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La dépression

13 juillet 2009
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La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues.
Selon une enquête réalisée en 2005 par l’Institut National de la Prévention et de l’Education pour la Santé (INPES), près de 8% des français de 15 à 75 ans (soit prés de 3 millions de personnes) ont vécu une dépression au cours des douze derniers mois précédant l’enquête et 19% des français de 15 à 75 ans (soit prés de 9 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie.

C’est pourquoi le plan psychiatrie et santé mentale 2005-2008 consacre un volet important à cette maladie largement répandue.


État des lieux

Les différentes études réalisées en France révèlent qu’une proportion comprise entre 5 et 15 % de la population seraient touchés par un épisode dépressif au cours de l’année. Dans l’enquête baromètre santé, elle est égale à 7.8% ce qui représente plus de 3 millions de français ayant présenté un épisode dépressif majeur (synonyme d’« épisode dépressif caractérisé ») dans les 12 derniers mois. Pour comparaison, la fréquence (ou prévalence à un an) de l’épisode dépressif majeur en Suisse est estimée à 7% et varie entre 3 et 5% aux USA, Canada et Italie. Autre caractéristique de la maladie : la variation du risque d’exposition. En effet, Les femmes ont deux fois plus de risque que les hommes d’être atteints par un épisode dépressif majeur dans l’année. Elles sont également plus exposées aux rechutes et à la chronicisation de la dépression. D’autres facteurs entrent en compte. C’est le cas de l’âge. Le risque de dépression est plus élevé chez les 18 – 25 ans dans les deux sexes, chez les 45- 54 ans pour les femmes et chez les 35-44 ans pour les hommes. Autre tendance observée depuis une cinquantaine d’années : l’âge de survenue du premier épisode de dépression apparaît de plus en plus tôt. De plus, le chômage, des conditions de vie précaire et l’isolement sont associés à une fréquence plus élevée de dépression. Les maladies chroniques (cancer, diabète, maladie rhumatismale,…) et certaines pathologies mentales comme les troubles anxieux sont souvent associées à une dépression. En établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, un épisode dépressif majeur surviendrait chez 10 à 15% des résidents dans la première année suivant l’admission dans l’établissement, avec un accroissement de la mortalité. Enfin, Le risque de décès par suicide est 10 fois plus élevé chez les patients déprimés que dans la population générale.

Les symptômes

La dépression, ce n’est pas un « mal-être » passager, ni un « coup de déprime ». Le fait de se sentir triste, d’être « déprimé », d’avoir des « idées noires » ou des difficultés à dormir ne veut pas forcément dire que l’on souffre de dépression. Les moments de cafard, de « blues », de doute ou de « mal-être » font partie de l’existence. Pour pouvoir parler de dépression, et donc de maladie, il faut :

  • que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées,
  • qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines,
  • et entrainent une gêne importante au niveau affectif, social, professionnel ou dans d’autres domaines importants de la vie.La dépression entraine un « ralentissement » dans tous les registres de la vie quotidienne : vie affective, fonctionnement intellectuel, forme physique, mécanismes vitaux et corporels. Ce ralentissement se décline en multiples symptômes qui persistent pendant une longue durée (au-delà de 15 jours). Par exemple : une diminution marquée de l’intérêt pour toute activité associée à une fatigue inhabituelle et excessive, des troubles du sommeil, des pensées morbides et une série d’autres symptômes comme la douleur physique (maux de tête, souffrances dans les articulations, troubles digestifs…), la dégradation du sommeil, l’altération de l’appétit ou encore la diminution du désir sexuel.

Les traitements

La dépression nécessite une prise en charge et des traitements, souvent complémentaires, adaptés à chaque personne et à l’intensité de ses troubles ou de sa maladie. Parmi les prises en charge et les traitements recommandés, il y a les psychothérapies et les médicaments antidépresseurs. Tout traitement et toute prise en charge nécessitent une collaboration étroite entre le patient et le(s) soignant(s), une alliance thérapeutique. C’est dans le cadre de cette alliance que sera déterminé le projet de soins. Ce projet tient compte des souhaits du patient qui sera informé sur la nature de ses troubles, leur évolution, les possibilités de prise en charge, la fréquence des consultations. Le rôle de l’entourage ne doit pas non plus être sous-estimé, dans la mesure où il peut protéger un malade qui a perdu confiance en lui.

