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> L’état des connaissances scientifiques > Le risque lié aux fortes concentrations en fibres d’amiante
La survenue de lésions dans des groupes exposés à de fortes concentrations de fibres d’amiante dans l’air inhalé.
Le lien statistique entre l’exposition à l’amiante et la survenue de certaines formes de cancers a été suggéré par l’observation d’une incidence plus élevée de ces cancers chez les travailleurs de l’amiante que dans la population générale. La preuve qu’il s’agissait d’une relation de causalité a été apportée par l’étude de groupes de travailleurs exposés à des concentrations variables de fibres d’amiante, mettant en évidence une relation entre la quantité de fibres inhalées (dépendant de la concentration en fibres et de la durée d’exposition) et l’incidence des tumeurs. Une forte corrélation entre deux événements peut s’expliquer par un troisième facteur commun et méconnu, mais une relation dose-effet est un argument très fort pour accepter un lien de causalité, en particulier quand de nombreuses études produisent des résultats concordants et qu’aucun autre facteur lui-même lié quantitativement aux deux événements étudiés n’a pu être mis en évidence.
Les constatations épidémiologiques générales
Les études de la relation dose cumulée-effet dans le domaine des cancers attribuables à l’amiante :
Près de cinquante études ont fondé l’évaluation de l’accroissement du risque de cancer du poumon chez les travailleurs exposés à l’amiante. Un nombre plus réduit de cohortes professionnelles (une quinzaine) permet de quantifier le risque en fonction de la concentration en fibres d’amiante (allant de 2 000 à 250 000 f/l) et de la durée d’exposition. Le risque apparaît linéaire dans ces conditions d’exposition. En moyenne, le risque relatif s’accroît d’environ 1% par année pour 1 000 f/l dans l’air respiré (40 heures par semaine et 48 semaines par an). L’exposition se calcule en f/l x années. Il faut reconnaître que cette moyenne est le résultat d’une synthèse entre des études dont les résultats sont parfois très divergents (dans des proportions dépassant le rapport 100), mais il est difficile d’apprécier les niveaux d’exposition et il est acceptable d’éliminer les résultats les plus divergents des constats effectués dans la majorité des études. Les différents types de traitements industriels de l’amiante jouent manifestement un rôle dans ces variations du risque, les travailleurs de l’amiante textile semblent avoir été les plus exposés, puis ceux de l’amiante ciment ou des produits isolants, enfin les ouvriers travaillant dans les mines ou produisant des produits de friction. Dans un objectif de santé publique visant la protection des travailleurs, les incertitudes de ces évaluations n’ont pas une grande importance. Qu’un travailleur qui a été exposé pendant sa vie professionnelle à plusieurs milliers de fibres par litre d’air ait 50%, 100% ou 200% d’augmentation du risque de développer un cancer du poumon ne change pas les conclusions qui ont été tirées de l’observation de la situation. L’amiante est un produit cancérogène qui a exposé les travailleurs qui le manipulaient à des risques très élevés. Du fait de la plus grande rareté du mésothéliome, les études permettant d’évaluer une relation entre concentrations inhalées, durée d’exposition et risque de développer une tumeur, sont plus difficiles à conduire. 20 ans est une durée minimale pour la surveillance d’un groupe exposé au risque. Le risque de mésothéliome étant faible dans la population non exposée, à la différence de ce qui est observé pour le cancer du poumon dont la grande majorité des cas est attribuable au tabagisme, la relation entre l’amiante et le risque de tumeur n’est pas exprimée comme une variation du risque relatif mais comme une estimation absolue de l’excès de taux de mortalité. Si l’on se restreint aux cohortes dans lesquelles ont été observés au moins dix cas de mésothéliomes, l’évaluation produite dans le rapport de l’Inserm de cet excès de taux de mortalité est égale à :
(Km) x (f) x (t - t0)b - (t - t0-d)b
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