IV. Analyse des déterminants de la prescription d'antibiotiques
Les principales situations cliniques responsables de laugmentation de la prescription extra-hospitalière et de la consommation des antibiotiques sont, on la vu dans le chapitre précédent, les infections respiratoires hautes et basses, dorigine virale ou bactérienne.
Cest donc sur elles que porte la suite de notre analyse.
4.1. Les différentes situations cliniques et leur épidémiologie
Les pathologies les plus concernées par lutilisation des antibiotiques chez ladulte et chez lenfant ainsi que lévolution de la fréquence de celles-ci entre 1980/1981 et 1991/1992, figurent dans les figures 6 et 7 (1).
Figure 6 : Fréquence des principales infections traitées par antibiotiques chez ladulte: évolution 1980/1981 - 1991/1992 (sur une durée de 3 mois) (1)
* rhino-pharyngites, trachéites aiguës, bronchites aiguës et syndromes grippaux
Figure 7 : Fréquence des principales infections traitées par antibiotiques chezlenfant: évolution 1980/1981 - 1991/1992 (sur une durée de 3 mois) (1)
* rhino-pharyngites, trachéites aiguës, bronchites aiguës et syndromes grippaux
Aucune étude épidémiologique permettant destimer la fréquence de ces pathologies (traitées ou non) na été trouvée dans la littérature.
Les données fournies par lEPPM permettent une approche indirecte de ce problème. Le nombre annuel des consultations pour les infections respiratoires est en augmentation depuis 10 ans, notamment en ce qui concerne les rhino-pharyngites et les otites chez les enfants (figure 8).
Figure 8 : Evolution du nombre de consultations pour 1 000 habitants entre 1984 et 1995
Source : EPPM - IMS O.M.A. Otite Moyenne Aiguë
Par ailleurs, la proportion de patients atteints dinfections supposées virales traitées par antibiotiques est élevée (figure 9). Elle est assez stable depuis 1984, sauf pour lotite où laugmentation des cas traités par antibiotique est importante.
Figure 9 : Evolution de lutilisation des antibiotiques dans ces pathologies (1984-1995)
Source : EPPM - IMS
Laugmentation de la masse globale dantibiotiques consommés (données de ventes) peut sexpliquer par la seule augmentation du nombre de consultations, les pratiques thérapeutiques des médecins restant inchangées (figures 8 et 9). Cependant, lutilisation des antibiotiques reste trop élevée dans les affections dorigine virale.
Le cas des otites est très particulier car le nombre de consultations pour cette pathologie est relativement stable depuis 1987 alors que les prescriptions dantibiotiques ont fortement augmenté au cours de cette même période.
En labsence détudes épidémiologiques, on peut aussi bien suspecter une augmentation de la fréquence de ces pathologies quun recours aux soins plus fréquent, ou encore une combinaison des deux hypothèses.
Les évolutions du mode de vie et notamment le développement de la vie en collectivité (crèches, en particulier) ont pu à juste titre être évoquées pour expliquer laugmentation de la fréquence de ces pathologies dans les pays industrialisés (5).
Dautres critères ont été évoqués, mais nont cependant pas été vérifiés : lurbanisation de plus en plus importante ainsi que laugmentation de la pollution.
4.2. Conditions de prescription dans ces pathologies
4.2.1. Analyse critique de la méthode des enquêtes utilisées
Données de létude réalisée dans le département du Loiret (6)
Lobjectif de cette étude était de décrire les prescriptions dantibiotiques dans la population du Loiret (dont 36% denfants de moins de 15 ans) sur une période de 5 mois (décembre 1994 à avril 1995). Pour constituer léchantillon de prescriptions extra-hospitalières dantibiotiques, le recueil de données a été réalisé par lintermédiaire des prescripteurs. Une fois par mois (le jour étant aléatoire), il leur était demandé de remplir un questionnaire concernant leur dernière prescription dantibiotique et les hypothèses diagnostiques à lorigine de cette prescription. Le médecin pouvait cocher plusieurs pathologies, au sein dune liste jointe, pour une même prescription.
394 médecins ont participé à cette enquête, dont 85 % de généralistes et 4,8 % de pédiatres.
