| Périnatalité |
Enquête
nationale périnatale (1998)
V. Description et évolution depuis 1995 en Métropole
V.1 Caractéristiques des parents
Entre 1995 et 1998, il sest produit un report des naissances vers des âges plus élevés (Tableau 4). La proportion de femmes de 20-24 ans a diminué, passant de 19,0 % à 15,0 % alors que la proportion de femmes entre 30 et 39 ans a augmenté, passant de 38,1 à 42,2 %. Une même constatation est faite quand on analyse les données de létat civil.
La parité na pas changé de manière importante entre les deux années ; en 1998, 42,8 % des femmes accouchaient pour la première fois et 33,3 % pour la deuxième fois. Avant cette grossesse, 12,4 % des femmes avaient eu au moins une interruption volontaire de grossesse (IVG) au lieu de 14,7 % en 1995. Cette différence ne peut sexpliquer par des variations dans le nombre dIVG réalisées dans les années antérieures, car, selon les données du bulletin statistique dIVG, ce nombre est resté stable depuis le milieu des années 80. Une autre explication réside dans le recueil des données : en 1995, la question était posée aux femmes, alors quen 1998 linformation était recueillie dans le dossier médical. On sait de manière générale que les IVG sont sous-déclarées, quelle que soit la méthode pour recueillir linformation, mais il est possible que cette information soit moins bien connue par les dossiers médicaux que par entretien auprès des femmes si cet antécédent nest pas noté dans les dossiers médicaux de certaines maternités.
Les principaux antécédents obstétricaux sont par ordre de fréquence : la prématurité (3,4 %), la naissance dun enfant hypotrophe (2,4 %), un mort-né (1,6 %) et un décès dans le premier mois (0,7 %). Au total 6,5 % des femmes ont eu au moins un de ces antécédents ; le chiffre était sensiblement le même en 1995. Ces résultats sont cohérents avec la stabilité de la parité et les variations relativement faibles de la mortalité, de la prématurité et du poids de naissance dans les années antérieures. La proportion de femmes ayant eu une césarienne auparavant a légèrement augmenté, reflétant ainsi une augmentation continue du taux de césarienne dans les années passées, comme nous allons le voir plus loin.
La proportion de femmes mariées au moment de la naissance de leur enfant continue à diminuer et elle est de 57,5 % en 1998 (Tableau 5). La quasi-totalité des femmes vivent en couple et la proportion de femmes seules (7,0 %) na pas changé entre les deux enquêtes.
Les femmes étrangères représentent 10,5 % des femmes ; cette proportion a légèrement diminué entre 1995 et 1998. Le principal groupe de femmes est composé des femmes dAfrique du Nord ; viennent ensuite les femmes dautres pays dEurope et les femmes dautres pays dAfrique.
En trois ans, le niveau détudes a clairement augmenté : cette tendance est visible pour les enseignements techniques du secondaire et lenseignement universitaire. Dans ce dernier groupe, étaient présentes 32,6 % des femmes en 1995 et 38,7 % en 1998. Ceci traduit lallongement des études au cours des années antérieures. Les effets de cette tendance sont légèrement atténués car les femmes composant léchantillon des naissances est plus âgé en 1998 quen 1995.
En 1998, 64,3 % des femmes ont exercé un emploi, même pour une période courte, pendant la grossesse (Tableau 6). En 1995, elles étaient 60,2 %. Pour la première enquête, lenchaînement des questions était différent et la question sur lexercice dun emploi nétait pas posée aux femmes se déclarant sans profession. Ceci ne peut concerner quun petit nombre de femmes, moins de 1 % daprès les données de lenquête en 1998, et on peut penser que lexercice dun emploi a réellement augmenté entre les deux années.
La situation vis-à-vis de lemploi nest pas stable pendant la grossesse et un certain nombre de femmes qui ont travaillé pendant la grossesse se déclarent sans emploi au moment de la naissance de leur enfant. Au total 58,1 % des femmes ont un emploi au moment de la naissance. Un quart des femmes se déclare femmes au foyer et 12,0 % au chômage. Les professions les plus souvent occupées sont celles demployée de la fonction publique et des entreprises, pour 28,9 % des femmes, et les professions intermédiaires (institutrice, infirmière, technicienne, ), pour 24,8 % des femmes. Au total seulement 9,7 % des femmes sont ouvrières. Entre 1995 et 1998, on a assisté à une augmentation de la proportion de femmes cadres supérieures ou ayant une profession intermédiaire, qui est passée de 32,0 % à 37,2 %.
