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Le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus) est le réservoir du virus Puumala et est responsable de la persistance des foyers d’infection. Il arrive cependant, comme pour d’autres hantavirus que le virus Puumala puisse exceptionnellement passer à d’autres petits rongeurs comme le mulot à collier (Apodemus flavicollis).
Le campagnol roussâtre est très répandu, on le trouve dans une vaste aire de répartition allant du Nord de l’Espagne et de l’Italie, jusqu’à la limite de la toundra en Russie et Scandinavie. Il fréquente les milieux boisés, les roselières et les haies, en plaine, ne grimpant en montagne que dans le Sud de son aire de répartition.
En France, il est présent dans tous les milieux qui lui conviennent à l’exception de quelques îles côtières qui n’ont pu être colonisées. Dans les Alpes et les Pyrénées il atteint et dépasse une altitude de 2000 m. Certains habitats semblent plus favorables que d’autres pour l’espèce, les forêts de feuillus ou mixtes sont plus accueillantes que les peuplements de conifères dans la partie centrale de l’aire de répartition, mais c’est exactement l’inverse au Nord et à l’Est. Les sols humides semblent favorables, principalement dans la partie Sud de l’aire de répartition mais le campagnol roussâtre se montre extrêmement adaptable aux conditions d’habitat.
Le mulot à collier est plus sylvicole que le mulot sylvestre. Il est absent des champs. Il habite surtout les vieilles forêts de feuillus (chênaies, hêtraies) mais peut également être présent dans les forêts mixtes ou même dans les forêts pures de conifères. Ses préférences semblent aller à des peuplements où le couvert herbacé n’est pas très dense mais où la densité de la strate arbustive (entre 1 et 5 m) est importante. On peut également le trouver dans des bosquets de taille réduite ou même dans des haies denses ou des arbres isolés. En hiver, on le rencontre assez fréquemment dans les maisons.
Selon les classifications, ces rongeurs appartiennent t à la famille des Muridae qui comprennent un très grand nombre d’espèces dont font partie les rats-musqués et les mulots. On dénombre au total six espèces de Clethrionomys. Outre C.glareolus, C.rufocanus et rutilus sont présents en Scandinavie, en Eurasie et jusqu’au Japon ; C.centralis est asiatique, et C.gaperi et californicus, sont Nord-américains.
En France deux espèces sont présentes : Apodemus sylvaticus (mulot) et Apodemus flavicollis (mulot à collier).
L’Atlas des Mammifères de France (SFEPM, Paris 1984) rapporte une relative abondance d’Apodemus flavicollis dans les départements de la Côte d’Or, de l’Aube et de la Haute-Marne.
On distingue de façon générale les campagnols des autres muridés par leur allure plus trapue, leur queue courte, et des yeux et des oreilles peu proéminents. Le campagnol roussâtre se reconnaît à la couleur rousse de son dos et à une queue un peu plus longue que celle d’autres campagnols, puisqu’elle atteint ou dépasse légèrement la longueur du corps.
Le campagnol roussâtre est relativement omnivore, adaptant son régime alimentaire aux disponibilités du milieu et aux changements de saisons. Une grande partie de son menu est composée des parties vertes de végétaux, d’insectes et autres petits animaux ou des graines, baies et fruits. Le reste de son alimentation se compose, selon les opportunités, de champignons, racines, mousses…
Dans la littérature, la biologie des rongeurs est rapportée de la façon suivante :
Il existe un cycle annuel des populations de campagnols et de mulots, le minimum d’effectif étant rencontré à la fin de l’hiver et au début du printemps, avant que les individus de l’année précédente n’aient commencé à se reproduire. La population augmente ensuite progressivement. La faible protection du couvert contre les prédateurs et la rareté de la nourriture sont également des facteurs de déclin de la population. A ce cycle annuel, s’ajoute ou se superpose éventuellement un cycle pluriannuel. Le cycle de population française présente un maximum d’abondance tous les trois ou quatre ans.
L’influence détaillée des traits de vie du campagnol roussâtre sur l’épidémiologie de la FHSR dans le centre de l’Europe, singulièrement en France et en Belgique, reste encore très hypothétique. En particulier, le fait que les flambées épidémiques chez l’homme paraissent, en France régulièrement synchronisées tous les trois ans, n’est pas facilement explicable par la connaissance très insuffisante que nous avons de la démographie du campagnol et des facteurs qui pilotent ses fluctuations d’effectif. De nombreux facteurs de risque de contamination humaine restent à éclaircir, en particulier les comportements qui incitent ce rongeur peu anthropophile à s’approcher des habitations ou des jardins et à s’y installer. En outre, les facteurs environnementaux qui permettent ou facilitent la conservation du virus sur le substrat, puis son inhalation sont à ce jour méconnus.
| Recommandations d’envoi des prélèvements pour recherche de FHRS |
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| Le diagnostic de FHSR peut être confirmé rapidement par la sérologie.
Les tests sérologiques sont pratiqués par certains laboratoires. Tout échantillon positif ou suspect doit être adressé pour confirmation à : Centre National de Référence (CNR) des Fièvres Hémorragiques Virales Institut Pasteur 21 avenue Tony Garnier 69365 Lyon Cedex 07 Tél : 04 37 28 24 21/57 Fax : 04 37 28 24 51 Une fiche spécifique de renseignements sera jointe à tout résultat confirmé par le CNR pour le suivi clinico-épidémiologique FHSR au niveau du territoire national. Cette fiche téléchargeable* sera à retourner au CNR pour analyse épidémiologique. www.pasteur.fr/ip/easysite/go/03b-00003r-00r/informations-pratiques |
Ont contribué à l’élaboration de ce document :
D. Augot, et F. Boué, AFSSA-LERRPAS
H. Zeller, Institut Pasteur, Lyon
D. Ilef, DRASS-CIRE, Lille
C. Penalba, Centre Hospitalier de Charleville-Mézières
V. Pierre et M. Le Quellec-Nathan - Direction Générale de la Santé
I. Capek, Institut de Veille Sanitaire
Voir aussi les Zooonoses en milieu professionnel :
Fièvre hémorragique à syndrome rénal (hantavirose à virus puumala) (PDF - 495.8 ko)
Source :
DGS
14 avenue Duquesne - 75007 Paris
Rédaction : Mai 1999
Actualisation : juin 2010
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