Les addictions posent,
en France comme à l’échelle européenne
et dans le reste du monde, un problème de santé publique
majeur, dont les impacts sont multiples, sanitaires, médicaux
et sociaux.
La consommation de substances psycho-actives est responsable en
France de plus de 100 000 décès évitables par
accidents et par maladies, dont près de 40 000 par cancers.
Les conduites addictives interviennent ainsi dans environ 30 % de
la mortalité prématurée (soit avant 65 ans).
La notion de conduite addictive comprend à la fois les addictions
aux substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites)
mais également les addictions comportementales, sans substances
psycho-actives (jeu, par exemple). L’addiction se caractérise,
en effet, par l’impossibilité répétée
de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement
en dépit de la connaissance des conséquences négatives.
La commission addictions a été créée
par arrêté du ministre de la santé et des solidarités
en date du 26 octobre 2006. Elle a pour mission l’évaluation
et l’amélioration des réponses aux besoins de
prise en charge et d’accompagnement des personnes dans le
champ des pratiques addictives. Elle est présidée
conjointement par le directeur général de la santé
et la directrice de l’hospitalisation et de l’organisation
des soins. Les travaux de la commission se déroulent en séances
plénières et en groupes de travail. Actuellement,
cinq groupes de travail ont été désignés
:
Groupe « traitements de substitution
aux opiacés » ;
Groupe « hébergement » ;
Groupe « évaluation des outils
de réduction des risques » ;
Groupe « enseignement et recherche »
;
Groupe « dispositif sanitaire de prise
en charge ».
Les travaux menés au sein de la commission
permettent d’éclairer l’administration, les professionnels
et les patients sur des problèmes importants, au travers
notamment d’avis préparés par les groupes de
travail et adoptés par la commission réunie en plénière.
Avis n° 4, adopté en séance plénière, à l'unanimité, le 26 novembre 2008, concernant la mise en place d'un module minimal d'addictologie dans la formation initiale des futurs soignants. Cette proposition du groupe formation/recherche a été reprise dans le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 qui prévoit de créer un module obligatoire d'addictologie dans la première année du 1er cycle universitaire, dans le cadre de la réorganisation en cours du cursus des études médicales et paramédicales, de médecine -pharmacie- odontologie - psychologie- écoles d'infirmières- écoles de sage-femmes et filières de formation des professionnels du travail et de l'intervention sociale. L'inscription de cette mesure dans le plan gouvernemental et l'adoption d'un avis par la commission addictions a donné lieu à un accord de principe de la commission nationale pédagogique des études médicales, chargée de définir les grandes lignes du tronc commun de la formation, pour l'inscription d'un module obligatoire d'addictologie dans la première année du premier cycle universitaire dans l'unité d'enseignement Santé, société et humanité.
3. Informations sur les addictions et les drogues
Le livre « drogues et dépendances »
édité par l’INPES est une synthèse des
principales informations utiles pour être bien informé
et mieux faire face aux dangers représentés par la
consommation de drogues.
A consulter ou télécharger sur le site http://www.drogues-dependance.fr
L’ensemble des données utiles pour
comprendre les phénomènes de consommation de drogue
et de substances psychoactives figure sur les sites de l’observatoire
français des drogues et des toxicomanies (OFDT - http://www.ofdt.fr)
et sur celui de la mission interministérielle de lutte contre
la drogue et la toxicomanie (MILDT - http://www.drogues.gouv.fr).
D’autres ressources, pour le grand public
et les professionnels, sont sur le site de l’Institut national
de prévention et d’éducation pour la santé
(INPES), dans l’espace thématique « drogues »
(http://www.inpes.sante.fr),
ainsi qu’à la rubrique « drogues » du site
de fil santé jeunes (http://www.filsantejeunes.com/-Drogues-).
Par ailleurs, il existe des
lignes téléphoniques :
DATIS (Drogue
Alcool Tabac Info Service) met à disposition différents
numéros de téléphone permettant de trouver
écoute, soutien et conseils liés aux usages :
- Drogues Info Service au 0800
23 13 13, 7 jours sur 7 (appel gratuit depuis un poste fixe) ou
au 01 70 23 13 13 depuis un portable (coût d’une communication
ordinaire).
- Ecoute alcool au 0810 91 30
30, 7 jours sur 7 (coût d’une communication locale
depuis un poste fixe)
- Ecoute Cannabis au 0810 91 20
20 de 8h à 20h (coût d’une communication locale
depuis un poste fixe).
Ces numéros sont ouverts aussi bien au public qu’aux
professionnels. Ils permettent, entre autres, d’acquérir
une information sur les produits, les effets, les risques, la
loi, les lieux d'accueil et de soins et d’être orienté
vers les organismes compétents dans le domaine de la prévention,
des soins, de l'insertion et de la réduction des risques.
Fil santé jeunes
au 0800 235 236 de 8h à minuit tous les jours (numéro
gratuit).
Tabac info service
(TIS) (géré par l’INPES) au 0825 309
310 de 8h à 20 h du lundi au samedi (0,15€ par minute)
Enfin, de nombreux dispositifs existent sur l’ensemble
du territoire et proposent d’accompagner et soigner le consommateur
et, éventuellement, son entourage :
a) Le dispositif spécialisé
médico-social
Les CSST (Centres de Soins Spécialisés
aux Toxicomanes) ;
Les CCAA (Centres de Cure Ambulatoire en Alcoologie)
;
Les CCAA et les CSST seront bientôt remplacés par
les Centres de soins, d’accompagnement et de prévention
en addictologie (CSAPA). Ces centres ont vocation à accueillir
toute personne souffrant d’un problème d’addictions.
Leur cadre a été précisé par la circulaire
N°DGS/MC2/2008/79 du 28 février 2008.
Les CAARUD (Centres d’accueil et d’accompagnement
à la réduction des risques chez les usagers de drogues).
L’objectif de ce dispositif est de prévenir, ou de
réduire, les effets négatifs liés à
la consommation de stupéfiants y compris dans leur association
avec d’autres substances psychoactives et, ainsi, d’améliorer
la situation sanitaire et sociale de ces consommateurs qui ne
sont pas encore engagés dans une démarche de soins.
« réduction
des risques chez les usagers de drogues ».
Les consultations jeunes consommateurs (dites
« consultations cannabis ») : destinées aux
jeunes consommateurs de cannabis et autres substances psychoactives
et à leur famille afin de permettre une meilleure évaluation
de la situation des jeunes consommateurs et de les aider en facilitant
l’accès à des professionnels. Les adresses
des consultations jeunes consommateurs, sur le site
de la MILDT.
Ces consultations sont appelées à s’intégrer
au sein des CSAPA quand elles sont gérées par des
établissements médico-sociaux et au sein des consultations
d’addictologie quand elles sont sous la responsabilité
d’un établissement de santé.
Parmi les composantes de cette filière les équipes
de liaison et de soins en addictologie jouent un rôle important,
en tant qu’interface avec les dispositifs intra et extra hospitaliers.
Voir le rapport
d’activité 2005 et le guide méthodologique.
Les consultations en tabacologie, dont les adresses
sont disponibles auprès de Tabac info service.
c) Les réseaux de santé ayant
une activité en addictologie
Source :
Bureau des "pratiques addictives"MC2
Sous direction de la promotion de la santé et prévention
des maladies chroniques MC
Direction générale de la santé
14 avenue Duquesne, 75007
Mise en ligne : mars 2008
Actualisation : avril 2009