Les résultats portent sur 1 100 prescriptions. Lors de lanalyse, ils ont été pondérés en fonction de lactivité médicale du médecin et du pourcentage de réponses au questionnaire. Ils concernent la répartition des différentes classes dantibiotiques globalement et pour certaines pathologies, la répartition des pathologies pour chaque classe dantibiotiques, les doses journalières et durées moyennes de traitement.
En raison de son objectif, cette étude ne permet pas détudier les cas cliniques non traités par antibiotiques.
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La population du Loiret est considérée comme étant similaire à la population française en termes de caractéristiques socio-démographiques, de couverture sociale et dactivité médicale des médecins installés.
Les médecins participants, sélectionnés à partir des données de la Caisse Nationale dAssurance Maladie et de lannuaire téléphonique, sont représentatifs des médecins du Loiret en terme de caractéristiques démographiques et dactivité médicale.
Laccès à certaines données de la Caisse Primaire dAssurance Maladie du Loiret concernant les caractéristiques des prescripteurs et lactivité médicale des médecins a permis deffectuer des vérifications et décarter lexistence de certains biais potentiels.
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Données de la Caisse Régionale dAssurance Maladie (CRAM) Rhône-Alpes (7)
Devant laugmentation constante de la prescription dantibiotiques par voie générale, les services médicaux de trois régimes dAssurance Maladie de Rhône-Alpes (Assurance Maladie des Professions Indépendantes, Mutualité Sociale Agricole, lAssurance Maladie des Travailleurs Salariés) ont réalisé une analyse de la prise en charge des infections ORL et/ou respiratoires de lenfant de 0 à 7 ans.
Le recueil des données a été effectué sur une semaine en janvier 1996 à partir de lensemble des prescriptions de pharmacie remboursées par les trois caisses.
Toutes les prescriptions comportant soit au moins un antibiotique par voie générale, soit un médicament évoquant une pathologie a priori infectieuse soit un traitement homéopathique évoquant une infection ORL et/ou respiratoire ont été retenues. Lhistoire clinique de lenfant a été recueillie auprès des prescripteurs au cours dun entretien téléphonique. Sur 1 982 prescriptions, 1 737 ont pu être exploitées.
Les 1 294 prescripteurs étaient : médecin généraliste (71%), pédiatre (23%), oto-rhino-laryngologiste (3%) ou pneumologue (0,2%) exerçant en secteur libéral, hospitalier ou dans un centre de santé.
La taille de léchantillon (2000 prescriptions) a été estimée afin dobtenir un nombre suffisant de prescriptions par sous-groupe.
Une stratification a tenu compte de la structure socio-démographique de chaque régime.
Cette enquête permet lanalyse de la place des antibiotiques dans la prise en charge médicamenteuse des infections ORL et respiratoires.
Lidentification de lenfant à partir des prescriptions présente le défaut de constituer un échantillon ne comportant que les porteurs dinfections ORL et/ou respiratoires ayant bénéficié dun acte médical et dune prescription en pharmacie et donc de méconnaître les enfants bénéficiant dun traitement dispensé par la mère à partir de la pharmacie familiale ou acheté en pharmacie mais non présenté au remboursement.
Les médecins participants sélectionnés à partir des prescriptions recueillies sont représentatifs de la région Rhône-Alpes, mais il nest pas précisé sils sont représentatifs à léchelon national.
De même, lanalyse porte sur une semaine de janvier. Lincidence de chacune des pathologies nétant pas extrapolable à celle survenue au cours dune année, les choix thérapeutiques et les facteurs influençant ces choix peuvent varier au cours dune année.
Données issues de lEPPM
La méthodologie déchantillonnage de ce panel et le calcul des coefficients dextrapolation nétant pas disponibles, il nest pas possible de considérer comme définitivement validées les données produites:
- Nombre de diagnostics sur une période de un an : il sagit en réalité du nombre de consulations réalisées par an pour le diagnostic concerné. Ce nombre ne correspond pas à celui des patients atteints par la maladie car un même patient peut consulter plusieurs fois pour la même situation clinique.
- Nombre de prescriptions pour un diagnostic : il sagit du nombre de lignes dordonnance prescrites annuellement pour le diagnostic concerné.
Les résultats concernent lensemble de la population (enfants et adultes) en automne 1996.