Pendant la grossesse, le dernier arrêt de lactivité professionnelle, sans reprise du travail jusquà laccouchement, a eu lieu pendant le deuxième trimestre pour 32,2 % des femmes et dans les quatre semaines suivantes pour 28,7 % des femmes. Ainsi près de 70 % des femmes ont arrêté de travailler à 32 semaines ou avant, cest-à-dire avant la limite correspondant au début du congé maternité pour un premier ou deuxième enfant (si on y ajoute les deux semaines pour grossesse pathologique). Dans lenquête, le motif de larrêt de lactivité nétait pas demandé ; on peut penser quil sagissait souvent dun arrêt maladie ou du congé maternité, mais étaient également inclus les arrêts pour fin de contrat, mise au chômage ou convenance personnelle.
En 1998, 89,6 % des maris ou compagnons exerçaient un emploi au moment de la naissance de lenfant (Tableau 7). La situation na pas changé par rapport à 1995. Des hommes se déclarant sans profession et ayant travaillé ne sont pas comptabilisés en 1995, comme nous lavons dit plus haut pour les femmes ; daprès les données de 1998, ils ne représentent quenviron 0,2 % de léchantillon et ne peuvent pas affecter la comparaison. Les hommes sans emploi sont le plus souvent au chômage et la proportion de chômeurs na pas changé de manière importante entre les deux années. En revanche les hommes en stage dinsertion sont devenus moins nombreux. Les ouvriers représentent la principale catégorie professionnelle en regroupant 38,1 % des hommes. La répartition des professions na pas changé de manière sensible entre les deux enquêtes, si ce nest la part des professions intermédiaires.
Les ressources des femmes comprennent les revenus provenant du travail (salaire, honoraires, ) pour 90,8 % des ménages, des allocations chômage ou de stage, le Revenu Minimum dInsertion (RMI), ou lAllocation à Parent Isolé (API) pour 19,6 % des ménages, et dautres aides (congé longue maladie, allocation handicapé, excepté les allocations familiales et lallocation logement) pour 4,2 % des ménages (Tableau 8). Il nest pas possible de mettre exactement en rapport les sources de revenu et la situation professionnelle et matrimoniale des femmes, car les ressources concernent toute la grossesse alors quon ne connaît la situation sociale quau moment de la naissance de lenfant. Toutefois à titre indicatif on note quau moment de la naissance de lenfant, les femmes vivant seules sans emploi et les femmes vivant en couple dans un ménage où au moins un des membres est au chômage représentent au total 20,0 % de lensemble des femmes ; ce chiffre est très voisin de celui concernant les aides sociales (API, RMI, allocation chômage ou de stage). Par rapport à 1995, le pourcentage de ménages ayant un revenu lié au travail a un peu augmenté, pouvant traduire laugmentation de lactivité professionnelle des femmes. Par ailleurs le pourcentage de ménages ayant reçu une aide sociale semble avoir diminué. Ceci peut provenir dune modification dans la formulation des questions puisquon prévoyait une rubrique pour les autres ressources en 1998 mais pas en 1995. Si ces deux sources sont cumulées, 23,8 % des ménages en 1998 et 23,1 % en 1995 ont reçu une aide, ce qui va dans le sens dune absence de changement entre les deux années. Quand on combine lensemble des ressources des ménages en privilégiant les situations les plus défavorables quand les ménages ont eu à la fois des revenus provenant du travail et dautres ressources, alors 76,2 % des femmes ont des revenus provenant du travail, à lexclusion de toutes les autres aides citées ci-dessus ; par ailleurs 0,8 % des femmes nont aucune ressource.
En début de grossesse, 1,7 % des femmes navaient pas de couverture sociale et elles nétaient plus que 1,1 % dans cette situation au moment de laccouchement. Le taux de couverture sociale na pas changé entre les deux années. Labsence de couverture sociale, la nécessité de débourser de largent pour les soins et les dépenses non remboursées dans certains lieux de surveillance peuvent être un frein à lutilisation des services de santé. En 1998, 1,8 % des femmes ont dit quelles avaient renoncé à des consultations ou des examens pour des raisons financières. Des données plus détaillées sont présentées dans le tableau 27.
