Périnatalité
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Enquête nationale périnatale (1998)

VIII. Conclusion

Bien que trois ans représentent un délai court entre les deux enquêtes nationales périnatales, des évolutions sont clairement observables. Les plus marquantes sont les suivantes :

- La situation socio-démographique des femmes évolue dans un sens à la fois favorable et défavorable pour la prévention et l’issue de la grossesse. L’élévation importante du niveau d’études et l’augmentation du taux d’activité des femmes sont des points positifs. En revanche le décalage des naissances vers un âge maternel plus élevé est inquiétant dans la mesure où les risques pour l’enfant et la mère augmentent de manière sensible avec l’âge.

- Le nombre de femmes qui ont consulté l’équipe responsable de l’accouchement a augmenté, permettant de meilleures conditions de sécurité. Le taux d’hospitalisation prénatale a aussi augmenté ; en revanche la durée d’hospitalisation est plus courte. Ces deux tendances se compensent et le nombre moyen de jours d’hospitalisation calculé sur l’ensemble des femmes n’a pas augmenté.

- Les conditions d’accouchement ont changé : ceux-ci ont lieu plus souvent en secteur public et dans des maternités ayant un plus grand nombre d’accouchements ; la réduction de la douleur par une péridurale est devenue beaucoup plus fréquente.

- Le taux de césarienne a augmenté entre les deux années. Cette évolution provient d’une tendance à l’augmentation des taux chez les primipares et chez les multipares sans antécédent de césarienne et d’une augmentation de la proportion de femmes avec antécédents de césariennes qui ont un risque très élevé d’avoir une autre césarienne. L’augmentation du taux de césarienne chez les primipares devrait conduire à une augmentation du taux global de césarienne dans les prochaines années.

- La prématurité et la proportion d’enfant de poids inférieur à 2500 grammes a augmenté ; ceci est dû essentiellement à une augmentation de la proportion de jumeaux et à une augmentation de la prématurité et de la proportion d’enfants de petit poids dans ce groupe. L’augmentation régulière du taux de grossesse gémellaire depuis le début des années 70 provient en grande partie de l’élévation de l’âge maternel et surtout des traitements de la stérilité. Cette évolution a des conséquences importantes sur les indicateurs de l’état de santé pour l’ensemble des enfants à court et long terme : prématurité, mortalité foeto-infantile et handicaps.

Pour mettre en évidence des modifications lentes mais persistantes, il serait nécessaire d’avoir un recul sur une plus longue période. Des enquêtes régulières suivant la même méthodologie devraient permettre dans l’avenir de suivre de telles évolutions.

Des thèmes particuliers abordés pour la première fois dans l’enquête de 1998 permettent de faire le point sur certains aspects de la prise en charge médicale.

- Actuellement 6 % des femmes ont un (ou des) enfant(s) après un traitement de la stérilité, le plus souvent avec des inducteurs de l’ovulation.

- Le dépistage sanguin du risque de trisomie 21 n’a pas été proposé à 19 % des femmes, alors qu’il devrait l’être. Sur l’ensemble des femmes ayant accouché, 11 % ont eu une amniocentèse, le plus souvent en raison de l’âge maternel ou des résultats du dosage sanguin.

Les conditions du déroulement des grossesses et la santé à la naissance diffèrent fortement entre la métropole et les DOM. Les conditions sociales sont particulièrement défavorables dans les DOM. La surveillance prénatale est moins intensive qu’en métropole, mais les hospitalisations prénatales sont plus fréquentes et le taux de prématurité est près de deux fois plus élevé qu’en métropole.

Cette enquête a permis d’obtenir des données de bonne qualité, très utiles pour suivre l’évolution de la santé et répondre à certaines questions. Il serait donc souhaitable de répéter ce type d’enquête, en suivant la même organisation, notamment en maintenant un lien avec le système de recueil des certificats de santé du 8ème jour. On pourrait ainsi avoir des données nationales sur les principaux indicateurs, de manière régulière, et disposer d’informations particulières pour les problèmes de santé qui sont soulevés à un moment donné.

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