Pour les pathologies concernées, seuls les antibiotiques, les sulfamides (classés séparément), les corticoïdes (voie générale) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été sélectionnés.
Les résultats sont présentés sous forme dun pourcentage qui représente le nombre moyen de prescriptions (dun médicament ou dune classe) pour cent diagnostics ce qui correspond à un pourcentage de diagnostics traités par une classe de médicaments sil ny a peu de co-prescriptions au sein de cette classe.
4.2.2.1. Motifs de prescription des antibiotiques
Létude réalisée dans le département du Loiret avait pour objectif de décrire les prescriptions dantibiotiques et les pathologies traitées. Elle montre que les infections respiratoires détiologie présumée virale représentent 36 % de ces prescriptions: trachéo-bronchites aiguës et rhino-pharyngites. Les autres principaux diagnostics sont les angines et les otites (tableau 2).
Tableau 2 : Motifs de prescription des antibiotiques en pourcentage
Etude du Loiret 1994/1995 (6)
* trachéo-bronchites aiguës et/ou rhino-pharyngites
Le total de chaque colonne peut être supérieur à 100 sil y a plusieurs hypothèses diagnostiques pour une prescription dantibiotique donnée.
Par ailleurs, cette étude montre que :
- Toutes pathologies confondues, les aminopénicillines orales sont les antibiotiques les plus prescrits (42%), avec les macrolides et les céphalosporines (23 et 21 % respectivement).
- Dans les angines, les pénicillines sont les $ -lactamines les moins prescrites (12%), bien quelles soient le traitement de référence.
- Dans le traitement des otites moyennes aiguës, ce sont les $ -lactamines qui sont le plus souvent recommandées à des posologies précises. Or dans 60 à 74 % des cas les posologies prescrites de $ -lactamines sont insuffisantes.
A partir de ces constatations, il a paru intéressant pour chaque situation pathologique détudier spécifiquement dans quelle proportion les médecins prescrivent des antibiotiques.
4.2.2.2. Prescriptions dantibiotiques selon les pathologies
Rhino-pharyngites
Pratiques actuellement recommandées (8) :
La rhino-pharyngite se définit comme une atteinte inflammatoire de létage supérieur du pharynx associée de manière variable à une atteinte nasale.
Les rhino-pharyngites sont généralement dorigine virale. Le caractère purulent des sécrétions ne signifie pas infection bactérienne. La fièvre est un symptôme habituel chez lenfant, elle dure en moyenne quatre jours.
Il nexiste pas détudes montrant un bénéfice des antibiotiques comparativement au placebo sur la symptomatologie ni sur la survenue de complications (otites moyennes aiguës ou infections respiratoires basses).
Le traitement antibiotique peut se discuter en cas dantécédents dotites récidivantes, chez le nourrisson de moins de six mois, a fortiori lorsquil est gardé en collectivité (9).
Aucun antibiotique ne bénéficie dAutorisation de Mise sur le Marché dans lindication rhino-pharyngite.
Il ny a pas de preuve de lefficacité des anti-inflammatoires non stéroïdiens à doses anti-inflammatoires ni des corticoïdes par voie générale dans les rhino-pharyngites, alors que leurs risques sont connus.
Pratiques observées:
Selon lenquête de la CRAM, des antibiotiques sont prescrits chez 43,5 % des enfants présentant une rhino-pharyngite non compliquée, pour une durée de traitement de six à huit jours. Les pénicillines, les céphalosporines de première génération et les macrolides sont utilisés dans respectivement 18 %, 12 % et 7 % des cas.
Lassociation à lantibiotique dun corticoïde a été notée dans 7 % des prescriptions et dun AINS dans 12 % des cas.
Lantibiothérapie est systématique pour 2,5 % des prescripteurs. Les autres y ont recours en raison de la symptomatologie présentée qui est le plus souvent:
- la fièvre élevée (supérieure à 38,5 °C)
- la rhinorrhée daspect purulent
- lexistence de tympans congestifs et/ou dotalgies.
Ces résultats sont comparables à ceux trouvés dans une étude publiée en 1997 (10), où les principaux critères conduisant à une prescription dantibiotiques étaient:
- la durée de la fièvre supérieure à trois jours (72 %)
- le caractère purulent de la rhinorrhée (77 %)
- laspect des tympans (65,5 %)
- la notion dinfection ORL à répétition.
