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Résultats de l’appel à projets 2011 "Prévention des risques liés à la sexualité et aux addictions chez les femmes"

28 septembre 2011
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Afin de renforcer la prise en compte des spécificités liées au sexe et au genre dans les projets associatifs concernant la santé des femmes, la Direction générale de la santé a lancé un appel à projets sur la thématique de la prévention des risques liés à la sexualité et aux addictions chez les femmes. En effet, outre des vulnérabilités d’ordre biologique plus importantes chez les femmes,peut s’ajouter un cumul de vulnérabilités affectives, sociales, économiques et professionnelles susceptible de faire obstacle à l’adoption de comportements de prévention. Chez les femmes usagères de substances psychoactives, on constate par ailleurs des spécificités de consommations et de vulnérabilité, ainsi qu’une insuffisance de l’offre spécifique.

En cohérence avec le Plan national de lutte contre le VIH et les IST 2010-2014, le Plan national de lutte contre les hépatites B et C 2009-2012, le plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011, et le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011, les volets de cet appel à projets étaient les suivants :

  • la promotion du préservatif féminin en population générale et dans les populations de femmes les plus exposées,
  • la prévention des risques liés à la sexualité auprès des personnes qui se prostituent,
  • la promotion de la « prévention positive » auprès des femmes vivant avec le VIH,
  • la prévention des conduites addictives chez les femmes en situation de vulnérabilité,
  • la prévention des infections sexuellement transmissibles et des hépatites chez les femmes usagères de drogue.

Pour être retenus, les projets, s’ils n’avaient pas une envergure nationale, devaient présenter une valeur expérimentale ou être porteurs d’une méthodologie transposable. Aussi, malgré la qualité des projets présentés, nombre d’entre eux ne répondaient pas à ce critère d’éligibilité.

Au terme de la procédure de dépôt des candidatures, la DGS a reçu 165 projets qui ont fait l’objet d’une double instruction. 16 projets ont été retenus lors du comité de sélection des 17 et 18 août 2011, pour un montant total de 640.000 euros.

Des initiatives pour promouvoir le préservatif féminin

Parmi les actions que la DGS subventionnera, quatre concernent la promotion du préservatif féminin.

Une action de mobilisation autour de la promotion du préservatif féminin du réseau communautaire des femmes africaines, chez qui le taux d’incidence est largement supérieur à celui observé dans la population hétérosexuelle française, sera menée en Ile de France, où vivent la majorité des migrants originaires d’Afrique subsaharienne. Des ateliers de promotion du préservatif féminin seront mis en place au sein de groupes de femmes, qui seront ensuite accompagnées pour diffuser leur propre action de promotion du préservatif féminin, au sein de ce même groupe, de leur entourage, voire de leur milieu de vie, ou avec leur pays d’origine.

Par ailleurs, une action de mobilisation communautaire visant à adapter et diversifier les modes de prévention et les rendre attractifs et accessibles aux femmes sera menée à Mayotte.

Un projet expérimental se déroulant dans douze centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction de risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) des régions Auvergne et Rhône-Alpes comprendra, entre autres, des actions de promotion du préservatif féminin, auprès des publics féminin et masculin fréquentant ces structures.

Enfin, la mallette d’information sur le préservatif féminin à destination des professionnels et des intervenants de santé sera actualisée et diffusée, et le site internet www.lepreservatif-feminin.fr fera également l’objet d’évolutions.

Optimiser la prévention des risques liés à la sexualité chez les femmes qui se prostituent

Dans le cadre de ce volet de l’appel à projets, la DGS subventionnera deux actions qui permettront :

L’une d’améliorer l’accessibilité des documents de prévention destinés aux personnes qui se prostituent, par leur recensement et leur diversification.

L’autre d’approfondir les connaissances sur le phénomène encore nouveau de la prostitution sur internet, dont les mécanismes et les enjeux restent mal connus. Une recherche-action permettra d’analyser le fonctionnement et les pratiques de la sexualité tarifée sur internet, et de mettre en lumière les besoins en termes de prévention des risques liés à la sexualité afin de proposer des actions de prévention adaptées.

