Point sur la
vaccination contre l'Hépatite B
Hépatite B
- Données françaises et internationales -
1- La maladie
Le virus de l'hépatite B se transmet par le sang et les autres liquides biologiques, par voie sexuelle et de manière verticale (mère/enfant). Le risque de contamination après exposition au sang est 10 fois supérieur au risque lié au VHC et 100 fois supérieur au risque lié au VIH. L'infection est cliniquement muette dans plus de deux tiers des cas et peut donc passer inaperçue. Le sujet porteur chronique constitue ainsi une source possible de contamination secondaire.
La primo-infection virale peut donner lieu à des signes cliniques plus ou moins marqués dans 20 à 40 % des cas (forme symptomatique). On observe rarement une forme fulminante (1% des formes ictériques à 1 du total des primo-infections), souvent mortelle ( 80 % des cas).
L'évolution naturelle de la maladie est la suivante : on observe une hépatite chronique dans 2 à 5 % des cas (cette fréquence est beaucoup plus élevée chez l'enfant de moins de 5 ans). La cirrhose survient dans 20 à 30 % des cas, après une évolution en général supérieure à 10 ans. Enfin, un carcinome hépatocellulaire peut se développer après évolution de la cirrhose. Le virus de l'hépatite B, comme celui de l'hépatite C, est le principal facteur de survenue du cancer du foie.
On estime qu'environ 10 % des décès par maladie chronique du foie (cirrhose) et par hépatocarcinome sont liés au virus de l'hépatite B. Ainsi environ 1000 personnes meurent chaque année en France des complications d'une hépatite chronique à virus B (INSERM, 1995).
Il n'existe pas de traitement curatif actuellement. L'Interféron alpha et d'autre antiviraux sont en cours d'évaluation. Ils ont une efficacité partielle. La prévention repose sur le dépistage de certaines populations (donneurs de sang, dialysés, femmes enceintes) ; le renforcement des précautions universelles ; la sensibilisation des groupes à risque (homosexuels, personnes à partenaires sexuels multiples, toxicomanes) et la vaccination.
2- Epidémiologie
Les connaissances épidémiologiques sur l'hépatite B sont imparfaites. Les estimations sur la prévalence en France sont les plus fiables. On estime que 100 000 personnes seraient porteurs chroniques (0,17 % de la population générale). Il faut souligner la grande hétérogénéité observée en fonction de l'âge, du sexe, et de l'origine géographique. Le risque de contracter une hépatite B n'est pas uniforme au cours de la vie : très faible dans l'enfance, il croît à partir de l'adolescence, connaît un pic dans la tranche de population âgée de 20 à 29 ans pour décroître ensuite.
La France fait partie de la zone géographique de faible prévalence (inférieure à 2 %) qui comprend l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord (12 % de la population mondiale). La zone de prévalence moyenne (2 à 7 %) regroupe l'Europe de l'Est, le Bassin Méditerranéen et l'Amérique du Sud (43 % de la population mondiale). La zone de forte prévalence (supérieure à 8 %) correspond au continent asiatique (45 % de la population mondiale).
Selon l'OMS, plus de 350 millions de personnes seraient porteurs chroniques du VHB dans le monde.
En France, les données sur l'incidence proviennent d'un réseau de médecins généralistes sentinelles (RNTMT). Le nombre d'hépatites aiguës B symptomatiques était estimé à 8000 en 1994 ; il serait de 2500 à 3000 actuellement. On observe une dizaine de cas d'hépatites fulminantes par an. Le profil épidémiologique des malades est mal connu.
3- La vaccination
Le développement de la vaccination a été très précoce en France (1981 : première mondiale). Les premiers vaccins ont été issus de plasmas humains. Ils ont été remplacés à partir de 1988 par des vaccins issus du génie génétique.
Durant la décennie 80, les recommandations se sont appliquées aux groupes à risque : professionnels de santé, toxicomanes, sujets à partenaires sexuels multiples. L'obligation vaccinale pour les professionnels de santé, instaurée par la loi du 18 Janvier 1991 permet la protection des professionnels et des patients.
Une étude du CDC publiée en 1991, a montré que la stratégie visant à vacciner l'ensemble des enfants à la naissance associée à un rattrapage chez les adolescents (âge où commencent à s'observer des comportements à risque) était la plus efficace et permettait d'obtenir en dix ans une réduction de moitié de l'incidence des infections à VHB.
A cette date, les Etats-Unis et le Canada ont modifié leur calendrier vaccinal et l'OMS a intégré cette stratégie au sein du programme élargi de vaccination. Actuellement, 89 pays vaccinent les nourrissons mais les politiques vaccinales restent très différentes selon les pays (voir tableau).
4- Impact de la vaccination en France
La France a adopté cette stratégie en 1993 avec pour objectif de diminuer l'incidence de 90 % d'ici 2015. Une campagne nationale en faveur de la vaccination, largement reprise par la presse, a été menée en 1994.
Une vaccination destinée aux scolaires a débuté à la rentrée 1994. Les résultats de la campagne scolaire sont les suivants : 495 000 enfants vaccinés en 1994/1995 (57,2 % de la tranche d'âge), 375 000 en 1995/1996 (44,1 %) et 313 000 en 1996/1997 (37,8 %). La décroissance observée ne traduit pas un fléchissement de la vaccination, puisque parallèlement 15,9 %, 29,4 % et 38,8 % de la tranche d'âge étaient vaccinés par leur médecin traitant.
On estime aujourd'hui que 7 millions d'enfants de moins de 15 ans sont vaccinés. Par ailleurs, 18 millions d'adultes ont été vaccinés en France. La couverture vaccinale française est ainsi une des plus élevées au monde.
CAS DE PRIMO-INFECTION HEPATITE B
RECENSES PAR LE SERVICE DE SANTE DES ARMEES
____
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 Métropole Cas
Incidence pour 100 000
46
9
87
17
62
16
50
12
73
16
63
14
63
15
Outre-Mer Cas
Incidence pour 100 000
18
54
12
37
3
8
16
34
7
14
13
32
5
11
Total Cas
Incidence pour 100 000
64
11
99
18
65
12
66
9
80
16
76
15
68
14
- Vaccination obligatoire pour les départs Outre-Mer
- La population observée est de 500 000 personnes (appelés, engagés)
- Age moyen : 23 ans (en 1996)
- Un tiers des primo-infections sont symptômatiques
PROGRAMMES DE VACCINATION
CONTRE L'HEPATITE B
EN EUROPE
____
PAYS NOURRISSONS ADOLESCENTS GROUPES A RISQUE Autriche oui non x Belgique oui oui x Danemark non non x Finlande non non x France oui oui x Allemagne oui non x Grèce oui (98) non x Irlande non non x Italie oui oui x Luxembourg non non x Pays-Bas non non x Portugal oui +/- x Espagne +/- oui x Suède non non x Royaume-Uni non non x Suisse non oui (98) x