accueil du site > Poliomyélite antérieure aiguë (PAA) > Poliomyélite antérieure aiguë (PAA)

Poliomyélite antérieure aiguë (PAA)

18 août 2010
partager
Imprimer Grossir la taille des caractères taille de caractères normals
  • twitter
  • Facebook
  • Google
  • Googlebuzz
  • Live
  • Del.icio.us
  • technorati
  • viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • Myspace
fermer

Ce dossier, réalisé par la Direction générale de la santé, donne des éléments sur la poliomyélite antérieure aigüe. Ces données ne sont pas exhaustives, des informations complémentaires sont accessibles sur d’autres sites Internet (cf. rubrique « pour en savoir plus »).
Ces informations comprennent des termes scientifiques qui peuvent être difficiles à appréhender pour les lecteurs non-médecins.

La poliomyélite est une maladie virale, strictement humaine. Elle se transmet par voie oro-fécale, par l’intermédiaire d’eaux souillées ou plus rarement directement de personne à personne.
Le caractère strictement humain de cette maladie et l’existence de vaccins efficaces rendent la maladie théoriquement éradicable par un vaste programme de vaccination à l’échelle mondiale (comme cela a été obtenu pour la variole).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est ainsi fixé en 1988 cet objectif dans le cadre de l’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite. Celle-ci avait été envisagée pour l’année 2000 dans un premier temps. Elle est désormais prévue pour fin 2012, entre autre en raison de difficultés d’application du programme de vaccination dans certaines régions du monde.

Epidémiologie (PDF - 211.4 ko) (sources OMS et InVS)


Agent responsable

La poliomyélite est une maladie infectieuse due à un entérovirus, le poliovirus, dont il existe trois sérotypes différents (sérotypes 1, 2 et 3).
Après pénétration dans la muqueuse de l’oropharynx et de l’intestin grêle, le virus se multiplie dans les ganglions lymphatiques cervicaux ou mésentériques. Le poliovirus persiste dans les sécrétions oropharyngiennes une semaine et dans les selles 3 à 6 semaines après le début de l’infection. Le poliovirus (virus neurotrope) atteint dans environ 1 % des cas le système nerveux central où il envahit les cornes antérieures de la moelle épinière et détruit les corps cellulaires des motoneurones. Ce tropisme particulier est responsable des formes de paralysie flasque aigue (PFA).

Mode de contamination

La transmission du virus est exclusivement interhumaine. Elle s’effectue essentiellement :

  • par voie directe, essentiellement dans les pays à haut niveau d’hygiène, via les sécrétions oro-pharyngées d’une personne au début de l’infection (le virus persiste huit jours dans l’oropharynx) ou par voie féco-orale (le virus est excrété dans les selles pendant 3 à 6 semaines),
  • ou indirectement, principalement dans les pays ne disposant pas d’infrastructures sanitaires de qualité suffisante, par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles d’une personne infectée (le virus, très stable dans le milieu extérieur, peut persister plusieurs semaines dans des conditions environnementales optimales).Les personnes infectées peuvent transmettre le virus tant que celui-ci persiste dans la gorge (une semaine) et dans les selles (3 à 6 semaines).

La maladie

L’incubation dure en moyenne de 7 à 14 jours (avec des extrêmes de 3 à 35 jours).
Dans environ 90 % des cas, l’infection est asymptomatique.
Dans 10% des cas, la maladie commence par des symptômes pseudo-grippaux (fièvre, céphalées, myalgies) pouvant s’accompagner de troubles digestifs (vomissements, diarrhée-constipation) et, dans 1 à 2% des cas, d’une méningite lymphocytaire. L’épisode est spontanément résolutif en une dizaine de jour.
Dans moins de 1% des cas, des paralysies flasques aigues (PFA) peuvent apparaître au 8ème jour dans un contexte fébrile. Elles prédominent aux membres inférieurs, sont asymétriques et d’extension ascendante, sans troubles de la sensibilité objective associés. La localisation ainsi que l’intensité des PFA dépendent de l’atteinte neuronale et sont responsables de handicaps de degré variable. Ces paralysies sont définitives. Le décès peut survenir en cas de paralysie des muscles respiratoires. Certains anciens malades développent, plusieurs décennies après la poliomyélite aiguë, un syndrome " post-polio " qui se caractérise par de nouveaux signes cliniques progressant lentement. Les causes exactes du développement de ce syndrome ne sont pas actuellement bien définies. Il pourrait être dû à la persistance du virus chez certains patients.
La poliomyélite fait partie des maladies à déclaration obligatoire en France (DO) : Tout cas cliniquement suspect de poliomyélite aigüe doit faire l’objet d’un signalement sans délai à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS).

