Lutte contre le terrorisme nucléaire,
radiologique, biologique et chimique : aspects sanitaires
La menace NRBC
La menace Biologique
- Les agents de la menace
Charbon
Depuis cette page, vous accédez à
des informations concernant le bacille du charbon s’il est
utilisé à des fins d’arme biologique.
Le charbon (ou Anthrax dans les pays anglo-saxons)
est une maladie provoquée par une bactérie nommée
Bacillus anthracis. Cette bactérie forme des spores et ce
sont ces spores bactériennes qui pourraient être utilisées
en tant qu’arme biologique, d’autant plus facilement
qu’elles sont très résistantes dans le milieu
extérieur. Diffusées par aérosol et inhalées,
les spores sont à l’origine d’une forme de charbon
appelée charbon pulmonaire. Cette forme n’est pas contagieuse
d’homme à homme, mais sa mortalité est très
importante si elle n’est pas traitée à temps.
B. anthracis est un bacille Gram positif sporulant
et non mobile, producteur de trois toxines.
Description de la maladie
Le charbon pulmonaire est une forme grave qui évolue
rapidement. Après inhalation, les symptômes apparaissent
dans un délai de 24 heures à 8 semaines (voire jusqu’à
60 jours). Le diagnostic est difficile au début de la maladie
car les signes cliniques ne sont pas spécifiques : la maladie
se révèle par une fièvre, une toux, une difficulté
respiratoire (dyspnée). Après 1 à 3 jours d’évolution,
survient une phase aiguë, avec accentuation de la fièvre,
dyspnée, hypotension ; le décès survient en
24 heures. La mortalité liée au charbon pulmonaire,
s’il n’est pas traité précocement, est
très importante (de 80 à 100 %). Le traitement est
d’autant plus efficace qu’il est prescrit avant l’apparition
des signes cliniques.
Lésion de charbon cutané
: début
Source : CDC Atlanta
Lésion de charbon cutané
: évolution
Source : CDC Atlanta
Examens complémentaires
L’isolement du Bacillus anthracis
s’effectue dans des prélèvements de gorge, pulmonaires
ou sanguins. B. anthracis est un bacille Gram positif sporulant
et non mobile.
La radiographie pulmonaire est évocatrice avec l’apparition
rapide d’un élargissement du médiastin traduisant
une médiastinite.
Modes de contamination
La contamination par inhalation paraît la
plus probable en cas de menace terroriste, les spores étant
dispersées par un aérosol. L’aérosol
est invisible, incolore, inodore. Les spores peuvent survivre plusieurs
années sur terrain sec. Elles peuvent être détruites
par une ébullition d’environ 10 minutes ou par un traitement
chimique, à base de formol dilué par exemple.
Lors de la production d’un aérosol par attaque bioterroriste
la période dangereuse est celle pendant laquelle l’aérosol
est en suspension. Après 24 heures on considère que
l’aérosol est complètement dispersé.
La contagion interhumaine du charbon pulmonaire n’a jamais
été constatée.
Mesures de santé publique
- Diagnostic précoce.
- Déclaration précoce aux autorités sanitaires.
- Enquête épidémiologique pour identifier la
source de contamination (InVS ; CIRE) et la population exposée.
- Il est impératif d’effectuer une décontamination
des personnes car après aérosolisation, les spores
de Bacillus anthracis sont retrouvées non seulement sur les
vêtements, mais aussi dans les narines, sur la peau, les cheveux…
- Des mesures précises et répétées de
désinfection des lieux sont à prendre (les spores
persistant très longtemps dans l’environnement).
- Prophylaxie post-exposition.
Prise en charge des personnes exposées
Le traitement repose sur une antibiothérapie
prolongée.
La conduite à tenir en situation d’urgence
avant identification de l’agent pathogène responsable
du charbon est détaillée sur le site Internet de l’AFSSAPS
(Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé) : http://afssaps.sante.fr/htm/10/biotox/bio100.htm