Pour savoir quelles femmes avaient vécu leur grossesse dans un contexte psychologique défavorable, des questions concernaient les événements importants qui étaient survenus pendant la grossesse. 4,0 % des femmes ont mentionné la perte de leur emploi (ou 5,3 % si on rapporte les chiffres aux femmes ayant travaillé pendant la grossesse), 3,6 % la perte demploi de leur mari ou leur compagnon, et 3,3 % la séparation du couple (Tableau 9). Par ailleurs 18,2 % des femmes ont indiqué un autre événement important, le plus souvent le décès ou laccident dun proche ou les complications de leur grossesse. Au total 25,2 % des femmes ont vécu au moins un événement important pendant leur grossesse. Il faut noter que les pourcentages de femmes déclarant la perte dun emploi ou la séparation du couple ne correspondent pas exactement aux chiffres relatifs à la situation familiale et professionnelle décrite plus haut. En effet les événements couvrent toute la période de la grossesse, alors que les questions sur la situation familiale et le statut vis-à-vis de lemploi portent sur la situation au moment de la naissance de lenfant. De manière plus générale, il faut souligner que les femmes ont mentionné certains événements et pas dautres en fonction de la perception quelles avaient de limportance de ces événements.
V.2 Caractéristiques morphologiques et comportement des femmes
En 1998, 13,3 % des femmes pesaient moins de 50 kg avant cette grossesse et 17,2 % pesaient 70 kg ou plus (Tableau 10). Entre les deux années, il sest produit une augmentation du poids des femmes, qui peut provenir en partie de lélévation de lâge maternel.
Avant la grossesse, 39,4 % des femmes ont fumé au moins une cigarette par jour. Ces résultats sont très voisins de ceux observés dans la population générale, puisque selon une enquête de lINSEE en 1998, 36 % des femmes âgées de 20 à 39 ans se déclaraient fumeuses. La consommation de tabac na pas changé entre les trois années, que ce soit avant ou pendant la grossesse ; au troisième trimestre, 25 % des femmes fumaient au moins une cigarette par jour en 1998, comme en 1995. Par ailleurs la consommation dalcool a légèrement diminué.
Quand on demande aux femmes combien de temps sest écoulé entre le moment où elles ont voulu être enceintes et le début de la grossesse, 29,3 % dentre elles disent quelles nont pas attendu ou quelles nont pas cherché à être enceintes (Tableau 11). Pour plus de la moitié des femmes, la grossesse a commencé moins dun an après avoir cherché à avoir un enfant ; le délai a été de deux ans ou plus pour 8,4 % des femmes. Calculé sur lensemble des femmes ayant cherché à être enceinte, ces pourcentages sont respectivement 75,2 % et 11,9 %.
Un traitement de la stérilité a été suivi par 6,3 % des femmes pour cette grossesse. Il sagissait dun traitement par inducteur dovulation seul dans 67,4 % des cas, dune fécondation in vitro ou une méthode proche pour 24,2 % des cas et dune insémination artificielle pour 16,5 % des cas, plusieurs traitements pouvant se succéder pour une même grossesse. Ces chiffres peuvent ne pas tout à fait représenter la situation sur une année dans la mesure où le volume dactivité des services concernés nest pas toujours régulier, comme cela est le cas par exemple pour les centres spécialisés dans lassistance médicale à la procréation.
V.4 Surveillance prénatale et préparation à la naissance
La déclaration de la grossesse sest faite dans les mêmes conditions en 1995 et en 1998 (Tableau 12). Moins de 1 % des femmes nont pas déclaré leur grossesse et 4,4 % lont fait au-delà de la limite fixée par la réglementation.
Le nombre moyen de consultations prénatales na pas augmenté entre 1995 et 1998 ; il est de 8,7(+ 2,6) au lieu de 8,9 ( + 2,8) trois années auparavant. En 1998, 9,7 % des femmes ont eu moins de 7 consultations, cest-à-dire moins que le nombre fixé par la loi pour une grossesse à terme, et 70,9 % ont eu plus de 7 consultations. Le nombre de femmes nayant pas consulté léquipe responsable de laccouchement a beaucoup diminué, passant de 11,2 % en 1995 à 6,5 % en 1998. De plus le pourcentage de femmes ayant réalisé toutes leurs consultations prénatales auprès de léquipe responsable de laccouchement a augmenté de 37,0 % en 1995 à 44,0 % en 1998. Près de 10 % des femmes ont eu au moins une visite à domicile par une sage-femme ; il sagissait de visites par une sage-femme de PMI (6,1 %) et, dans une moindre mesure, de visites par une sage-femme libérale (3,2 %). La proportion de femmes ayant des visites par une sage-femme de PMI na pas changé entre les trois années.
