Les leishmanioses sont des maladies très fréquentes dans le monde, réparties sur quatre continents (Afrique, Amérique, Asie et Europe). Elles affectent de très nombreuses espèces de mammifères, dont l’homme. Dans certaines formes l’évolution spontanée sans traitement est mortelle en quelques mois.
Il s’agit d’un parasite appartenant au genre Leishmania, dont 17 espèces sont pathogènes pour l’homme. En France métropolitaine, on rencontre presque exclusivement la Leishmania Infantum.
Ce sont des petits insectes velus particulièrement actifs à la tombée de la nuit, appelés phlébotomes.
Les mammifères et l’homme sont des réservoirs potentiels du parasite. Le phlébotome s’infeste en piquant un homme ou un animal malade. Le parasite se multiplie dans l’intestin de l’insecte, qui peut à son tour au bout d’une semaine, transmettre des parasites infectieux. En France métropolitaine, le chien est le réservoir de Leishmania Infantum.
L’homme est piqué, surtout à la tombée de la nuit, par le phlébotome infectant.
Leishmania Infantum est présente dans le Sud de la France, principalement sur le pourtour méditerranéen (Côte d’Azur, Provence, Cévennes, Pyrénées Orientales et Corse). Le centre national de référence des Leishmania a recensé (selon un système de déclaration passive) pour l’année 1999, 24 cas de leishmaniose contractée sur le territoire métropolitain, dont 22 formes viscérales, 1 forme cutanée et 1 forme muqueuse. La leishmaniose est par contre fréquente dans les D.O.M./T.O.M., notamment en Guyane.
Les différentes espèces de Leishmania sont à l’origine de trois types de manifestations cliniques, la forme viscérale, la forme cutanée et la forme cutanéomuqueuse. En France métropolitaine, la leishmaniose viscérale est la plus fréquemment rencontrée. Après une incubation d’un à six mois, le diagnostic peut être évoqué devant une fièvre irrégulière, une pâleur extrême, un amaigrissement, des ganglions, une splénomégalie(*) importante, une hépatomégalie(*) modérée.
La sérologie(*) est un examen performant, mais il peut être mis en défaut chez un sujet immunodéprimé (les leishmanioses sont assez fréquentes chez les personnes séropositives VIH). Le diagnostic peut être également apporté par la mise en évidence du parasite (examen direct, culture sur milieux spéciaux, PCR(*)). Certaines de ces technique sont réalisées dans des laboratoires spécialisés.
Il fait appel à des médicaments de maniement difficile, de la famille des antimoniés, ou de l’amphotéricine B. Ces médicaments ont des effets secondaires importants, et il n’existe pas de schéma thérapeutique optimal. Ils sont presque toujours utilisés par voie injectable et pendant au moins trois semaines.
En l’absence de vaccin animal ou humain, la prévention repose sur la lutte contre les vecteurs dans les zones d’endémie(*) (insecticides à activité rémanente à l’intérieur et autour des habitations, sans oublier la niche du chien, moustiquaires imprégnées).
La leishmaniose déclarée en France en 1999. Basset D, Pratlong F, Ravel et coll. BEH 2001, 5:1-6.
Institut de veille sanitaire
Source : DGS/ Bureau 5C Maladies infectieuses et politique vaccinale
et Bureau des systèmes d’information.
8, avenue de Ségur, 75007 Paris.
Rédaction : juillet 2001.
Actualisation : septembre 2002
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