UN PROGRAMME SUR 4 ANS
- 1 - Renforcer l'accès au dépistage
Objectif
Obtenir, d'ici 2002, qu'au moins 75% des patients porteurs du VHC connaissent leur statut sérologique (30% le connaissaient en 1994, plus de 40 % actuellement).
Pour cela, il faut notamment renforcer l'information des personnes particulièrement exposées, et sensibiliser les médecins à l'intérêt du dépistage chez toute personne suseptible d'avoir été contaminée par voie sanguine ou présentant des signes cliniques évocateurs d'hépatite C.
Depuis 1997, les missions des centres de dépistage anonymes et gratuit ont été élargies au dépistage de l'hépatite C.
Les nouvelles mesures contenues dans le plan
- Incitation au dépistage par une campagne d'information ciblée et adaptée (2 MF) auprès des populations particulièrement exposées (les usagers de drogues par voie intraveineuse ou voie nasale, anciens ou actuels ; les personnes transfusées avant mars1991)
- Des moyens financiers additionnels (1,5 MF) permettront de renforcer l'offre de dépistage dans les CDAG, les dispensaires des Conseils Généraux, et les unités de soins en milieu pénitentiaire.
Les moyens
3,5 MF de mesures nouvelles. Ces moyens viennent s'ajouter aux 10 MF déjà consacrés au dépistage des risques hépatites C et VIH chez les usagers de drogue intraveineuse.
- 2 - Améliorer la prise en charge
Objectif
D'ici 2002, au moins 80% des patients relevant de la thérapeutique antivirale devraient être sous traitement.
Les mesures déjà prises
En 1998, un crédit de 12 MF a permis un renforcement des 30 "pôles hépatite C" , référents pour les protocoles diagnostiques et thérapeutiques. Ils ont en charge l'information des professionnels de santé, coordonnent les travaux de recherche scientifique et concourent à la surveillance épidémiologique. Ils ont également pour mission de développer des réseaux VHC. En 1995 et 1996 des crédits d'un montant de 10,7 MF avaient permis leur mise en place.
Les mesures nouvelles contenues dans le plan:
- Les "réseaux VHC" seront développés . Organisés autour de la personne, ces réseaux permettront d'améliorer la qualité de la prise en charge grâce à la collaboration entre le secteur libéral et hospitalier, les associations d' usagers. Plus de quatre mille patients consultent chaque jour une de ces structures (annexe 2).
- L'autorisation temporaire d'utilisation (ATU) à titre nominatif permet dès à présent la mise à la disposition des personnes malades, du traitement par interferon et ribavirine. Après avis de la commission d'autorisation de mise sur le marché qui se réunira le 28 janvier dernier, une ATU de cohorte permettra d'améliorer encore la disponibilité du traitement pour toutes les personnes concernées (le coût du traitement en bithérapie est d'environ 40 000 francs par an).
- La mise en place d'un dossier médical commun pour les personnes infectées par le VHC permettra de faire le lien entre les différents acteurs de santé afin d'améliorer l'organisation et la qualité des soins et du suivi. Il sera remis à chaque personne concernée (annexe 4).
- La mise à la disposition de la personne vivant avec le VHC d'un livret d'information sur la physiopathologie du VHC, les facteurs aggravants de l'infection, - particulièrement la consommation d'alcool - et les traitements, permettra de faciliter l'observance de la thérapeutique (diffusion 1er trimestre 1999).
Les moyens
12 MF pour renforcer les pôles et les services cliniques hospitaliers,
7,4 MF de mesures nouvelles pour les actions des réseaux de proximité et l'information des professionnels.
- 3 - Réduire les risques de nouvelles contaminations par le VHC
Objectif
Réduire l'incidence des infections par le VHC chez les usagers de drogue par voies intraveineuse et per-nasale, ainsi que les risques d'infections nosocomiales.
Les mesures existantes
- Information et sensibilisation des usagers de drogues par voies intraveineuse et per-nasale sur les comportements à risque transmettant potentiellement le VHC.
- Recommandations sur les pratiques de décontamination, de désinfection et de stérilisation en milieu hospitalier.
Les mesures nouvelles
- Poursuite de l'expérimentation et de l'évaluation du dosage de l'ARN plasmatique (PCR) lors des dons de sang pour réduire le risque transfusionnel résiduel.
- Renforcement des mesures d'hygiène en prison : mise à disposition de matériels à usage individuel et/ou unique (rasoirs, brosses à dents...).
- Renforcement de la lutte contre les infections d'origine virale, par les comités de lutte contre l'infection nosocomiale (CLIN). Elaboration et diffusion de protocoles de bonnes pratques en particulier sur la désinfection du matériel médical.
- Mise en place de nouvelles modalités de dépistage et de suivi des personnes ayant eu un accident d'exposition au sang (protocoles de prise en charge en cours d'élaboration).
