3- Ces mesures concernant lallocation adulte
handicapé et les centres daide par le travail saccompagnent dune majoration
de 30% des crédits déconcentrés auprès des préfets de région et de département
qui passent de 60,6 millions deuros cette année à 78,9 millions deuros en
2003.
Cet effort budgétaire permettra de développer les services offerts aux personnes
handicapées avec le souci dune plus grande proximité et cette déconcentration
donnera aux élus locaux la possibilité de travailler avec les services de lEtat
dans le cadre de projets territoriaux tenant compte des bassins de vie.
Ces nouveaux crédits permettront de créer 30 sites pour la vie autonome. Ces
sites doivent faciliter le rassemblement des principaux décideurs financiers (Etat
collectivités locales sécurité sociale mutuelles) afin que la personne
handicapée nait plus quun seul interlocuteur dans sa recherche de financement
des aides techniques qui savère trop souvent être un véritable parcours du
combattant.
Dans un second temps, je souhaite que ces sites puissent apporter des réponses
globales aux personnes handicapées et à leur famille, et quils soient de
véritables lieux de ressources en aides techniques certes mais aussi humaines et en
information de toutes sortes.
A ce propos, jai confié au professeur LECOMTE une mission détude sur les
conditions de prise en charge des aides techniques nécessaires. A ce jour, elles sont au
nombre de 35.000 environ parmi lesquelles seulement 700 sont remboursées par la
sécurité sociale. Cette question sera, sans nul doute, au centre de la réflexion sur la
compensation du handicap.
Ces crédits déconcentrés nous permettront aussi de créer 500 nouveaux postes
dauxiliaires essentiels pour lintégration et la réussite scolaire des
enfants handicapés.
Avec le ministre de léducation nationale jai mis en place le 17 octobre
dernier un groupe de travail dont la mission est de définir un nouveau statut pour les
auxiliaires dintégration scolaire. Ce groupe de travail remettra ses propositions
en mars 2003.
Pour lheure, avec Luc FERRY, je mengage à ce que le nombre
dauxiliaires dintégration scolaire soit préservé jusquà la fin de
lannée scolaire (juin 2003), soit pour léducation nationale 1100 postes à
temps plein et 2000 à temps partiel et pour mon secrétariat dEtat 2200 postes
associatifs à temps plein.
Si les enfants ont lobligation daller à lécole, il faut affirmer, a
contrario, que léducation nationale a lobligation de sadapter et
daccueillir tous les enfants, à lexception bien sûr des très lourdement
handicapés qui ne peuvent bénéficier daucune scolarité. Trop denfants sont
à ce jour en attente dintégration scolaire !
En plus des postes dauxiliaires dintégration scolaire, 1100 postes
dauxiliaires de vie seront créés portant à 5000 leur nombre à la fin de
lannée prochaine.
A côté de lintégration scolaire puis professionnelle, le choix du mode de vie
doit être respecté, conforté. De plus en plus de personnes souhaitent vivre à domicile
plutôt quen établissement, quelle que soit la lourdeur de leurs handicaps.
Certaines ont besoin dun accompagnement 24 heures sur 24. Jai demandé à mes
services déconcentrés de mieux répondre à la demande de ces personnes et de rechercher
soit directement avec elles, soit par le biais de leurs associations, une solution
adaptée, personnalisée.
Grâce aux crédits déconcentrés, il sera également possible de développer laccueil
temporaire en établissement qui est essentiel pour les personnes handicapées vivant
à domicile particulièrement celles souffrant dun handicap lourd ainsi que pour
leur famille qui a besoin par moment de se reposer et de vivre selon un autre rythme.
Le maintien à domicile suppose des auxiliaires de vie, la possibilité daccueil
temporaire mais aussi des services de soins infirmiers à domicile dont jai
demandé la poursuite à titre dérogatoire en attendant la parution prochaine du décret
qui leur donnera un statut légal.
Le financement du développement de ces soins comme celui de lexternalisation
déquipes travaillant dans les maisons daccueil spécialisé ou dans les
foyers daccueil médicalisé est prévue dans le projet de loi de
financement de la sécurité sociale.
Avant de généraliser les dispositions de maintien à domicile, il faudra
expérimenter plusieurs solutions. Ces expérimentations feront lobjet dun
suivi attentif de ma part car le choix de vie des personnes handicapées sera un des
principaux axes de la réforme de 1975.
