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Point sur la vaccination contre l'Hépatite B
 

Introduction de Bernard Kouchner
 

Vaccination contre l’hépatite B: 

Nous venons de recevoir les résultats des études sur la vaccination de l’hépatite B. Vous en aurez connaissance dans quelques instants.

Avant de laisser la parole aux différents experts qui sont ici, quelques éléments de contexte et quelques points de méthode.

Le vaccin contre l’hépatite est la seule vaccination disponible contre un cancer. Il prévient la survenue de maladies graves : hépatite aïgues fulminantes, hépatites chroniques, cirrhoses, cancers. Il est remarquablement efficace. C’est pourquoi, la France comme les autres pays, s’est engagée dans un programme de vaccination, à la suite de la décision de l’OMS de 1991. Nous avons aujourd’hui une couverture vaccinale particulièrement élevée, dont il faut tenir compte pour apprécier l’évolution des risques de transmission du virus de l’hépatite B.

Nous avons donc procédé à une évaluation actualisée des bénéfices attendus des stratégies vaccinales.

Nous avons également approfondi les connaissances sur les risques éventuels de la vaccination.

Rappel de la chronologie :

- des cas d’atteintes démyélinisantes du système nerveux central, potentiellement liés à la vaccination ont été signalés en 1994. Une étude de pharmacovigilance a été initiée.

- en 1996 a été effectuée une étude à la Pitié Salpétrière sur un éventuel lien entre le vaccin contre l’hépatite B et des troubles neurologiques (affections démyélinisantes du système nerveux central).

- cette étude a été examinée par la commission nationale de pharmacovigilance en juillet 1997. Elle ne pouvait conclure à un lien démontré. Nous avons demandé à la fin du mois de juillet 1997 deux nouvelles études; ce sont ces études dont les résultats vous seront présentés.

- en janvier 1998, devant vous, il a été fait état de problèmes vaccinaux qui auraient été liés à l’utilisation temporaire d’un vaccin surdosé. Nous avions alors confirmé qu’il s’était agi de troubles tout à fait passagers et bénins.

- s’agissant des éventuelles complications neurologiques, nous avons demandé, devant vous, de rester vigilant et avons consulté le comité technique des vaccinations en avril pour répondre à des interrogations des médecins scolaires. A la suite de l’avis du CTV, la troisième injection a été effectuée.

- Nous avons, en même temps, souhaité avoir une meilleure définition des groupes à risques : c’est ce qu’a fait le conseil supérieur d’hygiène publique de France dans un avis rendu public en juillet dernier. Il a également modifié le schéma vaccinal et supprimé les rappels inutiles.

- Nous avons décidé une actualisation des données sur l’épidémiologie de l’hépatite B.

Ces travaux se sont poursuivis tout au long de l’été.

Le 21 septembre dernier, se sont réunis à Paris une quarantaine d’experts du monde entier (liste ci-jointe) pour prendre connaissance de premiers résultats des études menées en France et en Angleterre. Depuis lors, j’ai réuni à plusieurs reprises ces experts ( Agence du médicament, RNSP, Conseil supérieur d’Hygiène publique de France, hépatologues, épidémiologistes, pharmacologues). Je les ai longuement écoutés. Nous avons mené des discussion approfondies. Nous avons entendu leurs certitudes comme leurs incertitudes, leurs chiffres, leurs raisonnements. Nous avons participé à une réunion qui s’est déroulée cette semaine à l’OMS, en présence des laboratoires producteurs.

Ensuite, j’ai pris une décision sur la stratégie vaccinale qui me paraît la mieux adaptée à la situation française. Je vous la ferai connaitre après les exposés qui suivent. J’ai souhaité en effet que cette décision soit rendue publique avec l’ensemble des résultats et des avis dont nous disposons et que ceux-ci soient directement portés à votre connaissance. Avec Martine Aubry, nous appellons cet éclairage démocratie sanitaire.

Enfin, nous avons travaillé en incluant les données recueillies par une association de malades, l’association REVAHB. Je crois que c’est la première fois qu’un tel travail est réalisé de cette façon. Les cas signalés à cette association de malades ont été transmis à l’agence du médicament, comptabilisés, comparés aux cas notifiés par le système de pharmacovigilance. C’est une illustration de la démocratie sanitaire, qui contribue à la sécurité sanitaire.

La France a ainsi réalisé un travail très approfondi, pionnier dans le monde scientifique. Il se poursuivra, dans ce domaine, comme dans d’autres.

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