Périnatalité
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Enquête nationale périnatale (1998)

1 - Présentation de l’enquête nationale (1998)
2 - Rédacteurs du rapport de l’enquête nationale
3 - Préambule du rapport
4 - Résumé du rapport
5 - Le rapport complet

1 - Présentation de l’enquête périnatale en 1998

Entre 1970 et 1980, un plan gouvernemental sur la périnatalité a permis à la France d’améliorer nettement la situation sanitaire liée à l’accouchement.. Puis le rythme d’amélioration des principaux indicateurs liés à la naissance a été moins rapide que dans les autres pays industrialisés.

Cette constatation et la remise d’un rapport établi par le Haut Comité de la Santé Publique (HCSP) ont conduit le gouvernement à élaborer en avril 1994 un plan d’actions visant à améliorer la sécurité et la qualité de la grossesse et de la naissance. La nécessité de développer et d’améliorer le système d’information périnatal y était soulignée. C’est dans cet objectif qu’ont été mis en place la première enquête nationale périnatale, le Comité national d’experts sur la mortalité maternelle et enfin le certificat de décès spécifique à la période néonatale.

La seconde enquête périnatale a été réalisée du 30 novembre au 6 décembre 1998 dans l’ensemble des maternités publiques et privées (métropole et départements d’outre-mer). L’échantillon est composé de 14 077 femmes et de 14 325 enfants (dont 13 478 femmes et 13 718 enfants en métropole). Le questionnaire d’enquête est le fruit du travail d’un comité de pilotage réunissant des représentants du Ministère chargé de la santé, de l’Assemblée des départements de France, de l’INSERM, d’une direction régionale des affaires sanitaires et sociales, de la fédération des observatoires régionaux de la santé, d’une commission régionale de la naissance. Ce questionnaire comporte deux types de questions ;

- d’une part, des questions portant sur des informations relatives à l’état de santé de la mère et de l’enfant, l’évolution des pratiques médicales, les caractéristiques socio-démographiques des parents. Ces questions sont identiques à celles posées en 1995 et permettent de suivre l’évolution des pratiques obstétricales.

- D’autre part, des questions ponctuelles comme l’existence de traitements contre la stérilité avant la grossesse, le dépistage ante natal de la trisomie 21, la pratique de la préparation à la naissance ou encore les transferts in utero.

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2 - Rédacteurs du rapport de l’enquête nationale

Le rapport a été rédigé par Béatrice Blondel, Joanna Norton, Christiane du Mazaubrun, Gérard Breart (Unité de Recherches Epidémiologiques sur la Santé Périnatale et la Santé des Femmes, INSERM - U. 149).

Enquête réalisée avec la participation des Services de Protection Maternelle et Infantile des Conseils Généraux.

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3 - Préambule du rapport

Cette étude a été réalisée par la Direction Générale de la Santé (DGS), les services départementaux de Protection Maternelle et Infantile (PMI), la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) et l’Unité 149 de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM).

Elle a été subventionnée par la Direction Générale de la Santé (Sous-Direction de la Santé des Populations).

Nous remercions les médecins des maternités qui ont accepté que l’enquête ait lieu dans leur service. Nos remerciements s’adressent également à toutes les personnes qui ont apporté leur concours à la réalisation de l’enquête.

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4 - Résumé de l’enquête

Des Enquêtes Nationales Périnatales sont réalisées à intervalle régulier pour suivre l’évolution des principaux indicateurs de santé et de pratiques médicales, aider à l’évaluation et à la décision des actions de santé, et répondre à des questions qui se posent à un moment donné.

Ces enquêtes portent sur la totalité des naissances d’enfants nés vivants ou mort-nés survenues pendant une semaine, si la naissance a eu lieu après au moins 22 semaines d’aménorrhée ou si l’enfant pesait au moins 500 grammes. Les informations sont recueillies à partir du dossier médical des maternités et d’un interrogatoire des femmes en suites de couches.

L’enquête de 1998 a eu lieu en décembre. L’échantillon comprenait 14.325 enfants dont 13.718 en métropole et 607 dans les Départements d’Outre-Mer (DOM).

