SYNTHESE
A/ La prévention
B/ Le dépistage
C/ La prise en charge
D/ La recherche
On estime que par le virus de l'Hépatite C (VHC) 550.000 à 600.000 personnes seraient infectées par le VHC, soit environ 1 % de la population. En 1994, un tiers environ des personnes atteintes se savaient porteuses du VHC. Depuis, diverses études régionales permettent d'estimer que ce taux atteint actuellement 40 - 50 %.
Dans un nombre important de cas, l'hépatite C évolue sans signe clinique. Dans environ 10 % des cas, en l'absence de traitement, l'hépatite C chronique peut aboutir dans les 10 à 20 ans à une cirrhose, et dans certains cas à un cancer du foie.
Des progrès récents dans la thérapeutique antivirale permettent d'espérer une augmentation sensible du nombre d'individus répondant positivement au traitement de façon durable.
Pour faire face à cet enjeu majeur de santé publique, et compte tenu des nouvelles perspectives thérapeutiques, Martine Aubry et Bernard Kouchner ont demandé que soit élaboré un plan national de lutte contre l'hépatite C qui rassemble, dans une démarche cohérente, prévention, dépistage, soins et recherche.
Ce plan tient compte des recommandations de la conférence de consensus (1997), de lexpertise collective de lINSERM (1997) et des travaux du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France ainsi que des conclusions des groupes de travail qui ont réuni dans les derniers mois à l'initiative du Ministère chargé de la Santé plus de 150 experts.
Depuis 1990, diverses dispositions de lutte contre l'hépatite C ont été prises. Elles ont porté sur la sensibilisation et l'information des professionnels, sur la sécurisation des produits sanguins, sur l'accès facilité au dépistage et aux soins avec une prise en charge des actes à 100% depuis 1993, sur un dépistage ciblé préconisé, et sur une réorganisation des soins autour de 30 pôles de références hépatite C permettant un travail en réseau. Toutefois, malgré ces mesures, le dépistage reste insuffisant et la proportion de personnes malades bénéficiant des thérapeutiques antivirales reste limitée.
Face à cette situation, le programme définit, sur 4 ans, des priorités nationales qui seront mises en oeuvre aux niveaux régional et local.
Il a pour but de faciliter et renforcer l'accès au dépistage et à l'offre de soins par le travail en réseaux autour de la personne malade. Ce programme met aussi l'accent sur la prévention de l'infection par le virus de l'hépatite C ainsi que sur la formation et la recherche.
Il est accompagné de moyens nouveaux. Les crédits de l'Etat pour la lutte contre les maladies transmissibles ont été augmentés en 1999 pour permettre des actions spécifiques contre l'hépatite (16 millions de francs), et la prise en charge de nouveaux traitements a été incluse dans l'objectif national des dépenses d'assurance maladie dans la loi de financement de la Sécurité Sociale.
A/ La prévention
Pour réduire l'incidence de l'infection par le VHC, le programme prévoit un renforcement des mesures de réduction des risques viraux pour les usagers de drogue par voie intraveineuse (VHC et VIH), des mesures d'hygiène en prison et de la lutte contre les infections d'origine virale par les CLIN (comités de lutte contre l'infection nosocomiale).
B/ Le dépistage
L'objectif est d'obtenir, d'ici 2002, qu'au moins 75% des patients porteurs du VHC connaissent leur état sérologique.
Pour améliorer le dépistage des personnes susceptibles d'avoir été contaminées, 2 MF sont prévus pour une campagne nationale de communication et d'information qui sera lancée au 2ème trimestre 1999. L'incitation au dépistage concerne principalement les personnes particulièrement exposées au risque d'infection par le VHC, notamment les personnes ayant été transfusées avant mars 1991 ainsi que les usagers de drogues par voie intraveineuse et les personnes greffées.
Des moyens financiers complémentaires (1,5 MF) permettront d'améliorer la cohérence de la politique de dépistage de l'ensemble des maladies transmissibles dans les CDAG (centre de dépistage anonyme et gratuit), les dispensaires des Conseils Généraux et les unités de soins en milieu pénitentiaire.
Ces 3,5 MF de mesures nouvelles viendront s'ajouter aux 10 MF déjà consacrés au dépistage des risques hépatites C et VIH chez les usagers de drogue par voies intraveineuse et per-nasale.
C/ La prise en charge
Pour améliorer la qualité des soins et obtenir que d'ici 2002, au moins 80% des personnes relevant de la thérapeutique antivirale soient sous traitement, le programme prévoit plusieurs mesures :
- Le renforcement des 30 "pôles hépatite C". Ces centres sont référents pour les protocoles diagnostiques et thérapeutiques. Ils ont en charge l'information des professionnels de santé, coordonnent les travaux de recherche scientifique et concourent à la surveillance épidémiologique. Ils ont également pour mission de développer des réseaux VHC. En 1995 et 1996, des crédits d'un montant de 10,7 MF ont permis leur mise en place. En 1998, 12 MF ont permis un renforcement de leur personnel. Ce budget total de 22,7 MF sera renouvelé en 1999.
- Un dossier médical commun sera mis en place pour les personnes vivant avec le VHC. Il permettra de faire le lien entre les différents acteurs de santé impliqués. Les réseaux VHC, permettent, autour de la personne, d'assurer une meilleure qualité des soins grâce à la coordination des différents intervenants d'une véritable prise en charge médico-sociale : secteur libéral et hospitalier, associations et d'usagers. Pour soutenir leurs actions, 7,4 MF de mesures nouvelles seront consacrés en 1999 aux réseaux.
- La mise à disposition des antiviraux (interféron et ribavirine) en autorisation temporaire d'utilisation dans le cadre de cohortes améliorera, en outre, la disponibilité du traitement pour toutes les personnes concernées.
D/ La recherche
En 1998, 20 MF ont été consacrés à la recherche sur l'hépatite C. En 1999, 9 MF supplémentaires, dans le cadre de l'élargissement des missions de l'ANRS, seront réservés à la recherche sur le VHC. De plus, l'hépatite C a été retenue comme thème prioritaire dans le cadre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique. Des moyens spécifiques (2 MF en 1999) seront également consacrés à l'évaluation épidémiologique.
Enfin, l'évaluation de ce programme débutera dès cette année et bénéficiera d'une dotation de 500.000 F.