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Institut de veille sanitaire (InVS) et les Centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin), pour le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin).
La promotion de l’hygiène des mains joue un rôle important dans la prévention des infections nosocomiales (IN), notamment pour le contrôle d’épidémies, comme l’illustrent les données de signalement reçus de l’ensemble de la France.
De nombreux cas d’infections ou colonisations à Entérocoques résistants aux glycopeptides ont été signalés en 2009 avec 131 signalements pour 321 cas signalés. [1] Une diminution sensible était observée par rapport à 2008. Elle traduit la maîtrise d’importants foyers épidémiques régionaux au cours du second semestre de l’année 2009, alors qu’étaient observées dans le même temps des foyers plus ponctuels sur le territoire national. Dans l’interrégion Est notamment, la mise en œuvre des mesures de prévention et de gestion sous l’égide d’une mission régionale dédiée - mise en place d’une politique de dépistage systématique et de regroupement des patients porteurs, stratégie incitative d’amélioration de l’hygiène des mains avec promotion active des produits hydro alcooliques (PHA) - a permis la maîtrise de l’épidémie dans les établissements de santé (ES) concernés. Dans les autres régions, la mise en œuvre précoce des mêmes mesures de prévention, dont le renforcement de l’hygiène des mains, ont permis une maîtrise plus rapide des situations épidémiques rencontrées.
Les signalements d’infections à Clostridium difficile (ICD) ont diminué de 2008 à 2009 (de 173 à 145 signalements). Ce nombre encore élevé traduit d’abord la sensibilisation croissante des ES à la détection de ces infections suite aux recommandations diffusées par le ministère fin 2006. Le nombre total de cas signalés est resté stable entre 2008 et 2009 (327 et 322 signalements). En 2009, la souche de type 027 continuait à être régulièrement détectée dans la région Nord-Pas-de-Calais, et de manière sporadique dans d’autres régions sans être responsable d’épidémies de grande ampleur. La mobilisation des équipes soignantes permet aujourd’hui d’identifier rapidement les nouveaux cas et de mettre en place les mesures de contrôle. La maîtrise de la transmission de C. difficile repose surtout sur le renforcement de l’hygiène des mains, le regroupement des patients et d’autres règles d’hygiène spécifiques de C. difficile (désinfection des surfaces à l’eau de Javel, lavage des mains à l’eau et au savon, complété par l’usage des PHA [2]).
Les infections ou colonisations à Pseudomonas aeruginosa représentaient 5% (n=61) des 1 179 signalements en 2009, pour des épisodes le plus souvent d’ampleur limitée (de 1 à 7 cas rapportés). Lors de ces épisodes, une source de contamination environnementale (réseau d’eau par exemple) était systématiquement recherchée mais non toujours retrouvée. Une des premières mesures de contrôle alors à promouvoir est le renforcement de l’hygiène des mains, notamment avec l’utilisation des PHA si une suspicion de contamination du réseau d’eau est suspectée.
Les infections ou colonisations à Acinetobacter baumannii représentaient 5% (n=61) des signalements en 2009 (de 1 à 13 cas rapportés). A. baumannii est responsable d’épidémies le plus souvent dans des services accueillant des patients fragilisés (réanimation notamment). Le germe persiste longtemps dans l’environnement et sa transmission est manuportée. Le renforcement de l’hygiène des mains est encore une fois une des premières mesures de contrôle à mettre en œuvre.
Les gastro-entérites, le plus souvent d’origine virale et survenant dans les ES et EHPAD en période hivernale, représentaient 105 signalements pour un total de 2 713 cas (de 1 à 79 cas rapportés par épisode) en 2009.On note une augmentation des signalements d’épidémies de ce type, probablement liée à une meilleure déclaration. Le renforcement de l’hygiène des mains est la mesure phare dans ce type d’épidémies afin de réduire leur impact chez les patients comme chez le personnel soignant.
En conclusion, le signalement des IN permet d’identifier régulièrement des épidémies dont le contrôle repose, avant tout, sur une bonne hygiène des mains. Il est l’occasion de rappeler à tous les acteurs de la chaîne du signalement que l’hygiène des mains constitue une exigence de base pour chaque soin prodigué à l’hôpital. La journée nationale du 5 mai prochain sera l’occasion de rappeler qu’une bonne hygiène des mains doit non seulement permettre de maîtriser ces épidémies, mais aussi et avant tout de les prévenir.
Dr Bruno Coignard
Médecin Epidémiologiste, Responsable de l’Unité Infections Nosocomiales et Résistance aux Antibiotiques
Département Maladies Infectieuses
Institut de veille sanitaire
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