Examens biologiques

  • Recherche de poliovirus dans les selles : prélèvement à effectuer le plus tôt possible, dans les 7 jours après le début des signes cliniques, suivi d’un second prélèvement à 24-48h d’intervalle.
  • Recherche d’entérovirus dans le liquide céphalorachidien (LCR) : la détection d’un entérovirus par Polymerase Chain Reaction (PCR) doit être complétée par une seconde PCR pour identifier un poliovirus.
  • Recherche d’une séroconversion ou d’une augmentation significative d’anticorps neutralisant (x 4) : un second prélèvement doit être réalisé à 15 jours d’intervalle.
    Tout isolement de poliovirus (sauvage ou vaccinal) par un laboratoire de virologie doit faire l’objet d’un signalement sans délai à la DDASS et être adressé au Centre National de Référence (CNR) des entérovirus de Lyon pour identification/typage. Le résultat est confirmé par le centre européen OMS de la poliomyélite (Robert Koch Institut à Berlin).

Traitement

Il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif de la maladie. Les seuls traitements sont symptomatiques (rééducation motrice, réanimation en cas de détresse respiratoire,…). La vaccination anti poliomyélite est le seul moyen efficace de prévenir la maladie, associé aux mesures d’hygiène (lutte contre le péril fécal) dans les zones d’endémie.

Prévention - Vaccination contre le poliomyélite

Il existe deux types de vaccins contre la poliomyélite :

  • Le vaccin poliomyélitique inactivé injectable (VPI) préparé à partir des trois types de virus poliomyélitique. Il est utilisé dans la plupart des pays industrialisés.
  • Le vaccin poliomyélitique oral (VPO) contenant les trois sérotypes de virus vivants atténués. Le VPO est encore largement utilisé dans le monde dans le cadre du programme d’éradication de la poliomyélite. Il n’est plus commercialisé en France.
    La primovaccination par le vaccin VPI à 2, 3 et 4 mois est obligatoire en France ainsi que les rappels jusqu’à l’âge de 13 ans (16/18 mois, 6 ans et 11/13 ans). Des rappels sont recommandés à l’âge de 16/18 ans puis tous les 10 ans chez l’adulte (voir calendrier vaccinal).

Dispositif français de surveillance de la polio

Ce dispositif est basé sur la déclaration obligatoire de la poliomyélite, le réseau de surveillance des entérovirus et inclut une surveillance environnementale des eaux usées en Ile de France.

  • La poliomyélite est une maladie à déclaration obligatoire depuis 1936. Toute suspicion clinique ou détection en laboratoire de tout poliovirus (sauvage ou d’origine vaccinal) doit faire l’objet d’un signalement immédiat au médecin inspecteur de santé publique de la DDASS et d’une notification aux autorités sanitaires (fiche de notification téléchargeable sur le site Internet de l’Institut de veille sanitaire). Les souches doivent être adressées au CNR pour identification du virus et sérotypage.
  • Le réseau de surveillance des entérovirus (RSE) est coordonné sur le plan épidémiologique par l’InVS et sur le plan biologique par le Centre National de Référence des entérovirus (Lyon). Il s’agit d’un réseau de laboratoires de virologie qui recensent le nombre de recherches d’entérovirus effectuées (LCR, selles, rhino-pharynx, sang) et les caractéristiques des prélèvements positifs.
  • Une surveillance de la circulation des entérovirus dans les eaux usées et des stations d’épuration est menée en France par le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris. Toutes les souches de poliovirus isolées sont adressées au CNR.
    Chez l’homme, le poliovirus sauvage n’a jamais été mis en évidence depuis 1995 en France (il s’agissait d’un cas importé). Des poliovirus vaccinaux sont mis en évidence de temps en temps dans les selles d’enfants vaccinés par le vaccin oral (dans les pays qui utilisent ce vaccin) ou dans l’environnement (eaux usées).

Pour en savoir plus :

Source :

Direction générale de la santé
Sous-direction de la prévention des risques infectieux
Bureau des risques infectieux et de la politique vaccinale – RI1
14, avenue Duquesne
75350 Paris 07
Mise en ligne : mai 2008

Mots-clés

-
-
Service public Legifrance Gouvernement Igas

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.