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Ce dossier, réalisé par la Direction générale de la santé, donne des éléments sur la poliomyélite antérieure aigüe. Ces données ne sont pas exhaustives, des informations complémentaires sont accessibles sur d’autres sites Internet (cf. rubrique « pour en savoir plus »).
Ces informations comprennent des termes scientifiques qui peuvent être difficiles à appréhender pour les lecteurs non-médecins.
La poliomyélite est une maladie virale, strictement humaine. Elle se transmet par voie oro-fécale, par l’intermédiaire d’eaux souillées ou plus rarement directement de personne à personne.
Le caractère strictement humain de cette maladie et l’existence de vaccins efficaces rendent la maladie théoriquement éradicable par un vaste programme de vaccination à l’échelle mondiale (comme cela a été obtenu pour la variole).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est ainsi fixé en 1988 cet objectif dans le cadre de l’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite. Celle-ci avait été envisagée pour l’année 2000 dans un premier temps. Elle est désormais prévue pour fin 2012, entre autre en raison de difficultés d’application du programme de vaccination dans certaines régions du monde.
Epidémiologie (PDF - 211.4 ko) (sources OMS et InVS)
La poliomyélite est une maladie infectieuse due à un entérovirus, le poliovirus, dont il existe trois sérotypes différents (sérotypes 1, 2 et 3).
Après pénétration dans la muqueuse de l’oropharynx et de l’intestin grêle, le virus se multiplie dans les ganglions lymphatiques cervicaux ou mésentériques. Le poliovirus persiste dans les sécrétions oropharyngiennes une semaine et dans les selles 3 à 6 semaines après le début de l’infection. Le poliovirus (virus neurotrope) atteint dans environ 1 % des cas le système nerveux central où il envahit les cornes antérieures de la moelle épinière et détruit les corps cellulaires des motoneurones. Ce tropisme particulier est responsable des formes de paralysie flasque aigue (PFA).
La transmission du virus est exclusivement interhumaine. Elle s’effectue essentiellement :
L’incubation dure en moyenne de 7 à 14 jours (avec des extrêmes de 3 à 35 jours).
Dans environ 90 % des cas, l’infection est asymptomatique.
Dans 10% des cas, la maladie commence par des symptômes pseudo-grippaux (fièvre, céphalées, myalgies) pouvant s’accompagner de troubles digestifs (vomissements, diarrhée-constipation) et, dans 1 à 2% des cas, d’une méningite lymphocytaire. L’épisode est spontanément résolutif en une dizaine de jour.
Dans moins de 1% des cas, des paralysies flasques aigues (PFA) peuvent apparaître au 8ème jour dans un contexte fébrile. Elles prédominent aux membres inférieurs, sont asymétriques et d’extension ascendante, sans troubles de la sensibilité objective associés. La localisation ainsi que l’intensité des PFA dépendent de l’atteinte neuronale et sont responsables de handicaps de degré variable. Ces paralysies sont définitives. Le décès peut survenir en cas de paralysie des muscles respiratoires. Certains anciens malades développent, plusieurs décennies après la poliomyélite aiguë, un syndrome " post-polio " qui se caractérise par de nouveaux signes cliniques progressant lentement. Les causes exactes du développement de ce syndrome ne sont pas actuellement bien définies. Il pourrait être dû à la persistance du virus chez certains patients.
La poliomyélite fait partie des maladies à déclaration obligatoire en France (DO) : Tout cas cliniquement suspect de poliomyélite aigüe doit faire l’objet d’un signalement sans délai à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS).
Il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif de la maladie. Les seuls traitements sont symptomatiques (rééducation motrice, réanimation en cas de détresse respiratoire,…). La vaccination anti poliomyélite est le seul moyen efficace de prévenir la maladie, associé aux mesures d’hygiène (lutte contre le péril fécal) dans les zones d’endémie.
Il existe deux types de vaccins contre la poliomyélite :
Ce dispositif est basé sur la déclaration obligatoire de la poliomyélite, le réseau de surveillance des entérovirus et inclut une surveillance environnementale des eaux usées en Ile de France.
Source :
Direction générale de la santé
Sous-direction de la prévention des risques infectieux
Bureau des risques infectieux et de la politique vaccinale – RI1
14, avenue Duquesne
75350 Paris 07
Mise en ligne : mai 2008
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