- Mises en place de formation des professionnels, en particulier sur : histoire naturelle de la maladie, les indications du traitement et les bonnes pratiques de prise en charge,
- Mise en place des guides régionaux destinées aux acteurs socio-sanitaires.qui positionnent les différentes structures et leurs fonctions pour ce qui concerne le dépistage et la prise en charge du VHC.
Les moyens
35 MF consacrés par an aux mesures de réduction des risques pour les usagers de drogues
2,6 MF de mesures nouvelles permettront des actions de communication auprès des autres populations cibles.La lutte contre la transmission du virus de l'hépatite C est prioritaire dans les mesures renforçant l'hygiène dans les établissements de santé.
- 4 - Améliorer les connaissances sur le VHC et l'hépatite C
Objectif
Développer les connaissances sur :
- l'évolution clinique de l'hépatite C traitée et non traitée,
- l'incidence des événements graves,
- les indicateurs de morbidité (cirrhose, carcinome hépatocellulaire)
- les nouvelles contaminations.Plusieurs études cliniques, thérapeutiques et épidémiologiques financées au sein de l'INSERM, ou par l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida, et le Programme Hospitalier de Recherche Clinique seront poursuivies ou développées, grâce notamment à la mise en place d'une cohorte de personnes vivant avec le VHC. Elles portent notamment sur:
- les modalités de contamination encore mal connues (investigations des primo-infections).
- les comportements à risque et le rôle des facteurs de co-morbidité,
- les attitudes des médecins par rapport au dépistage et au suivi des patients
- l'évolution clinique des patients mono-infectés par le VHC et des patients co-infectés par le VHC et le VIH.
- l'efficacité de différentes stratégies thérapeutiques.Les moyens
En 1998, plus de 20 MF ont été consacrés à la recherche sur l'hépatite C
En 1999, 9 MF supplémentaires, en particulier au travers de l'élargissement des missions de lANRS, seront réservés à la recherche sur le VHC.
L'hépatite C a été retenue comme thème prioritaire pour le Programme Hospitalier de Recherche Clinique.
- 5 - Surveiller et évaluer l'évolution de l'épidémie
Objectifs
Surveiller l'épidémie en suivant la prévalence de l'infection et l'incidence des nouveaux cas diagnostiqués.
Evaluer l'évolution des infections récentes, ainsi que le recours au dépistage et aux soins.Actions
1. Surveillance des hépatites C nouvellement prises en charge
Ce projet de surveillance pérenne a pour objectif de suivre la progression de la prise en charge de l'hépatite C dans ses composantes dépistage, recours aux soins et prise en charge. Il reposera sur des informations collectées régulièrement auprès des pôles de référence hépatite C. Cette surveillance complétera le recueil d'information sur l'activité hospitalière mis en place par la Direction des hôpitaux et la Direction de la recherche des études et de l'évaluation des statistiques du Ministère de l'Emploi et de la Solidarité.
2. Nouvelles infections par le VHC
Il s'agit d'identifier par une enquête nationale les modes de transmission résiduels du VHC (nosocomial en particulier). Cette étude des séroconversions récentes débute actuellement auprès des donneurs de sang réguliers (Agence française du sang) ; elle sera élargie à d'autres sources de données. A partir de cette enquête, une cohorte de personnes à date d'infection connue sera constituée.
3. Autres études sur les nouvelles infections
- Incidence de l'infection à VHC dans une cohorte d'usagers de drogue par voie intraveineuse des régions de Lille et de Metz : ce projet débute en 1999, grâce à un co-financement du RNSP et de l'ANRS
- Recensement des infections à VHC après accident d'exposition au sang et surveillance des hépatites virales chez les donneurs de sang . La surveillance des donneurs réguliers de sang montre une incidence de 2,69 pour 100 000 personnes par an.
Au niveau national, les travaux des différents registres des hépatites seront coordonnés.
Les moyens
En 1998, les moyens consacrés par le RNSP à l'épidémiologie de l'hépatite C ont été renforcés (+ 1,2 MF).
2 MF seront spécifiquement consacrés à cette évaluation épidémiologique.
- 6 - Evaluation du programme national de lutte contre l'hépatite C
Objectif
Adapter le programme à l'évolution des connaissances thérapeutiques et aux besoins des personnes concernées
Sur le plan national
Un comité de suivi s'assurera de la mise en oeuvre du programme, de son évaluation, de son éventuelle réorientation. Ce comité associera l'ensemble des structures concernées par l'épidémie de l'infection par le virus de l'hépatite C.
L'évaluation portera :
- sur les moyens mis en oeuvre ;
- le nombre de personnes prises en charge ;
- la comparaison avec les autres pays.Aux niveaux local et régional
Le programme sera adapté et piloté par les services déconcentrés de l'Etat en tenant compte des caractéristiques épidémiologiques et démographiques locales en coopération avec les pôles de référence.
Les moyens d'évaluation
500 000 Francs sont prévus dès 1999 pour l'évaluation du programme national de lutte contre l'hépatite C.