Le nombre déchographies a augmenté entre les deux enquêtes : 53,9 % des femmes ont eu plus de trois échographies en 1998 au lieu de 48,5 % en 1995 (Tableau 13). Seulement 3,3 % des femmes ne savent pas si elles ont eu un examen de dépistage du VIH ou quand elles en ont eu un ; de plus 8,2 % disent ne jamais avoir eu cet examen. Quand un examen a été fait, cest le plus souvent la première fois pendant la grossesse. Les informations sur ce sujet nont pas été obtenues de la même manière pour les deux enquêtes, ce qui rend les comparaisons difficiles. Il semble toutefois que par rapport à 1995, il y a une meilleure connaissance de cet examen. De plus la proportion de femmes ayant eu un examen de dépistage avant la grossesse a augmenté de manière importante, traduisant une diffusion de cet examen chez les femmes, à loccasion dune grossesse précédente ou en dehors dune grossesse.
Un dépistage sanguin du risque de trisomie 21 est proposé aux femmes enceintes ; il est remboursé depuis 1997. Seulement 4,2 % des femmes disent ne pas savoir si on leur en a fait un. Au total, 66,5 % des femmes ont accepté cet examen, 8,3 % des femmes ont refusé et 19,1 % disent ne pas avoir eu la proposition de cet examen ou ont eu une consultation trop tardive pour le subir. La réglementation prévoit une information préalable des femmes. La quasi-totalité des femmes qui ont eu cet examen ont reçu des explications avant la prise de sang. Au total 11,1 % des femmes ont eu une amniocentèse. Dans une autre étude, un taux de 16,3 % a été observé en 1999 parmi les femmes venant daccoucher dans 15 grandes maternités publiques et privées à Paris (C de Vigan, communication personnelle) ; dans notre enquête, il était de 16,4 % pour lensemble des naissances à Paris. Ce taux élevé pourrait provenir de lâge des femmes, plus élevé à Paris, et dune offre de soins plus importante. Les motifs ayant conduit à cet examen dans notre enquête sont par ordre dimportance décroissant : lâge de la femme (36,8 %), le résultat du dosage sanguin (36,8 %), un signe dappel échographique (11,7 %) ou dautres motifs (13,5 %). En ce qui concerne lâge, le remboursement par les assurances sociales est garanti à partir de 38 ans. Dans lenquête, 56,8 % des femmes de 38 ans ou plus à la naissance de leur enfant ou 68,5 % des femmes de 39 ans ou plus ont eu une amniocentèse pour cette grossesse.
Les hospitalisations prénatales ont augmenté au cours des trois années, passant de 19,9 % à 21,6 % en 1998 (Tableau 14). Mais elles ont tendance à être plus courtes : les séjours de moins de 3 jours représentent 32,3 % des hospitalisations en 1998, au lieu de 27,0 % en 1995. Ainsi la durée moyenne dhospitalisation calculée sur lensemble des femmes était de 1,7 jours (+ 6,0) en 1995 et 1,6 ( + 6,0) en 1998. Le principal motif dhospitalisation est la menace daccouchement prématuré (MAP) (37,5 %) ; viennent ensuite les hypertensions (13,4 %) et le retard de croissance intra-utérin (RCIU) (5,3 %). Les motifs se sont diversifiés entre les deux enquêtes ; les hospitalisations pour MAP ont diminué, alors que les hospitalisations pour RCIU ou pour un autre motif ont augmenté. Un transfert in utero a eu lieu pendant la grossesse pour 0,6 % des femmes et juste avant laccouchement pour 0,5 % des femmes, soit un taux global de 1,1 %. Le transfert a eu lieu au cours du premier jour dhospitalisation pour 43,6 % des femmes transférées. La durée de lhospitalisation prénatale après le transfert est souvent courte : elle a été de moins dune journée pour 30,6 % des femmes et de un à sept jours pour 44,0 % des femmes.
