont réalisées dont la moitié sur des femmes âgées de 50 à 74 ans.
En 2005, si 80 % des femmes concernées participe à ce dépistage le nombre de mammographies de dépistage s’élèvera à 3,3 millions par an.
Si le taux de participation est de 60 %, (hypothèse la plus vraisemblable) 2,5 millions mammographies de dépistage seront réalisées.
Population cible : 60 %
Baisse du coût de la mammographie de dépistage : la cotation (actuellement Z41) à partir de la troisième année passera à Z36.
Pas de diminution du nombre des « autres mammographies » effectuées.À terme, 1,4 milliard de francs seront consacrés par an au dépistage et au diagnostic du cancer du sein en France
Mammographies de dépistage (50-74 ans) Autres mammographies Coût total AM(en MF) Effectifs (milliers) Coût AM
(en MF) Effectifs (milliers) Coût AM
(en MF) 2001 1 400 410 1 400 430 840 2002 1 670 800 1 400 430 1 220 2003 1 930 920 1 400 430 1 350 2004 2 200 920 1 400 370 1 300 2005 2 460 1 030 1 400 370 1 410 À terme 2 460 1 030 1 400 370 1 410