Les psychothérapies

La psychothérapie est un traitement à part entière de la dépression. De nombreuses études ont permis d’en prouver l’efficacité et d’en préciser les indications. La psychothérapie est un traitement toujours pertinent en cas de dépression, quel que soit le type de dépression, son niveau de sévérité ou d’ancienneté. Elle peut être utilisé seule (dans le cas d’épisodes dépressifs d’intensité légère) ou conjointement aux médicaments antidépresseurs ou à d’autres traitements. En cas de dépression sévère en phase active, un soutien psychologique sera proposé, mais le travail de psychothérapie ne pourra débuter qu’une fois l’intensité de la souffrance diminuée par le traitement médicamenteux. La qualité de la relation entre le patient et le praticien est un élément essentiel à la réussite d’une psychothérapie. Il est donc primordial de choisir un psychothérapeute disposant de la formation et des compétences requises pour soigner la dépression et avec lequel on se sent à l’aise. Dans de nombreux cas, la psychothérapie peut conduire à la guérison complète et durable. Dans d’autres cas, elle procure une amélioration des symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu’une diminution de la fréquence des épisodes pour les dépressions « récidivantes ». Dans tous les cas, la psychothérapie contribue de façon significative à l’amélioration de la condition et de la qualité de vie de la personne. Les conditions de remboursement par l’Assurance Maladie ou les assurances complémentaires varient selon le praticien.

Les traitements par antidépresseurs

L’objectif du traitement par médicaments antidépresseurs est la réduction significative des symptômes dépressifs et de leurs conséquences dans la vie quotidienne. Il faut généralement attendre quelques semaines (généralement 3 ou 4, parfois un peu plus) avant de ressentir une amélioration des symptômes de la dépression. Le traitement d’un épisode dépressif comporte deux phases :

  • la phase aigüe, dont l’objectif est la disparition des symptômes, dure de 6 à 12 semaines ;
  • la phase de consolidation, dont l’objectif est de stabiliser l’amélioration des symptômes, dure entre 4 et 6 mois. L’arrêt du traitement pendant cette période critique fait courir un risque très élevé de réapparition des symptômes. L’arrêt du traitement doit toujours être progressif et préparé avec le médecin. Il se déroule habituellement sur quelques semaines.

Comme tout médicament, les médicaments antidépresseurs peuvent avoir des effets indésirables. Selon les types de médicaments, ces effets indésirables peuvent être par exemple : la somnolence (ou au contraire l’excitation), la constipation, la prise ou la perte de poids, la sécheresse de la bouche, les baisses de tension, les difficultés sexuelles,…

D’une façon générale, tout traitement antidépresseur doit être accompagné d’informations sur la dépression et le traitement, et d’un soutien relationnel. La qualité de la relation établie entre le médecin et le patient est déterminante.

Améliorer la prise en charge

Le plan psychiatrie et santé mentale 2005-2008 consacre un volet important à l’amélioration de la prise en charge de la dépression avec pour objectifs un meilleur repérage des troubles dépressifs, le développement de l’information sur la maladie, une amélioration de l’accès aux soins et de leur qualité, la prévention des rechutes et de la chronicisation et, enfin, le développement de la recherche, notamment en épidémiologie. En 2007, Le ministère et l’Inpes ont notamment lancé une campagne d’information grand public pour favoriser une meilleure connaissance et améliorer la prise en charge de la dépression chez l’adulte.

Pour en savoir plus sur la dépression

Le site de la Haute Autorité de Santé sur les recommandations professionnelles
Synthèse des recommandations professionnelles - Prise en charge des complications évolutives d’un épisode dépressif caractérisé de l’adulte
Recommandations pour la pratique clinique - Prise en charge d’un épisode dépressif isolé de l’adulte en ambulatoire

Source :

Direction générale de la santé (DGS)
Sous direction "promotion de la santé et prévention des maladies chroniques"
bureau de la santé mentale

Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS)

Actualisation : juillet 2009

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