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2.5 Toxines (botulique, entérotoxine B du staphylocoque, toxine diphtérique, ricine, saxitoxine)
Depuis cette page, vous accédez à des informations médicales concernant les toxines. Elles décrivent létat des connaissances scientifiques à leur date de rédaction. Elles ne donnent pas de renseignements épidémiologiques actualisés.
2.5.1 Introduction
2.5.2 Toxine botulique
2.5.3 Entérotoxine B du staphylocoque
2.5.4 Toxine diphtérique
2.5.5 Ricine
2.5.6 Saxitoxine
2.5.1 Introduction
Les toxines sont des poisons solubles, certains synthétisés par des végétaux, dautres sécrétés par des bactéries, soit au sein de lorganisme vivant, soit dans des milieux de culture artificielle.
Les toxines, présentes dans lorganisme humain, peuvent être à lorigine de divers symptômes, de gravité variable, en raison de leur pouvoir toxique. La dangerosité des toxines est variable selon leur nature. Différents types de toxines pourraient être utilisés comme armes biologiques.
2.5.2 Toxine botuliques
Les toxines botuliques sont sécrétées par une bactérie Clostridium botulinum et sont à lorigine de la maladie dénommée botulisme.
La toxicité des toxines botuliques est la plus élevée de toutes les toxines connues notamment les toxines A, B, et E qui sont les plus toxiques chez lhomme.
Pour en savoir plus sur le botulisme et les toxines botuliques, se reporter à la rubrique " Botulisme ", en cliquant sur ce lien.
2.5.3 Entérotoxine B du staphylocoque
- Agent : Lentérotoxine B du staphylocoque est sécrétée dans lorganisme par la bactérie dénommée le staphylocoque doré.
- Pathologie, signes et diagnostic : Les premiers symptômes de la toxi-infection commencent 3 à 12 heures après une exposition à un aérosol. Le début des symptômes est marqué par une fièvre à 39 °C et par un syndrome dallure grippal. Une gêne respiratoire (dyspnée) et des douleurs thoraciques peuvent sobserver. Un syndrome gastro-intestinal non spécifique (coliques, diarrhée, vomissements) est possible. En cas dexpositions massives, la maladie peut évoluer vers une détresse respiratoire aiguë, un syndrome de choc toxique puis une défaillance multivicérale et un décès.
- Voies de contamination : La contamination peut se faire par absorption ou ingestion deau et daliments contaminés ou par voie pulmonaire, après dispersion daérosol.
- Prise en charge médicale : Le traitement est symptomatique (mesures de prise en charge de létat de choc) et comprend, si besoin, une antibiothérapie à large spectre. Il nexiste pas dantidote. Il nexiste pas de prophylaxie post-exposition spécifique, ni de vaccin.
- Contagion interhumaine : Aucune.
- - Mesures de protection de la santé publique :
- Mesures dhygiène individuelle, lavage des mains à leau et au savon
- Inactivation avec eau de javel à 0.5 %
- Destruction des aliments suspectés.
2.5.4 Toxine diphtérique
- Agent : La toxine diphtérique est sécrétée par la bactérie, Corynebacterium diphtheriae.
- Pathologie, signes et diagnostic : La maladie apparaît classiquement sous la forme dune angine diphtérique à fausse membrane. Puis une atteinte cardiaque ou des troubles neurologiques (paralysies bulbaires), une polynévrite, un état de choc, une détresse respiratoire aiguë, (par pneumopathie et/ou fausses membranes extensives du larynx) peuvent se constituer. Les syndromes les plus graves sobservent chez les sujets non vaccinés.
- Voies de contamination : En cas dutilisation des toxines diphtériques comme arme biologique, la contamination se ferait par aérosolisation.
- Prise en charge médicale de la personne exposée :
- Le traitement est symptomatique.
- Isolement du malade
- Le traitement spécifique repose sur lantibiothérapie et éventuellement sur une sérothérapie. Vaccination en phase de convalescence
- Signalement et notification obligatoires
- Mesure concernant les sujets contacts :
- Identification des sujets exposés
- Mesures préventives Surveillance clinique
- Prélèvement microbiologique
- Antibiothérapie
- Vaccination en fonction du statut vaccinal
- Contagion interhumaine : Probable.
- Mesures de protection de la santé publique :
- Eviter propagation inter-humaine (voir mesures concernant les sujets contacts)
- Alerte DDASS, CIRE, InVS pour investigation
2.5.5 Ricine
- Agent : Cest la toxine la plus toxique du règne végétal. Elle est extraite de la fève de Ricin (ricinus communis). Elle agit comme un poison cellulaire qui inhibe la synthèse protéique. Elle peut être extraite de lhuile de ricin incomplètement purifiée.
- Pathologie, signes et diagnostic : Par ingestion, la ricine provoque des symptômes gastro-intestinaux sévères (coliques, diarrhée, vomissements), avec une déshydratation, puis un état de choc et un décès. La ricine a une toxicité sur le foie et le pancréas (hémorragies, hypoglycémies). En cas de pénétration par voie respiratoire, à partir dune aérosolisation de ricine liquide ou de poudre lyophilisée, la ricine comporte une toxicité encore plus grande avec constitution ddèmes pulmonaires hémorragiques, à lorigine dune détresse respiratoire aiguë). Il existe de plus un risque de réaction anaphylactique. La dose létale est de 1 mg/kg. Le diagnostic biologique repose sur un test ELISA sur sérum de convalescent.
- Voies de contamination :
- Contamination de leau et des aliments.
- Dispersion daérosol de ricine liquide ou de poudre lyophilisée.
- Prise en charge médicale
- Traitement symptomatique dont une réhydratation massive.
- Certains recommandent en cas dingestion, un lavage gastrique et une administration de charbon activé.
- Il nexiste pas dantidote.
- Prophylaxie post-exposition : Non
- Contagion interhumaine : Non
- Mesures de protection de la santé publique :
- Kits de détection pour eau dalimentation.(dans le cadre dun dispositif de détection organisé par le distributeur)
- Inactivation avec de leau de javel à 0,5 %
- Pas de toxicité cutanée.
2.5.6 Saxitoxine
- Agent : Toxine des mollusques, produite par lalgue Gonyaulax tamarensis dans lest du continent américain et Goyaulax catanella dans lOuest. Elle est à lorigine dune maladie appelée " intoxication paralysante par les mollusques ", car la toxine inhibe la transmission neuromusculaire par blocage déchange cellulaire de sodium.
- Pathologie : Les premiers symptômes sont une paresthésie oro-buccales et des extrémités qui apparaissent quelques minutes après lingestion des toxines. Ensuite apparaissent des nausées, des vomissements, une diarrhée, puis une paralysie musculaire et respiratoire. Plus lincubation est courte, plus les symptômes sont sévères. Le décès survient par paralysie respiratoire en labsence de traitement.
- Diagnostic : Il repose sur une analyse chimique faite sur le mollusque dans un laboratoire très spécialisé.
- Voies de contamination : Ingestion de mollusques contaminés ou de toxine (en cas dutilisation comme arme biologique).
- Prise en charge : Administration de charbon activé qui adsorbe la toxine dans les 8 à 12 heures suivant lingestion et mesures symptomatiques dassistance respiratoire et de compensation volémique.
- Prophylaxie post-exposition : Délivrance de charbon activé le plus précocement possible.
- Contagion interhumaine : Non
- Mesures de santé publique : Pas de nécessité de décontamination. La cuisson ne détruit pas la toxine.
Source : Direction générale de la Santé.
Rédaction : 24 Octobre 2001