Les préparations à la naissance sont devenues plus fréquentes, passant de 64,5 % en 1995 à 69,7 % en 1998 chez les primipares et de 22,1 % à 25,0 % chez les multipares (Tableau 15). Le nombre de séances est inférieur à 6 pour 45,5 % des primipares et 61,2 % des multipares. Pour presque les trois-quarts des femmes, la préparation est faite dans la maternité où elles accouchent et pour près dun quart dans un cabinet libéral. Les motifs dabsence de préparation sont variés chez les primipares : 36,3 % ne souhaitaient pas suivre une préparation, pour 19,9 % des femmes aucune préparation ne leur a été proposée, 13,5 % habitaient trop loin, 13,4 % avaient une pathologie qui était une contre-indication et 7,6 considéraient que les horaires étaient inadaptés. Parmi les multipares, le principal motif était quelles ne souhaitaient pas suivre une préparation (63,9 %).
V.5 Travail, accouchement et santé à la naissance
Les caractéristiques du lieu daccouchement ont changé entre les deux enquêtes (Tableau 16). En 1998, 57,6 % des femmes ont accouché en secteur public, ce qui correspond à une légère augmentation par rapport à 1995 où ce pourcentage était de 55,9 %. De plus laccouchement a lieu dans des maternités plus grandes. Ainsi 14,4 % des accouchements en 1995 et 10,3 % en 1998 sont faits dans des maternités de moins de 500 accouchements ; à linverse 30,7 % des accouchements en 1995 et 37,8 % en 1998 ont lieu dans des maternités faisant 1500 accouchements ou plus. Cette évolution est le résultat du grand nombre de fermetures ou de regroupements parmi les petits établissements. Pour estimer la distance entre le lieu dhabitat et la maternité, on a demandé aux femmes quelle était la durée du trajet pour aller accoucher ; 10,1 % des femmes ont mis plus dune demi-heure pour venir.
Le début du travail a été déclenché pour 20,3 % des femmes et il y a eu une césarienne dans 9,2 % des cas (Tableau 17). Ces conditions ne diffèrent pas entre les deux enquêtes. En revanche le mode daccouchement a changé : les césariennes ont augmenté passant de 15,9 % à 17,5 %, au détriment des voies basses opératoires, qui ont baissé pendant la même période. La prise en charge de la douleur sest modifiée de manière très importante puisque les femmes ayant eu une péridurale sont passées de 48,6 % à 58,0 % en trois ans. Les anesthésies générales, déjà peu nombreuses en 1995, ont continué à diminuer ; elles ont été pratiquées à 2,6 % des femmes en 1998. Une épisiotomie a été réalisée parmi 71,3 % des primipares et 36,2 % des multipares. Le plus souvent elle était médio-latérale ; seulement 4,1 % des femmes ont eu une épisiotomie médiane. La pratique dune épisiotomie a beaucoup augmenté par rapport à 1981, date de la dernière enquête nationale dans laquelle on disposait de cette information : sur lensemble de la population le taux est passé de 38,4 % en 19813 à 50,9 % en 1998.
Le mode de début du travail et le mode daccouchement varient en fonction de lâge gestationnel et du poids de naissance (Tableau 18). Le pourcentage de césarienne avant début du travail diminue régulièrement en fonction de lâge et du poids jusquà un minimum à 40 semaines et 3500-3999 grammes. Les déclenchements sont peu fréquents avant 35 semaines et deviennent très nombreux à partir de 41 semaines. Ce tableau montre que 37,2 % des enfants prématurés et 41,5 % des enfants de moins de 2500 grammes sont nés après décision darrêter la grossesse dans lintérêt de lenfant ou de la mère.
Le taux de césarienne global diminue avec lâge gestationnel et le poids de naissance, avec un minimum à 40 semaines et entre 3000 et 3500 grammes. Il devient très élevé ensuite. La fréquence des voies basses opératoires augmente progressivement en fonction de lâge gestationnel, et du poids jusquà 4000 grammes.
Si lanalyse de lévolution des césariennes au cours du temps est faite en tenant compte de la parité et des antécédents, on constate une tendance à laugmentation des taux de césarienne chez les primipares et chez les multipares sans antécédent de césarienne (Tableau 19). Globalement le taux de première césarienne a légèrement augmenté (p=0,04). Laugmentation du taux sur lensemble de la population pourrait donc sexpliquer dune part par une pratique plus fréquente dune première césarienne et dautre part par laugmentation de la proportion des femmes ayant eu une césarienne antérieure, comme nous lavons vu plus haut.
