| Périnatalité |
Enquête nationale périnatale (1998)
VI. Analyse de populations particulières
VI.1 Les naissances gémellaires
Les naissances gémellaires représentent un groupe quil convient détudier avec attention car il est en constante augmentation et présente des risques très élevés, de prématurité et de petit poids notamment. De plus ce groupe présente une définition aisée et il est identifiable très tôt pendant la grossesse. Il représente donc un bon exemple pour étudier la prise en charge médicale dune population à haut risque.
Les mères de jumeaux ont eu plus de consultations prénatales que les mères denfant unique et elles sont trois fois plus nombreuses à être hospitalisées (Tableau 25). Les mères de jumeaux sont légèrement plus nombreuses que les autres femmes à ne pas avoir consulté auprès de léquipe médicale de la maternité. Parmi les femmes ayant consulté cette équipe, les mères de jumeaux ont plus de consultations que les mères denfant uniques.
Les mères de jumeaux ont accouché plus souvent dans un centre hospitalier régional que les mères denfant unique (27,6 % versus 15,4 %) et plus souvent dans une maternité de grande taille. Cependant pour 8,6 % de lensemble des mères de jumeaux et 6,3 % de celles ayant accouché prématurément, la maternité avait un volume de moins de 500 accouchements par an.
Une césarienne a été réalisée avant début du travail pour 29,7 % des jumeaux au lieu de 8,9 des enfants uniques et au total 47,3 % des jumeaux et 16,4 % des enfants uniques sont nés par césarienne.
Les jumeaux présentent un risque extrêmement élevé de prématurité et de petit poids à la naissance, comme nous lavons vu dans les tableaux précédents. Le risque de prématurité est multiplié par 10 et le risque de poids inférieur à 2500 grammes par 11. Lexcès de risque est observé aussi bien pour la prématurité modérée que pour la grande prématurité. Ainsi 9,9 % des jumeaux naissent avant 32 semaines au lieu de 0,9 % des enfants uniques. De même la proportion denfants de moins de 1000 grammes est de 4,3 % chez les jumeaux et de 0,4 chez les enfants uniques.
Létat des enfants à la naissance se caractérise par un plus grand nombre de mort-nés et denfants ayant un score dApgar inférieur à 8 à une minute ou cinq minutes chez les jumeaux que chez les enfants uniques. Lensemble de ces différences conduit à un taux de transfert beaucoup plus élevé chez les jumeaux. Au total 46,0 % des jumeaux sont transférés dans un autre service ou font lobjet dune hospitalisation particulière au sein de la maternité au lieu de 6,9 % des enfants uniques. Parmi les enfants transférés ou ayant eu une hospitalisation particulière, un quart des jumeaux sont envoyés dans un autre établissement ; ce chiffre est sensiblement le même pour les enfants uniques.
VI.2 Les femmes ayant des ressources précaires
La surveillance prénatale et lissue de la grossesse diffèrent suivant les ressources du ménage, telles quelles sont connues dans lenquête (Tableau 8). Les femmes ayant des ressource provenant de lAPI, du RMI, dune allocation chômage ou de stage, ou encore nayant aucune ressource ont moins de visites prénatales que les autres femmes (Tableau 26). Cependant elles ont plus de problèmes de santé pendant la grossesse puisquelles sont plus souvent hospitalisées (24,1 %) que les autres femmes (20,6 %). Par ailleurs elles reçoivent plus souvent des visites à domicile par une sage-femme de PMI (10,6 %) que les autres femmes (4,7 %).
Le taux de prématurité des femmes ayant des ressources provenant daides publiques ou aucune ressource est de 7,5 % au lieu de 5,7 % chez les femmes ayant des ressources provenant dune activité professionnelle, et la proportion denfants de poids inférieur à 2500 grammes est respectivement de 8,1 et 6,4 % dans les deux groupes. Ces différences conduisent à un taux denfants transférés ou ayant une hospitalisation particulière plus élevé dans le premier groupe (9,8 %) que dans lautre groupe de femmes (7,4%).
Des ressources provenant de laide publique ou, pour un très petit nombre de femmes, labsence de ressources, reflètent une situation familiale et professionnelle précaire et un niveau de vie bas. Nos résultats montrent que ce contexte représente un facteur de risque pour lissue de la grossesse.
VI.3 Les femmes ayant des difficultés à se faire suivre pour raison
financière
Les femmes ayant renoncé à des consultations ou des examens pour des raisons financières diffèrent des autres femmes en ce qui concerne leur situation sociale et la surveillance médicale de leur grossesse (Tableau 27). Elles vivent plus souvent seules (21,8 %) que les autres femmes (6,6 %) ; elles sont plus souvent de nationalité étrangère (20,8 versus 9,6 %) et elles ont souvent un niveau détudes plus bas que les autres femmes. Parmi les femmes ayant des difficultés financières, seulement 53,8 % ont des ressources provenant dune activité professionnelle et 12,0 % navaient pas de couverture sociale en début de grossesse ; ces chiffres étaient respectivement de 76,6 % et de 1,4 % pour les femmes ne déclarant pas de difficultés financières.
Ces difficultés saccompagnent dun moins grand nombre de consultations prénatales : 26,9 % des femmes ayant des difficultés pour se faire suivre ont eu moins de sept consultations, au lieu de 9,2 % des femmes ne déclarant pas ces difficultés. En revanche ces deux groupes ne diffèrent pas quant au nombre déchographies réalisées.