Les évolutions les plus marquantes par rapport à l’Enquête Nationale Périnatale de 1995 sont les suivantes :

- La prématurité (< 37 semaines) et la proportion d’enfant de poids inférieur à 2500 grammes ont augmenté ; ceci est dû essentiellement à une augmentation de la proportion de jumeaux et à une augmentation de la prématurité et de la proportion d’enfants de petit poids parmi ces enfants. Les jumeaux représentent un groupe préoccupant pour la santé publique en raison de l’augmentation régulière de leur fréquence depuis le début des années 70, et leur risque de prématurité et de grande prématurité dix fois plus élevé que celui des enfants uniques.

- Le taux de césarienne a augmenté depuis 1995. Cette évolution provient d’une part de l’augmentation des taux chez les primipares et chez les multipares sans antécédent de césarienne, et d’autre part de l’augmentation de la proportion de femmes avec antécédents de césarienne, ces femmes présentant un risque très élevé d’avoir une autre césarienne. La tendance vers une augmentation des taux de césarienne chez les primipares devrait conduire à une augmentation du taux global de césarienne dans les prochaines années.

- La situation socio-démographique des femmes évolue dans un sens positif, du fait de l’augmentation de leur niveau d’études et de leur taux d’activité ; mais d’autres aspects sont moins favorables : le décalage des naissances vers un âge maternel plus élevé est inquiétant dans la mesure où les risques pour l’enfant et la mère augmentent de manière sensible avec l’âge.

- De nombreux aspects de la prise en charge ont changé. Le nombre de femmes qui ont consulté l’équipe responsable de l’accouchement a augmenté, permettant de meilleures conditions de sécurité. Le taux d’hospitalisation prénatale a aussi augmenté ; en revanche la durée d’hospitalisation est plus courte. Une préparation à la naissance est plus souvent suivie par les primipares comme par les multipares. Les accouchements ont lieu dans des maternités plus grandes et plus souvent en secteur public, du fait de la restructuration des établissements d’accouchements. La prise en charge de la douleur par une péridurale est devenue beaucoup plus fréquente et les anesthésies générales sont peu nombreuses.

Pour mettre en évidence des modifications lentes mais persistantes, il serait nécessaire d’avoir un recul sur une plus longue période. Des enquêtes régulières suivant la même méthodologie devraient permettre dans l’avenir de suivre de telles évolutions.

Des thèmes particuliers abordés pour la première fois dans l’enquête de 1998 permettent de faire le point sur certains aspects de la prise en charge médicale.

- Actuellement 6 % des femmes ont un (ou des) enfant(s) après un traitement de la stérilité, le plus souvent avec des inducteurs de l’ovulation.

- Le dépistage sanguin du risque de trisomie 21 n’a pas été proposé à 19 % des femmes, alors qu’il devrait l’être. Sur l’ensemble des femmes ayant accouché, 11 % ont eu une amniocentèse, le plus souvent en raison de leur âge ou des résultats du dosage sanguin.

- 2 % des femmes ont dit avoir renoncé à des consultations ou des examens pour des raisons financières ; ces femmes vivent dans des conditions socio-économiques particulièrement défavorables.

La situation dans les DOM présente de grandes différences avec la métropole. Les conditions sociales sont particulièrement défavorables pour les femmes. La surveillance prénatale est moins intensive qu’en métropole, mais les hospitalisations prénatales sont plus fréquentes et le taux de prématurité est près de deux fois plus élevé qu’en métropole.

La méthode propre à cette enquête et ces liens avec le certificat de santé du 8ème jour permettent d’obtenir des données de bonne qualité, très utiles pour suivre l’évolution de la santé et répondre à certaines questions. Il serait donc souhaitable de répéter ce type d’enquête, en suivant la même organisation. On pourrait ainsi avoir des données nationales sur les principaux indicateurs, de manière régulière, et disposer d’informations particulières pour les problèmes de santé qui sont soulevés à un moment donné.

Source : DGS/bureau SD2b
8, ave de Ségur, 75007 Paris
Rédaction : décembre 2000
Mise en ligne : janvier 2001

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