La plupart des caractéristiques des enfants à la naissance na pas changé entre les deux enquêtes : sexe, mortinatalité et coefficient dApgar (Tableau 20). La proportion de naissances multiples a augmenté légèrement, passant de 2,5 % à 3,5 %. Ceci correspond à une évolution continue observée à partir des statistiques de létat civil depuis 19726. Il ne sest pas produit de modifications importantes dans les pratiques de transfert. Cependant on note une diminution de la part des enfants transférés dans un autre établissement ; leur part parmi les enfants transférés est passée de 32 % à 24 %. Les principaux motifs dhospitalisation sont les insuffisances respiratoires (22,0 %), la prématurité et lhypothrophie (39,7 %) et les infections (13,0 %).
Parmi les enfants restés avec leur mère, 52,5 % des enfants sont nourris au sein totalement ou en partie ; la proportion denfants nourris entièrement au sein a augmenté de 40,5 % en 1995 à 45,0 % en 1998, ce qui représente une évolution très favorable.
Un petit nombre de femmes (0,6 %) ont été hospitalisées en service de réanimation ou de soins intensifs pendant plus de 24 heures. Ce nombre a eu tendance à augmenter entre les deux enquêtes. La condition de durée de séjour a été ajoutée en 1998 pour éliminer le cas des femmes admises parfois dans ces services pour surveillance après une anesthésie générale, quand la maternité ne disposait pas de moyens suffisants ; ceci aurait dû entraîner une diminution du nombre de cas, mais il est possible que la tendance observée reflète des fluctuations liées au hasard.
Entre 1995 et 1998, la proportion de naissances avant 37 semaines a augmenté, passant de 5,9 % à 6,8 % (Tableau 21). Cette augmentation est surtout visible à 35 semaines. Parallèlement à cette évolution, la proportion denfants de moins de 2500 grammes est passée de 6,2 à 7,2 %. La plus grande partie de la différence provient du groupe pesant entre 2000 et 2499 grammes.
Les distributions des poids de naissance dans chaque classe dâge gestationnel ne semble pas présenter de données aberrantes et confirme la qualité de lestimation de lâge gestationnel, déjà constatée dans lenquête précédente (Tableau 22). Ce tableau montre également que les notions de prématurité et de faible poids ne se recouvrent pas totalement ; ainsi 67,9 % des enfants nés à 36 semaines et 33,4 % des enfants nés à 34-35 semaines pèsent 2500 grammes ou plus.
Le taux de prématurité et la proportion denfants de petit poids varient fortement suivant la population sur laquelle ils sont calculés (Tableau 23). Si lestimation porte non pas sur la totalité des naissances mais seulement sur les naissances vivantes, le taux de prématurité passe de 6,8 % à 6,2 %, et celui des enfants de petit poids de 7,2 % à 6,8 %, du fait dune proportion élevée denfants prématurés et de faible poids chez les mort-nés. Linfluence des naissances multiples est plus marquée que celle de létat vital à la naissance. Parmi les naissances vivantes par exemple, le taux de prématurité passe de 6,2 % pour lensemble de la population à 4,7 % parmi les enfants uniques ; de même le taux denfants de moins de 2500 grammes varie de 6,8 à 5,0 % entre ces deux populations. Ceci sexplique par le fait que 25 % des prématurés et 28 % des enfants de petit poids sont des jumeaux.
Laugmentation de la prématurité entre 1995 et 1998 sobserve sur la totalité des naissances aussi bien que sur les naissances vivantes (Tableau 24). En revanche la situation nest pas la même suivant le nombre denfants issus de la grossesse. Parmi les enfants uniques, le taux de prématurité a peu changé alors quil a beaucoup augmenté parmi les jumeaux. Ainsi parmi les naissances vivantes, le taux de prématurité est passé de 4,5 à 4,7 % chez les enfants uniques et de 39,2 à 46,8 % chez les jumeaux. Laugmentation de la prématurité vient donc en grande partie dune augmentation de la proportion de jumeaux et dune augmentation de la prématurité chez les jumeaux. Les jumeaux ont également joué un rôle important dans laugmentation de la proportion denfants de petit poids à la naissance. Cependant on constate quil persiste une légère augmentation, non significative, de la proportion des enfants de moins de 2500 grammes après exclusion des enfants multiples.