La fièvre de la Vallée du Rift (FVR) est une zoonose virale due à des Phlébovirus de la famille Bunyaviridae, qui touche principalement les ruminants domestiques (bovins, ovins, caprins), mais qui peut aussi contaminer l’homme. L’infection, bénigne dans la grande majorité des cas, peut prendre des formes graves telles l’encéphalite ou la fièvre hémorragique.
Le virus a été identifié pour la première fois en 1931 au cours d’une enquête sur une épidémie touchant les moutons d’une ferme de la Vallée du Rift, au Kenya. On a ensuite signalé des flambées en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. En 1997-1998, une flambée épidémique majeure s’est produite au Kenya, en Somalie et en Tanzanie mais, jusqu’en 2000, la maladie humaine et animale était restée cantonnée au continent africain. Elle a ensuite touché l’Arabie Saoudite et le Yémen et ces premières manifestations de la maladie en dehors du continent africain ont alors suscité des inquiétudes sur la possibilité de son extension à d’autres parties de l’Asie et à l’Europe.
En 2007, un premier diagnostic de fièvre de la Vallée du Rift (FVR) a été porté à Mayotte chez un jeune garçon en provenance de la Grande Comores. La surveillance épidémiologique décidée depuis, a permis de détecter la survenue d’infections récentes autochtones humaines (une dizaine d’infections symptomatiques) et a mis en évidence, à ce jour, une prévalence de 10,5% au sein du cheptel mahorais, apportant par là la preuve de l’émergence de la maladie sur l’ensemble du territoire.
Afin de prévenir l’extension de l’épidémie et de détecter précocement les nouveaux cas, le groupe de suivi piloté par la DASS de Mayotte et impliquant toutes les institutions concernées a proposé une surveillance épidémiologique humaine (recherche systématique de fièvre de la Vallée du Rift chez tout patient présentant un syndrome algique et fébrile après élimination du paludisme), animale (cheptels sentinelles et surveillance biologique des animaux interceptés lors d’importations illégales) et entomologique (pièges à moustiques autour des cas biologiquement confirmés). Par ailleurs, des actions de communication et de sensibilisation ont été lancées auprès des médecins, des vétérinaires, des personnels en relation avec le bétail, et de la population générale.
La zone où la maladie a été identifiée comme endémique regroupe actuellement l’Afrique du sud, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Gambie, le Kenya, Madagascar, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Sénégal, le Soudan, le Yémen, la Zambie et le Zimbabwe.
Il existe deux grands modes de transmission du virus, vectoriel et direct. La transmission vectorielle est de règle entre les animaux, la transmission directe à partir d’un animal infecté (lors d’opérations d’abattage, de mise bas ou de la préparation des aliments …) est la plus fréquente chez l’homme.
Le virus peut ainsi se transmettre par le biais de piqûres de moustiques, le plus souvent des Aedes, ou encore de mouches hématophages (se nourrissant de sang). Le moustique va piquer un animal infecté, et transmettra alors le virus la prochaine fois qu’il piquera. De plus, le virus sera transmis aux œufs du moustique. Il peut ainsi persister dans la nature, pendant plusieurs années, dans les œufs infectés d’insectes et peut réapparaître à l’occasion d’épisodes de pluies torrentielles, au moment de l’éclosion des œufs.
On a ainsi pu observer que l’apparition des grandes épizooties correspond aux périodes de pluviométrie intense, favorisant la pullulation des vecteurs.
Dans la grande majorité des cas, l’infection de l’homme se produit à la suite d’un contact avec du sang ou des organes d’animaux contaminés. Le virus peut ainsi se transmettre au cours de l’abattage ou de la découpe d’animaux, pendant les mises-bas et les interventions vétérinaires ou lors de l’élimination des carcasses ou des fœtus. Certains groupes professionnels, comme les éleveurs, les agriculteurs, les employés des abattoirs et les vétérinaires, sont donc plus exposés au risque d’infection. Le virus peut être inoculé à l’homme par le biais d’une blessure avec un couteau souillé ou d’une lésion cutanée par exemple, ou par inhalation des aérosols produits au cours de l’abattage des animaux infectés.
Enfin, il semblerait que l’homme puisse également être contaminé en ingérant du lait cru ou non pasteurisé provenant d’animaux infectés. La cuisson des viandes et la pasteurisation de toute substance animale sont ainsi indispensables dans les zones où la Fièvre de la vallée du Rift est présente.
Bien que théoriquement possible, il n’y a à ce jour jamais eu de cas documenté de transmission interhumaine du FVR et l’on n’a signalé aucun cas de transmission aux agents de santé lorsque les précautions normales de lutte anti-infectieuse ont été prises.
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