Le
botulisme est une maladie rare et non contagieuse, liée à
l’ingestion d’une puissante neurotoxine bactérienne
produite par des germes du genre Clostridium.
Historiquement, cette maladie s’est développée
dès lors que l’homme a élaboré des techniques
de transformation de la nourriture, notamment en vue d’une
meilleure conservation de celle-ci. Le développement des
règles d’hygiène et des bonnes pratiques dans
la préparation des produits alimentaires destinés
à la conservation, même artisanaux, a permis de lutter
efficacement contre la survenue de cette maladie qui représente
une vingtaine de cas par an en France.
Le botulisme est une maladie à déclaration obligatoire.
Agent
La bactérie, Clostridium botulinum, sécrète
une neurotoxine, la toxine botulique, qui est responsable de l’intoxication.
Cette toxine est une protéine dont il existe sept types antigéniques,
désignés par des lettres de A à G.
La toxine résiste relativement à la chaleur : elle
est inactivée par la cuisson à une température
de 100°C pendant 10 minutes et ceci, quel que soit le produit
qui la contient.
Le développement de Clostridium botulinum
ne peut se faire qu’en l’absence d’oxygène.
Ainsi, la mise sous conditionnement de nourriture initialement contaminée
par cette bactérie favorise la multiplication de celle-ci
et la production de la toxine.
Dans des conditions impropres à son développement,
Clostridium botulinum forme des spores qui permettent à la
bactérie de survivre dans l’environnement. Ces spores
sont très résistantes à la chaleur. Leur inactivation
nécessite une exposition à une température
de 120°C pendant au moins 20 minutes (chaleur humide, exemple
: dans les autoclaves ou autocuiseurs).
Réservoir
L’habitat principal de Clostridium botulinum est le sol (germe dit
tellurique). Ainsi, des spores de Clostridium sont présentes dans
la terre, l’eau et les sédiments aquatiques du monde entier.
Mode de contamination
Le botulisme est habituellement causé par la consommation
d'aliments qui contiennent de la toxine botulique. On parle souvent
de botulisme « alimentaire ».
Ces aliments sont contaminés par Clostridium botulinum ou
ses spores lors de leur préparation. Puis, en l’absence
d’une stérilisation préalable, la conservation
de ces aliments contaminés en anaérobiose et à
température ambiante (boîte de conserve ou emballage
sous vide) va favoriser la croissance de la bactérie et la
production par cette dernière de toxine.
Une forme particulière de botulisme, le botulisme
infantile, est causée par la consommation de spores de Clostridium
botulinum. Dans un premier temps, la bactérie va se développer
dans les intestins des nourrissons, leur flore digestive n’étant
pas totalement fonctionnelle pour empêcher cette colonisation.
Dans un deuxième temps, la bactérie va libérer
progressivement sa toxine.
Des formes de botulisme par toxi-infection intestinale sont aussi
observées chez des adultes.
Epidémiologie
En France, une vingtaine de cas de botulisme alimentaire en moyenne
sont signalés chaque année. Dans leur grande majorité,
ils sont liés à l’ingestion d’une préparation
carnée (pâté, terrine, jambon) artisanale, industrielle
ou familiale (toxine botulique B en majorité). Aucun cas
mortel n’est survenu en France depuis dix ans.
Il n’y a pas de transmission inter
humaine.
Clinique
La durée d’incubation et la gravité des symptômes
dépendent de la quantité de toxine ingérée
et du type de toxine en cause.
Les symptômes apparaissent généralement 12 à
36 heures après l'ingestion d'un aliment contaminé,
mais ils peuvent se développer plus précocement ou
plus tardivement (6 heures jusqu’à 10 jours). Les premiers
signes peuvent être digestifs et non spécifiques (nausées,
vomissements, diarrhée). Puis apparaissent des signes neurologiques
caractéristiques de l’intoxication botulique : troubles
de l’accommodation (sensation de vision floue), paupières
tombantes, troubles de l'élocution, difficulté à
avaler, sécheresse de la bouche, faiblesse musculaire. Dans
les cas les plus graves et faute de traitement, ces symptômes
peuvent progresser pour provoquer la paralysie des membres et des
muscles respiratoires, pouvant conduire à la mort, en cas
de forte contamination et en l’absence de traitement.
Il n’existe pas de fièvre (ou modérée),
pas de trouble de la conscience ni de trouble de la sensibilité.
Diagnostic
Le diagnostic de botulisme peut être assez facilement suspecté
cliniquement, du fait des symptômes très particuliers
et de la description des produits consommés récemment
par le malade. Toutefois, d'autres maladies peuvent présenter
des symptômes similaires. Il est donc systématique
de demander au laboratoire de confirmer le diagnostic : la toxine
botulique peut être mise en évidence dans le sérum
du patient, les vomissements ou les selles, ainsi que dans l’aliment
responsable.
Ces tests sont effectués par le centre national de référence
des bactéries anaérobies et du botulisme.
Traitement
Le traitement du botulisme est symptomatique ; il peut impliquer
une hospitalisation pour les formes graves. Le traitement des cas
les plus graves peut également nécessiter une ventilation
assistée (respiration artificielle).
Prévention
L’observance des règles d’hygiène lors
de la préparation des aliments (lavage soigneux), ainsi que
le respect de bonnes pratiques de cuisson et de conservation pour
les salaisons et les conserves artisanales sont les premières
règles de prévention.
Le respect de la chaîne du froid pour les
produits alimentaires reste également un point important
(Clostridium botulinum voit sa croissance ralentie à la température
de réfrigération).
Enfin, il est toujours recommandé, au moindre
doute, si le produit sur le point d’être consommé
présente une couleur différente, une odeur anormale
voire nauséabonde, en particulier si la boîte de conserve
est déformée ou gonflée, de jeter le produit
sans le consommer.
Déclaration Le botulisme est une maladie à
déclaration obligatoire. Ainsi, en cas de suspicion d’un
cas de botulisme, les médecins sont tenus de le déclarer
sans délais aux autorités sanitaires qui procèderont
à une enquête pour identifier l’origine de la
contamination et, le cas échéant, prévenir
les personnes susceptibles d’y être exposées.