Qui
doit bénéficier d’un conseil génétique
?
A priori, toute personne qui s’interroge sur le risque encouru
par ses enfants à naître ou déjà nés,
et/ou à propos de son propre risque de développer
une maladie, en raison d’antécédents personnels
ou familiaux.
Le conseil génétique peut être
demandé dans des circonstances variées :
- par une personne qui se demande si sa maladie est génétique
et si elle peut la transmettre à ses enfants. Quand il y
a d’autres personnes atteintes dans la famille, cela est vraisemblable.
Mais quand elle est la seule personne atteinte, la possibilité
d’une maladie génétique ne peut être exclue.
- par un couple sans antécédent particulier qui a
eu un enfant malade.
- par une personne non atteinte elle-même et n’ayant
pas d’enfant malade mais qui a un apparenté atteint
(ou plusieurs).
- par un couple dont les deux conjoints ont un lien de parenté,
qu’il y ait ou non des maladies dans la famille commune.
Toutes ces personnes peuvent s’interroger,
mais leur questionnement sera d’autant plus pressant que la
maladie est invalidante. Les mêmes interrogations peuvent
naître chez des personnes sans antécédent particulier.
Quel médecin consulter
?
Un médecin généticien clinicien. Ce spécialiste
des maladies génétiques pourra évaluer le risque
que le consultant développe lui-même la maladie, ait
des enfants atteints. Pour cela, il tiendra compte du diagnostic
précis de la maladie, de son mode de transmission génétique,
du lien de parenté entre la personne qui s’interroge
et le(s) malade(s).
Comment se passe la consultation
de génétique ?
Pour évaluer correctement un risque, le diagnostic de l’affection
en cause doit être établi avec certitude et son origine
déterminée sans ambiguïté. Le généticien
doit donc recueillir avec précision des informations sur
la famille, établir un dossier familial en s’informant
sur les maladies qui peuvent affecter différents membres
de la famille. Les recherches menées sur les maladies génétiques
ont considérablement amélioré le conseil génétique
:
- de nouveaux outils sont disponibles pour permettre de porter le
diagnostic de certaines affections; dans de meilleures conditions.
- des tests génétiques développés pour
certaines maladies permettent de dire si une personne sans symptôme
manifestera la maladie qui existe déjà dans la famille,
si elle est porteuse d’un gène altéré
qu’elle pourra transmettre;
- un diagnostic prénatal, voire un diagnostic préimplantatoire,
peut être réalisé en cas de grossesse à
risque.
Mais parfois, le risque est difficile à préciser.
Aucun diagnostic n’est porté. L’affection relève
de plusieurs causes. Son origine n’est pas connue ou est difficile
à déterminer avec exactitude.
Où s’adresser
pour avoir un conseil génétique ?
Il existe des consultations de génétique dans toutes
les villes universitaires. Afin que le conseil génétique
soit plus facilement accessible à tous, certains services
de génétique ont même mis en place des consultations
dites avancées dans d’autres villes de la région.
Dans la majorité des cas, le généticien
clinicien peut répondre aux questions posées sur l’ensemble
des maladies. Il pourra orienter certains patients vers une consultation
plus spécialisée s’il le juge utile. Pour certaines
maladies, des consultations de génétiques se sont
spécialisées : consultations de neurogénétique
(maladies neurologiques), d’ophtalmogénétique
(maladies oculaires) ou d’oncogénétique (cancers
héréditaires)…
Toute personne à risque, tout couple, quels
que soient son milieu socio-culturel, ses antécédents
personnels ou familiaux, peut donc facilement bénéficier
d’un conseil génétique.
A quel moment consulter
le généticien ?
Dès que le couple supposé à risque s’interroge
à propos de sa descendance, surtout s’il a le projet
d’avoir un enfant prochainement. Il doit donc rencontrer le
généticien avant de procréer et ne pas attendre
que l’enfant soit conçu. Ainsi le généticien
disposera du temps nécessaire pour recueillir l’ensemble
des éléments du dossier familial, réaliser
les examens utiles, évaluer le risque encouru dans les meilleures
conditions.
Informer du risque exact, des possibilités
ou non de diagnostic prénatal, de la nécessité
de recourir à une interruption de la grossesse si l’enfant
s’avère atteint et s’il ne peut se résoudre
à donner naissance à un enfant malade, le couple pourra
prendre la décision qui lui semble la plus appropriée.
Il faut savoir que malgré les progrès
acquis, le diagnostic prénatal n’est pas disponible
pour toutes les affections. Certains couples ayant entrepris une
grossesse sans être informés lors d’un conseil
génétique peuvent alors être conduits à
interrompre la grossesse, sans savoir si l’enfant qu’ils
ont désiré sera ou non atteint.
Dans quel cas conseiller
un diagnostic prénatal à des futurs parents ?
Il faut distinguer le diagnostic prénatal pouvant être
réalisé :
-1ère situation : l’enfant souhaité est réellement
exposé à avoir une maladie en raison d’antécédents
et a un risque de la développer relativement élevé
(25 %, 50 %, parfois moins). Dans ce cas, les parents doivent, avant
même la conception, demander un conseil génétique
pour obtenir les informations utiles sur le diagnostic prénatal
génétique et connaître les mesures à
prendre dès le début de la grossesse afin d’organiser
au mieux ce diagnostic prénatal et de le réaliser
le plus précocement possible au regard de ses conséquences
s’il s’avérait positif (enfant reconnu atteint).
- 2ème situation : l’enfant n’a pas de risque
particulier connu(ce qui est le cas pour la majorité des
enfants à naître). Il peut être aussi être
atteint par hasard ou être dans une situation de risque réel,
non repéré en l’absence d’antécédent
connu. Il a a priori une faible probabilité (de
l’ordre de 1 à 2 %) d’avoir une des nombreuses
maladies rares, génétiques ou non génétiques,
ou une anomalie du développement relativement plus fréquente.
Il n’y a pas lieu d’envisager un diagnostic prénatal
dans ce cas. Il est possible, cependant, de faire certains examens
pour déterminer, au cours de la grossesse, si le fœtus
a une anomalie ou a un risque d’en avoir une. Les méthodes
de diagnostic sont décrites dans la question «diagnostic
prénatal».
Source :
Pr Marie-Louise Briard (Hôpital Necker Enfants malades, Paris)
Secrétaire générale de l'AFDPHE (association
française pour le dépistage et la prévention
des handicaps de l'enfant)