La listériose est une maladie rare et grave, transmise à l’homme par voie alimentaire. Elle évolue sous forme de cas sporadiques, de cas groupés voire de petites épidémies favorisées par la large distribution des produits alimentaires.
Elle peut avoir des conséquences particulièrement graves chez la femme enceinte et le nouveau-né ainsi que chez les personnes dont le système immunitaire est amoindri (personnes immunodéprimées et personnes âgées).
Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire depuis 1998.
Listeria monocytogenes est un bactérie de petite taille, à Gram positif, aéro-anaérobie. Elle est très résistante dans le milieu extérieur et sa température optimale de croissance est de 30 à 37°C. Elle est sensible à la chaleur, ainsi elle est détruite après une cuisson de 30 minutes à 60°C.
Contrairement à la plupart des autres bactéries, Listéria est psychrophile c’est-à-dire qu’elle peut se développer à basse température (donc dans les réfrigérateurs ménagers) et elle peut résister à la congélation.
L. monocytogenes est largement répandue dans l’environnement. On la retrouve dans le sol, l’eau, les végétaux et dans de nombreux réservoirs animaux. Elle peut être également présente dans l’environnement domestique (réfrigérateurs).
Il existe également des porteurs asymptomatiques.
La contamination humaine par Listéria est essentiellement alimentaire (produits laitiers, en particulier les fromages au lait cru, certaines charcuteries, produits de la mer, végétaux).
La bactérie peut contaminer tous les stades de la chaîne alimentaire et coloniser les sites de fabrication des aliments. Comme elle est sensible à la chaleur, la bactérie est en principe, absente des aliments cuits et des conserves sauf si une contamination intervient après cuisson. Du fait de son aptitude à se multiplier à basse température, Listéria est souvent associée aux aliments réfrigérés à durée de conservation longue.
La répartition géographique de la listériose est mondiale. L’incidence annuelle de la listériose depuis la mise en place de la déclaration obligatoire, a augmenté en 2006 avec 4,8 cas par million d’habitants. Elle était autour de 3,5 cas par million d’habitants de 2001 à 2005.
La surveillance microbiologique effectuée par le Centre national de référence (CNR) des Listeria caractérise les souches et détecte les cas groupés de listériose. La déclaration obligatoire de la maladie permet, grâce à l’enquête alimentaire, de dégager les éléments communs aux malades et éventuellement de remonter à la source de la contamination.
Après une incubation allant de quelques jours à 2 mois, la maladie se traduit habituellement par de la fièvre plus ou moins élevée accompagnée de maux de tête et, parfois, de troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements …). Des complications neurologiques (méningite, encéphalite) peuvent survenir et mettre en jeu le pronostic vital.
Dans le cas particulier de la listériose chez la femme enceinte, l’infection peut passer inaperçue ou se réduire à un épisode pseudo-grippal. Toutefois, les conséquences peuvent être graves pour l’enfant à naitre : avortement, accouchement prématuré, formes septicémiques avec détresse respiratoire dans les jours qui suivent la naissance.
Il existe une transmission par voie hématogène transplacentaire dans le cas de la listériose congénitale.
Le diagnostic de l’infection repose sur des analyses microbiologiques. La maladie est confirmée après l’isolement de Listeria monocytogenes à partir du sang, du placenta, du liquide céphalo-rachidien ou d’autres prélèvements comme du liquide d’ascite, de ponction articulaire ou des prélèvements périnataux.
Le traitement fait appel à des antibiotiques ; il est d’autant plus efficace qu’il est administré précocement.
En l’état actuel des connaissances, il n’existe pas d’élément en faveur de la mise en place systématique d’une antibioprophylaxie en l’absence de signe clinique évocateur d’une listériose chez une personne ayant consommé un produit contaminé.
Les personnes les plus à risques sont les femmes enceintes, les nouveau-nés, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées.
La prévention consiste à éviter certains aliments et à respecter des règles d’hygiène lors de la préparation et de la conservation des aliments.
1 - Les aliments à risque :
2 - La préparation des aliments :
3- La conservation des aliments :
De plus, conformément à la nouvelle réglementation communautaire sur l’hygiène des aliments, la responsabilité des producteurs d’aliments dans la remise de produits sains au consommateur est renforcée : il met en place les auto-contrôles afin de s’assurer de la conformité des produits et, éventuellement engage des procédures de retrait du marché ou de rappel du produit détenu par les consommateurs et en informe les autorités compétentes.
Sites Internet :
http://www.invs.sante.fr
http://www.pasteur.fr
http://www.afssa.fr
Source : Direction générale de la santé
département des situations d’urgence sanitaire,
Sous direction des maladies infectieuses et politiques vaccinales (SD 5C ),
Sous direction de la gestion des risques et des milieux ( SD 7),
et cellule communication
14 avenue Duquesne 75007 Paris
Rédaction : septembre 2007
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