La pression des parents est un facteur à prendre en compte car un tiers de ceux-ci attendent une prescription dantibiotiques en allant consulter, et 5 % dentre eux insistent en cas de refus du praticien. Par ailleurs, 33 % des médecins ont le sentiment de prescrire des antibiotiques à la demande pressante des parents (10).
Daprès lEPPM, les antibiotiques sont prescrits dans 38,2 % des diagnostics de rhino-pharyngite (pénicillines: 19,6 %, macrolides: 9,3 %, céphalosporines orales: 8,1 %, sulfamides: 0,4 %).
Des AINS et des corticoïdes sont prescrits respectivement dans 6,8 % et 0,9 % des diagnostics.
En résumé, un antibiotique est prescrit dans près de 40 % des cas de rhino-pharyngite. Cette prescription parait être influencée par la pression des malades ou de leur entourage. Elle nest étayée par aucune étude épidémiologique montrant lintérêt de lantibiothérapie dans la prévention des complications à type dotites.
Une information auprès du public est donc nécessaire pour souligner labsence de bénéfice connu dun tel traitement au regard des risques potentiels individuels et collectifs (effets secondaires et résistances bactériennes).
- Bronchites aiguës
Pratiques actuellement recommandées:
Les bronchites aiguës du sujet sain, étant généralement virales, ne justifient pas dantibiothérapie (8). Les différents essais comparatifs, réalisés en double aveugle contre placebo, nont pas montré de supériorité de lantibiotique testé par rapport au placebo (11).
Dans la bronchite aiguë, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticoïdes par voie générale nont pas dindication (8).
Pratiques observées:
Lenquête de la CRAM rapporte quun antibiotique a été prescrit dans 80,5 % des cas de bronchites de lenfant. La décision de recourir aux antibiotiques nest pas influencée par le jeune âge.
Les céphalosporines de première génération, les pénicillines et les macrolides sont prescrits dans respectivement 22 %, 21,5 % et 17 % des cas.
Lassociation à lantibiotique dun corticoïde a été notée dans 25 % des prescriptions (dans ce cas, la moitié des enfants avaient des antécédents dallergie) et dun AINS dans 6%.
Selon lEPPM (adulte et enfant), les antibiotiques sont prescrits dans 79,5 % des diagnostics de bronchite aiguë (pénicillines: 31,3 %, macrolides: 22,4 %, céphalosporines orales: 19,6 %, sulfamides: 1,1 %, fluoroquinolones: 0,8 %).
Des corticoïdes et des AINS sont prescrits dans respectivement 16,4 % et 3,1 % des diagnostics.
Ces résultats sont comparables à ceux dune enquête réalisée grâce à lenvoi de questionnaires, décrivant des cas cliniques, auprès des médecins généralistes (environ 500) du réseau Sentinelles en 1993. Plus de 95 % des médecins prescrivaient des antibiotiques, y compris en cas de bronchite aiguë banale (12).
En résumé, dans les bronchites aiguës (dont lorigine est le plus souvent virale) les antibiotiques sont prescrits dans environ 80 % des cas.
A lévidence, la recommandation de la Conférence de Consensus de la SPILF sur les infections respiratoires nest pas suivie (13). Il convient donc de renforcer les messages sur linutilité des antibiotiques dans la bronchite aiguë et dassocier les médecins généralistes à un projet de formation concernant les diagnostics et les traitements des infections respiratoires bénignes courantes.
- Angines
Pratiques actuellement recommandées (8) :
Seule langine streptococcique qui représente 25 à 40 % des cas dangine chez lenfant (10 à 25% chez ladulte) justifie un traitement antibiotique pour prévenir la survenue de complications rares mais graves : complications suppuratives locales, rhumatisme articulaire aigu (RAA) ou glomérulonéphrites aiguës.
Dans lattente de lutilisation courante de tests de diagnostic rapide pour détecter le streptocoque A, il est raisonnable de continuer à traiter toutes les angines aiguës de lenfant, de ladolescent et de ladulte jeune de moins de 25 ans par antibiotiques (pénicilline V, aminopénicilline, céphalosporine de première génération et macrolide - particulièrement en cas dallergie aux bêta-lactamines). La durée du traitement est variable selon lantibiotique utilisé, de 5 à 10 jours.