Développer la « prévention positive » auprès des femmes vivant avec le VIH

Il s’agit d’améliorer la santé sexuelle et la qualité de vie des femmes vivant avec le VIH en développant un accompagnement adapté spécifique (notamment lorsque ces femmes souffrent d’addictions susceptibles d’altérer leur état de santé) et en renforçant les compétences des professionnels engagés dans cet accompagnement. Ces thèmes seront développés au cours du colloque Femmes et VIH qui sera organisé en 2012 avec un financement DGS afin de poursuivre la construction d’une parole collective des femmes séropositives au VIH.

Soutenir des actions de prévention des conduites addictives chez les femmes en situation de vulnérabilité

Une fédération nationale sera soutenue dans le cadre de cet appel à projets, avec pour but de mieux comprendre l’importance des addictions chez les femmes victimes de violences conjugales, afin d’améliorer la prise en charge de ces femmes.

La DGS soutiendra également une action portée par une association d’entraide d’anciens buveurs et buveuses s’adressant à 1500 femmes dépendantes de l’alcool et en rupture sociale, pouvant être victimes de violences conjugales. Il s’agira d’aider ces femmes à cheminer vers l’abstinence par le biais de la participation à des groupes de femmes abstinentes, de projection de vidéos, de groupes de paroles, de forums sur le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), de la création de diaporamas et de DVD, et d’un ouvrage écrit.

Un autre projet s’attachera à travailler la mise en réseau de la prise en charge des femmes dans un département rural. Ce projet permettra l’organisation d’un partenariat interdisciplinaire dans le cadre de l’accompagnement des femmes présentant des problématiques addictives, un accompagnement spécifique en addictologie de ce public, et le développement de la prévention et l’accès au soin en addictologie des femmes, au plus près de leur environnement.

Plusieurs projets porteront sur des aspects de formation :

  • L’un visera à mesurer l’impact de la formation de professionnels de santé en maternité sur les consommations de substances psychoactives des femmes durant la grossesse, en comparant les indicateurs de 12 maternités bénéficiant d’une formation à ceux de 12 maternités n’en bénéficiant pas.
  • Un autre travaillera sur la formation d’élèves sage-femme à l’entretien motivationnel auprès de femmes enceintes consommatrices de substances psychoactives et évaluera les connaissances acquises à la sortie de l’école.
  • Un autre, qui se déroulera en Languedoc-Roussillon, permettra de tester un dispositif de formation de sages-femmes en exercice par le biais de sages-femmes référentes. Il comprendra une enquête auprès de 3000 femmes enceintes permettant d’évaluer l’impact de l’action.
  • Enfin, il s’agira de sensibiliser les équipes de structures médico-sociales, tels des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), aux mécanismes de la dépendance, aux dangers du tabagisme et addictions associées (cannabis, alcool, etc.), aux méthodes d’arrêt ; et de remettre en cause les idées reçues dans ce domaine. Dans chaque structure, un référent addiction sera identifié, formé et accompagné dans la mise en place d’actions de sensibilisation aux addictions dans son centre.

Renforcer les actions de prévention des infections sexuellement transmissibles et des hépatites chez les femmes usagères de drogue

Deux projets visant à améliorer la prévention des risques liés à la sexualité auprès des femmes usagères de drogue ont été retenus.

Il s’agit de développer une approche faisant le lien entre consommation de psychotropes et risques sexuels (rapports non protégés, violences etc.…) chez les femmes, qui prenne en compte leurs vulnérabilités particulières : organisation de journées de partage d’expérience entre professionnels de la santé et du social, actions de sensibilisation et de formation de ces professionnels notamment sur le thème « genre et psychotropes » et organisation d’ateliers de sensibilisation des femmes concernées. Cette action donnera lieu à la production d’un document d’intervention en direction des femmes séropositives usagères de drogue.

En outre, la mise en place d’actions collectives et de formations au sein de centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues (CAARUD) permettra la production d’un référentiel de formation et d’intervention sur la thématique.

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