4- Le Fonds spécial dinvalidité
91.700 personnes bénéficient de ce fonds. Il sagit dune allocation
versée, sans condition de ressources, en complément dune pension
dinvalidité ou dassurance vieillesse. Cette allocation concerne les personnes
atteintes dune invalidité générale réduisant leur capacité de travail
dau moins 2/3. Un audit va être fait par lIGAS sur les circuits de
financement courant 2003.
B- Ce budget ne résume pas à lui tout seul les efforts en faveur des personnes
handicapées
Le projet de loi de finances qui vous est soumis donne un certain nombre
dindications sur les efforts de lensemble des autres ministères.
Déjà si lon y ajoute les mesures fiscales ou les réductions dimpôts, ou
les interventions de lEtat en faveur de la garantie de ressources, le montant des
actions pour les personnes handicapées sélève à plus 7,5 milliards deuros.
La solidarité nationale se retrouve également dans le PLF SS avec notamment le
doublement du nombre de places en MAS (2200 contre 1100 seulement en 2002).
Si lon était en mesure dintégrer les efforts consentis par les
collectivités territoriales, en matière dhébergement, ou dACTP (allocation
compensatrice pour tierce personne), cet effort apparaîtrait encore plus important, ce
dont je me réjouis. Déjà près dune vingtaine de conseils généraux ont décidé
de déplafonner lallocation compensatrice pour tierce personne (ACTP).
C) Ces principes daction, ces efforts budgétaires, ce souci de
linnovation et de lexpérimentation visent un seul but : une meilleure
voire totale intégration des personnes handicapées. Tel sera lobjectif de la
réforme de la loi dorientation de 1975 qui sera déposée devant le Parlement
courant 2003.
La question qui nous est posée à tous est la suivante : comment faire en sorte
que la future loi permette à chaque personne handicapée de trouver sa place dans la
société, et à la société dans son ensemble de ly aider ?
Question difficile qui renvoie aux obligations de la solidarité nationale au travers
dune politique de compensation du handicap.
Question difficile dont la bonne réponse demande la mobilisation de tous.
Cest la raison pour laquelle je multiplie les déplacements sur le terrain et les
contacts avec les intéressés et les associations.
Je voudrais souligner devant vous les principaux enseignements que jen
tire :
- dabord un engagement réel des différents acteurs qui nest pas assez
visible mais dont certains résultats sont déjà probants
- ensuite, une réelle nécessité de diversifier les modes de prise en charge
- troisièmement, la volonté dexpérimenter à tous les niveaux, démarche qui sera
facilitée par la loi sur la décentralisation,
- enfin lurgence à traiter plus particulièrement certains problèmes
aujourdhui totalement en friche : celui des personnes lourdement handicapées,
celui des personnes handicapées vieillissantes ou des polyhandicapés, des autistes et
des traumatisés crâniens sans oublier celui de laide aux familles.
Dans cette perspective je compte également beaucoup sur les travaux du Conseil
national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) et des Conseils
départementaux (CDCPH) qui seront des lieux de concertation essentiels. Des sujets
aussi importants que laccessibilité au milieu ordinaire de travail, aux lieux
publics, à lécole ou au lycée, à une éducation et une formation
professionnelle, aux loisirs, à la culture seront traités de nouveau dans ce cadre.
Les propositions faites par les parlementaires me seront également très
précieuses. Je pense notamment aux suggestions intéressantes des rapporteurs de ce
budget, Messieurs CHOSSY et BAPT, mais aussi au rapport sénatorial très complet sorti
cet été sur ce sujet.
Ensemble nous nous devons de proposer aux personnes handicapées et à leur famille un
nouvel outil législatif qui soit plus simple, clair, efficace, qui permette de
sinterroger sur les dispositifs actuels et de leur donner plus de souplesse, de
capacité dadaptation à des solutions nouvelles répondant mieux au souci
dautonomie et dintégration des intéressés.
Tel est le beau défi qui nous attend. Jentends le relever avec vous et avec
lensemble du Gouvernement dans la droite ligne de lengagement du Président de
la République.
Il en va de la dignité de la société tout entière de le relever mais aussi de la
dignité de chacun dentre nous. Plus est en nous !