Pratiques observées:
Daprès les résultats de lenquête de la CRAM, lantibiothérapie est quasi systématique (96,2 % des cas dangines). Les aminopénicillines sont les antibiotiques les plus prescrits (53 % des cas). Les macrolides et les céphalosporines de première génération sont prescrits dans respectivement 14 % et 13 % des cas.
Lassociation à lantibiotique dun corticoïde a été notée dans 4 % des prescriptions et dun AINS dans 17 %.
Selon lEPPM, environ 9 millions de prescriptions dantibiotiques par an sont liées en France à cette indication.
Des antibiotiques sont prescrits dans 92,4 % des diagnostics dangine (pénicillines: 54,4 %, céphalosporines orales: 19 %, macrolides: 17,9 %, sulfamides: 0,2 %).
Des AINS et des corticoïdes sont également prescrits (dans respectivement 14,4 % et 2,4 % des diagnostics).
En résumé, la question de la prescription dantibiotiques dans langine reste posée. Seule langine à Streptocoque A relève dun traitement antibiotique. La prévention des complications telles que le RAA, les glomérulonéphrites, les complications loco-régionales (abcès, phlegmons) est la principale raison du traitement antibiotique des angines, même si linfection nest pas bactériologiquement documentée. Les tests de diagnostic rapide pourraient sélectionner les patients à traiter et donc permettre de limiter les prescriptions dantibiotiques aux cas justifiés sans altérer lefficacité des soins notamment en terme de survenue des complications. Il reste à déterminer la qualité de ces tests en pratique médicale de routine.
- Otites moyennes aiguës
Pratiques actuellement recommandées (9) :
Lotite moyenne aiguë (OMA) est une inflammation de la caisse du tympan.
Cest, en fréquence, la première infection bactérienne de lenfant et la première cause de prescription dantibiotiques dans les pays occidentaux.
Les deux espèces bactériennes les plus souvent en cause sont Haemophilus influenzae (40 à 45 % des cas) et Streptococcus pneumoniae (25 à 30 %).
Un consensus existe sur la nécessité de traiter lenfant de moins de deux ans en raison de son immaturité immunitaire et de la probabilité quun pneumocoque soit responsable de lotite. Lantibiothérapie probabiliste fait appel à des antibiotiques efficaces sur le pneumocoque. Le risque de résistance aux antibiotiques est élevé à cet âge, et dautant plus que lenfant est gardé en collectivité.
Les antibiotiques ont réduit de manière importante la survenue des complications graves: mastoïdites et méningites.
Lotite moyenne aiguë dorigine bactérienne est habituellement traitée par antibiotique. Le choix de lantibiotique est différent selon lexistence ou non dun risque de souche résistante aux pénicillines. Aucune étude na démontré lintérêt des anti-inflammatoires non stéroïdiens ni celui des corticoïdes.
Pratiques observées:
Daprès les résultats de lenquête de la CRAM, un antibiotique a été prescrit dans 85,6 % des cas dotites. La prescription a été effectuée sans recherche bactériologique dans 98 % des cas, elle est donc de type probabiliste.
La décision de recourir à lantibiothérapie nest pas influencée par le jeune âge de lenfant.
Lassociation amoxicilline/acide clavulanique, les céphalosporines de première et de troisième génération sont utilisées dans respectivement 31 %, 16 % et 17 % des cas.
La durée de traitement est de 8 jours dans 60 % des cas, elle varie selon les classes dantibiotiques utilisées.
Un AINS est associé à lantibiotique dans 32 % des prescriptions et un corticoïde dans 23 % des cas.
Selon lEPPM, des antibiotiques sont prescrits dans 73,7 % des diagnostics dotite moyenne aiguë (pénicillines: 37%, céphalosporines orales: 33,6 %, sulfamides: 9 %, macrolides: 1,3 %, fluoroquinolones: 0.6 %).
Des AINS et des corticoïdes sont prescrits dans respectivement 26,2 % et 13,9 % des diagnostics.
Le consensus établi en 1996 restant valable quant au choix de lantibiotique et des posologies, sa diffusion doit être renforcée.